vendredi 24 mai 2019

Annotation Credo # 44


Attente et évangélisation




Non seulement l'attente de la vie future ne saurait conduire les saints à la démission (annotation n° 43) mais encore, elle doit être marquée par l'accomplissement de la grande mission que leur a confié le Seigneur avant son Ascension: "Allez, faites de toutes les nations des disciples (...) " (Matthieu 28. 19).


La vérité qui dérange
 
Faire des disciples, amener les âmes à Jésus-Christ et contribuer à leur édification : cette sainte mission n'appartient pas uniquement aux ministres de l’Évangile que sont les pasteurs, mais bien à chaque membre de l’Église, appelé à témoigner (en parole et en exemples), dans sa vie quotidienne, de sa foi. 
Le but de l'âme chrétienne, en témoignant et en cherchant à faire des disciples, n'est pas celui des pharisiens (cf. Matthieu 23. 15); il n'est pas question de se glorifier d'avoir enrôlé quelqu'un, d'en faire son élève - presque sa chose - et de grossir les rangs de son clocher. 
Le moteur de l'évangélisation est la recherche du salut éternel des âmes, pour la plus grande gloire de Dieu.
Pour le bien de l'incroyant - et pour la gloire de Dieu seul! - nous devons affirmer qu'il n'existe qu'un seul sauveur dont le nom est Jésus-Christ en qui nous devons croire et en qui, par la foi, nous trouvons un parfait secours. Car " Il n'y a de salut en aucun autre; car il n'y a sous le ciel aucun autre nom qui ait été donné parmi les hommes, par lequel nous devions être sauvés " (Actes 4. 12). 
Négativement, cela veut aussi dire qu'il faut dénoncer les faux-dieux, les impostures, les idoles de ce siècle qui perdent les âmes autant qu'elles outragent le Seigneur. Selon les circonstances, selon les fondements trompeurs que les égarés donnent à leur existence, il faut rappeler: "La lumière du monde ne s'appelle pas "La science-moderne"! Le sauveur du monde ne s'appelle pas Muhammad! Le salut ne viendra pas du mur des lamentations! Aucune vache n'est sacrée! Toucher du bois ne vous sera d'aucun secours devant le danger! Notre Dame de Fatima est une simple roche sculptée " etc.

Évidemment, dire la vérité est sans doute le moyen le plus sûr de se faire haïr par le plus grand nombre. Mais c'est notre mission, et c'est ce que nous voulons faire, par la grâce de Dieu.


Rejet contemporain du témoignage fidèle

Il est vrai que, par le passé, certains ont osé employer la puissance des armes pour christianiser certains peuples. Évidemment contraire au sens des Écritures et à l'interprétation vivante qu'en ont donné, par leur exemple, le Christ et les apôtres (et les premières générations de chrétiens!), ces actes méritent d'être condamnés et rejetés comme de malheureuses dérives des siècles passés.

Reste que notre époque se montre elle aussi infidèle lorsque, au nom de la tolérance, au nom de la paix publique, au nom de la mémoire et de bien d'autres prétextes, elle dénigre l'évangélisation en la réduisant à la notion, aussi vague que péjorative, de "prosélytisme". 

A Rome, par exemple, l'évangile semble consister en ces termes: "toutes les religions sont pareillement bonnes. Il faut seulement qu'en chacune d'elles, les hommes de bonne volonté collaborent à promouvoir l'éducation et la tolérance pour bâtir un monde meilleur".
 
Les grandes dénominations libérales, elles, ne veulent pas non plus propager l’Évangile de Jésus-Christ, mais un évangile remanié (un faux évangile, donc!) à travers tel ou tel prisme idéologique, philosophique ou économique et politique. Résultat? L’Évangile est vidé de sa substance, les âmes sont racornies et (paradoxe!) alors qu'on se défendait de tout prosélytisme évangélique, il ne reste plus qu'un prosélytisme quasi-sectaire pour l'idéologie, la philosophie, les projets économiques et politiques que l'on s'est choisi à la place!
 
Soufflant sur les braises de cette apostasie, le monde amène encore des raisons de cacher l’Évangile: il serait intolérable, par exemple, d'évangéliser les membres de tel ou tel peuple, parce que cela menacerait son identité, sa culture, sa spiritualité ancestrales.



Mais, devant toutes ces oppositions, tentatives d'intimidations, tentations de compromission, l’Église, en chacun de ses membres, doit attendre le retour du Seigneur en prêchant fidèlement l’Évangile, puissance de Dieu pour le salut de quiconque croit.



Bucerian


lundi 20 mai 2019

20 mai: ouverture du synode de Nicée, 1er concile oecuménique







Voici, la vierge sera enceinte, et elle enfantera un fils, et on le nommera EMMANUEL, ce qui signifie: DIEU AVEC NOUS. ”

(Matthieu 1. 23)





Le premier concile oecuménique, ou universel, fut convoqué par l'empereur Constantin et présidé par l'évêque Osius de Cordoue. Il s'est tenu du 20 mai au 25 juillet 325, dans la ville de Nicée - actuellement Iznik, en Turquie.



