mercredi 24 août 2016

Défense de l'Amillénarisme Réformé (7) MATTHIEU 24 - suite & fin





Petit rappel:
Avec Marcellus KIK, la doctrine postmillénariste des "Chrétiens Reconstructionistes" soutient qu'un "âge d'or" est possible et même certain, sur terre, parce que les prophéties les plus sombres de l’Écriture (antichrist, persécutions, apostasie...) concernaient des temps désormais révolus, avant la destruction du temple en l'an 70.
Cette thèse prétend que le discours de Jésus, en Matthieu 24,  la confirme: le verset 34 (cette génération ne passera pas que tout cela sera arrivé) obligerait en effet les croyants à accepter cette idée...

Le Prof. Engelsma a réfuté cette théorie, et les faits suivants nous indiquent que la doctrine postmillénariste est en réalité incompatible avec ce discours du Christ:

1) Dans son discours, Jésus répond à la question des disciples, relativement à la destruction du temple et à la fin du monde (verst 3). La question liant ces deux évènements, Jésus les associe aussi dans sa réponse, comme une figure (fin du temple) et sa réalité (fin du monde).
D'ailleurs, à deux reprises avant le verset 34, Jésus évoque bien "la fin" et cela démontre la fausseté de la thèse contraire.

2) Pour ne pas interpréter la Bible de façon arbitraire, une règle veut qu'un même mot, dans un même contexte, ait nécessairement le même sens, sauf si cela est manifestement impossible.
Or, sur un fondement tout à fait incertain (et dont tout indique la fausseté), la lecture de M. KIK conduit à interpréter différemment les termes de ce discours, selon qu'ils se trouvent avant ou après le verset 34. Ainsi, selon qu'on lit le verset 27 ou le verset 37: l'avènement du Fils de l'Homme n'est plus la même chose!
Ceci est clairement arbitraire!

3) Ce même argument s'applique pour les "anges" qui, au verset 31, seraient les prédicateurs et, au verset 36, seraient des créatures célestes! Arbitraire!

4) Selon la thèse postmillénariste, ce qui est dit aux versets 4 à 31 ne concerne que le Ier siècle... pourtant, on observe clairement ces choses aujourd'hui encore, et même plus fortement (ainsi, Évangile annoncé sur toute la terre: verset 14). Cherchez l'erreur!

5) Ce qui est écrit au verset 36 (pour ce qui est du jour...) détruit entièrement l'interprétation de Marcellus KIK et de ses condisciples, parce que le jour dont parle Jésus ici est manifestement le sujet principal de tout son discours, celui au sujet duquel on l'a interrogé (verset 3), dont la destruction du temple fut la préfiguration (verset 34) et dont il a fait la description jusqu'au verset 34.

6) Enfin, découper un discours semblable en deux parties, comme si le verset 34 était une ligne de démarcation au dessus de laquelle il était traité d'une chose et en dessous de laquelle il était parlé d'une autre chose, cela est artificiel. Comme il a été montré, il n'existe pas une telle ligne de séparation entre ce qui concerne David et ce qui concerne le Messie, dans le Psaume 2. Tout le texte concerne simultanément l'un et l'autre personnage, de deux façons différentes.
De même avec le Psaume 72, où il est impossible de dire que telle partie concerne Salomon et, l'autre Jésus; tout le texte concerne au contraire le règne de l'un et de l'autre, comme une figure et sa réalité.


Le problème postmillénariste 

La tentative de récupérer Matthieu 24 pour soutenir le schéma postmillénariste est une tentative désespérée et infructueuse. Dans ce passage, et conformément au témoignage massif des Écritures sur ce sujet, Jésus indique à son peuple un chemin de luttes et de souffrances et même des persécutions physiques dans un monde de plus en plus hostile à Celui qui est le chemin, la vérité et la vie.
Tout cela est confirmé par l'Histoire; tout cela est aussi confirmé par notre expérience, aujourd'hui encore!

L'interprétation du postmillénariste Marcellus KIK, et des Reconstructionistes avec lui, est donc un échec.
Pis: c'est une fausse doctrine!
Et ceux qui la soutiennent devraient s'en repentir, parce que ce que l’Église a besoin d'entendre, ce n'est pas une somme de fausses promesses attirant les regards des croyants vers ce monde présent, mais de les préparer à leur chemin de croix et tourner leurs regards vers le Sauveur.

A suivre...

Bucerian



lundi 22 août 2016

Foi pré-nicéenne?






