vendredi 16 août 2019

Annotation Credo # 51

La vie et les peines éternelles

L'homme est une créature morale et il ne fait pas de doute que, tout comme il y aura un avènement du Seigneur accompagné d'une résurrection des justes et des injustes, il y aura aussi un jugement dernier. Toutes les séductions de ce monde tendent à faire oublier cette vérité aux hommes, pour qu'ils croient, ou bien que l'enfer n'existe pas (il serait injuste d'y envoyer de pauvres hommes!), ou bien que le paradis ne peut exister qu'ici bas (dans les plaisirs de ce monde).
L'avant-dernière assertion du Credo "(nous attendons) la vie du siècle à venir" nous invite à dissiper ces nuages trompeurs.


1. De la condamnation des impies

Nous attendons la vie éternelle ; celle-ci nous est assurée, à nous qui croyons en Christ, parce que le sang du Fils unique de Dieu efface tous nos péchés.

Mais que peut attendre celui qui n'a pas revêtu le Christ par la foi?

Certains prétendent que les rebelles, après leur résurrection, seront annihilés. L'euthanasie post-mortem (!) pour éviter des souffrances, ou plus exactement pour éviter de porter le poids éternel de la culpabilité et de l’infamie devant le Dieu vivant.
Mais serait-il convenable qu'après avoir passé leur existence à outrager le Très-Saint, le Seigneur Dieu, des créatures puissent échapper à leur responsabilité, comme si de rien (ou presque)?...

D'autres imaginent qu'il y aura une réhabilitation finale de toutes les créatures, après un temps pour punir celles qui auront quitté cette vie dans l'impiété. Comme si, par exemple, le péché pour lequel il n'y a pas de pardon allait finalement être oublié !

Astucieuses doctrines par lesquelles on tente d'éviter d'embraser contre soi l'indignation du monde et par lesquelles on aide les pécheurs à consolider leurs vains espoirs d'échapper aux conséquences de leurs actes !

Aussi, quoiqu'elle ne s’appesantisse pas sur ce sujet, l’Église doit rejeter ces mythes. Lorsqu'il est dit que le Seigneur a dû venir porter le poids de nos fautes (a), qu'il jugera les vivants et les morts et que le pardon des péchés est lié à la foi en l’Évangile baptismal (b), cela veut dire que:

a) le poids de le faute originelle, de laquelle foisonnent des myriades d'autres fautes, est insurmontable pour de simples hommes, d'autant que ces fautes sont commises contre le Dieu éternel.
b) Que si tous seront jugés -- au sens où ils comparaîtront devant Lui (2 Corinthiens 5. 10), cela implique que ceux qui n'auront pas cru seront jugés -- au sens où ils seront condamnés : Jean 3. 18. Condamnés à la mesure de leurs crimes, qui sont des crimes envers l'être éternel et adorable, et pour cela punis éternellement, dans le corps et dans l'âme.

Bien des impies ont finalement protesté contre cette vérité scripturaire, en l'accusant d'être un épouvantail destiné à obtenir des conversions fondées sur la peur. Si nous tenons cette doctrine, ce n'est pas pour "faire peur" mais pour souligner le caractère éminemment sérieux de l'existence humaine, pour faire sentir la réelle gravité du péché, et parce qu'une prédication de l’œuvre du Christ qui ne nous sauverait finalement pas de grand-chose, serait une prédication rabougrie et indigne de ce qu'a fait pour nous notre Seigneur.



2. De l'espérance chrétienne véritable

Si les hommes naturellement issus d'Adam sont solidaires de la faute damnable de celui-ci (cf. Confession d'Augsbourg, article 2 ; Éphésiens 2. 3) et la déclinent, toute leur vie durant, en un éventail de vices affreux, reste la grâce de l’Évangile qui nous fait renaître spirituellement en Christ, pour que sa justice nous soit imputée à salut (Romains 5). Et non seulement cela, mais pour que sa sainteté soit également infuse en nous, et produise des fruits qu'il plaira encore à Dieu de couronner en ses saints, par divers degrés de gloire, dans son Royaume.