L'objet principal du concile était de juger l'hérésie arienne (du nom d'un prêtre d'Alexandrie, Arius), pour qui le Fils de Dieu était une créature tirée du néant et susceptible de changement. Lors d'un concile local qui excommunia Arius et ses sectateurs, Alexandre, évêque d'Alexandrie, mettait ainsi en garde contre ces hommes qui “avancent avec la dernière témérité, et sans pouvoir l'appuyer par l'autorité de la sainte Ecriture, que Dieu n'a point toujours été Père, mais il y a eu un temps auquel il ne l'était point” et qui vont jusqu'à soutenir -- quand on leur demande si le Fils pourrait chuter comme Satan, “qu'il le peut très certainement. Car il est d'une nature sujette au changement, puisqu'il peut être engendré, et être créé.” (voir la lettre d'Alexandre, dans Socrates, Histoire de l'Eglise, I. 6). Contre ces thèses, les 318 Pères du concile affirmèrent la consubstantialité du Père et du Fils.



Certains ont critiqué le concile au prétexte qu'il avait été convoqué par un empereur de Rome. On aurait tort, cependant, d'imaginer que l'empereur aurait dicté ses idées aux évêques. Comme l'a souligné Charles Kannengiesser: “Les Pères conciliaires de 325 étaient libres de leurs choix, à en croire les trop rares témoignages, d'ailleurs indépendants et fort variés (...) on ne se trompe pas en gardant à l'option doctrinale de Nicée son strict caractère ecclésiastique, soustrait au caprice politique du prince, malgré le statut politique tout à fait spectaculaire de cette assemblée générale”. (Nicée 325 dans l'Histoire du christianisme, Concilium, n° 138, 1978, p. 42 et 44 / extrait cité par Yves Chiron, dans son “Histoire des conciles”, éditions Perrin).



En revanche, l'intérêt dogmatique du concile est certain, et son propos, entièrement biblique ; là où l'hérésie d'Arius, au nom du rationalisme, se proposait de rendre un culte à une créature, le concile orthodoxe nous rappelle qu'en la Personne du Fils, Dieu lui-même nous a aimés jusqu'au don de soi, acquérant, pour ceux qui croient en Lui, un salut irrévocable et éternel.

Le Symbole: ici
Canon 19 sur le baptême: ici.



Rapport à la papauté romaine:


Non seulement l'évêque de Rome n'a pas convoqué le premier concile, mais il ne l'a pas présidé non plus -- ses représentants n'y occupant que la quatrième place (Cassiodore, Histoire tripartite, II, 1).

Parmi les vingt canons adoptés par ce concile, le sixième est sans doute l'un des plus connus. Il disposait ceci:


Que l'ancienne coutume en usage en Egypte, dans la Libye et la Pentapole soit maintenue, c'est-à-dire que l'évêque d'Alexandrie conserve juridiction sur toutes (ces provinces), car il y a le même rapport que pour l'évêque de Rome. On doit de même conserver aux Eglises d'Antioche et des autres éparchies (provinces) leurs anciens droits.


Il ressort de cela que le concile validait une coutume utile au maintient du bon ordre, sans lui reconnaître aucun fondement dogmatique ou scripturaire, et que cette coutume envisageait les droits de l'évêque d'Alexandrie comme équivalents à ceux de l'évêque de Rome.

Or, comme le notait, en 1537, Philippe Melanchthon (Traité de la primauté du pape, I: B): Si l'évêque de Rome avait eu de droit divin une supériorité, il n'aurait pas été licite à un synode de lui retirer quelque chose de ce droit et de le transférer à celui d'Alexandrie.


Bucerian
(extrait des textes Symboliques de l’Église chrétienne).

Inénarrable EPUF...

Les élections européennes approchent. Fait surréaliste: de prétendues Églises, habituellement si promptes à abandonner chacun à ses ''convictions'', à accueillir toutes les sortes de croyances et de morales individuelles et contradictoires (et à les valoriser comme des richesses inestimables!), publient et diffusent une sorte de guide à travailler "pour soi ou en Église" (sic) et orienter (?) ainsi le vote de leurs infidèles.
De là à conclure que tout ce qui est adoré en ces loges profanes est la déesse Europe et sa révélation des droits de l'Homme, il n'y a qu'un pas...

Bucerian

mardi 14 mai 2019

Annotations Credo # 43



Nous attentons la résurrection des morts et la vie du siècle à venir



Après avoir rappelé la magnifique assurance du Salut que nous avons par la foi en Jésus-Christ, le Credo tourne nos regards vers l'attente de la félicité qui nous est réservée. Le domaine de ce salut étant au-delà de l'Histoire et du monde présents (1), il n'est pas question d'en espérer la jouissance ici-bas autrement que par l'espérance (2). Pourtant, contrairement à ce qui existe dans de nombreux mouvements apocalyptiques, cette attente n'est de nature ni démissionnaire, ni suicidaire (3). 