Il n'y a pas d'Église pré-nicéenne qui ait survécu, hormis l'Église nicéenne. De sorte qu'à moins de contredire l'attestation massive du Saint-Esprit, il faut reconnaître que l'Église anté-nicéenne professait la même Foi que celle énoncée par le Symbole, inaltéré, de Nicée-Constantinople, conforme aux Écritures, professée par toute la chrétienté, jusqu'à nos jours. Ainsi, tout ce qui a suivi la foi baptismale, condensée par Nicée-Constantinople, n'est que précisions, entre 325 et 1536. On se demande, alors, qui, au nom de l'universalité du sacerdoce des baptisés, pourra remettre en cause le témoignage massif du sacerdoce universel des baptisés, à moins de gnosticisme. Quant à nous, nous reconnaissons la tradition du symbole et du canon, articulée selon l'incise pascale du Credo: "juxta scriptura". Il n'est pas venu le temps, où on pourra mettre en question la cohérence de notre démarche!

Athanasius

samedi 20 août 2016

Défense de l'Amillénarisme Réformé (6) MATTHIEU 24, suite (bis)





Dans les précédents articles, le Professeur ENGELSMA a établi que les propos de Jésus en Matthieu 24. 34 étaient relatifs, tout à la fois, aux évènements de la destruction du temple en 70 et aux évènements de la fin du monde, qui doit arriver dans (notre) futur. 
Cela ressort de la double question qui lui avait été posée (Matthieu 24. 3) et à laquelle il répondait dans son discours.

Autrement dit, Jésus instruit ici son Église des choses qui doivent arriver à la fin du monde et dont les gens de cette époque (le premier siècle) seront néanmoins les témoins, parce que tout cela arrivera déjà, sous une figure, ou de façon typique, avec la destruction du temple. Tout cela est donc arrivé en 70, même si tout cela ne sera accompli, pleinement, qu'à une époque encore inconnue et à venir.

Et le Professeur ENGELSMA montre dans le présent article que cette interprétation est conforme à la manière dont il convient d'interpréter les prophéties bibliques (1) aussi bien qu'à la façon dont les interprètes Réformés ont traditionnellement compris ce texte (2).


1) Les prophéties dans la Bible


Voyez la prophétie de Balaam, en Nombres 24. 12, ss.
Qui niera que cette prophétie soit arrivée, comme figure historique, avec David, fils de Jesse?
Oui, cela est arrivé alors, mais de façon typique, et en figure.
Mais le véritable accomplissement de ces choses, leur accomplissement spirituel, n'est autre que la royauté de Notre Seigneur Jésus-Christ. 

De même, avec la promesse de possession du pays, faite à Abram, en Genèse 15. 18. Cela est indubitablement arrivé sous le règne de Salomon, fils de David, comme nous pouvons le lire dans le second livre des Chroniques (9. 26). Du moins, cela est arrivé comme une figure, ou un type.
Mais l'accomplissement plein et entier de cela est arrivé avec Notre Seigneur Jésus-Christ.

Le règne de Paix du psaume 72 dépeint le royaume spirituel du Christ, le Messie, annoncé par le royaume terrestre de Salomon.


2) Les commentateurs Réformés


L'interprétation de Matthieu 24.1-35 en terme de type/anti-type, ou figure/réalité, est aussi la lecture Réformée traditionnelle.
Ainsi, HERMAN RIDDERBOS a écrit sur ce passage, que:

Par "toutes ces choses" ... il faut entendre ... tout l'ensemble  de l'évènement des derniers temps, incluant la venue du Fils de l'Homme. A cet égard, il faut une fois encore prendre en considération le caractère combiné de la représentation du futur, qui est exposé ici... Le point de départ de tout ce discours est la destruction du temple. Et parce que ceci, conformément à la nature de la prophétie, est vu dans une seule et même perspective avec le grand et futur (Jour du) Seigneur, il pouvait être dit que la génération qui serait témoin de cette destruction ne passerait point  "avant que toutes ces choses soient n'arrivent". Ici, donc, le lointain futur est encore désigné comme un ensemble et d'une façon indifférenciée. A la lumière de l'accomplissement, il est évident que "toutes ces choses" n'arriveraient pas en une seule et même fois et, donc, seraient vues simplement en partie par la génération vivante à cette époque... L'exégèse de Matthieu 24 doit adopter un point de vue historique, c'est-à-dire qu'elle doit procéder de la prophétie à l'eschatologie.
(L’Évangile selon Matthieu, vol. 2, Kok, 1954, pp. 157, 158, in Korte Verlaring).

