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L'autorité temporelle

Question d'un lecteur :   La Bible commande d'être soumis aux autorités. Mais comment reconnaître l'autorité légitime ? Et quand cette autorité trahit sa mission, quels sont les moyens de résistance du chrétien? Éléments de réponse : On s'est effectivement demandé, depuis l'antiquité, ce qui distinguait un royaume dûment établi d'un vulgaire  équipage de pirates. Certains ont suggéré que le respect de la justice et du bien commun distinguaient le roi d'un vulgaire capitaine de forbans. Dès lors, quand le roi se mettait à agir comme un brigand, il devenait soi-disant licite de lui résister, voire par les armes. A l'appui de telles idées, on a fait remarquer que les Écritures saintes commandent aux fidèles d'être soumis aux autorités publiques, d'autant que celles-ci sont établies pour le bien (Romains 13). De là, si l'autorité ne remplissait pas sa mission (exemple : un État totalitaire qui persécute les justes) il devenait l...

Confession d'Augsbourg: 489 ans

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“ Le juste vivra par la foi” (Romains 1: 17) Après le sixième concile œcuménique (VIIe siècle). Depuis leur entreprise de justifier le culte des images (conciliabule de Nicée, en 787), à quoi les Églises franques s'étaient d'ailleurs opposées (notamment lors des synodes de Francfort, en 794 et de Paris, en 829, etc.), les membres de l'antique pentarchie (Rome, Constantinople, Alexandrie, Antioche, et Jérusalem) ne firent plus que se déchirer, à l'instar du Royaume dont Roboam avait hérité du fait de l'idolâtrie de son père, Salomon. Après des années de confusions et de querelles, d'incapacité à s'entendre sur un nouveau concile, ce fut le schisme de 1054, jamais résolu. Resté seul patriarcat en Occident, Rome, dont le prestige éblouissait les âmes, ajouta à tous ses crimes celui de priver les âmes, par les fausses doctrines qu'elle forgeait, de l'assurance et de la paix que procure le saint Évan...

Pentecôte 2019

Heureuse Pentecôte à tous! COLLECTE Ô DIEU, qui à pareil temps qu’à présent mis tes enseignements dans les cœurs de ton peuple fidèle, en leur envoyant la lumière de ton Saint-Esprit ; Accorde-nous, par le même Esprit, d’avoir une saine intelligence en toutes choses, et de nous réjouir toujours dans sa sainte consolation; par les mérites de Jésus-Christ, notre Sauveur, qui vit et qui règne avec toi, dans l’unité de ce même Esprit, un seul Dieu, aux siècles des siècles. Amen .

Annotation Credo # 45

Dans l'attente: la vie nouvelle Les croyants sont solennellement engagés dans la vie (et donc aussi dans l'attente) chrétienne par le baptême, qui les incorpore au Christ (Galates 3. 28). Pour être évangélique, leur vie et attente (personnelle et communautaire) doit donc être conforme à ce qu'implique le baptême et que le petit catéchisme de Luther nous rappelle très simplement en ces termes: que le vieil homme, qui est en nous, doit être noyé dans une contrition et une repentance de tous les jours, qu'il doit mourir avec tous ses péchés et ses convoitises, et que, tous les jours aussi, doit renaître en nous un homme nouveau, qui vive à jamais dans la justice et la pureté devant Dieu (cf. Romains 6. 4). 1. La liberté des enfants de Dieu Or il a déjà été dit qu'en Christ, les péchés des croyants ne leur sont plus comptés (le baptême ôte ainsi la coulpe du péché); ce qui leur est imputé, c'est au contraire la justice du Christ. Merveilleux ...

Concorde de Wittenberg (addendum)

J'ai fait valoir, dans un précédent billet, que le maintien (ou la réaffirmation) de la Concorde de Wittenberg, présentait un double avantage: D'une part , il permet d'immuniser les Églises protestantes contre le zwinglianisme - dans lequel sont retombés nombre de théologiens Réformés par la suite (Dabney, Hodge, Cunningham...) D'autre part , la Concorde permet au protestantisme d'opposer un front uni à Rome et aux autres sectes. Il convient de noter que ce double avantage en emporte un troisième: garantir l'unité du protestantisme orthodoxe , dans les termes connus et approuvés par les Réformateurs eux-mêmes - par opposition aux accords récents, comme celui de Leuenberg (1973!), qui fédèrent un "protestantisme" libéral dans des termes qui n'engagent que les artisans de ce dernier. La question pour le protestantisme aujourd'hui est donc de savoir si ses membres veulent pouvoir s'asseoir à la même table d' une pa...