1. L'attente de la Résurrection

Certaines dénominations ont développé de laborieuses spéculations pour fonder une eschatologie riche en rebondissements. Certaines n'hésiteraient pas à ériger ces opinions en articles de foi, veillant à ce que chacun admette que le Seigneur reviendra ressusciter certains morts et établir un règne terrestre de 1000 ans avant de ressusciter finalement tous les hommes pour les juger, etc.
Or les Écritures indiquent que nous sommes, depuis la manifestation du Christ, dans les derniers temps (Hébreux 1. 1-2/ Actes 2. 17, etc). Il y aura manifestement, dans cette dernière ligne droite, des derniers mètres, où les choses s'accélèreront et qui, pour cette raison, sont plus spécialement appelés "les derniers temps" (cf; 1 Timothée 4. 1). Mais nous sommes fondamentalement dans cette dernière ère, dans cette dernière dispensation et période de l'Histoire : aucun autre régime spirituel ne s’intercalera entre le temps de l’Église chrétienne (telle qu'elle existe et vit depuis la Pentecôte)  et l'éternité.
Le Credo nous enseigne très simplement ces choses, ici comme ailleurs (voir annotation n° 24) en reliant notre attente à la seule résurrection des morts et à la vie du siècle à venir. Tout autre attente nous apparaît fantaisiste; toute "dogmatisation" de telles attentes (leur affirmation dans une confession de foi ecclésiale) nous apparaît comme une tyrannie d'où ne peuvent manquer de procéder schismes et sectes.


2. L'attente de la vie à venir

Contrairement à l'impression que donnent actuellement nombre d'évêques et de pasteurs (dont la vocation consiste manifestement plus à dispenser un message humaniste et politique qu'à prêcher l’Évangile!), la vie chrétienne ne saurait consister en un activisme destiné à reconstruire ici-bas le paradis perdu. Un tel paradis ne serait d'ailleurs qu'un mirage et une dangereuse utopie, puisque, comme l'a joliment formulé Paul Claudel: "Quand l'homme essaye d'imaginer le paradis sur terre, ça fait tout de suite un enfer très convenable".
Combien de philosophes et de prophètes auto-proclamés ont ainsi prétendu établir la plus parfaite des communautés, en ne constituant rien d'autre au final que d'horribles fiefs pour le péché et les ténèbres?...
Ceci est dû au fait que l'homme ne prétend ériger de royaume divin ici-bas qu'en ignorant sa misère, le péché qui est en chacun - et qui est précisément le ferment de l'enfer!
Cela arrive, d'autre part, parce que les hommes pécheurs ne peuvent s'unir et œuvrer (comme à Babel) à leur "salut" commun qu'en excluant le Christ, dont la présence les divise (cf. Matthieu 10. 34, ss).
C'est ce qui explique, par exemple, l'une des règles maçonniques, de ne pas parler de "religion" entre "frères" (pour ne pas risquer de s'opposer). C'est en suivant une même philosophie qu'un penseur politique comme Jean-Jacques Rousseau préconisait de bannir de la cité quiconque refuserait le relativisme spirituel et resterait fidèle à l’Évangile des apôtres (Actes 4. 12).
Voilà où mène l'ignorance de la Loi de Dieu, par laquelle nous connaissons notre péché (cf. Romains 3. 19-20) ainsi que l’Évangile, par lequel nous est présenté le Sauveur et la seule porte du Ciel: Jésus-Christ, le Fils de Dieu.


3. L'attente dans la vie présente

Devant la fin de toute chose, la tentation peut exister de démissionner de la vie présente : préparer ses valises pour attendre la fin. C'est un énorme danger, d'abord parce qu'une telle démarche peut mener à des faillites personnelles et matérielles (combien de gens trop crédules ont-ils tout abandonné en imaginant que la fin du monde aurait lieu la semaine prochaine?...) mais aussi, parce qu'elle mène à des faillites collectives et spirituelles (combien de sectes ont été fondées, d'âmes déçues, d'hérésies érigées en dogmes, pour cette même raison?).
Beaucoup de gens dans l'histoire ont tourné le dos à la vie présente, abandonnant leur famille, voire leur travail... pour rien - sinon pour enrichir indûment des gourous qui vivaient sur leur dos!
Paul, dans ses épîtres aux Thessaloniciens (qui ont un contenu fortement eschatologique) met les fidèles en garde contre de tels discours (2Thessaloniciens 2. 2). Il nous remet en mémoire que si nous ne sommes pas de ce monde, nous vivons néanmoins dans ce monde, avec toutes les contraintes de la réalité à laquelle nous devons faire face, et que nous ne devons pas chercher à fuir au profit de folles spéculations (cf. 2Thessaloniciens 3. 10-11).

L'attente chrétienne, marquée par la grande mission d'évangélisation sur laquelle on reviendra, nous rappelle que notre cité est dans les cieux; mais cette cité n'est pas celle de l'irresponsabilité ou du suicide (qui sont en définitive autant de formes de défiance envers le Seigneur). La piété chrétienne authentique tourne nos yeux et nos cœur vers les cieux, notre patrie; elle ne retire pas pour autant nos pieds de la terre. 
Luther disait, avec une certaine sagesse, que : "Si on m'annonçait que la fin du monde est pour demain, je planterais quand même un pommier". Puisse notre conduite être telle en ce monde.


