jeudi 21 juillet 2016

Islam: si Jésus est un homme de Dieu, alors, l'Islam est assurément une fausse religion

Un ami a partagé dernièrement une sorte de dialogue imaginaire entre un chrétien et un musulman. Dans ce dialogue, le musulman demandait au chrétien:
"Comment peux-tu croire en la Bible, alors qu'elle est falsifiée?"
Le chrétien répondait:
"Comment peux-tu croire en un Dieu qui laisse Sa Parole être falsifiée?"

Cet argument, souvent développé, a aussi une variante que je vous propose aujourd'hui:


1. Les faits:

Il existe un corpus de textes, appelé ''Bible hébraïque'', dans lequel tous les regards sont tournés vers un personnage à venir: le Messie.
Pourquoi? Parce que c'est ce Messie qui doit apporter apporter une délivrance ainsi qu'une connaissance universelles et éternelles de Dieu, dans le monde.

Comme chrétien, je crois évidemment que Jésus est le Messie, le Christ. Et les musulmans, eux, considèrent au moins que Jésus est un homme de Dieu.
Mais, si la Bible hébraïque avait été falsifiée, si l'on avait retiré des passages disant qu'en fait, ce n'est pas le Messie qui doit apporter la vraie connaissance de Dieu et régner pour toujours, mais, plutôt, un "prophète" survenant longtemps après lui... alors, Jésus, homme de Dieu aurait dû dénoncer cette Bible hébraïque! 
La conséquence en aurait été que, même si la raison précise en aurait été oubliée depuis, les chrétiens s'en tiendraient jusqu'à maintenant au seul Nouveau Testament et se méfieraient de la Bible hébraïque... tout comme les musulmans, qui s'en tiennent au Coran et se méfient de la Bible en entier!

Mais, est-ce que c'est cela, que nous pouvons observer? 
Non. 


Cohérence du message biblique


Malgré l'opposition très vive, non dissimulée, entre Jésus et les autorités spirituelles de son temps; malgré le divorce évident entre l’Église et la Synagogue, du temps même des Apôtres, les chrétiens ont gardé la Bible hébraïque, leur "Ancien Testament", comme étant le texte inspiré par Dieu Lui-même, et étant tout aussi véridique et fiable que les écrits du Nouveau Testament, plus récemment inspirés.

Pourquoi?
Pour la raison évidente que ni leur Maître (Jésus) ni ses plus proches compagnons (les Apôtres) n'ont jamais jeté la moindre suspicion sur ces écrits.


2.La conséquence:
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Si Jésus, homme de Dieu, n'a pas dénoncé la Bible hébraïque, c'est donc que celle-ci n'a pas trompé les hommes en affirmant que la délivrance et la connaissance universelles et définitives de Dieu -bref: la vraie religion - viendraient par le Messie
Dès lors: ou bien le Messie était Mahomet (mais lui-même n'a pas prétendu une telle chose) ou bien le Messie est à venir (mais alors, Mahomet ne sera pas le "sceau des prophètes").


Confusions invraisemblables, impliquées par le message coranique

... A moins que Jésus ne soit le Messie, et, dans ce cas, Mahomet est un imposteur, parce qu'il détourne les regards du seul Rédempteur et du seul Roi, et qu'il prétend apporter au monde la Parole par laquelle Dieu se fait connaître aux hommes.


Conclusion:


Preuve est faite que l'islam est une fausse religion. Certains seront tentés d'y demeurer, par confort personnel, mais les hommes pieux ne sauraient rester dans un culte qui a contre lui pareils témoignages - surtout alors que ce culte relève plus des idées politiques que spirituelles, et qu'il enseigne des choses condamnées, même, par la loi des hommes!

Reste Celui que la Parole de Dieu présente comme le Sauveur des hommes, leur Roi et leur Prophète le plus grand: Jésus Christ, le Fils unique de Dieu. Nous invitions toute âme à le recevoir avec foi, pour un Salut éternel.