Bien avant, JEAN CALVIN expliquait déjà ces choses:

Ce n'était pas le but du Christ de promettre à ses disciples que leurs calamités prendraient fin sous peu de temps,  (...) Ainsi donc, tandis que notre Seigneur regroupe sous une seule génération toutes les sortes de calamités, il ne veut absolument pas dire que les générations futures  seront préservées de tels maux, mais seulement d'exhorter ses disciples à être prêts à endurer cela avec une entière fermeté.

(cf. Commentaire sur l'harmonie  des évangélistes, Matthieu, Marc, Luc, volume 3).

Ainsi, les interprétations de MARCELLUS KIK et des "Chrétiens Reconstructionistes" -- qui réduisent les propos de Jésus (en Matthieu 24) au seul évènement de 70 AD et de la destruction du temple -- sont un abandon de la compréhension traditionnelle Réformée, et bibliquement fondée, de ce passage.

A suivre

Bucerian

vendredi 19 août 2016

Du conflit à la communion?


Pour célébrer les 500 ans de la Réformation (1517-2017), les communautés ultramontaine et luthériennes publient conjointement un document sur cet évènement et ses conséquences. 

Un lecteur ayant demandé notre avis sur ce texte, voici les quelques réponses de notre équipe. Nous émettons ces observations d'autant plus volontiers que les auteurs invitent tous les chrétiens à étudier ce rapport avec un esprit ouvert et critique (fin du préambule).


1. Le regard de Rome sur Luther a changé. Ne faut-il pas s'en réjouir?


Bucerian: Bien sûr, ce texte témoigne d'une rupture dans le discours romain au sujet de Luther. Passé du statut d'ivrogne satanique (sous la plume d'un Cocloeus) à celui de "témoin de Jésus-Christ" [§2], la différence est assez grande pour être notée.
Toutefois, il faut se garder de trop "personnaliser" cette affaire. Ce qui est en jeu pour nous, ce n'est pas la personne de Luther. Les protestants ne sont pas les chiites du christianisme, défendant la mémoire d'un imam injustement traité! Les protestants sont les témoins de l’Évangile de Jésus Christ. Le but d'un protestant est que cet Évangile soit proclamé ouvertement, pour la gloire de Dieu et le Salut et la consolation des âmes (et pas que telle ou telle personne particulière soit réhabilitée par une cour d'ailleurs discréditée).

 Or, le document parle beaucoup de 'Luther' et des 'luthériens'. Dès l'introduction (§ 3) on trouve cette volonté (déjà manifestée par Jean Eck, lors du colloque de Ratisbonne...) d'isoler cette partie du protestantisme. On la qualifie ici de "Réforme liée à Luther" et de "Réforme de Wittenberg".
Un esprit soupçonneux y verrait la volonté de diviser pour mieux régner... pour notre part, nous y voyons l'occasion de rappeler que de telles catégories ("Réforme liée à Luther" ou "Réforme de Wittenberg") sont irrecevables, parce que le témoignage évangélique est celui de L’Église dont la voix a été portée dans la Confession d'Augsbourg, signée et adoptée par l'ensemble du protestantisme, avec la Concorde de 1536.



2. Ce témoignage de l’Église,  au centre de la Confession d'Augsbourg, n'est-il pas approuvé (au moins tacitement) dans le rapport?



Athanasius: Nous lisons, au paragraphe 133: "Les luthériens, comme les catholiques, reconnaissent la valeur des œuvres dans le processus d’approfondissement de la communion avec Christ (cf. DCDJ § 38sq), même si, pour les luthériens, la justification, en tant qu’acceptation par Dieu et partage de la justice de Christ, n’a besoin d’aucun complément. Le concept polémique de mérite est expliqué comme suit : « Lorsque les catholiques maintiennent le « caractère méritoire » des bonnes œuvres, ils veulent dire que, selon le message biblique, un salaire céleste est promis à ces œuvres. Ils veulent souligner la responsabilité de la personne pour son œuvre. Ils ne contestent pas pour autant que les bonnes œuvres sont un don et encore moins que la justification reste une grâce imméritée » (DCDJ § 38). "

Autrement dit, selon l'explication la plus indulgente de ce texte (I Cor.13/5, I Thess.5/19-21), la justification, le salut, ne se recevrait QUE par la foi au Christ, tandis que la sanctification s'approfondirait par la foi ET les œuvres. A ceci, il faut opposer que justification et sanctification ne se reçoivent et ne se maintiennent QUE par la foi, certes pénitente, selon I Cor.1/30, 6/11, Héb.12/14, I Jn.1/9, Tite.2/14, Eph.3/17, Gal.2/20 etc... Sinon, l'équivoque entre justification forensique et médicinale est maintenue par cette approche synergiste de la sanctification. De sorte qu'il en résulte une perspective faussée de la persévérance des saints, comportant l'amissibilité de la grâce et, en définitive, l'incertitude du salut...