Bucerian

dimanche 5 mai 2019

La foi de l'Eglise chrétienne


Une récente enquête donne une idée de l'état de délabrement spirituel des dénominations "historiques" en Europe. C'est l'occasion pour nous de rééditer ce billet, paru il y a plus d'un an sur notre blog:


Certes, une Église doit être dotée d'une confession de foi, si elle ne veut pas être confondue avec un vulgaire club maçonnique. Mais si l’Église concernée ne veut pas devenir une malheureuse secte, encore doit-elle connaître le centre de gravité et la juste perspective du confessionnalisme.

Or, le seul Credo de l’Église UNIVERSELLE est celui que cette même Église a unanimement formulé: le Symbole inaltéré de Nicée-Constantinople, dont l'existence même constitue la condamnation du libéralisme théologique.
Le propos du Symbole a été réaffirmé et précisé (sans que le Symbole ne soit remplacé) par les affirmations des conciles UNIVERSELLEMENT reçus, tenus contre les hérésies nestorienne, pélagienne, monophysite, origéniste, monothélite, etc. [Éphèse, Chalcédoine, Constantinople II et III]. 

Ces conciles ont été NÉCESSAIRES (en garder les définitions l'est tout autant!) car il y était question d'articles vitaux, pas de considérations superflues. Ils furent les champs de bataille de la foi contre ses contrefaçons fatales; pas les terrains de jeu de quelques subtils querelleurs.

Quant à la bataille pour l’Évangile, relatif à l'article de la rémission des péchés,  au rôle de la foi et de la grâce (monergisme), la précision dogmatique a été apportée à Augsbourg, en 1530, au moyen de la Confession du même nom. 
Reçue, dès 1532 et surtout en 1536 (Concorde de Wittenberg), par l'ensemble du Protestantisme -- ainsi que l'a noté Pierre Chaunu, dans son Temps des Réformes -- on ne trouvera rien d'égal en matière de fidélité aux Écritures, de simplicité évangélique, et d'universelle réception par les saints.

Considéré dans cette perspective, c'est-à-dire la perspective d'un christianisme qui n'est pas né au XVIe (ou, pire, au XVIIe siècle!), il est bien entendu que nous devons protester un christianisme confessionnel, et même verbatim.
Mais cela ne doit pas être confondu avec l'idée selon laquelle chaque clocher serait en droit de rédiger la charte de son opiniâtre hétérodoxie, menant à un pluri-sectarisme que, faute de pouvoir assumer, on tente ensuite, vainement, de surmonter par un œcuménisme relativiste.

Bucerian

mardi 30 avril 2019

Sola Fide.

Nous trouvons, dans les Mémoires de Luther (traduites par Jules Michelet) le compte rendu d'une discussion entre le réformateur de Wittenberg et son collaborateur, Philippe Mélanchthon.
 
En date de l'an 1536, cet échange édifiant nous rappelle combien précieuse est la saine doctrine de l'Evangile et combien il nous faut toujours rester en garde et veiller pour ne pas en être tentés et/ou éloignés, dans notre faiblesse, par les raisonnements et les discours séduisants des hommes.