Bucerian



samedi 16 juillet 2016

Malheur à moi, si je n'annonce pas l'Evangile!



Des âmes sont captives dans des lieux arides.
Au lieu de leur dispenser l'eau fraîche du saint Évangile, des "ministres" infidèles leur proposent une moraline universelle sans substance.

Bucerian

samedi 25 juin 2016

Confession d'Augsbourg, 486 ans




25 juin 1530: Les Protestants présentent la Confession d'Augsbourg, devant l'empereur Charles Quint.




La confession d'Augsbourg n'est rien de plus que l'exacte précision du problème de l'un et du multiple, posé par l'article baptismal du Symbole de Nicée-Constantinople: Un baptême (UN)/des péchés (MULTIPLE) de toute la vie, avant ET après le baptême>un seul et même salut = Sola Fide, salut par la foi trinitaire seule, ou la foi SEULE en Jésus-Christ, tel que formulé par le Symbole, conformément au Canon scripturaire!

Athanasius

vendredi 24 juin 2016

Papislamisme





On apprend qu'un curé de Belgique a invité les musulmans de sa commune à célébrer la rupture du jeûne du ramadan, dans son église. 
Cette réunion en église pour s'associer au 4e pilier de l'islam (censé célébrer la "descente" du coran, livre manifestement antichrist (1)) n'est pas sans rappeler un évènement similaire, ayant eu lieu dans une synagogue de Turquie, voire aussi une autre réunion, mariolâtre cette fois, qui s'était tenue à Lyon, il y a quelques semaines.

Les manifestations de syncrétisme auxquelles nous assistons ne sont donc pas des actes isolés; il ne s'agit pas d'une succession malheureuse de dérapages provenant de quelques curés en mal d'inspiration. Nous devons y voir les fruits d'une politique procédant des plus hautes sphères de la hiérarchie romaine, comme le prouvent les vœux présentés par le cardinal Tauran, pour le Ramadan et/ou les messages du pape François.

" Votre pèlerinage (hajj) aux Lieux saints, principalement la Mecque et Médine, est sûrement pour vous une occasion privilégiée de faire l’expérience de la miséricorde de Dieu."
Cardinal Tauzan 

Comment comprendre ce retournement papal, au sujet des autres religions?... Faut-il y voir, comme le veulent certains complotistes, la preuve d'une intrusion des Illuminatis au Vatican - le pape François étant un anti-pape et, tous les curés ordonnés depuis Vatican II, des faux-prêtres? 
Ce sont, là, des thèses fantaisistes, par lesquelles se consolent les opiniâtres qui, lors du concile Vatican II, ont été pris dans les filets de leur propre idolâtrie à l'égard du siège romain.
Une conclusion autrement plus respectueuse des faits (2), plus sobre et plus sérieuse (3), consiste à dire que ces choses arrivent simplement parce que la papauté romaine n'a jamais été spécialement accompagnée du Saint Esprit, et que celui-ci n'a jamais accordé aux papes un prétendu charisme d'infaillibilité (pas plus qu'il n'en a fait la tête de l’Église universelle).
Il faut noter, aussi, que la papauté est un pouvoir bien terrestre, en quête de puissance et de reconnaissance universelles. Sa préoccupation se résume aux abominables notes de Grégoire VII, dans le Dictatus Papae.


 













Rien d'étonnant, alors, qu'après avoir indignement instrumentalisé l'exclusivisme chrétien (Jean 14. 6) pour en proposer une contrefaçon politique susceptible d'asseoir ses ambitions, le papisme cherche aujourd'hui (parce que la face du monde a changé) à instrumentaliser la douceur de l’Évangile pour surfer sur le multiculturalisme et la diversité religieuse, de sorte à en retirer le même bénéfice.

Il nous faut donc veiller dans la prière, par la Parole de Dieu, afin de:

1) Ne pas se laisser séduire et penser qu'être "artisan de paix" consiste à suivre le pape dans sa voie obscure.  ''Paix et la Sécurité'', entendu de cette façon, n'est en effet qu'une séduction satanique à laquelle cèderont les hommes avant leur ruine soudaine.

