dimanche 20 janvier 2019

Le baptisme, débouté





La pratique du baptême des nourrissons fait l'objet de grandes controverses, depuis plusieurs siècles. Lorsqu'on considère le degré de complexité que ces débats peuvent atteindre, certains risquent de conclure que seuls des érudits peuvent parvenir à une opinion certaine. Et, lorsqu'on considère combien chaque camp regroupe de savants, on peut même être tenté de conclure qu'en réalité, personne ne connaît le fin mot de cette affaire... ce qui serait bien dommage!
Aussi, je sais qu'en définitive, beaucoup de personnes se laissent persuader par la méthode hypercritique du baptisme, rejetant le baptême des enfants au prétexte que le Nouveau Testament ne contient pas une phrase telle que: "baptisez aussi les bébés".

Une fois de plus, je tiens à mettre en garde contre la méthode hallucinante et biaisée du baptisme, en rappelant que la condamnation du baptême des enfants (soit l'idée que le baptême des enfants serait diabolique, anti-biblique, une invention des hommes, sans valeur, etc. comme l'enseigne la "Confession de Schleitheim", en son premier article), cette condamnation, dis-je, remonte (à quelques exceptions près) au XVIe siècle. Le fardeau de la preuve incombe donc, non pas à la chrétienté qui a baptisé les enfants "depuis toujours" mais à ceux qui accusent cette pratique et prétendent y avoir découvert un vice.

Autrement dit, nous n'avons pas à prouver que Jésus a commandé de baptiser spécialement les nourrissons (pourquoi l'aurait-il fait?), ni à prouver que les apôtres en ont baptisé (pourquoi le préciser?).
C'est au contraire aux baptistes qu'il incombe de prouver, hors de tout doute raisonnable, que:

1) L'institution du baptême (Matthieu 28: 19) exclut les nourrissons.

2) Que les apôtres (dans les Actes) ont refusé de baptiser des bébés et/ou ont réprouvé l'hypothèse de leur baptême.

3) Voire, que l'on peut dater et localiser l'apparition du baptême des enfants bien loin des apôtres (à travers notamment les ardentes polémiques qu'une telle "trahison" n'aurait pas manqué de susciter à l'époque, à moins bien sûr que les chrétiens endurant les persécutions de Rome n'étaient pas aussi zélés pour la vérité que les baptistes actuels...).

Or, de telles preuves irréfutables, les baptistes les chercheront longtemps. 

1) Ils font généralement valoir qu'un texte aussi crucial que Matthieu 28: 19 exclut le baptême des enfants:
Allez donc et instruisez toutes les nations, les baptisant au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit... (Matthieu 28:19).

Il est notoire que les baptistes prétendent cela, parce qu'ils lisent généralement ce texte (cf. Confession de Schleitheim, article 1) comme s'il disait:
Allez donc et instruisez toutes les nations, puis, baptisez-les au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit...
Pourtant, il est incontestable que le grec ne porte aucun "puis" ni aucun "ensuite", car le texte porte simplement un participe présent (les baptisant), même si certaines traductions (comme la Bible à la Colombe) l'édulcorent un peu en rendant par: faites de toutes les nations des disciples, baptisez-les, etc. (ce qui pourrait suggérer un ordre chronologique).
Faire des disciples, les baptisant et instruisant: en quoi un tel texte prouverait-il, hors de tout doute raisonnable, qu'on a fauté en baptisant des enfants pour aussi les instruire et faire ainsi d'eux des disciples?...
De même pour Marc 16: 16, qui dit simplement: Celui qui aura cru et qui aura été baptisé sera sauvé, et non pas, avec une insistance qu'il aurait pourtant été facile de porter: Celui qui aura été baptisé après avoir cru, etc.
Les baptistes échouent donc dans leur première preuve.



2) Les baptistes font valoir que les apôtres n'ont jamais baptisé de bébés.
Il est facile de voir la faiblesse d'un tel argument, car: ou bien ils n'en ont pas baptisé parce qu'ils n'en ont simplement jamais croisé (dans ce cas, cela ne prouve rien contre ce baptême); ou bien ils n'en ont pas baptisé parce qu'ils en ont croisé, mais qu'ils ont spécialement refusé de les baptiser.
Mais où se trouve une telle scène, dans le Nouveau Testament? Nulle part.
Les baptistes échouent donc dans leur deuxième preuve.