MELANCHTHON trouve probable  l'opinion de saint Augustin, qui soutient "que nous sommes justifiés par la foi, par la rénovation" et qui, sous le mot de rénovation, comprend tous les dons et les vertus que nous tenons de Dieu (Mélanchthon fait remarquer que saint Augustin n'exprime pas cette opinion dans ses écrits de controverse).
"Quelle est votre opinion?" demanda-t-il à Luther. "Tenez-vous, avec saint Augustin, que les hommes sont justifiés par la rénovation, ou bien par imputation divine?"  -- LUTHER répond.  "Par pure miséricorde de Dieu". -- MELANCHTHON propose de dire que l'homme est justifié principaliter par la foi, et minus principaliter par les œuvres, de sorte que la foi rachète l'imperfection de celles-ci. -- LUTHER. "La miséricorde de Dieu est seule la vraie justification.  La justification par les œuvres n'est qu'extérieure; elle ne peut nous délivrer ni du péché, ni de la mort." -- MELANCHTHON. "Je vous demande ce qui justifie saint Paul et le rend agréable à Dieu, après sa régénération par l'eau et l'esprit." -- LUTHER. "C'est uniquement cette régénération même. Il est devenu juste et agréable à Dieu par la foi, et par la foi il reste tel à jamais." MELANCHTHON. "Est-il justifié par la seule miséricorde, ou bien l'est-il principalement par la miséricorde et moins principalement par ses vertus et ses œuvres?" -- LUTHER. Non pas. Ses vertus et ses œuvres ne sont bonnes et pures que parce qu'elles sont de saint Paul, c'est-à-dire d'un juste. Une œuvre plaît ou déplaît, est bonne ou mauvaise, à cause de la personne qui la fait." -- MELANCHTHON. "Mais vous enseignez vous-même que les bonnes œuvres sont nécessaires, et saint Paul qui croit, et qui en même temps fait les œuvres, est agréable à Dieu pour cela. S'il faisait autrement, il lui déplairait. -- LUTHER. "Les œuvres sont nécessaires, il est vrai, mais c'est par une nécessité sans contrainte, et tout autre que celle de la Loi. Il faut que le soleil luise, c'est une nécessité également; cependant, ce n'est pas par suite d'une loi qu'il luit, mais bien par nature, par une qualité inhérente et qui ne peut être changée: il est créé pour luire. De même le juste, après la régénération, fait les œuvres, non pour obéir à quelque loi ou contrainte,  car il ne lui est pas donné de loi, mais par une nécessité immuable.   Ce que vous dites de saint Paul, qui, sans les œuvres, ne plairait pas à Dieu, est obscur et inexact, car il est impossible qu'un croyant, c'est-à-dire un juste, ne fasse ce qui est bien". -- MELANCHTHON. "Sadolet nous accuse de nous contredire en enseignant que la foi seule justifie, et en admettant néanmoins que les œuvres sont nécessaires. -- LUTHER. "C'est que les faux-frères et les hypocrites, faisant semblant de croire, on leur demande les œuvres pour confondre leur fourberie..." -- MELANCHTHON. Vous dites que saint Paul est justifié par la seule miséricorde de Dieu. A cela, je réplique que si l'obéissance ne venait s'ajouter à la miséricorde divine, il ne serait point sauvé, conformément à la parole (I Cor. IX.): "Malheur à moi, si je ne prêchais pas l'Evangile!" . -- LUTHER: "Il n'est besoin de rien ajouter à la foi; si elle est véritable, elle est à elle seule efficace toujours et en tous points. Ce que les œuvres valent, elles ne le valent que par la puissance et la gloire de la foi, qui est, comme le soleil, resplendissante et rayonnante par nécessité de nature. " -- MELANCHTHON. Dans saint Augustin, les œuvres sont incluses dans ces mots: Sola fide. -- LUTHER. "Quoi qu'il en soit, saint Augustin fait assez savoir qu'il est des nôtres, quand il dit: "Je suis effrayé, il est vrai, mais je ne désespère pas, car je me souviens des plaies du Seigneur." Et ailleurs dans ses Confession: "Malheur aux hommes, quelque bonne et louable que leur vie puisse être, s'ils ne sollicitent la miséricorde de Dieu...". -- MELANCHTHON. "Est-elle vraie cette parole: 'La justice est nécessaire au salut'? -- LUTHER. Non pas dans ce sens que les œuvres produisent le salut, mais qu'elles sont les compagnes inséparables de la foi qui justifie. C'est tout de même qu'il faudra que je sois là en personne, lorsque je serai sauvé."
"J'en serai aussi", dit l'autre qu'on menait pour être pendu, et qui voyait les gens courir à toute jambe vers le gibet... La foi qui nous est donnée de Dieu régénère l'homme incessamment et lui fait faire des œuvres nouvelles, mais ce ne sont pas les œuvres nouvelles qui font que l'homme est régénéré... Les œuvres n'ont pas de justice par elles-mêmes aux yeux de Dieu, quoiqu'elles ornent et glorifient accidentellement l'homme qui les fait... En somme, les croyants sont une création nouvelle, un arbre nouveau. Toutes ces manières de dire usitées dans la Loi, telles que: 'Le croyant doit faire de bonnes œuvres', ne nous conviennent donc plus. On ne dit pas: 'le soleil doit luire, un bon arbre doit porter de bons fruits, trois et sept doivent faire dix. Le soleil luit par sa nature, sans qu'on le lui commande; le bon arbre porte de même ses bons fruits; trois et sept ont de tous temps fait dix; il n'est pas besoin de le commander pour l'avenir."


Bucerian

lundi 22 avril 2019

Annotations Credo # 42


De la nécessité du baptême





Fondé sur les Écritures saintes (Actes 2. 38-39), le Symbole de Nicée-Constantinople professe que le baptême, par lequel nous sommes solennellement reçus en l’Église, est donné pour la rémission des péchés.
Précisant ce Credo, la Confession d'Augsbourg déclare que le baptême est nécessaire au salut (article 9) : personne en effet ne peut hériter de la vie tant qu'il se tient en dehors de l’Église et que, persistant dans l'incrédulité, ses fautes ne lui sont point pardonnées. Cela ne veut pas dire que ceux qui croient l’Évangile, mais qu'une raison particulière empêche de recevoir le baptême, ne seront pas sauvés (l'homme est sauvé par la foi seule : Luc 23. 43!); mais, simplement, que le baptême signe ordinairement l’Évangile du Salut dans la personne des fidèles.
L’Évangile de Marc (Marc 16. 16) résume cette nécessité de principe par cette promesse:
Celui qui aura cru et qui aura été baptisé sera sauvé ; mais celui qui n'aura pas cru sera condamné.