Ascension 2019

Joyeuse fête de l'Ascension à tous! Que cette journée soit l'occasion de nous édifier dans l'espérance qui nous est donnée en Christ, par sa parole. A quoi nous sert l'ascension du Christ? Catéchisme de Heidelberg, q. 49 D'abord, nous avons au ciel, en Christ, notre avocat devant la face de son Père; ensuite, ayant ainsi notre chair au ciel, nous avons un gage assuré que lui, la Tête, nous élèvera à lui, nous aussi, ses membres; et enfin, nous ici-bas nous recevons, en retour, son Esprit, comme un gage par la force duquel nous cherchons, non pas les choses qui sont de la terre, mais celles qui sont en haut, là où le Christ siège à la droite de Dieu. Mes petits enfants, je vous écris, afin que vous ne péchiez pas. Et si quelqu'un a péché, nous avons un avocat auprès du Père, Jésus-Christ le juste. Il est lui-même victime expiatoire pour nos péchés, non seulement pour les nôtres, mais aussi pour ceux du monde entier. 1 Jn 2:1-2 Qui les condamner...

29 mai 1536: Concorde de Wittenberg

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Incapables de s'entendre sur la doctrine de la Cène (colloque de Marbourg, 1529), les protestants avaient été divisés à Augsbourg. Les Suisses et les théologiens de la Haute Allemagne, pour qui le Ressuscité n'était présent dans la Cène que “ par la contemplation de la foi ” (Zwingli, De Fidei Ratio, 23), c'est-à-dire: en pensées, ne pouvaient pas souscrire à la Confession qui enseigne au contraire une présence réelle ou objective (article 10) que la foi, au lieu de constituer (ou, pour le cas de Zwingli: de simuler), se contente de recevoir à salut. En 1536, les Réformateurs de Haute Allemagne et quelques Suisses (comme l’Église de Bâle) finirent par se réconcilier avec Luther et ses confrères sur ce sujet. Avec cette Concorde, qui reçut ensuite le soutien de Jean Calvin (voir: Herminjard, correspondance, tome VI, page 132: Exemplar excusasionis quae praefationi inseretur ), l'ensemble du protestantisme était uni derrière la Confession d'Augbsou...

Mai-juillet 381: le concile oecuménique de Constantinople

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“ Ne savez-vous pas que vous êtes le temple de Dieu, et que l'Esprit de Dieu habite en vous ?” (1 Corinthiens 3: 16) Le deuxième concile oecuménique, convoqué par l'empereur Théodose Ier et présidé successivement par Mélèce Ier d'Antioche, Grégoire de Nazianze, puis par Nectaire, s'est tenu du mois de mai au mois de juillet de l'an 381, dans la capitale impériale: Constantinople (aujourd'hui Istanbul, Turquie). En plus d'établir un nouvel évêque pour Constantinople, l'objet principal du concile était de juger une hérésie dérivée de l'arianisme, celle des pneumatomaques. Ceux-ci enseignaient, à l'instar de Macédonius (évêque de Constantinople jusqu'en 360), que l'Esprit saint n'était qu'une créature tirée du néant et inférieure aussi bien au Père qu'au Fils. Contre ces thèses, les 150 Pères du concile (tous orientaux) affirmèrent la divinité du Saint-Esprit et complétèrent le Credo d...

Annotation Credo # 44

Attente et évangélisation Non seulement l'attente de la vie future ne saurait conduire les saints à la démission (annotation n° 43) mais encore, elle doit être marquée par l'accomplissement de la grande mission que leur a confié le Seigneur avant son Ascension: " Allez, faites de toutes les nations des disciples (...) " (Matthieu 28. 19). La vérité qui dérange   Faire des disciples, amener les âmes à Jésus-Christ et contribuer à leur édification : cette sainte mission n'appartient pas uniquement aux ministres de l’Évangile que sont les pasteurs, mais bien à chaque membre de l’Église, appelé à témoigner (en parole et en exemples), dans sa vie quotidienne, de sa foi.  Le but de l'âme chrétienne, en témoignant et en cherchant à faire des disciples, n'est pas celui des pharisiens (cf. Matthieu 23. 15); il n'est pas question de se glorifier d'avoir enrôlé quelqu'un, d'en faire son élève - presque sa chose - et de grossir les ...