3) Les baptistes diffèrent souvent dans leur datation des origines du baptême des enfants.
C'est pourtant important, parce qu'on aimerait savoir où et quand une telle innovation est apparue. Où étaient alors ces fidèles baptistes, pour en dénoncer l'apparition et y résister, ne serais-ce qu'un temps?...
Beaucoup imaginent que saint Augustin, au Ve siècle, a théorisé, sinon inventé cette pratique (!)
C'est ignorer que la pratique du baptême des enfants était si incontestée dans l'Eglise du Ve siècle, si universellement considérée comme apostolique, que saint Augustin l'a simplement utilisée pour prouver une autre doctrine (celle du péché originel). Loin s'en faut qu'il ait  dépensé son énergie à instaurer le baptême des enfants, qui, de père en père (Cypriens, Irénée, etc.) remonte sereinement à une époque "immémoriale", pour ne pas dire simplement... biblique.
Les baptistes échouent donc aussi dans leur troisième preuve.

Les accusations sans preuve étant irrecevables, le baptisme, qui constitue une telle manœuvre, mérite d'être rejeté.


Bucerian







samedi 19 janvier 2019

Annotations sur le Credo # 34

"Sainte"

Participant à Jésus-Christ dont elle est le corps mystique, l'Eglise est le temple du Dieu vivant. Être ainsi mis à part, ou consacré pour le Dieu-Trinité, c'est être saint.

Séparée du profane, l'Eglise l'est plus encore de l'impur; il convient donc que cela se reflète dans la vie de ses membres, malgré toute leur imperfection! Ainsi, les chrétiens étant citoyens de la Cité divine, la caractéristique de leur gentilité  ne réside pas (comme c'est le cas de certaines sectes ou religions charnelles) dans des accoutrements grotesques et/ou des signes ostentatoires extérieurs, mais dans la sainteté de la vie.

Au IIe siècle de notre ère, un texte apologétique chrétien, l'épître à Diognète, résumait ainsi:


5. Les Chrétiens ne sont distingués du reste des hommes ni par leurs pays, ni par leur langage, ni par leur manière de vivre ; ils n'ont pas d'autres villes que les vôtres, d'autre langage que celui que vous parlez ; rien de singulier dans leurs habitudes ; seulement ils ne se livrent pas à l'étude de vains systèmes, fruit de la curiosité des hommes, et ne s'attachent pas, comme plusieurs, à défendre des doctrines humaines. Répandus, selon qu'il a plu à la Providence, dans des villes grecques ou barbares, ils se conforment, pour le vêtement, pour la nourriture, pour la manière de vivre, aux usages qu'ils trouvent établis ; mais ils placent sous les yeux de tous l'étonnant spectacle de leur vie toute angélique et à peine croyable.
 Ils habitent leur cités comme étrangers, ils prennent part à tout comme citoyens, ils souffrent tout comme voyageurs. Pour eux, toute région étrangère est une patrie, et toute patrie ici-bas est une région étrangère. Comme les autres, ils se marient, comme les autres, ils ont des enfants, seulement ils ne les abandonnent pas. Ils ont tous une même table, mais pas le même lit. Ils vivent dans la chair et non selon la chair. Ils habitent la terre et leur conversations est dans le ciel. Soumis aux lois établies, ils sont par leurs vies, supérieurs à ces lois. Ils aiment tous les hommes et tous les hommes les persécutent. Sans les connaître, on les condamne. Mis à mort, ils naissent à la vie. Pauvres, ils font des riches. Manquant de tout, ils surabondent. L'opprobre dont on les couvre devient pour eux une source de gloire ; la calomnie qui les déchire dévoile leur innocence. La bouche qui les outrage se voit forcée de les bénir, les injures appellent ensuite les éloges. Irréprochables, ils sont punis comme criminels et au milieu des tourments ils sont dans la joie comme des hommes qui vont à la vie. Les Juifs les regardent comme des étrangers et leur font la guerre. Les Grecs les persécutent, mais ces ennemis si acharnés ne pourraient dire la cause de leur haine.
6. Pour tout dire, en un mot, les chrétiens sont dans le monde ce que l'âme est dans le corps : l'âme est répandue dans toutes les parties du corps ; les chrétiens sont dans toutes les parties de la Terre ; l'âme habite le corps sans être du corps, les chrétiens sont dans le monde sans être du monde. L'âme, invisible par nature, est placée dans un corps visible qui est sa demeure. Vois les chrétiens pendant leur séjour sur la Terre, mais leur culte qui est tout divin, ne tombe pas sous les yeux. La chair, sans avoir reçue aucun outrage de l'esprit, le déteste et lui fait la guerre, parce qu'il est ennemi des voluptés. Ainsi le monde persécute les chrétiens, dont il n'a pas à se plaindre, parce qu'ils fuient les plaisirs. L'âme aime la chair qui la combat et les membres toujours soulevés contre elle. Ainsi les chrétiens n'ont que de l'amour pour ceux qui ne leur montrent que de la haine. L'âme, enfermée dans le corps, le conserve ; les chrétiens enfermés dans ce monde comme dans une prison, empêchent qu'il ne périsse. L'âme immortelle habite un tabernacle périssable ; les chrétiens, qui attendent la vie incorruptible des cieux, habitent comme des étrangers les demeures corruptibles d'ici-bas. L'âme se fortifie par les jeûnes, les chrétiens se multiplient par les persécutions : le poste que Dieu leur a confié est si glorieux, qu'ils regardent comme un crime de l'abandonner.