C'est ici qu'il convient de souligner, comme le fait le Credo, que cette félicité est à la fois spirituelle et à venir ; que le paradis de Dieu ne saurait consister en une société utopique ici-bas, dans une Histoire qui est au contraire marquée par la flétrissure du péché et de la mort.

Sont donc à rejeter les illusions millénaristes, et notamment le post-millénarisme qui promet collectivement un avenir meilleur, un âge d'or ici-bas, loin de l'adversité et des persécutions.

Plus terrible encore, le tristement célèbre "évangile de la prospérité" (doctrine aussi connue sous le nom de "Parole de foi" / sic) et les fausses promesses de gloire et de richesses matérielles qu'il fait miroiter présentement à des individus désespérés. Contre l'esprit infâme qui meut cette secte, la Bible nous rappelle que l'avarice et la soif de gains sont des péchés pour lesquels les hommes seront condamnés. Qu'ils sont aussi des pièges donnant une amorce aux discours des faux-docteurs et des faux-prophètes. Tout cela se voit dans ce mouvement où Dieu l'on prétend instrumentaliser Dieu lui-même pour accomplir son désir sordide de devenir riche.

Et riche de quoi? De tout ce qui nous rend pauvres devant Dieu : riche d'une idole jalouse de ses droits, avide de grandir et d'être adorée comme un veau d'or.

Vous ne pouvez servir Dieu et l'argent (Matthieu 6. 24) et : gardez-vous des idoles (1 Jean 5. 21); telles sont les assertions scripturaires qui doivent nous éloigner des discours maudits, par lesquels nos regards sont éloignes des cieux.

De même : Si quelqu'un veut venir après moi, qu'il renonce à lui-même, qu'il se charge de sa croix, et qu'il me suive (Matthieu 16. 24). Telles sont les paroles qui doivent nous garder dans le seul vrai évangile, celui de la croix que le disciple prend à la suite de son Seigneur, avec l'assurance que celui-ci effacera dans son royaume les larmes qu'il aura versées ici-bas.


Bucerian



vendredi 9 août 2019

Pourquoi le Messie ne viendra pas

Maquette du second temple de Jérusalem

La gloire de cette dernière maison sera plus grande que celle de la première, dit l'Éternel des armées; Et c'est dans ce lieu que je donnerai la paix, dit l'Éternel des armées.

Aggée 2 : 9




En septembre 2012, des rabbins avaient lancé un appel à la prière pour faire venir le Messie. Malgré un échec évident, l’initiative est reprise cette année:






Nous savons que, cette fois encore, cette prière (qui déplaît à Dieu pour l'incrédulité qu'elle affiche envers son Fils Unique) n'aura pas le résultat escompté. Pour quelle raison? C'est ce que la charité chrétienne nos oblige à expliquer ici brièvement.

En premier lieu, le Messie ne pourrait pas venir de nos jours, simplement parce que les prophéties annoncent qu'il entrera dans son temple (Malachie 3 : 1); or il n'y a actuellement plus de temple à Jérusalem, mais (à sa place) la mosquée al Aqsa. Or la mosquée Al Aqsa n'est pas le temple de Dieu.

Ce point appelle bien sûr une autre question : se pourrait-il que le Messie vienne malgré tout à l'avenir, dans un hypothétique troisième temple érigé à Jérusalem?...
La réponse est également négative, parce que:

a) Le prophète Daniel (chapitre 2) annonce quatre empires universels qui devaient se succéder (notamment sur la terre sainte) depuis son époque jusqu'au Messie et son règne. Ces quatre dominations furent celles des Chaldéens, des Médo-Perses, des Grecs - ou Macédoniens - et des Romains. L'islam, qui constituerait valablement un cinquième empire, est ignoré; cela indique que le règne du Messie a débuté avant l'avènement de Mahomet, au VIIe siècle.

b) La prophétie des 70 semaines, renfermée dans le même livre (chapitre 9) prouve que la venue du Messie devait précéder la destruction du second temple de Jérusalem, laquelle advint en 70 de notre ère - soit il y a près de 1950 ans!