2) Ne pas se taire devant les machinations de celui qui cherche, depuis Rome, à se faire adorer en lieu et place de Dieu, mais annoncer la paix (avec Dieu) et la sécurité (éternelle) qui se trouve dans le seul Évangile, par la foi en Jésus-Christ, cru et confessé conformément à ce que l'Eglise chrétienne en a toujours cru et parlé.


Bucerian  
 




(1) Y sont réprouvés les articles du Salut, comme la divinité du Christ, sa crucifixion et, donc, sa Résurrection.
(2) Des papes, en tant que papes, on déjà été anathématisés comme hérétiques. Par exemple: Honorius Ier au concile de Constantinople III. 
(3) Les élucubrations complotistes sont plus dignes d'un roman de Dan Brown ou des conjectures par lesquelles les fans de Star Wars tentent de déterminer la biographie de leurs personnages favoris (mais fictifs), que de rendre compte du monde réel...

jeudi 23 juin 2016

Annotations sur le Credo (20)





"...selon les Écritures"


Lorsque nous confessons l’œuvre admirable du Fils de Dieu, mort et Ressuscité pour le Salut de quiconque croit en Lui, nous rappelons que ceci est arrivé "selon les Écritures" (1Corinthiens 15. 3-4). Car,  dès l'origine même du genre humain, les anges ont annoncé aux élus, par des signes et des révélations appropriées au temps, ce mystère de la vie éternelle. Puis, le peuple hébreu a été rassemblé en société pour figurer ce mystère, et c'est au sein de ce peuple que, par l'organe de certains hommes (...) tout ce qui (...) devait s'accomplir a été prédit (...) (st Augustin, La Cité de Dieu, VII, xxxi).
Loin de chercher à abolir ces Écritures ou à les faire tomber dans l'oubli (comme le voulait l'hérésiarque Marcion!) l’Église chrétienne les a toujours conservées avec un grand soin, et elle s'est toujours appuyée sur elles, afin de montrer la véracité de son témoignage (Actes 17. 11).

Ces Écritures de l'Ancien Testament sont restées inchangées, ou inaltérées, depuis l'Antiquité. Nous devons croire cela, parce que:
   a)  le Seigneur Jésus Lui-même s'est non seulement appuyé sur les Écritures dont il disposait à son époque (Luc 4. 21) mais a encore promis qu'elles ne se perdraient jamais (Matthieu 5.18).
   b) En outre, il n'y aurait aucune logique dans l'idée que Dieu fasse écrire un message (donc: qu'Il veuille assurer sa durée, car telle est la vocation de l'écrit) et que ce message se perde néanmoins. Par conséquent, sont totalement dépourvus de sens les faux prophètes et leurs disciples qui admettent que Dieu a jadis donné des écrits, ou des livres, mais que ceux-ci ont été perdus ou falsifiés de sorte à devoir être remplacés.
   c) Enfin, les accusations selon lesquelles la Bible aurait néanmoins été falsifiée au cours du temps sont détruites par l'archéologie, comme suffit à le montrer le corpus de manuscrits découverts sur les bords de la mer morte, et dont les textes sont les mêmes que ceux dont nous disposons aujourd'hui.

3) Cette confession met aussi en exergue le fait que les Écritures parlent de Jésus-Christ (Jean 5.39). St Jérôme avait raison de dire que, "ignorer les Écritures, c'est ignorer le Christ"; et sans doute convient-il d'ajouter que, "ignorer le Christ, c'est ignorer le sens des Écritures". S'appuyer sur la Bible pour parler d'autre chose que du Christ mort et ressuscité, de vie par la foi et de la vie sous la croix, c'est être, vraiment, un imposteur et un diable (Matthieu 4. 6-7; 16. 21-28, etc.)