3. Est-ce à dire que le dialogue œcuménique ne porte aucun fruit?


Bucerian: Faut-il encore parler d'un simple "dialogue", quand nous lisons qu'il est question d'un "mouvement œcuménique", avec des "théologiens œcuméniques" dont le propre est de "ne pas s'accrocher à leurs propres affirmations confessionnelles" (§17)?
Selon ce mouvement, les doctrines (romaine et luthérienne) s'opposeraient dans leurs formulations (§32). Est-ce vrai? Évidemment, non! Le concile de Trente n'a d'ailleurs pas dénoncé une "formulation obscure et problématique" de la vraie doctrine, mais a dit "Ce n'est pas sans la perte de nombreuses âmes et un grave détriment pour l'unité de l’Église que s'est répandue en notre temps une doctrine erronée concernant la justification." (Denzinger 1520) C'est donc bien la doctrine protestante elle-même qui est inconciliable avec celle (hérétique), du concile de Trente!
Quel fruit peut donc produire ce "mouvement œcuménique"? Aucun fruit vraiment chrétien, mais des tromperies et des scandales.
On se rappellera qu'au lendemain de la signature de la "Déclaration commune sur la Justification par la foi", les "protestants" qui s'étaient réjouis de cette "avancée historique" étaient tombés de haut, en apprenant que le pape de Rome allait bientôt dispenser... des indulgences!


Pour conclure, on peut dire, sans risque de se tromper, qu'un tel mouvement n'aboutira jamais à l'unité tant recherchée. Ce texte le précise: ses signataires ne sont peut-être plus dans le conflit, mais pas encore dans la communion! Comment est-ce possible, après ces décennies de "mouvement œcuménique", qu'un vulgaire quiproquo ne soit pas encore résolu?
C'est que les deux entités cherchent l'unité par une série de petites réalisations concrètes (c'est un petit peu comme la construction européenne de la Déclaration Schuman!) alors qu'il ne peut y avoir d'unité chrétienne que par un acte radical, une conversion à la Vérité. Mais les diplomates vaticanistes sont-ils prêts à abandonner et rejeter publiquement le travail du concile de Trente?...


BCP

samedi 13 août 2016

Défense de l'Amillénarisme Réformé (5) MATTHIEU 24 - suite





Le Professeur ENGELSMA a indiqué, dans ses précédents articles, que la doctrine postmillénariste tente  de neutraliser les prophéties bibliques (sur la persécution et les peines endurées par l’Église) en les limitant à l'époque apostolique, afin de pouvoir continuer de rêver à un âge d'or et à une hypothétique prospérité matérielle...
Pour se donner raison, les postmillénaristes instrumentalisent une phrase de Jésus (Matthieu 24. 34): "cette génération ne passera point, que tout cela n'arrive".


PROBLÈME:

La difficulté apparente, avec ces paroles de Jésus, est qu'elles semblent annoncer la fin du monde du vivant de ses ouailles.
Or, Jésus n'est pas revenu (et la fin du monde n'a pas eu lieu) au Ier siècle de notre ère.


FAUSSES RÉPONSES: 

Plusieurs conclusions ont été données pour expliquer ce mystère:

  • Les "libéraux" y ont vu la preuve que Jésus était dans l'erreur et qu'il avait annoncé un règne imminent de Dieu, lequel n'était qu'un mirage. Cette thèse, qui repose sur l'incrédulité et la chair, est irrecevable.
  • D'autres interprétations ont été données, voulant que le mot "génération" ne se réfère pas à la population de cette époque, mais aux Juifs en général, aux croyants en particulier, ou même à l'humanité tout entière.
    L'intention de Jésus aurait été de dire que, lorsqu'il reviendra, il y aura encore des Juifs, ou bien des croyants, ou bien des hommes sur terre. Cette interprétation, que l'on retrouve par exemple chez st Jean Chrysostome, n'est pas retenue par le Prof. ENGELSMA, car elle donne un sens peu naturel au mot "génération".
  • les postmillénaristes, comme MARCELLUS KIK, ont pensé trouver un endroit favorable pour leur thèse:
    Jésus ne s'étant pas trompé (contre la thèse n°1) et le mot "génération" devant être entendu normalement (contre la thèse n° 2), Jésus n'aurait eu en vue, dans ce discours, que la destruction du temple, qui s'est bien produite en l'an 70. Cette interprétation a la faveur du mouvement "Reconstructionniste"... mais cette interprétation est aussi fausse que les deux premières, parce qu'elle ignore que Jésus a parlé ici pour répondre à ses disciples, qui l'interrogeaient non seulement sur la fin du temple mais aussi sur son retour (verset 3) et que dans ce discours même, il est fait mention de la fin (telos), au verset 14 après la prédication universelle de l’Évangile. Et l'on pourrait dire de mêmes choses pour ce qui concerne les versets 29 à 31.