Or le seul Messie venu avant cette date, ayant apporté la Justice éternelle par son sacrifice (cf. Ésaïe 53) et ayant accompli le miracle inouï de ruiner le paganisme en amenant les âmes du monde entier au Dieu d'Abraham, d'Isaac et de Jacob  (cf. Ésaïe 49 : 6/ Genèse 49 : 10), s'appelle Jésus-Christ.


Bucerian



samedi 3 août 2019

Orthodoxie, libéralisme et piété crypto-libérale



Le principal danger pour l'orthodoxie n'est probablement pas l'ennemi déclaré - c'est-à-dire le libéralisme et son incrédulité crasse - mais plutôt le faux-ami, l'espèce de piétisme qui partage assurément la croyance à la véracité de la Bible et des miracles mais qui, in fine, conteste, nie et détricote tout autant la foi transmise aux saints que ne le fait le libéralisme.
Parmi les (sans doute nombreux) exemples que j'aurais pu tirer, figure le cas tragique de Frédéric Godet (1812-1900). Connu pour ses travaux, notamment la monumentale Bible de Neuchâtel, dite "Bible annotée", opposé à l'hyper-critique libérale sur la véracité - notamment historique - des Écritures, Frédéric Godet pourrait passer pour un champion de la foi en des temps obscurs.
Pourtant, on ne peut ignorer qu'il fut surtout le champion de la doctrine kénotiste, professant ainsi un christ (Dieu transsubstantié en homme) qui n'est pas celui que l’Église a confessé au concile de Chalcédoine.


Loin de moi l'idée de m'acharner sur la mémoire de Frédéric Godet, ou même de son collègue Augustin Gretillat (1837-1894), mais enfin, il n'est pas inutile de se demander quel témoignage cohérent (et donc solide) une Église peut bien espérer donner au monde, si elle s'associe à des personnes qui s'autorisent ainsi à rejeter sa christologie pour en réinventer une toute fantaisiste...
A notre époque encore, il existe même dans les dénominations libérales des pasteurs et théologiens qui suscitent de faux espoirs chez certains fidèles, par le fait qu'ils partagent apparemment, avec nous autres orthodoxes, une ardente ferveur pour les Écritures... Mais cette ferveur s'arrête le plus souvent à une mauvaise mystique et un enthousiasme pour les élans charismatiques, tandis qu'au chapitre de la vraie foi, c'est le désert.
Pas étonnant qu'avec de tels "amis" pour la subvertir, l'orthodoxie n'ait fait que diminuer...
Bucerian

mercredi 31 juillet 2019

Annotation Credo # 50


Le Jugement dernier


Il a déjà été dit que les chrétiens attendent une seule résurrection des morts, qui arrivera au dernier jour, lors du seul retour du Seigneur (nous ne faisons en effet aucun cas des scenarii fantaisistes des millénaristes, qui imaginent plusieurs retours, plusieurs résurrections, etc.), et que tous les hommes ayant vécu depuis le premier jour de l'Humanité, comparaîtront alors pour être jugés selon leurs œuvres. 
En disant selon ou conformément à leurs œuvres (1Pierre 1. 17),  nous disons que personne ne pourra se plaindre d'avoir été injustement traité : l'impie ira en enfer ; comment pourrait-il s'en plaindre ?
Le juste ira à la vie éternelle : cela serait-il contraire avec la vie sainte qu'il aura commencé à mener ?