20 mai: ouverture du synode de Nicée, 1er concile oecuménique

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“ Voici, la vierge sera enceinte, et elle enfantera un fils, et on le nommera EMMANUEL , ce qui signifie: DIEU AVEC NOUS. ” (Matthieu 1. 23) Le premier concile oecuménique, ou universel, fut convoqué par l'empereur Constantin et présidé par l'évêque Osius de Cordoue. Il s'est tenu du 20 mai au 25 juillet 325, dans la ville de Nicée - actuellement Iznik, en Turquie. L'objet principal du concile était de juger l'hérésie arienne (du nom d'un prêtre d'Alexandrie, Arius), pour qui le Fils de Dieu était une créature tirée du néant et susceptible de changement. Lors d'un concile local qui excommunia Arius et ses sectateurs, Alexandre, évêque d'Alexandrie, mettait ainsi en garde contre ces hommes qui “avancent avec la dernière témérité, et sans pouvoir l'appuyer par l'autorité de la sainte Ecriture, que Dieu n'a point toujours été Père, mais il y a eu un temps auquel il ne l'était point” et qu...

Inénarrable EPUF...

Les élections européennes approchent. Fait surréaliste: de prétendues Églises, habituellement si promptes à abandonner chacun à ses ''convictions'', à accueillir toutes les sortes de croyances et de morales individuelles et contradictoires (et à les valoriser comme des richesses inestimables!), publient et diffusent une sorte de guide à travailler "pour soi ou en Église" (sic) et orienter (?) ainsi le vote de leurs infidèles. De là à conclure que tout ce qui est adoré en ces loges profanes est la déesse Europe et sa révélation des droits de l'Homme, il n'y a qu'un pas... Bucerian

Annotations Credo # 43

Nous attentons la résurrection des morts et la vie du siècle à venir Après avoir rappelé la magnifique assurance du Salut que nous avons par la foi en Jésus-Christ, le Credo tourne nos regards vers l'attente de la félicité qui nous est réservée. Le domaine de ce salut étant au-delà de l'Histoire et du monde présents (1), il n'est pas question d'en espérer la jouissance ici-bas autrement que par l'espérance (2). Pourtant, contrairement à ce qui existe dans de nombreux mouvements apocalyptiques, cette attente n'est de nature ni démissionnaire, ni suicidaire (3).  1. L'attente de la Résurrection Certaines dénominations ont développé de laborieuses spéculations pour fonder une eschatologie riche en rebondissements. Certaines n'hésiteraient pas à ériger ces opinions en articles de foi, veillant à ce que chacun admette que le Seigneur reviendra ressusciter certains morts et établir un règne terrestre de 1000 ans avant de ressusciter finalement ...

La foi de l'Eglise chrétienne

Une récente enquête donne une idée de l'état de délabrement spirituel des dénominations "historiques" en Europe. C'est l'occasion pour nous de rééditer ce billet, paru il y a plus d'un an sur notre blog: Certes, une Église doit être dotée d'une confession de foi, si elle ne veut pas être confondue avec un vulgaire club maçonnique. Mais si l’Église concernée ne veut pas devenir une malheureuse secte, encore doit-elle connaître le centre de gravité et la juste perspective du confessionnalisme. Or, le seul Credo de l’Église UNIVERSELLE est celui que cette même Église a unanimement formulé: le Symbole inaltéré de Nicée-Constantinople, dont l'existence même constitue la condamnation du libéralisme théologique. Le propos du Symbole a été réaffirmé et précisé (sans que le Symbole ne soit remplacé ) par les affirmations des conciles UNIVERSELLEMENT reçus, tenus contre les hérésies nestorienne, pélagienne, monophysite, origéniste, mo...

Sola Fide.

Nous trouvons, dans les Mémoires de Luther (traduite s par Jules Michelet) le compte rendu d'une discussion entre le réformateur de Wittenberg et son collaborateur, Philippe Mélanchthon.   En date de l'an 1536, cet échange édifiant nous rappelle combien précieuse est la saine doctrine de l'Evangile et combien il nous faut toujours rester en garde et veiller pour ne pas en être tentés et/ou éloignés, dans notre faiblesse, par les raisonnements et les discours séduisants des hommes. MELANCHTHON trouve probable  l'opinion de saint Augustin, qui soutient "que nous sommes justifiés par la foi, par la rénovation" et qui, sous le mot de rénovation, comprend tous les dons et les vertus que nous tenons de Dieu ( Mélanchthon fait remarquer que saint Augustin n'exprime pas cette opinion dans ses écrits de controverse). "Quelle est votre opinion?" demanda-t-il à Luther. "Tenez-vous, avec saint Augustin, que les hommes sont ...