Certains ont affirmé qu'une telle doctrine était contraire à l'article capital de notre religion, à savoir : que l'homme est justifié par la foi seule, sans considération de ses œuvres.
C'est ignorer que le baptême n'est pas le fruit ou l’œuvre de notre foi mais qu'il est au contraire la célébration et le sceau de l’Évangile sur lequel s'appuie notre foi. Autrement dit: l'auteur du baptême n'est pas celui qui reçoit le baptême, mais Dieu au nom duquel le baptême est conféré (cf. Tite 3. 5-6). Certes, avant notre baptême, notre foi dispose déjà du secours, suffisant, de la prédication de l'Évangile; et pourtant, le Seigneur veut réaffirmer à chaque fidèle ce même Évangile, dont ils ont un souverain besoin.
L’Évangile du Salut est ainsi personnellement récapitulé à l'homme qui est pourtant déjà sauvé par sa foi en ce même Évangile -- qui a été prêché à tous. Qui s'étonnera de cela? Notre Dieu est riche en miséricorde (cf. Éphésiens 2. 4)! Il n'envoie pas seulement ses hérauts annoncer l’Évangile à tous les hommes indifféremment, mais il récapitule encore la Bonne nouvelle de son salut à chacun de ceux qui constituent son Église : telle est la fonction du sacrement, dont nous avons déjà dit qu'il consiste en la Parole de l'Évangile unie à un élément sensible (eau / pain, vin) pour être adressée à chacun ( = on ne se lave ni ne mange à la place d'autrui).

Un exemple nous aidera peut-être à mieux saisir ce point: les évangiles relatent l'histoire d'une femme qui souffrait d'hémorragies et qui, ayant entendu que Christ sauvait les pécheurs, vint vers Lui et fut guérie de son mal par la foi. Pourtant, dans sa grâce, le Seigneur ne la renvoya pas sans lui renouveler personnellement sa parole de vie (cf. Marc 5. 34). Cette parole: sois guérie de ta maladie, fut-elle prononcée sans raison?... Était-elle superfétatoire pour cette femme que la vertu du Seigneur avait déjà rétablie? Nous croyons au contraire que cette Parole était nécessaire et pleine d'efficacité, étant pour cette femme la même Parole qui avait été adressée à tous les hommes (cf. Marc 1. 15) et en vertu de laquelle sa foi trouva la guérison et la vie.

Certaines dénominations préfèrent croire que le baptême est l’œuvre (témoignant) de notre foi. Elles font ainsi du baptême, de facto, la première bonne œuvre du croyant : sa réponse et son obéissance publiques à l'ordre de Dieu.
Mais en agissant ainsi, ce sont elles qui menacent la doctrine du salut par la foi seule. En effet, les Écritures disent que le baptême sauve (cf. 1 Pierre 3. 21), ce qui implique que si le baptême était notre œuvre, procédant de notre foi, nous serions bel et bien sauvé par la foi... et les œuvres (au moins une des œuvres!) qui procèdent de la foi.

Partant de cette erreur, ces groupes remettent en question la légitimité du baptême des nourrissons : un bébé peut-il s'engager ou faire quelque chose de crédible en matière de foi?...
Et puisque le baptême se réduit, selon eux, à la libre réponse d'un individu conscient de ses choix (avec toute l'ombre du pélagianisme qui accompagne ce genre d'opinion), cela ne veut-il pas dire qu'un enfant de chrétien n'est pas chrétien tant qu'il ne l'a pas décidé une fois devenu vieux?
Et ainsi, dans tous les cas, qu'elles l'assument ouvertement ou non, les dénominations anabaptistes (qui rejettent le baptême des enfants) sont des groupes pour lesquels, in fine, il n'y a dans la bergerie du Christ que des brebis, et pas un seul agneau.

Contre cette erreur (et toutes celles qui lui sont assorties) nous croyons que le baptême doit être administré aux fidèles ainsi qu'à leurs enfants.
Dans leur dernier avis rendu à ce sujet (Concorde de Wittenberg, en 1536), les Églises Protestantes (Confession d'Augsbourg) expliquèrent ainsi leur position -- qui est la seule position biblique, logique et harmonieuse avec la pratique de l’Église ancienne:


(...) tous ont reconnu qu'il est nécessaire de baptiser les enfants. Car, puisque la promesse de salut appartient aussi aux enfants et qu'elle ne concerne pas ceux qui se trouvent en dehors de l’Église, il est nécessaire qu'il [le baptême] soit appliqué aux enfants par le ministère et de les ajouter aux membres de l’Église.
 

Et puisque, au sujet de tels enfants (qui sont dans L’Église) il est dit:

Ce n'est pas la volonté de votre Père que l'un d'eux ne périsse (Matthieu XVIII. 14), il est manifeste que, par le baptême, la rémission des péchés vient à ces enfants, ainsi que le don du Saint Esprit, qui agit en eux, selon leur mesure.
 

Car nous rejetons l'erreur de ceux qui imaginent que les enfants plaisent à Dieu et sont sauvés sans aucune action de Dieu; le Christ, en effet, a dit:

Si un homme ne naît pas d'eau et d'Esprit, il ne peut entrer dans le Royaume de Dieu (Jean III. 5).

-Concorde de Wittenberg, article 2.