Toutefois, c'est une chose d'être ainsi jugé conformément à ses œuvres, et c'en serait une autre d'être jugé sur le fondement de ses œuvres. Et de fait, bien que les impies seront condamnés pour leurs péchés, les justes, placés dans l'alliance de grâce, ne devront leur Salut qu'à la Justice du Christ, parce qu'elle leur est (et leur sera) gratuitement imputée, par le seul moyen de la foi en Lui. La confession d'Augsbourg (article 6) souligne cet article avec soin, disant qu'il est résolu de Dieu que celui qui croit en Jésus-Christ sera sauvé, non par les œuvres, mais par la foi seule, en recevant gratuitement la rémission de ses péchés.
Sans doute les œuvres des saints seront-elles la manifestation et l'emblème de leur foi - tout comme les mauvaises œuvres confondent l'hypocrisie des faux-frères (cf. Tite 1. 16); pour cette raison, c'est en rappelant ces œuvres que la foi ou l’incrédulité des hommes sera mise en lumière (Matthieu 25. 31-46). Mais cela ne veut pas dire que le fondement du salut des hommes sera autre chose que cette foi même, et cette foi seule.

Il est certain qu'il faut veiller à toujours affirmer ce point avec zèle et clarté, d'autant que Rome n'a jamais cessé d'enseigner les hérésies du concile de Trente sur le sujet et que, de leur côté, les dénominations libérales aident Rome à gagner la confiance de plusieurs âmes, en les persuadant (par des supercheries comme la Déclaration conjointe sur la Justification par la foi, signée en 1999) que la divergence doctrinale sur  cet article capital est maintenant dépassée et résolue.
En outre, d'influents théologiens (comme le baptiste John Piper, ou l'anglican N. T. Wright, etc.) insinuent de nos jours que le fondement de notre salut sera finalement autre (au dernier jour) que le fondement de notre justification actuelle ; que le fondement de l'une est la foi seule, tandis que le fondement de l'autre sera la foi et les œuvres.
C'est ainsi qu'ils affirment, contre les conclusions protestantes traditionnelles (cf: Confession Helvétique Postérieure 16. 8 ; Formule de Concorde, Solida Declaratio III. 52) non pas simplement que les personnes sauvées feront nécessairement de bonnes œuvres, mais plutôt que les bonnes œuvres sont nécessaires au salut d'une personne. La nuance peut sembler insignifiante, mais elle est grande dans l'effet qu'elle produit. La première phrase exhorte sainement les chrétiens et démasque les hypocrites, tandis que la seconde rouvre les portes à l'hérésie tridentine (cf : Concile de Trente, 6e session, chapitre 8).


Bucerian


lundi 29 juillet 2019

La charité du Vatican

"Tu recueilleras chaque €uro avec soin".
Catéchisme de Mamon, article 1.



Paris : le Vatican veut expulser une locataire ainsi que son frère et sa sœur handicapés.


« Nous avons été les premiers locataires », se rappelle avec émotion Pascale, contrainte de quitter les lieux fin août alors qu'elle, sa sœur et son frère - adultes handicapés à sa charge - n'ont aucune solution de relogement.
(...)
Ces locataires ne peuvent plus régler leur loyer depuis… avril 2015. « Une série d'accidents de la vie », résume Pascale qui a dû s'occuper de ses parents (aujourd'hui décédés) puis de sa sœur et de son frère.
(...)
Pascale sait qu'il leur est impossible de rester dans cet appartement. « Oui, mais si je dois partir maintenant, on se retrouve à la rue avec mon frère en attente d'une greffe de rein »
Pour lire l'article: ici.


Pour résumer : lorsqu'on est le siège social de Satan, c'est pour toujours. Lessiver l'argent sale des mafias, fermer les yeux autant que possible sur des brigades de pédophiles et cautionner de facto, par sa rhétorique, les activités des passeurs en Méditerranée est le seul service que l'on sait rendre à son prochain.

Bucerian

mercredi 24 juillet 2019

Annotation Credo # 49


La Résurrection des morts



La confiance des Chrétiens, c'est la résurrection des morts (Tertullien, De la Résurrection de la chair, I ). Nous croyons en effet que, par son pouvoir, Dieu ramènera les morts à la vie. Ils ne revivront pas simplement comme des fantômes désincarnés, mais dans leur propre corps. Calvin, parmi tant d'autres docteurs de l’Église, souligne combien cette espérance nous est inculquée par le Seigneur: (...) le Saint-Esprit, écrit-il, nous exhorte par toute l’Écriture, d'espérer la résurrection de notre chair. Pour cette cause, comme saint Paul en témoigne, le baptême nous en est comme un sceau (Colossiens 2. 12), et la sainte cène nous convie à une même confiance, quand nous prenons en la bouche les signes de la grâce spirituelle (Institution de la Religion Chrétienne, III. xxv, 8).