Le respect de la sainteté, constituant le cadre et la limite de toute saine fraternité (Hébreux 12: 14), l'Eglise se doit d'observer une discipline, par laquelle elle écarte de son sein les mauvais (1Corinthiens 5: 9-13).

C'est la raison pour laquelle nous ne pouvons approuver, ni nous associer aux communautés qui non seulement dispensent leurs membres de la sanctification, mais encore, célèbrent la volonté ouvertement exprimée par ceux-ci de vivre contrairement à la volonté toute bonne et sainte de Dieu.
Loin d'attester la seigneurie du Christ pour être l'âme et le sel du monde, de telles communautés n'en sont que la remorque, pour ne pas dire: le pot de chambre.

Bucerian

vendredi 18 janvier 2019

Semaine de l'unité des chrétiens

Alors que s'ouvre la "semaine de l'unité des chrétiens", à l'occasion de laquelle le pape de Rome s'enhardit de présenter l’œcuménisme (soit le sacrifice de la vérité sur l'autel d'une unité ordonnée à des projets politiques) quasiment comme un article de foi, voici le rappel de la toute douce, mais ô combien puissante et majestueuse vérité sur laquelle nous nous appuyons, qui est notre seule consolation et que n'hésiteront pas à souscrire d'un "amen" les chrétiens qui, partout, sont unis par et en Christ Notre Seigneur:
Jésus-Christ, notre Dieu et notre Seigneur a été crucifié pour nous sous Ponce-Pilate. Il a souffert et est "mort pour nos péchés et ressuscité" le troisième jour, "pour notre justification" (Romains 4) et lui seul "il est l'Agneau de Dieu qui porte les péchés du monde" (Jean 1), et "Dieu a mis sur lui les péchés de nous tous" (Esaïe 53). De même: "Tous les hommes sont pécheurs et sont justifiés sans nul mérite, par sa grâce, au moyen de la rédemption opérée par Jésus-Christ, en son sang" etc. (Romains 3).

Puisque, à présent, cela doit être cru et ne peut être obtenu ou saisi au moyen d'une œuvre, d'une loi ou d'un mérite quelconque, il est clair et certain que seule une telle foi nous justifie, comme saint Paul le dit dans Romains 3: "Nous estimons que l'homme est justifié par la foi, sans les œuvres de la Loi". De même: afin que l'on reconnaisse que "Dieu seul est juste et justifie celui qui a la foi en Jésus".
Sur cet article aussi, aucun écart ou concession n'est possible; le ciel et la terre ou tout ce qui est périssable dussent-ils crouler. "Car il n'y a pas d'autre nom qui ait été donné aux hommes par lequel nous puissions être sauvés", dit saint Pierre (Actes 4). "Et par ses meurtrissures nous avons la guérison" (Esaïe 53).

C'est sur cet article que repose tout ce qui fait notre vie, tout ce que nous enseignons, aussi devons-nous en avoir une certitude entière et n'en point douter; sinon, tout cela est perdu, et tous nos adversaires gardent contre nous la victoire et leurs droits.
- Martin Luther, Articles de Smalkalde, 2.1.