Les Écritures saintes n'ont pas vocation à nous promettre la prospérité matérielle, ou de nous vanter le capitalisme, ou le communisme, etc. comme les hommes ont souvent tenté de leur faire dire, mais elles nous parlent encore et toujours du Christ et de son œuvre (Esaïe 53) pour le Salut de quiconque croit en Lui (Jean 3. 16).
Le Christ est si important, si central, que les Écritures, longtemps avant sa venue, ont même précisé les temps et les circonstances de sa venue, à savoir, qu'il naîtrait à Bethléem (Michée 5. 2) avant la destruction du second temple (qui eut lieu en 70 de notre ère / Aggée 2. 9, Daniel 9. 22-27),et que son règne s'étendrait dans le monde entier (Esaïe 49. 6; 66. 18-19), etc.
Évidemment, nul autre prophète ou fondateur de religion ne peut prétendre avoir un témoignage aussi massif en sa faveur:
La religion païenne, écrit Pascal, est sans fondement. (...) La religion mahométane a pour fondement l'Alcoran et Mahomet. Mais ce prophète, qui devait être la dernière attente du monde, a-t-il été prédit? Quelle marque a-t-il, que n'ait aussi tout homme qui se voudra dire prophète? (...) [Pensées, Brunschwicg: 601-243).

Pour conclure, donc, Jésus-Christ est la finalité de la Révélation, son cœur, son centre. Par et en Lui, les Écritures se réalisent . Sans Lui elles seraient fausses (Actes 26. 22-23 / Genèse 49. 10-12).

Béni soit le Seigneur pour Sa fidélité et le Salut que nous avons en Jésus-Christ, qui nous est présenté en Sa Parole!

Bucerian



samedi 11 juin 2016

Ministère pastoral féminin dans l'Eglise évangélique luthérienne de Lettonie

Heureuse résistance aux modes et aux passions mondaines, dans l’Église Luthérienne de Lettonie:
"Il y avait des femmes pasteurs en Lettonie depuis 1975. Désormais, c’est fini. Vendredi 3 juin, le synode de l’Église évangélique luthérienne de Lettonie a adopté une modification de sa constitution, réservant à nouveau le ministère aux hommes."
Lire la suite, ici

Cet exemple nous donne l'occasion de souligner deux choses:
1) L’Église et ses ministères n'ont pas vocation à être des lieux de lutte pour tel ou tel lobby d'inspiration mondaine (en l'occurrence: les suffragettes). Havre de paix, l’Église doit être le lieu où résonne la Parole de Dieu et où les âmes s'édifient selon la Parole de Dieu.
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2) On aurait tort de se résigner à entériner certaines infidélités au motif que la mentalité ambiante les rendrait irréversibles. 
C'est pourquoi nous espérons que  cet exemple sera une source d'inspiration pour les Églises qui se sont laissées entraîner dans le dérapage que constitue l'acceptation du ministère pastoral féminin (UNEPREF par exemple) et qu'une telle réforme disciplinaire sera l'occasion d'une réflexion, d'une prise de conscience et d'une repentance aux effets autrement plus profonds.
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Bucerian

vendredi 3 juin 2016

St Irénée de Lyon et les fadaises papales







Dans une précédente annotation, j'ai souligné que l’Église chrétienne, en chacun de ses membres, est gardienne de la vérité évangélique.
Mais les partisans de la dénomination romaine rétorquent que, depuis le deuxième siècle au moins, la prétention de la papauté à être la gardienne universelle de la vérité, est confirmée. Les papistes soulignent avec force que st Irénée de Lyon (~130-202) aurait écrit – au sujet de l’Église de Rome:


" (…) avec cette Église, en raison de son origine plus excellente doit nécessairement s’accorder toute Église, c’est-à-dire les fidèles de partout " (1) .