Comment cela se peut-il ? Comment cela se fera-t-il ? Loin de toute spéculation l’Écriture sainte nous fait sobrement savoir que notre corps sera substantiellement le même que celui dans lequel nous aurons vécu, quoiqu'il sera qualitativement différent : notre corps corruptible aura revêtu l'incorruptibilité (1Corinthiens 15. 39-40)!
Mais l'incrédulité humaine peut soulever contre ce dogme (comme elle le fait avec tous les autres) quantité d'objections... et c'est ce qu'elle ne manque pas de faire! Au temps de Jésus, la secte des sadducéens (qui ne croyait pas à la résurrection) avait  ainsi élaboré un cas d'école censé prouver l'absurdité de cet article : dans l'autre vie, duquel de ses maris une femme plusieurs fois veuve allait-elle finalement être l'épouse?... Le Seigneur, avant de leur répondre, leur signifia les causes de leur erreur : ils ne comprenaient ni les Écritures, ni la puissance de Dieu (Matthieu 22. 29). C'est pour cette même raison que des hérétiques attaquèrent encore plus tard la réalité de la résurrection (1 Corinthiens 15. 34) et que nous voyons aujourd'hui leur engeance maudite continuer de prêcher son incrédulité dans les dénominations libérales. Paul nous rappelle ici que les mauvaises compagnies corrompent les bonnes mœurs (15. 33), nous remémorant qu'il faut exclure de l’Église de tels prévaricateurs si nous ne voulons pas en être, de facto, les complices.

Le monde païen (les anciens grecs comme Pythagore, l'hindouisme, etc.) a lui aussi tenté de prêcher la vie après la mort, voire dans la chair, en élaborant la doctrine de la métempsychose, plus connue sous le terme de "réincarnation". Nos contemporains, qui se croient trop rationnels pour être chrétiens, sont souvent très friands de ce genre de croyances.
On notera que, de même que les sadducéens avaient adopté le matérialisme crasse des épicuriens en niant la résurrection, le judaïsme rabbinique a donné prise à la fable hideuse de la réincarnation (guilgoulim). Il semblerait que dans l'antiquité déjà, cette superstition était envisagée pour justifier la souffrance des hommes (cf. Jean 9. 1-2); encore à notre époque, Ovadia Yossef, ancien grand rabbin séfarade d'Israël, a affirmé sans humanité ni vergogne, que les quelques six millions de Juifs exterminés pendant la seconde guerre mondiale avaient été « la réincarnation des âmes qui ont péché et ont fait des choses qu'il ne fallait pas faire ». Cette croyance en la réincarnation est évidemment contraire à notre foi, d'abord parce que la Bible nous dit qu'après la mort vient le jugement (Hébreux 9. 27) et aussi parce que le corps d'une créature n'est pas un appareil jetable et échangeable : chacun doit recevoir en son corps le salaire de ses œuvres.

Les hommes doivent prendre soin de ne pas négliger de faire bien, ni estimer que ce qu'ils pensent, disent et font n'a pas d'importance; plutôt, nous devons nous purifier de toute souillure de la chair et de l'esprit, en achevant notre sanctification dans la crainte de Dieu (2 Corinthiens 7. 1). 


Bucerian





mardi 23 juillet 2019

Série de réflexions sur une communion orthodoxe (8)






Réponse à une triple objection / conclusion



Certains objecteront qu'une telle communion, malgré ses prétentions à endiguer schismes et dénominations, ne serait elle-même jamais autre chose qu'une nouvelle dénomination. 
Que d'autres personnes, pour diverses raisons, ont déjà pensé réunir les fidèles dans la foi la plus simple, sans parvenir à constituer autre chose qu'une énième secte (ex: les assemblées de Frères, de John Darby).
Qu'en outre, même cette dénomination ne serait pas à l'abri de nouveaux schismes.