Cette foi, l'Eglise chrétienne l'a solennellement affirmée, précisée et défendue dans ses textes symboliques, dont nous avons maintes fois rappelé l'inventaire, contre tous ceux qui prétendent leur substituer leurs propres productions.

Quiconque aime l'unité en tirera les conclusions.

Bucerian



jeudi 17 janvier 2019

Annotations Credo #33


De l'unité du peuple de Dieu



Au delà de l'unité de l'Eglise néo-testamentaire, se pose la question de l'unité de l'ensemble du peuple croyant, c'est-à-dire des personnes ayant vécu tant à l'époque de l'Ancien Testament qu'à celle du Nouveau.
Et la question se pose avec un intérêt d'autant plus grand que, de nos jours, différentes doctrines, comme le dispensationalisme - qui séparent, ou qui tendent à dédoubler le peuple de Dieu - imprègnent fortement différentes communautés ecclésiales.

Or il est vrai que la Pentecôte n'a pas été un évènement anodin. La Pentecôte ne saurait être réduite, par exemple, à une sorte de simple "réveil" spirituel.
L'envoi de l'Esprit saint par le Christ glorifié, réalisation des Promesses divines, a été un évènement inédit, faisant entrer l'Histoire dans sa dernière étape (Actes 2: 14-39).
Alors que l'Esprit du Christ était jusque là spécialement présent aux oints (rois, prêtres, prophètes), le voilà qui est descendu oindre tous les croyants, faisant de chacun d'eux des rois, des prêtres et des prophètes.
Le peuple était mineur; le voilà devenu majeur!
L'accomplissement des Ecritures par Jésus-Christ, l'envoi du Saint Esprit à la Pentecôte: voilà donc bien quelque chose d'immense et qui ne doit jamais être sous-évalué, ni relativisé, dans l'Histoire de la Révélation!

Depuis ce temps, les fidèles ne connaissent plus le Royaume de Dieu et son Messie sous des ombres et des figures, mais en vérité; au lieu d'un tableau de ces choses, ils contemplent ces choses mêmes! Mais il est évident que, dans le tableau (sous des ombres) ou dans la réalité, l'objet de cette contemplation demeure identique.
Ainsi, la différence dans les modes d'administration de l'Alliance et dans le degré de la Révélation ne changent rien à l'unité essentielle entre les différentes dispensations de l'Alliance, dont les termes sont et restent: Je serai ton Dieu.

Dans cette perspective, contre ceux qui imaginent faussement que l'ancien peuple ne regardait qu'à des choses terrestres et charnelles, on soulignera qu'Israël était l'ancienne Eglise, tout comme l'Eglise est le Nouvel Israël, soit une seule et même entité spirituelle en un même Christ (Hébreux 11: 14-26; Actes 7: 30; Philippiens 3: 3, etc.)
 
Contre ceux qui esquissent deux voies de Salut (selon que l'on appartienne à l'Eglise ou que l'on rejette l'Evangile), on répètera qu'il n'a jamais existé d'autre moyen de salut (et qu'il n'en existera jamais d'autre!) que par la foi dans le Messie: Jésus de Nazareth. Dans l'attente de sa venue, celui-ci était connu sous des ombres et des figures qui sont devenue caduques par sa manifestation.

Il ressort de tout cela que ce qui a été écrit aux membres du peuple, sous l'Ancien Testament, nous concerne et nous sert d'exemple aujourd'hui (quoi qu'il convienne d'en faire une lecture renouvelée dans la Lumière du Nouveau Testament), selon 1Corinthiens 10:11 ou Romains 15:4, etc.

Enfin, que l'usage des sacrements, notamment la question de la légitimité du baptême des enfants, peut être évalué au moyen des prescriptions vétérotestamentaires à ce sujet (Colossiens 2: 11-12/ Genèse 17: 7/ Romains 4: 11, etc.), ainsi que le fit st Cyprien, au milieu du concile de Carthage (au IIIe siècle).
Confronté à la question de savoir s'il convenait de baptiser les enfants avant huit jours (puisque les nourrissons n'étaient pas circoncis avant ce temps), le concile ne fit pas pour réponse que, depuis le passage au Nouveau Testament, les jeunes enfants n'étaient plus concernés par la grâce et ses moyens, mais, au contraire, qu'ils pouvaient même être baptisés avant ce temps (du fait de la surabondance de grâce).
Etait ainsi conservé l'esprit de la doctrine vétérotestamentaire ( = introduction sacramentelle des enfants dans la  relation de l'Alliance), sans inféodation légaliste aux préceptes pédagogiques ( = le 8e jour).
.
Tout cela, la seconde confession helvétique (19.5) l'a résumé en disant que:

Pour ce qui est du contenu essentiel et de la réalité profonde des sacrements, ils sont, pour les peuples des deux alliances, identiques. Car le Christ, l’unique Médiateur et Sauveur des croyants, est, dans les deux cas, le contenu principal et la vraie substance des sacrements. Un seul et même Dieu est l’auteur des uns et des autres. Ils ont été donnés aux deux peuples comme signes et sceaux de la grâce et des promesses de Dieu, afin de rappeler au souvenir et de remettre en mémoire les grands bienfaits de Dieu, et de séparer les fidèles de toutes les autres religions du monde. Enfin, ils ont été institués, les uns et les autres, pour être reçus spirituellement par la foi et lier à l’Eglise ceux qui les reçoivent, leur rappelant leur responsabilité envers Dieu. Dans ces domaines et d’autres encore, les sacrements des deux peuples ne sont pas différents les uns des autres, bien qu’ils soient différents dans leur façon de signifier les mêmes réalités.


Bucerian



vendredi 11 janvier 2019

François Ier et le grand Turc: l'alliance impie.


Considérant les relations diplomatiques entretenues par l'anglicane Elizabeth Iere et les ayatollahs Perses, certains calomniateurs voudraient y voir le signe d'une identité théologique et spirituelle des deux religions - face au papisme, lequel serait par-dessus tout fidèle au Christ (!)

Voici donc un petit rappel des relations entretenues quelques années plus tôt par François Ier, fidèle du pape de Rome, et le grand Turc mahométaniste: LIEN.

La cathédrale de Toulon fut saccagée et transformée en mosquée. Une grande majorité des enfants de moins de 7 ans des environs furent enlevés et réduits en esclavage.
Quant aux Eglises protestantes, leur doctrine et leur jugement sur l'islam doit être regardé et pesé par leur confession de foi. Nous lisons ainsi (Confession d'Augsbourg, article 1):


Nos Eglises enseignent à l'unanimité que le décret du concile de Nicée, concernant l'unité de l'essence divine et les trois Personnes est vrai, et qu'il doit être cru sans le moindre doute (...)
C'est pourquoi nos Eglises condamnent toutes les hérésies qui sont contre cet article, comme celle (...) des mahométistes et de tous leurs semblables; aussi bien que celle des samosaténiens, tant anciens que nouveaux, etc.



Bucerian


Jean Calvin, sur ces paroles:


Aime ton prochain comme toi-même.

Il ne faut point prendre cette similitude comme quelques sophistes, qui ont pensé qu'il [Jésus] commandait à chacun de s'aimer en premier lieu, puis après son prochain; mais plutôt, il [Jésus] a voulu transférer aux autres l'amour que nous attirons à nous. C'est pourquoi l'Apôtre dit que charité ne cherche point son propre profit particulier (1Corinthiens 13: 5).

... par conséquent, celui-ci vit très bien, qui le moins qu'il lui est possible vit pour lui-même; d'autre part, que nul ne vit plus désordonnément, que celui qui vit pour soi, et ne pense qu'à son profit.

Jean Calvin, Institution de la Religion Chrétienne, II, viii, 54.


Bucerian

mercredi 2 janvier 2019

Adorateurs d'un caillou




Il m'est souvent arrivé de discuter avec des disciples de Mahomet, persuadés que "les chrétiens" (pas Jésus et ses apôtres, que les mahométanistes font semblant de respecter) étaient dans l'idolâtrie en rendant un culte au Seigneur Jésus.
Évidemment, il suffit de répondre que si "les chrétiens" croient quelque chose, c'est parce que ce quelque chose leur a été donné de croire... par Jésus et les apôtres. Les chrétiens n'ont fait qu'adhérer au christianisme, ils ne l'ont pas constitué. Que l'hostilité islamique contre le christianisme est donc bien une hostilité envers Jésus et ses apôtres (1Corinthiens 15: 1-11).
Mais puisque cette règle de causalité, pourtant simple et logique, semble systématiquement se heurter à un déni aveugle, il convient de renvoyer les adeptes de Mahomet à leur pratique.