Cela ne veut bien sûr par dire que chaque enfant baptisé est ou sera sauvé (l’Église doit dénoncer la fausse assurance derrière laquelle se cache les hypocrites), mais que Dieu n'a pas moins besoin d'agir au cœur des plus jeunes élus qu'en celui de leurs aînés et que nul ne peut jamais être enfant de Dieu et héritier de la Vie qu'en Jésus-Christ, lequel nous revêtons par la foi, dans le baptême (Galates 3. 28).


Bucerian

dimanche 21 avril 2019

Christ est Ressuscité!



Homélie de saint Jean Chrysostome,

archevêque de Constantinople,

pour le saint et grand jour de la Pâque.




Que tout homme pieux et ami de Dieu jouisse de cette belle et lumineuse solennité.
Tout serviteur fidèle, qu'il entre avec allégresse dans la joie de son Seigneur.
Celui qui a porté le poids du jeûne, qu'il vienne maintenant toucher son denier.

Celui qui a travaillé depuis la première heure, qu'il reçoive aujourd'hui le juste salaire.
Celui qui est venu après la troisième heure, qu'il célèbre la fête dans l'action de grâce.
Celui qui est arrivé après la sixième heure, qu'il n'ait aucun doute, il ne sera pas lésé.
Si quelqu'un a tardé jusqu'à la neuvième heure, qu'il approche sans hésiter.
S'il a traîné jusqu'à la onzième heure, qu'il n'ait pas honte de sa lenteur,
car le Maître est généreux,
il reçoit le dernier comme le premier;
il accorde le repos à l'ouvrier de la onzième heure comme à celui de la première.
Il fait miséricorde à celui-là, et comble celui-ci.
Il donne à l'un, il fait grâce à l'autre.
Il accueille les œuvres, il apprécie le jugement ; il honore l'action et loue l'intention.
Aussi, entrez tous dans la joie de notre Seigneur.

Premiers et derniers, recevez le salaire.
Riches et pauvres, chantez en chœur tous ensemble.
Les vigilants comme les nonchalants, honorez ce jour.
Vous qui avez jeûné, et vous qui ne l'avez point fait, réjouissez-vous aujourd'hui.
La table est prête, mangez-en tous ; le veau gras est servi, que nul ne s'en retourne à jeun.
Jouissez tous du banquet de la foi.

Que nul ne déplore sa pauvreté car le Royaume est apparu pour tous.
Que nul ne se lamente sur ses fautes, car le pardon s'est levé du tombeau.
Que nul ne craigne la mort, car la mort du Sauveur nous a libérés.
Il a détruit la mort, celui qu'elle avait étreint.
Il a dépouillé l'enfer, celui qui est descendu aux enfers.
Il l'a rempli d'amertume, pour avoir goûté de sa chair.

Ésaïe l'avait prédit en disant :
L'enfer fut rempli d'amertume lorsqu'il t'a rencontré;
rempli d'amertume, car il a été joué;
bouleversé, car il fut mis à mort ; bouleversé, car il fut anéanti.
Consterné, car il saisit un corps et trouva un Dieu.
Il prit de la terre et rencontra le ciel.
Il saisit ce qu'il voyait, et tomba sur celui qu'il ne voyait pas.
O mort, où est ton aiguillon ?
Enfer, où est ta victoire?

Le Christ est ressuscité et tu as été terrassé.
Le Christ est ressuscité et les anges sont dans la joie.
Le Christ est ressuscité et voici que règne la vie.
Le Christ est ressuscité, et plus un mort au tombeau,
car le Christ est ressuscité des morts, prémices de ceux qui se sont endormis.
A lui, gloire et puissance dans les siècles des siècles!

Amen.

vendredi 19 avril 2019

Vendredi saint




Jésus comparut devant le gouverneur. Le gouverneur l'interrogea, en ces termes: Es-tu le roi des Juifs? Jésus lui répondit: Tu le dis.

Mais il ne répondit rien aux accusations des principaux sacrificateurs et des anciens.

Alors Pilate lui dit: N'entends-tu pas de combien de choses ils t'accusent?

Et Jésus ne lui donna de réponse sur aucune parole, ce qui étonna beaucoup le gouverneur.

A chaque fête, le gouverneur avait coutume de relâcher un prisonnier, celui que demandait la foule.

Ils avaient alors un prisonnier fameux, nommé Barabbas. 
 
Comme ils étaient assemblés, Pilate leur dit: Lequel voulez-vous que je vous relâche, Barabbas, ou Jésus, qu'on appelle Christ?

Car il savait que c'était par envie qu'ils avaient livré Jésus.

Pendant qu'il était assis sur le tribunal, sa femme lui fit dire: Qu'il n'y ait rien entre toi et ce juste; car aujourd'hui j'ai beaucoup souffert en songe à cause de lui.

Les principaux sacrificateurs et les anciens persuadèrent à la foule de demander Barabbas, et de faire périr Jésus.

Le gouverneur prenant la parole, leur dit: Lequel des deux voulez-vous que je vous relâche? Ils répondirent: Barabbas.