A tout cela, il convient de répondre que :

1) On pourra toujours se complaire à considérer une telle communion d’Églises comme une nouvelle dénomination ; mais cette soi-disant dénomination serait bien la seule à camper sur le seul standard confessionnel de la seule Église antique (Symbole de Nicée-Constantinople) dont se réclament toutes les dénominations.

2) C'est pour véhiculer leurs nouvelles doctrines que certains hommes ont constitué leurs assemblées séparées des vielles dénominations (ex: John Darby/dispenationalisme). Or il n'est pas question ici de promouvoir une quelconque nouveauté doctrinale; dans sa dimension protestante, une telle communion ne recevrait en effet pas d'autre annexe au Credo que la Confession d'Augsbourg, laquelle a déjà été reçue par l'ensemble du protestantisme historique et ce, comme suffisante pour une pleine communion (dixit la Concorde de Wittenberg).

3) On ne saurait ignorer que les schismes menacent même les Églises les plus pures (cf. 1Corinthiens 11. 19). Néanmoins, il est évident que le schisme entre des congrégations qui partagent théoriquement le même standard confessionnel, ne saurait perdurer comme ceux qui séparent des ensembles aux confessions les plus diverses, ni obscurcir à un même degré le témoignage de leur foi commune devant le monde.

Pour conclure, loin de constituer une "nouvelle dénomination", une telle communion ne serait jamais qu'un réalignement de l’Église de toujours, sous la bannière de la foi de toujours.


Bucerian


lundi 22 juillet 2019

Annotation Credo # 48


De l'état intermédiaire




L’espérance chrétienne ne consiste pas dans un salut de l'âme à jamais séparée du corps. Nous croyons au contraire que le Dieu tout-puissant ressuscitera les morts, de sorte que les âmes seront à jamais réunies à leur corps pour y recevoir le salaire de leurs œuvres. Les Écritures saintes - autant que l'expérience - nous enseignent qu'en attendant cette résurrection, les corps des défunts (qui doivent être respectés et traités d'une façon conforme à notre espérance) dorment dans la poussière. Mais qu'en est-il des âmes ?

Le monde païen imagine souvent que les âmes des morts nous regardent, qu'on peut même les invoquer et communiquer avec elles. De là, nombreux sont ceux à expérimenter l'occultisme et ouvrir ainsi leur âme à la présence particulière du Diable. Il est donc nécessaire de mettre en garde contre le spiritisme, le ouija et ces pratiques extrêmement dangereuses.

Dans la chrétienté, certains (comme les adventistes) estiment que les âmes des défunts dorment et ne sont conscientes de rien.
D'autres, comme les catholiques romains, pensent au contraire que les âmes sont conscientes au point qu'elles peuvent interagir avec ce monde (miracles des "saints" trépassés, etc.)
Surtout, Rome enseigne qu'en raison « de toutes les choses sales qu'ils ont accumulées dans leur vie » (sic : Encyclique de Jozeph Ratzinger, Spe Salvi § 46) les fidèles en Christ doivent le plus souvent passer dans l'au-delà par un feu purificateur : le purgatoire. Certains spirites, comme Padre Pio, ont même prétendu avoir reçu la visite d'âmes enfermées dans ce purgatoire afin de demander qu'on les aide à sortir au plus vite de cet enfer (!) Voilà en effet ce que Rome entend par cet article du Credo : « je crois le pardon des péchés » ; c'est-à-dire : « je crois que "les choses sales que j'ai accumulées dans la vie" me poursuivront toujours et que le sang du Christ ne m'en délivrera pas, de sorte que je vais devoir brûler et souffrir cette peine infernale pour me purifier moi-même du péché (heureusement, il reste tout de même l'Indulgence plénière de sa sainteté le pape de Rome pour m'épargner la case "feu purificateur"; car ce que le sang du Christ ne peut pas faire, le décret du pape le peut assurément.) »