NB: Je ne serai sans doute pas le premier à faire cette remarque, mais elle est si importante qu'elle mérite d'être faite, répétée et relayée presque quotidiennement.

Le fait est que les mahométanistes se prosternent cinq fois par jour en direction de la kaaba, dans le mur de laquelle est enchâssée une pierre noire, réputée tombée du ciel.
Avec cette prière, l'un des cinq piliers de la religion imaginée par Mahomet consiste à se rendre en pèlerinage à la Mecque, pour tourner autour de cette kaaba et embrasser la pierre noire (au risque de mourir piétiné par la foule, comme cela est déjà arrivé).

Les disciples de Mahomet utiliseront toutes les astuces qu'ils voudront pour tenter de s'excuser de pratiquer ce culte idolâtre d'un caillou: le fait demeure qu'ils rendent un culte idolâtre à un caillou, sur l'exemple, disent-ils, de leur prétendu prophète.
Nous savons tous que si l’Église chrétienne avait pour centre spirituel une météorite, AUCUN des arguments spécieux par lesquels ils tentent vainement de se justifier ne permettrait de lever l'accusation d'idolâtrie, et qu'ils condamneraient cela avec la plus grande vigueur et indignation.

Aussi ne peuvent-ils rester dans ces filets d'iniquité que par partialité, aveuglement volontaire et goût de la calomnie gratuite contre la pierre vivante sur laquelle est bâtie l’Église, c'est-à-dire Jésus-Christ, auquel ils ont préféré un vulgaire caillou qui ne voit ni n'entend, et qui reçoit indûment la prosternation - et parfois: le sacrifice suprême! - des millions d'idolâtres qu'ils sont, à l'image de leur faux-prophète.



Bucerian





lundi 31 décembre 2018

Heureuse année 2019!



2019



2019, mais de quelle ère?
2019 après Jésus-Christ, le Fils Unique de Dieu, siégeant triomphalement au cœur de l'Histoire humaine.

Voilà ce dont ont rendu témoignage, souvent malgré eux et pour leur plus grande confusion, l'ensemble des États du monde: Chine, Corée du Nord, etc.

Persécuter l’Église de Celui dont on est providentiellement réduit à honorer la venue: démonstration du fait que les ennemis du Seigneur ne sont que de malheureux instruments dans les mains de Celui qu'ils combattent vainement.

C'est pour cela que nous ne devons craindre aucun mal - ainsi que le dit le Psaume 2:

2.1
          Pourquoi ce tumulte parmi les nations, Ces vaines pensées parmi les peuples?
2.2
Pourquoi les rois de la terre se soulèvent-ils Et les princes se liguent-ils avec eux Contre l'Éternel et contre son oint? -
2.3
Brisons leurs liens, Délivrons-nous de leurs chaînes! -
2.4
Celui qui siège dans les cieux rit, Le Seigneur se moque d'eux.
2.5
Puis il leur parle dans sa colère, Il les épouvante dans sa fureur:
2.6
C'est moi qui ai oint mon roi Sur Sion, ma montagne sainte!
2.7
Je publierai le décret; L'Éternel m'a dit: Tu es mon fils! Je t'ai engendré aujourd'hui.
2.8
Demande-moi et je te donnerai les nations pour héritage, Les extrémités de la terre pour possession;
2.9
Tu les briseras avec une verge de fer, Tu les briseras comme le vase d'un potier.
2.10
Et maintenant, rois, conduisez-vous avec sagesse! Juges de la terre, recevez instruction!
2.11
Servez l'Éternel avec crainte, Et réjouissez-vous avec tremblement.
2.12
Baisez le fils, de peur qu'il ne s'irrite, Et que vous ne périssiez dans votre voie, Car sa colère est prompte à s'enflammer. Heureux tous ceux qui se confient en lui!


Alors oui: heureuse année dans la Paix qui est en Jésus-Christ, notre Seigneur!

Bucerian


samedi 29 décembre 2018

Trump et le syndicat des sorcièèères (bouh, on a peur...)

Où va ce monde dégénéré? Regarder à la jugeote de ses représentant-e-s en donne assurément un bon indice - et force est de constater qu'il n'est pas rassurant pour "euelleeuxs" (veuillez excuser les barbarismes de ce billet, je tente de m'adapter à la situation).