SOLUTION:

Comment convient-il, alors, de comprendre ce qui est dit au verset 34:  "(...) cette génération ne passera point, que tout cela n'arrive." ?

L'expression ''cette génération'' doit être entendue au sens naturel; ce sont les hommes de ce temps, auxquels s'adresse Jésus. Si une génération fait environ 40 ans, ce que dit Jésus (dans les années 30), c'est que le temple sera détruit dans cette période. Cela devait arriver et cela est arrivé, comme nous le rapporte l'histoire, avec la destruction totale du temple, en l'an 70.

Mais il faut noter que dans le texte grec (genetai), tout cela devait arriver du temps de cette génération, et non pas être réalisé (fulfilled, Bible King James) -- comme si ces choses allaient être consommées en ces temps. 
Le propos de Jésus est seulement de nous dire que ces tribulations et cette libération de son peuple allaient arriver du vivant des gens de son temps. Et, typiquement, toutes ces choses se sont bien produites en l'an 70.
 Cette destruction ordonnée de Dieu fut un type de la pleine délivrance que l’Église connaîtra avec le retour du Seigneur:

  • L’Église du Nouveau Testament fut effectivement délivrée par la destruction de Jérusalem, délivrée de la persécution haineuse du judaïsme! 
  • Délivrée, aussi, des liens avec le culte judaïque désormais révolu: le service du temple, les lois civiles et cérémonielles, les formes terrestres des promesses divines, etc.
  • Le temple, détruit, les chrétiens Juifs et Gentils pouvaient s'épanouir dans leur foi et leur spiritualité néotestamentaires sans plus aucun lien, sans plus de retenue.
Tout est arrivé en 70, typiquement, et tout cela doit encore se réaliser pleinement, à l'avenir (ainsi que l'a compris l’Église ancienne). D'autant que si Jésus était interrogé sur ces deux évènements (fin du temple/fin du monde), comme nous le lisons (verset 3) et que ces évènements entretenaient un lien étroit et mystérieux, rien n'imposait un lien temporel pour que les deux choses adviennent simultanément.

    •  A suivre...
       
    •  
    • Bucerian

jeudi 11 août 2016

Défense de l'Amillénarisme Réformé (4) MATTHIEU 24




Suite des résumés de la série d'articles du Professeur David ENGELSMA (Une Défense de l'Amillénarisme Réformé).

Comment les postmillénaristes peuvent-ils prétendre que les prophéties scripturaires relatives à l'apostasie des derniers temps (2Thessaloniciens 2. 3/ 2 Timothée 3. 4/ 2 Pierre 2 / 1Jean 2. 18-19, etc.) ne concernent qu'une période désormais révolue de l'histoire - c'est-à-dire, l'an 70 de notre ère?

Comment un auteur Reconstructionniste, comme GARY DEMAR peut-il écrire qu'"il n'est pas biblique d'employer le terme Antichrist pour désigner un chef politique actuel ou futur" (Last Days Madness, p. 204) et que ce qui a été écrit de la grande tribulation  ne concernait que les Juifs de l'époque, lors de la destruction de l'an 70?...

En fait, cette vision d'un Christianisme triomphant dans le monde  doit beaucoup à l'interprétation particulière qui est faite de l'évangile selon Matthieu, chapitre 24. ON trouve cette interprétation sous la plume d'un postmillénariste comme MARCELLUS KIK, dans son ouvrage "An Eschatology of Victory", aux pages 53 à 173.