Contre toutes ces erreurs (en particulier contre la damnable et exécrable hérésie de Rome), on peut sobrement trouver dans les Écritures l'assurance que dans l'attente de leur Résurrection, les âmes de ceux qui se sont endormis en Christ sont vivantes et se trouvent auprès de lui, jouissant ainsi de sa présence et de sa paix (Luc 23. 43/ Jean 11. 26/ Philippiens 1. 23). Cela ne veut bien sûr pas dire que ces âmes puissent nous contacter, agir sur nous, nous entendre, etc. comme le veut le papisme. La seconde Confession Helvétique dit avec raison que, concernant ce que l’on raconte au sujet des esprits ou des âmes des défunts apparaissant parfois aux vivants et leur demandant des services pour être délivrés, nous considérons ces apparitions comme des illusions, des artifices et tromperies du diable (article 26. 5). 

Quant à la doctrine du prétendu purgatoire, dont on ne trouve pas un mot dans les Écritures, nous devons la dénoncer comme le fit la même Confession (26. 4) parce que c'est une doctrine qui s’oppose à la foi chrétienne: « Je crois la rémission des péchés et la vie éternelle. » Elle s’élève, de même, contre la pleine purification de nos péchés par le Christ, et elle est contredite par ces affirmations du Christ, notre Seigneur: En vérité, en vérité, je vous le dis, celui qui écoute ma parole, et qui croit à celui qui m’a envoyé, a la vie éternelle et ne vient pas en jugement, mais il est passé de la mort à la vie (Jean 5. 24) ; et de même: Celui qui est lavé n’a besoin que de se laver les pieds pour être entièrement pur; et vous êtes purs (Jean 13. 10).


Bucerian



dimanche 21 juillet 2019

Série de réflexions sur une communion orthodoxe (7)





La discipline

S'il est vrai que la discipline doit être appliquée avec douceur et être tempérée par la miséricorde; s'il est vrai aussi qu'il arrive qu'elle ne soit pas toujours appliquée aussi fermement qu'il serait à désirer (sans toutefois que l’Église ne perde son nom), le principe au moins de la discipline doit être conservé dans une communion orthodoxe. Car Jean Calvin a souligné avec raison que si la bonne doctrine constitue l'âme du corps de l’Église, la discipline en est comme le système nerveux  (Institution de la Religion Chrétienne, IV. xii, 1). 
Or la discipline chrétienne est double : d'une part, elle est l'ordre auquel doit se conformer la vie privée des membres de l’Église; d'autre part, elle est l'ordre auquel doit se conformer la vie publique de l’Église elle-même (et donc essentiellement l'exercice de ses ministères).


1) Au chapitre moral, la discipline doit veiller à honorer la Loi divine, résumée par le Seigneur dans l'impératif d'aimer Dieu et le prochain (Matthieu 22. 37-40) et détaillée dans le Décalogue. On doit donc soigneusement se rappeler que la Loi est bonne, pourvu qu'on en fasse un usage légitime, sachant bien que la Loi n'est pas faite pour le juste, mais pour les méchants et les rebelles, les impies et les pécheurs, les irréligieux et les profanes, les parricides, les meurtriers, les impudiques, les infâmes, les voleurs d'hommes, les menteurs, les parjures, et tout ce qui est contraire à la saine doctrine, conformément à l'Évangile de la gloire du Dieu bienheureux (1Timothée 1. 8-11). 
Ceux qui vivent ainsi doivent être admonestés et, en cas de persistance dans le mal, censurés. Loin s'en faut que l'on puisse bénir et célébrer leurs péchés, comme on le voit aujourd'hui dans les dénominations libérales !