Cela voudrait donc dire que, contrairement à ce que laisse entendre le « nous » du Credo, le gardien de la Vérité ne serait pas simplement L’Église de Dieu – capable, donc, de pouvoir juger n'importe quel évêque -- mais c'est bien plutôt l'évêque de Rome qui garderait la Vérité, au point que tout le peuple de Dieu serait inféodé à sa prédication. La première réaction d'un chrétien devrait être de dire, ici, que « nous » ne sommes pas plus impressionnés par l'autorité personnelle de st Irénée que par celle, ministérielle, des papes qui disent se fonder sur st Irénée... D'ailleurs, st Irénée de Lyon n'ayant pas exercé la fonction de pape, personne ne pourra dire qu'il jouissait d'une infaillibilité particulière en écrivant ces choses.

Néanmoins, il ne serait pas juste d'abandonner précipitamment les écrits de l'évêque de Lyon aux mains des sectateurs romains, et il convient de faire remarquer que ce texte-même, loin de donner raison aux papalistes, confirme, contre eux, notre doctrine.


NB: Pour l'explication qui suit, je suis, essentiellement, l'argumentation déjà soutenue par le père Wladimir Guettée (1816-1892) dans son libre « De la Papauté ». De même, cet article en anglais :
 http://elvis.rowan.edu/~kilroy/christia/library/irenaeus.html

 *   *   *



D'abord, st Irénée affirme, plus haut dans son texte, que la Tradition qu'il défend se trouve également, et pour des raisons similaires, dans toutes les Églises fondées par les Apôtres. « Mais », ajoute-t-il, « comme il serait trop long, dans un ouvrage tel que celui-ci, d'énumérer les successions de toutes les Églises, nous prendrons seulement l'une d'entre elles, l'Église très grande, très ancienne et connue de tous, que les deux très glorieux apôtres Pierre et Paul fondèrent et établirent à Rome. »


Quoi de surprenant dans ces mots ? St Irénée a besoin d'un exemple, il prend pour pour cela une Église « très grande, très ancienne et connue de tous », celle à qui st Paul a écrit, dans laquelle il a vécu un temps et a subi le martyr – ainsi que st Pierre. Certes, st Irénée aurait pu mentionner l’Église de Jérusalem, encore plus ancienne, et non des moindres. Néanmoins, Rome était aussi la capitale de l'empire, le « centre du monde » et, à ce titre, il n'y avait sans doute aucune Église, dans aucune ville, qui pouvait se prévaloir d'une plus grande notoriété.


St Irénée poursuit en disant que la Tradition s'est conservée à Rome, à travers une succession légitime de pasteurs, de sorte qu'en comparant la doctrine de l’Église romaine de son époque avec les élucubrations des groupuscules gnostiques, il ressortira que ceux-ci sont des factions illégitimes. Et il poursuit en disant : « Car toute Église, c'est à dire les fidèles qui sont de partout, sont obligés de « CONVENIRE AD » cette Église, à cause de la «POTENTIOREM PRINCIPALITATEM » ; dans cette Église, la tradition qui vient des Apôtres a été conservée par ceux qui sont de partout ».



« Ad hanc enim ecclesiam propter potentiorem principalitatem necesse est omnem convenire ecclesiam, hoc est eos qui sunt undique fideles, in qua semper ab his qui sunt undique conservata est eaquae est ab apostolis traditio. »


Les sectateurs romains (comme on le voit dans l'extrait de leur catéchisme) aiment rendre « convenire ad » par « s'accorder avec ». Les fidèles de partout devraient donc nécessairement s'accorder avec Rome en raison de la « potentiorem principalitatem », en quoi ils voient sa primauté du siège romain.


Pourtant, dans la Vulgate par exemple, lorsqu'il est question de s'accorder avec quelqu'un, ce n'est pas « convenire ad » qui est employé, mais « convenire cum ». Ainsi, en Matthieu 20. 13 :


     ''Il répondit à l'un d'eux: Mon ami, je ne te fais pas tort; n'es-tu pas convenu avec moi d'un denier? '' (convenisti mecum) .