KIK explique ce chapitre d'une telle manière que les versets 4 à 31 se réfèrent exclusivement à la destruction de Jérusalem par les Romains, en 70 de notre ère. Rien ici ne concernerait la seconde venue de Notre Seigneur. Voici un résumé de son interprétation:

  • L'abomination du verset 15 décrirait la destruction du temple par les légions païennes.
  • La grande tribulation du verset 24, évoquerait la souffrance des Juifs en ce temps-là. 
  • La venue du Fils, aux versets 27-30, ne concernerait pas du tout la seconde venue de Notre Seigneur, mais sa Révélation aux hommes par la prédications de l’Évangile faite par les apôtres!
  • La reprise des élus, par les anges, au verset 31? Rien d'autre que le salut spirituel des élus par l’Évangile, annoncé par les anges, c'est-à-dire, les ministres de l’Évangile.
  • Les signes préliminaires comme l'obscurcissement du soleil (verset 29), sont interprétés comme l'obscurcissement de la nation Juive. "Le soleil du judaïsme a été obscurci" écrit l'auteur.
  • L'ébranlement de la puissance des cieux, au même verset, étant interprété comme se rapportant à Satan et ses anges.

     Pourquoi une telle lecture?
    L'auteur se fonde sur les paroles du verset 34, où Jésus déclare:
" Je vous le dis en vérité, cette génération ne passera point, que tout cela n'arrive."

Ainsi, le verset 34 de Matthieu 24 est la clé de l'interprétation postmillénariste; et si ce verrou venait à "sauter", tout le système postmillénariste s'effondrerait, tel un vulgaire un château de cartes.

Or, cette lecture et ce système sont erronés, ainsi que nous le verrons dans les prochains articles...

Bucerian






mercredi 10 août 2016

Heureuse initiative en Suède




Une Église évangélique suédoise prend l'initiative de parachuter des Bibles électroniques au-dessus des territoires contrôlés par le sombre "État islamique".
Nous sommes loin, ici, des salamalecs interreligieux de ceux qui ne croient plus en rien. 

L'Islam étant manifestement une supercherie historique autant que spirituelle, les populations qui en sont les plus horriblement victimes ne peuvent qu'avoir un grand besoin de La Vérité.


Bucerian

Histoire de l'Eglise

"Si deux ou trois vous réunissez en mon Nom" : voilà l'Église, selon Mt.18/19-20. De sorte que, l’Église, c'est la société des baptisés qui professe Jésus-Christ, tel que formulé par le Symbole, inaltéré, de Nicée-Constantinople, conformément aux Écritures.


Athanasius

mardi 9 août 2016

Défense de l'Amillénarisme Réformé (3) L'APOSTASIE ET LA PERSECUTION





Toute l'histoire de l’Église est marquée par l'opposition du monde, l'apostasie et les persécutions. Et cela n'ira qu'en s'intensifiant, aux derniers jours, avec l'avènement de la Bête et de l'Antichrist. Conséquence: l’Église fidèle deviendra plus petite. Loin s'en faut qu'on assiste à la conversion massive et sincère de l'humanité, mettant presque l'Eglise, ou la chrétienté, en position de force, contre les impies!

Voilà la doctrine traditionnelle des Églises Réformées, que l'on trouve dans ses Confessions de foi (1) et qui est fondée sur la Parole de Dieu (2).


1. Les textes Symboliques historiques (*)

Le catéchisme de Heidelberg, qui est le plus important catéchisme Réformé, explique en quoi consiste l'espérance chrétienne, et quelle est la vie des chrétiens ici-bas. A la question 52, nous lisons:



Dans toute peine et persécution,

j’attends du ciel, la tête haute,
comme juge, celui-là même

qui s’est auparavant présenté pour moi

devant le tribunal de Dieu,
éloignant ainsi de moi toute malédiction;
j’attends aussi

qu’il jette dans la damnation éternelle

tous ses ennemis et les miens,

et qu’il me prenne, au contraire, avec tous les élus,

dans la joie et la gloire célestes.


Où se trouve, ici, l'espérance d'un règne terrestre et charnel de Notre Seigneur? Nous voyons une attente paisible du retour glorieux de Jésus-Christ, pour le Jugement dernier et, en attendant, les peines et la persécution.
Un autre texte réfute semblablement le postmillénarisme; il s'agit de l'article 37 de la Confession des Pays-Bas:

"(...)  C'est pourquoi, à bon droit, le souvenir de ce jugement est horrible et épouvantable aux iniques et méchants, et fort désirable et de grande consolation aux bons et élus; puisque alors sera accomplie leur rédemption totale, et qu'ils recevront là les fruits des labeurs et travaux qu'ils auront soutenus: leur innocence sera ouvertement connue de tous, et ils verront la vengeance horrible que Dieu fera des méchants qui les auront tyrannisés, affligés et tourmentés en ce monde, lesquels seront convaincus par le propre témoignage de leurs consciences et seront rendus immortels, de telle façon que ce sera pour être tourmentés au feu éternel, qui est préparé au diable et à ses anges. Et au contraire les fidèles et élus seront couronnés de gloire et d'honneur; le Fils de Dieu confessera leur nom devant Dieu son Père et ses saints anges élus; toutes larmes seront essuyées de leurs yeux; leur cause à présent condamnée par plusieurs juges et magistrats comme hérétique et méchante sera connue être la cause du Fils de Dieu; et pour récompense gratuite le Seigneur leur fera posséder une gloire telle que jamais cœur d'homme ne pourrait penser. (...)"

Où se trouve, ici, le triomphe magistral de la chrétienté, sur la terre, tant promise par les postmillénaristes?...
En plus de ces deux témoignages indirects, il convient d'ajouter un troisième témoignage, direct; celui de la Seconde Confession Helvétique. Produite en 1566, cette Confession a reçu l'approbation de toutes les Églises Réformées en Europe (puis, dans le monde), de sorte à être l'un des plus important monuments de l'héritage confessionnel de ces Églises. Or, voici ce que dit ce livre Symbolique (chapitre 11. 13):
"Ce même Christ reviendra des cieux pour le jugement, lorsque l’iniquité aura atteint son comble dans le monde et que l’Antichrist, ayant corrompu la vraie religion, aura rempli toutes choses de superstition et d’impiété et qu’il aura dévasté l’Église dans le sang et le feu. Le Christ reviendra alors pour délivrer les siens, détruire l’Antichrist par son avènement, et juger les vivants et les morts. En effet, les morts ressusciteront et, en ce jour-là (qui est inconnu à toutes les créatures), ceux qui seront trouvés en vie seront changés en un instant, en un clin d’œil. Et tous les fidèles seront pris ensemble dans les airs à la rencontre du Christ, afin qu’avec lui ils entrent dans le lieu de bénédiction et y vivent pour toujours. Mais les incrédules et impies descendront avec les démons en enfer, au feu éternel, sans jamais être délivrés de leurs tourments."

Il semble inutile de commenter ce paragraphe, tant il est clairement contraire aux thèses postmillénaristes et aux rêveries d'un christianisme triomphant, dans ce monde, selon des critères tout aussi mondains.


2. La guerre perpétuelle dans la Bible

Ces témoignages ne sont pas des inventions humaines, mais reposent sur des fondements bibliques très solides.

Genèse 3. 15 nous annonce ainsi l'hostilité qui doit opposer la postérité de la femme (l’Église) et celle du Serpent (le monde idolâtre), jusqu'à la fin du monde. En effet, la promesse faite que la postérité de la femme écrasera la tête du serpent, Paul la rappelle à l’Église comme devant se réaliser à l'avenir (Romains 16. 20); car, si le Christ a écrasé la tête du Diable en principe, à la Croix, cela sera réalisé finalement avec le retour du Seigneur (Apocalypse 20. 10).

Le Psaume 2 relate la continuelle révolte des autorités mondaines contre Dieu et le Christ, jusqu'à ce que ce dernier les brise avec un sceptre de fer; or, cela arrivera à son retour, ainsi que le rapporte clairement le livre de l'Apocalypse (19. 11-15).

Ce même livre de l'Apocalypse (chapitre 13) explique comment la Bête et son faux-prophète apparaîtront dans l'Histoire, juste avant la seconde venue du Christ, et comment leur royaume satanique fera la guerre aux saints.
Cela s'accorde, aussi, à la seconde lettre de Paul aux Thessaloniciens (chapitre 2), où l'apôtre explique que l'homme de péché doit apparaître avant la venue du Christ, s'opposer à la Vérité et être finalement détruit par le Seigneur.
Ici, les chrétiens Réformés peuvent bien avoir des divergences. Par exemple: L'Antichrist sera-t-il un pape de Rome, ou une figure politique soutenue par l’Église dirigée par Rome?
Mais on ne peut pas nier que cet Antichrist et son assaut contre l’Église sont à venir, pour intensifier et porter à leur comble les persécutions et la haine déchaînées par le monde, durant toute l'histoire de l’Église, ainsi que l'indiquent une multitude d'autres passages des Écritures: Matthieu 5. 11, Jean 16. 33, Romains 8. 36, 2Timothée 3. 12, etc.