Aux dernières nouvelles, donc, les "sorcières" d'Amériques seraient offensées par certaines expressions du Président Donald Trump. Rendez-vous compte: l'accusé a osé parler de "chasse aux sorcières". Il n'en a pas fallu plus pour que des "sorcières" se plaignent, sur CNN, de cette utilisation...

Pour rendre un peu moins inintéressant ce risible épisode ci-ènènèsque,  je tiens à profiter de celui-ci pour inviter à la réflexion celles et ceux qui le peuvent encore:

On voit partout émerger un néo-paganisme, tellement plus profond, tellement plus fascinant, tellement plus authentique aussi, que le christianisme orthodoxe. Certains se revêtent ainsi d'un drap et se proclament druides (héritiers d'une authentique tradition orale rompue pendant 20 siècles et dont on se demande, donc, s'ils l'ont recueillie auprès du père Fourras ou de Panoramix).

D'autres, manifestement inspirées de séries TV telles que "Charmed" se proclament sorcières de leur état. Attention: gentilles sorcières, parce que y'en a marre des amalgames qui font qu'on pense toujours à l'autre vilaine dans Banche neige!

Seulement voilà: il y a déjà de longs mois que ces pauvrettes liguent tous leurs pouvoirs pour jeter des sorts à Donald Trump... à qui rien n'arrive.
Leurs pouvoirs, leurs croyances, leurs rites... un enfant de cinq ans serait capable de comprendre que tout ce folklore païen relève du pouvoir mystificateur plutôt que mystique.

Malheureusement, l'âge mental d'en enfant de cinq ans ne semble pas avoir été atteint par nombre de nos contemporains, qui préfèrent se croire dans Harry Potter plutôt que d'invoquer, pour le salut de leur âme, la seule personne a être jamais sortie de la tombe.
Nous devons donc avertir chacun, pour son salut, de croire et se repentir en Jésus-Christ, le Fils de Dieu, qui a ruiné les panthéons que des taxidermistes du spirituel s'acharnent à conserver, ou à reconstituer sous nos yeux, en ajoutant à la laideur inhérente à ces mensonges celui du kitch de leurs productions...

Bucerian

jeudi 27 décembre 2018

Annotations sur le Credo (# 32)



"Une"


1. L'unité en Christ

L’Église passe par les eaux baptismales (Éphésiens 5: 25-26) où ses enfants revêtent le Christ (Galates 3: 27) pour se nourrir ensuite continuellement de sa chair vivifiante (Matthieu 26: 26, ss). C'est donc en Lui que les membres de l’Église sont un, tout comme c'est par Lui qu'ils sont unis à Dieu (cf. Jean 17: 21).

Toutefois, cette union n'est pas réalisée mécaniquement, c'est-à-dire par le simple usage extérieur des sacrements -- qu'il s'agisse de celui du baptême ou celui de la Cène.
Si l'on a souvent considéré ces mystères comme des médicaments, ou antidotes contre la mort, il faut préciser que les éléments extérieurs (eau, pain, vin,) en sont alors les excipients, tandis que le principe actif, ce qui sauve, est la Parole, ou l’Évangile uni à eux.
Or, par quel moyen peut être reçue la promesse de l’Évangile, sinon par la foi, et par elle seule (Romains 3: 28)? 

L'unité de l’Église réside donc en Christ, auquel nous participons uniquement par la foi. 



2. La foi et sa confession communes 

Certes, cette foi est une confiance du cœur. Mais, contrairement à l'appui que pensent en tirer aussi bien les libéraux que les piétistes réfractaires à l'orthodoxie, cette confiance ne saurait être une ferveur désincarnée. Elle vise et se fonde au contraire sur une personne, que nos sens perçoivent en vérité comme un homme (1Jean 1: 1-3), mais que l'Esprit divin nous fait discerner comme le Bon berger et le Sauveur de nos âmes (Psaume 23/ Jean 10: 11), c'est-à-dire: Dieu avec nous (Matthieu 1: 23/ Jean 1: 1-14).
Ce Seigneur, dont l'âme régénérée a l'intuition aussi candide que spontanée, l’Église le confesse avec la solennité et la précision dogmatique nécessaires à la préservation et à l'édification de ses enfants.
Or, si l'Eglise doit être une à travers l'espace, elle doit également l'être sous le rapport du temps. Mais quelle foi a victorieusement traversé les siècles (Actes 5: 39) - bien que parfois confessée des lèvres seulement! - sinon celle qui concerne le Christ du baptême (Trinité) et de l'Eucharistie (Incarnation), ce Christ dont témoignent les Écritures théopneustes, auquel on participe par la foi et qui est confessé dans le Symbole de Nicée-Constantinople?...