Pilate leur dit: Que ferai-je donc de Jésus, qu'on appelle Christ? Tous répondirent: Qu'il soit crucifié!

Le gouverneur dit: Mais quel mal a-t-il fait? Et ils crièrent encore plus fort: Qu'il soit crucifié!

Pilate, voyant qu'il ne gagnait rien, mais que le tumulte augmentait, prit de l'eau, se lava les mains en présence de la foule, et dit: Je suis innocent du sang de ce juste. Cela vous regarde.

Et tout le peuple répondit: Que son sang retombe sur nous et sur nos enfants!

Alors Pilate leur relâcha Barabbas; et, après avoir fait battre de verges Jésus, il le livra pour être crucifié.

Les soldats du gouverneur conduisirent Jésus dans le prétoire, et ils assemblèrent autour de lui toute la cohorte.

Ils lui ôtèrent ses vêtements, et le couvrirent d'un manteau écarlate.

Ils tressèrent une couronne d'épines, qu'ils posèrent sur sa tête, et ils lui mirent un roseau dans la main droite; puis, s'agenouillant devant lui, ils le raillaient, en disant: Salut, roi des Juifs!

Et ils crachaient contre lui, prenaient le roseau, et frappaient sur sa tête.

Après s'être ainsi moqués de lui, ils lui ôtèrent le manteau, lui remirent ses vêtements, et l'emmenèrent pour le crucifier.

Lorsqu'ils sortirent, ils rencontrèrent un homme de Cyrène, appelé Simon, et ils le forcèrent à porter la croix de Jésus.

Arrivés au lieu nommé Golgotha, ce qui signifie lieu du crâne,

ils lui donnèrent à boire du vin mêlé de fiel; mais, quand il l'eut goûté, il ne voulut pas boire.

Après l'avoir crucifié, ils se partagèrent ses vêtements, en tirant au sort, afin que s'accomplît ce qui avait été annoncé par le prophète: Ils se sont partagé mes vêtements, et ils ont tiré au sort ma tunique.

Puis ils s'assirent, et le gardèrent.

Pour indiquer le sujet de sa condamnation, on écrivit au-dessus de sa tête: Celui-ci est Jésus, le roi des Juifs.

Avec lui furent crucifiés deux brigands, l'un à sa droite, et l'autre à sa gauche.

Les passants l'injuriaient, et secouaient la tête,

en disant: Toi qui détruis le temple, et qui le rebâtis en trois jours, sauve-toi toi-même! Si tu es le Fils de Dieu, descends de la croix!

Les principaux sacrificateurs, avec les scribes et les anciens, se moquaient aussi de lui, et disaient:

Il a sauvé les autres, et il ne peut se sauver lui-même! S'il est roi d'Israël, qu'il descende de la croix, et nous croirons en lui.

Il s'est confié en Dieu; que Dieu le délivre maintenant, s'il l'aime. Car il a dit: Je suis Fils de Dieu.

Les brigands, crucifiés avec lui, l'insultaient de la même manière.

Depuis la sixième heure jusqu'à la neuvième, il y eut des ténèbres sur toute la terre.

Et vers la neuvième heure, Jésus s'écria d'une voix forte: Éli, Éli, lama sabachthani? c'est-à-dire: Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'as-tu abandonné?

Quelques-uns de ceux qui étaient là, l'ayant entendu, dirent: Il appelle Élie.

Et aussitôt l'un d'eux courut prendre une éponge, qu'il remplit de vinaigre, et, l'ayant fixée à un roseau, il lui donna à boire.

Mais les autres disaient: Laisse, voyons si Élie viendra le sauver.

Jésus poussa de nouveau un grand cri, et rendit l'esprit.

Et voici, le voile du temple se déchira en deux, depuis le haut jusqu'en bas, la terre trembla, les rochers se fendirent,

les sépulcres s'ouvrirent, et plusieurs corps des saints qui étaient morts ressuscitèrent.

Étant sortis des sépulcres, après la résurrection de Jésus, ils entrèrent dans la ville sainte, et apparurent à un grand nombre de personnes.

Le centenier et ceux qui étaient avec lui pour garder Jésus, ayant vu le tremblement de terre et ce qui venait d'arriver, furent saisis d'une grande frayeur, et dirent: Assurément, cet homme était Fils de Dieu.
Matthieu 27. 11-54

jeudi 18 avril 2019

Jeudi saint

Collecte
Jeudi saint
Epître: ICor.11/17-34
Evangile: saint Luc.23/1-49
Père Éternel, la Passion et la Mort de ton Fils ont produit, chez leurs témoins, le repentir et la foi en sa parole de pardon, leur octroyant, ainsi, le salut. C’est pourquoi, nous te supplions, humblement, de nous disposer, de la sorte, lors de nos eucharisties, afin que, par la foi aux paroles d’institution du Sacrement, celui-ci devienne l’instrument de notre bénédiction et non de notre condamnation. Nous te le demandons, instamment, par Jésus-Christ, ton Fils, ton Unique, qui vit et règne avec Toi et le Saint-Esprit, un seul Dieu, aux siècles des siècles. Amen.