2) Au chapitre des ministères, le protestantisme a du combattre l'abominable tyrannie papale et sa prétention à contraindre les pasteurs et évêques au célibat. Ce point doit être maintenu avec force, comme un emblème (dans le ministère public de l’Église) de la liberté chrétienne et du respect de l'ordre de la création (qui est sublimé dans le mystère de l'union du Christ et de son Église).
Néanmoins, on ne saurait ignorer que du sein même des dénominations "protestantes", et ce depuis un siècle environ, l'affirmation d'un ministère pastoral féminin tente pareillement de faire du ministère public de l’Église l'emblème de revendications mondaines et contraires à l'ordre divin (1Timothée 2. 11-14).
Il appartiendrait à une communion orthodoxe de ne pas alimenter le scandale de cette innovation (du reste désavouée et démasquée par les Écritures telles que comprises unanimement pendant ~19 siècles) et de laisser ceux qui s'aventurent dans de tels désordres en porter la peine.

A suivre... 


Bucerian

vendredi 19 juillet 2019

Les symbolistes n'ont-ils rien?...





Les théologiens luthériens, pour qui la présence du Christ dans la Cène ne dépend pas de la dignité ou de la foi des communiants, ont affirmé que le Christ n'était pas présent dans la Cène des Églises qui ne croient pas à cette présence.
Cette dernière considération semble paradoxale ; en effet, si la présence du corps et du sang est annulée pour ceux qui ne la conçoivent pas correctement, comment affirmer plus longtemps la manducation par les impies ?

Certes, on pourra rétorquer que la présence objective, entrainant la manducation par les impies, dépend de la foi publiquement affichée par une Église à ce sujet. Mais cette opinion entraine beaucoup de difficultés, car les positions n'ont pas toujours été clairement tranchées (et ne le sont parfois toujours pas). Par exemple: l’Église de Ratramne de Corbie avait-elle une Cène réelle ou non? Une Église unioniste a-t-elle une vraie Cène ou non? Ou encore, lorsque les Strasbourgeois signèrent la concorde de Wittenberg, leur Cène devint-elle plus vraie pour le peuple présent là-bas, et ce malgré le fait qu'on accusa plus tard ses pasteurs (dans la Solida Declaratio) d'avoir été fourbes ?...

Il est vrai qu'on peut invoquer, à l'appui de la thèse luthérienne, un exemple semblable : c'est que le baptême conféré dans des sectes anti-trinitaires est réputé nul.
Néanmoins, il existe ici une différence majeure : les sectes anti-trinitaires nient le mystère sur lequel est fondée la foi baptismale (c'est-à-dire la Trinité : Matthieu 28. 19). C'est d'ailleurs la raison pour laquelle ces sectes ne sont pas simplement dépourvues du vrai sacrement, mais aussi et surtout du Salut. 
Mais de leur côté, les symbolistes (sauf s'ils sont ariens ou autres semblables) ne nient pas le mystère dont procède le sacrement - c'est-à-dire : le mystère de l'Incarnation (Matthieu 26. 26). Pour que leur Cène soit tout à fait comparable au baptême des anti-trinitaires, il faudrait que leur religion soit le nestorianisme, voire le docétisme (et dans ce cas, tout comme dans celui des anti-trinitaires, c'est leur âme autant que leur Cène qui serait vide du Christ).

En d'autres termes, il ne semble pas tout à fait pertinent de comparer une erreur sur le sacrement et/ou la manière dont il agit, avec une erreur (ou un déni) sur la Révélation que scelle le sacrement. Autrement, en raison de leurs opinions tout aussi symbolistes concernant le baptême, il paraîtrait nécessaire de déclarer que les baptistes n'administrent pas non plus un vrai baptême, etc. ce qui est exclu même par les réalistes les plus fervents.

Sans cautionner l'erreur symboliste ni vouloir la tolérer, il est semble donc permis de s'interroger sur les conclusions extrêmement sévères que certains ont cru pouvoir en tirer, et envisager plutôt que toute Église qui garde la foi chrétienne (Révélation du Dieu Trinité dans le Verbe fait chair, mort et ressuscité pour le Salut de quiconque croit ; bref: Jean 3. 16, le Credo...), lorsqu'elle s'assemble pour célébrer le repas du Seigneur (en gardant les paroles de l'institution et son usage), bénéficie de la présence de celui-ci, quand bien même ses pasteurs n'en saisiraient pas toute la richesse et n'en parleraient pas de façon cohérente.



Bucerian