Telle est justement notre foi; tel est effectivement le témoignage que les siècles ne peuvent entamer, et qui surnage même à la folie schismatique des pécheurs. Telle est la foi transmise aux saints une fois pour toutes. Telle est la vérité en laquelle ils sont unis pour l'éternité.



3. Des sectes

D'où vient alors que l'on observe partout une multitude de dénominations, ou sectes? On a traditionnellement déploré une double cause au scandale: l'hérésie et le schisme. 

Dans le cas de l'hérésie, quelque chose est ajouté, ou quelque chose est ôté au Christ des Écritures, au Christ de la foi.
Qui ignore, par exemple, que le salut par la foi seule est officiellement (Rome) ou officieusement (Byzance) répudié par certains? Qui ignore que le Christ n'est parfois plus qu'un prétexte à l'établissement d'une foi dans des icônes (Byzance) ou dans un pape (Rome)?
Et un prétendu "protestantisme" n'est pas en reste, chez qui le culte de l'Homme et de sa Raison ont éclipsé tout ou presque de la foi traditionnelle. 
Ici règne le culte d'images muettes; ailleurs règne le culte d'un arrogant esprit pythique; là règne la dissolution.
Nous croyons que nous devons nous maintenir à l'écart des assemblées où de telles choses sont reçues, et que "tous ceux qui se mêlent en tels actes et y communiquent, se séparent et retranchent du corps de Jésus-Christ (2 Co 6.14-16; l Co 6.15)" (Confession de La Rochelle, article 28).

Dans le cas du schisme, ce qui manque est la charité: sa prudence, sa circonspection, sa patience, sa sagesse.
Par indifférence pour ceux que l'on blesse (et pour qui, néanmoins, Christ est mort!) on cherche à imposer, opiniâtrement, son savoir.
Par témérité, on ne se satisfait pas des seuls dogmes communément formulés, mais on y ajoute et impose des opinions qui, même orthodoxes, pouvaient néanmoins rester ouvertes et discutées sans grand scandale. Dans ce cas (qui n'est pas rare!) il convient de blâmer la témérité coupable et de rappeler l'urgence d'un inventaire confessionnel, ou dogmatique, afin que chacun se réaligne sur ce qui a été généralement reçu, et reçu comme suffisant à l'hospitalité ou communion eucharistique: la foi du Symbole.



4. L'unité dans la vérité


Saint Augustin nous rappelle cette juste mesure, dans son premier chapitre de La Genèse au sens littéral:

Si l'on veut parler des mystères de la nature, que nous reconnaissons comme l’ouvrage de la puissance divine, il faut le faire non par voie d'affirmations mais par voie de questions; quand surtout on les étudie dans les livres que recommande une autorité divine; car alors l'affirmation téméraire d'une opinion incertaine et douteuse se justifierait difficilement du crime de sacrilège. Le doute cependant ne doit point franchir ici les bornes ni atteindre le domaine de la foi catholique. Et parce que beaucoup d'hérésiarques ont l'habitude de plier à leur sentiment, réprouvé par la doctrine de l'Église universelle, l'exposition des divines Écritures; avant de venir à l'objet particulier de ce livre, il est bon de présenter en peu de mots la foi catholique. La voici: C'est par son Fils unique, qui étant sa Sagesse et sa Vertu lui est consubstantiel et coéternel, et en unité du Saint-Esprit qui est aussi de même substance que lui et possède la même éternité, que Dieu le Père Tout-Puissant à tiré du néant et formé tous les êtres de la création, etc.


Conclusion

Le mouvement œcuménique moderne tend à sacrifier la vérité sur l'autel de l'unité des dénominations. L'unité de l’Église est tout autre, puisqu'elle repose sur la vérité éternelle.
Il n'y a pas à élaborer une vérité nouvelle, ni à nous efforcer de porter un regard novateur sur elle (un regard tel que l'on pourrait continuer de retrancher ou ajouter à Christ, par exemple), mais en revenant à la seule vérité qui a toujours été professée, et en nous dépouillant de l'homme ancien qui tend à nous en éloigner.



Bucerian