Mais « Convenire ad » s'emploie plutôt pour désigner des réunions physiques, comme en Actes 20. 7:

     '' (...) Il se tenait dehors, dans des lieux déserts, et l'on venait à lui de toutes parts. ' (conveniebant ad).



St Irénée est donc en train d'expliquer qu'en raison de la situation de Rome, les fidèles de partout sont obligés de s'y rendre (et non de s'accorder avec). Cela est encore souligné par l'usage de l'adverbe « undique » (de partout) plutôt que par « ubique » (partout) ; car st Irénée ne dit pas que les fidèles qui sont partout doivent convenire ad Rome mais que les fidèles qui sont de partout doivent « convenire ad » Rome, ce qui renforce l'idée de déplacement et de provenance plutôt que d'entente universelle.

Naturellement, les fidèles viennent à Rome de toutes parts en raison de la situation de cette ville : « POTENTIOREM PRINCIPALITATEM » (la plus puissante principauté). Et cela s'accorde avec ce qui a été dit, à savoir que st Irénée prend Rome pour établir sa démonstration, parce que sa place privilégiée dans l'empire fait d'elle le lieu le mieux connu de tous (2). Or, st Irénée écrit que dans cette Église, la tradition qui vient des Apôtres a été conservée par ceux (ab his) qui sont de partout .


Ce passage nous montre donc que, pour st Irénée de Lyon, ce n'est pas le charisme particulier de l’Église romaine qui a préservé la vraie foi, chez les membres du sacerdoce universel, mais que c'est au contraire le sacerdoce universel des baptisés qui a préservé la vraie foi dans l’Église particulière de Rome – cette dernière ayant été comme incessamment contrôlée et régulée par les fidèles venus (pour régler leurs affaires civiles) de partout.


Bucerian


     ______________________________________


    (1) Citation tirée du Catéchisme de l’Église catholique romaine § 834. Le même texte est invoqué par le concile Vatican I (Denzinger § 3057). St Irénée écrit ces choses dans Contre les Hérésies III, iii, 2.
    (2) A l'appui de cette lecture, Wladimir Guettée (De la papauté) faisait valoir que les pères d'un concile, en 341, à Antioche, avaient eu un raisonnement similaire à celui de st Irénée, en décrétant (canon IX) que :
    « Il faut que les évêques qui sont établis dans chaque province sachent que l'évêque de la ville métropole est chargé du soin de toute la province, parce que tous ceux qui ont des affaires viennent de toutes parts à la métropole. C'est pourquoi il a paru convenable de lui accorder un honneur supérieur »



dimanche 29 mai 2016

CONCORDE DE WITTENBERG: 1536 - 2016

Les Réformateurs en communion de chaire et d'autel. Wittenberg, mai 1536. 


" Voici, oh! qu'il est agréable, qu'il est doux Pour des frères de demeurer ensemble!"
Psaume 133.1

Signée en mai 1536, la Concorde de Wittenberg est un document auquel a souscrit l'ensemble des Réformateurs - et des Églises de leur temps. Elle marque ainsi la réception générale de la Confession d'Augsbourg et témoigne de l'unité évangélique (1), non moins que ne le fit la formule d'union de 433, pour le concile d'Éphèse (2).

Le 480e anniversaire de cette Concorde est donc pour nous l'occasion de nous réjouir et d'adorer notre grand Dieu et Sauveur. A notre époque, troublée par tant de sectes et d'apostasie, ce précieux héritage apparaît en effet comme un don qui nous interpelle et nous encourage, autant qu'il nous engage.



I. La nature de notre unité


L'attitude des Réformateurs nous interpelle, d'abord, par le soin qu'ils ont manifesté - par la Grâce de Dieu - aux mises en garde scripturaires, contre l'esprit de sectes (1Corinthiens 1/ 10).