Conclusion

L'avenir de ce monde est sombre; les Chrétiens assisteront à des défections, à de l'apostasie, à des trahisons ainsi qu'à des persécutions, qui gagneront en intensité.
Ces phénomènes ont commencé, déjà, au temps des apôtres, comme l'illustrent les luttes contre le légalisme, le gnosticisme ou encore l'antinomisme.
Ce mal a encore augmenté avec l'avènement du "catholicisme" romain et même au lendemain de la Réforme, il a repris de plus belle, avec l'arminianisme, le libéralisme ou encore, le mysticisme...
Voilà la réalité, prophétisée dans les saintes Écritures et qui ne doit pas nous surprendre.

Or, nous surprendre, nous décourager, même! (et nous pousser à des compromissions censées parer à cet "échec"), c'est  ce qui arrivera certainement si nous écoutons les histoires postmillénaristes, dont les champions s'ingénient à neutraliser les avertissements bibliques mentionnés ci-dessus, en prétendant qu'ils ne concernent plus les chrétiens depuis la conversion de Constantin!

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(*) En plus des références amenées par le Prof. ENGELSMA, je tiens à mentionner aussi: le Symbole de Nicée-Constantinople, qui résume notre attente comme se rapportant à "la Résurrection des morts et la vie du siècle à venir. "La Confession d'Augsbourg (article 17), dont l'autorité est reconnue dans les Églises Réformées, condamne pareillement les "rêveries judaïques" en question.




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Bucerian



lundi 8 août 2016

Annotations sur le Credo (22)





"Il est monté au ciel"

(partie 2)


"Jésus-Christ s'est séparé de nous de telle manière qu'il nous est présent d'une façon plus utile que quand il se trouvait sur terre, étant logé comme en un domicile étroit"

- Jean Calvin, Institution de la Religion Chrétienne.


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Le séjour de Jésus sur la terre appartient au passé mais --nous l'avons dit-- sa Personne et, même, sa présence, n'appartiennent pas au passé! Jésus n'est pas, comme César ou Napoléon, une figure morte. Son activité elle-même ne cesse pas!

Jésus est Sacrificateur pour toujours! (Hébreux 7. 17)

En tant que Sacrificateur, si Jésus a satisfait pour nous lorsqu'il était sur la terre (Hébreux 10. 14 / Hébreux 13. 12), il continue son ministère de Sacrificateur au Ciel, en intercédant pour nous (1Jean 2. 2 / Romains 8. 33-34).
Merveilleuse consolation pour ceux qui mettent leur foi en Jésus et qui l'invoquent: C'est aussi pour cela qu'il peut sauver parfaitement ceux qui s'approchent de Dieu par lui, étant toujours vivant pour intercéder en leur faveur (Hébreux 7. 25)!

Mais l'Ascension du Seigneur indique encore autre chose, d'une incidence spirituelle et pratique très forte, pour tous les chrétiens: tel Abel le Juste, le Christ ne bâtit pas une Cité de ce monde. Sa place et sa Cité sont dans les Cieux. Et la vocation de ses membres est d'être avec lui (Jean 14. 1-4).
En attendant l'accomplissement final de cette bienheureuse promesse,  les Chrétiens reçoivent l'Esprit du Seigneur (Jean 14. 16) qui les fait vivre avec et pour Lui, en vu de leur cité qui est céleste (Philippiens 3. 20), en renonçant à eux-mêmes et à ce monde (Colossiens 3. 1, ss).

N.B.: une telle vie sous la croix, un tel renoncement, ne sont pas défendables en dehors de la foi -- et de la foi en Jésus-Christ.
Ce n'est pas une philosophie, une morale, une éthique de vie qui se déduit de la raison ou que l'on peut faire adopter à quelqu'un par des déductions. Si l'on regarde un tel message avec les yeux de l'incrédulité, ce sera même une chose horrible et insupportable, de sacrifier la seule vie dont on dispose ici-bas, pour un royaume à venir.
Prendre sa croix pour suivre le Christ et s'offrir en sacrifice à Dieu ne peut donc s'envisager que par un puissant acte de foi en la véritable Résurrection de Jésus-Christ et de la véracité des Promesses relatives à Son royaume divin.
Et pour ceux qui croient et sont dans la communion bienheureuse du Fils de Dieu, ceux qui siègent déjà en espérance et en esprit avec Lui dans les cieux (Éphésiens 2. 6), la consolation que l'Esprit de Dieu apporte, malgré les épreuves et les sacrifices immenses de la vie chrétienne, est d'une valeur inestimable. C'est: la Joie.

Bucerian