On sait combien ce point a préoccupé les pères, depuis les premiers temps de l’Église et nous ne pouvons nous résigner à mépriser ou abandonner leur regard, profond et exigeant, sur l'unité:

"Vous ne devez avoir avec votre évêque qu’une seule et même pensée… Votre vénérable presbyterium vraiment digne de Dieu est uni à l’évêque comme les cordes à la lyre et c’est ainsi que du parfait accord de vos sentiments et de l’harmonie de votre charité, s’élève un chant vers Jésus-Christ. Que chacun de vous entre dans ce chœur. Alors, dans l’harmonie de la concorde, vous prendrez par votre unité même le ton de Dieu, et vous chanterez tous d’une seule voix par Jésus-Christ, les louanges du Père qui vous entendra et, à vos bonnes œuvres, vous reconnaîtra pour les membres de son Fils. Il vous est bon de vous tenir dans une irréprochable unité : c’est par là que vous jouirez d’une constante unité avec Dieu lui-même."
(Ignace d'Antioche, Lettre aux Éphésiens: 4, 2) 

Parlant de l'unité des chrétiens, un prédicateur contemporain a dit qu'elle était un fait impossible à mettre en doute, sous peine de nier l’efficacité de la prière du Seigneur pour les siens (Jean 17). Ce prédicateur a ensuite indiqué en quelle manière consistait, selon lui, cette unité, disant que tel croyant pouvait rencontrer un inconnu (baptiste, mennonite ou autre) et découvrir, en parlant avec lui, qu'il s'agissait d'un vrai croyant. Et là, pour cet inconnu, l'amour du fidèle s'embraserait comme pour un frère, à tel point qu'il serait capable de donner sa vie pour lui! Voilà en quoi consistait, selon ce prédicateur, l'unité de l’Église.
Un tel enseignement contient, de toute évidence, de nombreuses parts de vérité. La plus importante étant que l'unité de l’Église chrétienne est un fait préalable à toute activité chrétienne. A ce titre, on ne peut que déplorer les attitudes consistant à chercher l'unification de chrétiens plutôt qu'à affirmer simplement leur unité dans la vérité.
De plus, il est vrai que l'unité des élus est un fait spirituel qui s'enracine dans la subjectivité de chacun. 
Néanmoins, nous voyons que les Réformateurs (et les pères avant eux!) avaient soin de ne pas réduire ou limiter l'unité évangélique à ce seul aspect et qu'ils avaient conscience de la nécessité, toute logique, de tenir ensemble un même discours, de confesser ensemble une même foi, par laquelle ils pourraient se reconnaître mutuellement et s'accueillir au Sacrement. En d'autres termes, pour eux comme pour nous, l'unité chrétienne doit aussi se décliner de façon objective.



II. Le fondement de notre unité


Les croyants doivent objectivement partager la foi qui est célébrée dans les Sacrements, et vécue dans la prière commune:
1) La foi au Dieu Trinité (selon l'invocation baptismale faite sur chacun: Matthieu 28/ 19).
2) La croyance à la création de toutes les choses, visibles comme invisibles (nature des sacrements: eau/pain/vin/ pour personnes: corps et âme).
3) Vraie humanité du Christ, conçu de l'Esprit saint et né de la Vierge (ceci est mon corps/mon sang...)
4) Mort rédemptrice du Christ, sous Ponce Pilate (donné/versé pour vous)
5) Résurrection corporelle du Christ comme prémices des hommes (immersion/émersion baptismale (Romains 6/3-14) Je vous le dis, je ne boirai plus désormais de ce fruit de la vigne, jusqu'au jour où j'en boirai du nouveau avec vous dans le royaume de mon Père (Matthieu 26/ 29)).
6) Affirmation de l’Église (un seul pain, une seule coupe/ Notre Père...)
7) Rémission des péchés, comme finalité de tout cela (Jean 3/ 16), selon les termes de la prière (Pardonne-nous nos offenses...), des paroles sacramentelles (celui qui croira sera sauvé: Marc 16/ 16; ceci est mon corps donné pour vous, etc.)
Il serait évidemment absurde qu'une personne, dont l'esprit est manifestement fermé à cette vérité chrétienne, soit reçu dans le culte de l’Église chrétienne. Plus qu'absurde, même, cela serait scandaleux; car, ce n'est pas seulement la vérité sur Jésus qui est subjectivement présente dans L’Église - ou dans l'esprit de ses membres -, mais le Seigneur Jésus lui-même, vrai Dieu et vrai homme, Lui qui est le Chemin, la Vérité et la Vie,  est objectivement présent, par l'opération indicible de son Esprit, afin de vivifier l’Église et soutenir chacun de ses membres (Matthieu 28/ 20). 
Voilà ce qui doit nous encourager dans la prière!

Sans doute ce mystère est-il célébré le plus solennellement dans l'eucharistie: non comme un mime palliant à l'absence d'un être cher, mais comme une expression véritable d'une présence vivifiante.
La manifestation sacramentelle de l’Église Une coïncide donc avec la manifestation, tout aussi sacramentelle, de la Présence du Sauveur (1Corinthiens 10/16-17).   

  
Cette double objectivité de notre union avec et dans le Christ Ressuscité - que l'eucharistie récapitule - est le trésor que la Concorde de Wittenberg réaffirme et dont elle témoigne.


Conclusion


Nous l'avons dit, l'unité la plus manifeste (qui n'est pas exclusive de la vérité la plus pure!) n'est pas pour nous un but à atteindre, mais un bien à conserver. Si nous n'avons aucune part à la prétention des architectes de l’œcuménisme, d'établir l'unité entre les chrétiens (le Seigneur assure celle-ci!) nous devons cependant lutter contre les entreprises charnelles de dissolution de cette unité.
Car ces pulsions, malheureusement, existent (1 Corinthiens 3/ 4)! Certes, nous croyons qu'elles n'auront pas raison de l’Église; pourtant, elles s'expriment avec beaucoup de force, au point que beaucoup ont même été tenté de nier, obscurcir et mépriser les témoignages de cette unité, de sorte à jeter et abandonner les chrétiens dans des luttes qui n'avaient pas lieu d'être.
On a dit, par exemple, que la Concorde dont nous célébrons aujourd'hui le 480e anniversaire, aurait été une astuce politique et charnelle, ou que certains signataires auraient été dupés et ne s'en seraient aperçu que plus tard...
C'est donc le lieu de soutenir que cette Concorde fut aussi réelle que durable (3), au point qu'il est de notre devoir, pour le bien de tous, d'en conserver la mémoire et de nous y tenir paisiblement.
   

Bucerian
 

(1) Pierre Chaunu (Le Temps des Réformes) estime que la Concorde a réuni 80/100 du protestantisme, soit l'ensemble des Églises.
(2) Formule entre st Cyrille d'Alexandrie et Jean d'Antioche, condamnant le nestorianisme et témoignant de la réconciliation des différentes écoles de l’Église ancienne, dans la foi défendue lors du 3e concile œcuménique.
(3Cela ressort, entre autres, des faits suivants - qu'il serait bien difficile de contester:
a) Un an après la signature de la Concorde, lors de l'assemblée de Smalkalde, l'enseignement des différents participants, signataires de la Concorde, fut examiné et donna pleine satisfaction à tous.
b) En 1540, les termes de la Concorde étaient tellement en vigueur qu'ils furent directement inclus dans la Confession d'Augsbourg (dite: Variata) et ce avec l'approbation de l'ensemble des docteurs (dont Luther) et des princes, pour servir aux discussions officielles avec les sectateurs romains.
c) Strasbourg et d'autres villes signataires furent membres de la Ligue de Smalkalde jusqu'à sa dissolution, en 1548 (soit deux ans après la mort de Luther!), chose qui aurait été impossible si la Concorde avait été dénoncée par l'une des parties.
d) Le souvenir de la Concorde est demeuré public, dans le Livre de Concorde des "Églises Luthériennes" (Solida Declaratio, 7).