mercredi 1 juillet 2015

Annotations sur le Credo (6)


Nous croyons en un seul Dieu,

le Père tout-puissant,
créateur du ciel et de la terre,
de toutes les choses visibles et invisibles. 



Tout-puissant, tel est notre Dieu. Dieu, qui a créé toutes choses, a aussi sur elles un pouvoir souverain. A Dieu, rien n'est impossible, nous déclare le Seigneur Jésus. Et cette toute-puissance n'est jamais en repos.
En effet, s'il est écrit qu'au septième jour de la Création, Dieu se reposa de son œuvre, c'est au sens où Dieu cessa de créer. Mais depuis le commencement jusqu'à présent, Dieu conserve et dirige sa création (providence), de sorte que nous pouvons et devons dire que Dieu a créé toutes choses, et qu'il les gouverne et les conduit, disposant de tout ce qui arrive dans le monde et réglant tout selon sa volonté (confession de La Rochelle, article 8).
Cette vérité doit être particulièrement consolante pour les chrétiens, qui ont en Dieu un Père aimant, parce qu'ils sont réconciliés avec Lui, par le Christ. Aussi le catéchisme de Heidelberg nous rappelle-t-il, dès sa première question, que (Jésus) me garde si bien qu'il ne peut tomber un seul cheveu de ma tête sans la volonté de mon Père qui est dans les cieux, et que toutes choses doivent concourir à mon salut.
A Dieu, rien n'est impossible: cette affirmation implique aussi que, dans l'ordre normal de la vie et du monde, certaines choses sont impossibles aux créatures que nous sommes. Mais Dieu, Notre Père, peut tout. C'est ainsi qu'Il a même apporté une réponse au problème du péché et de la mort et qu'Il régénère des hommes pour les faire passer de la mort (spirituelle) à la Vie.
Il est vrai aussi que cette puissance de vie peut parfois se manifester dans des miracles que, sans rechercher par-dessus tout, nous ne pouvons que reconnaître et pour lesquels nous devons rendre grâce. Aussi ne faut-il pas hésiter à présenter à Dieu, dans nos prières, tous nos besoins et de pas considérer certains problèmes, certains choses (exceptés, évidemment nos caprices), comme impossibles ou  irréalisables pour le Dieu saint et vivant.
Et pourtant, contrairement à certaines tendances "charismatiques", nous devons garder les yeux fixés sur LE miracle important par-dessus tout: celui de notre foi et de la vie éternelle en Jésus-Christ. Loin s'en faut que nous prenions les miracles qui se font ici où là pour les critères permettant de juger la doctrine des hommes par les mains desquels se font tels ou tels prodiges...

Enfin, certains rationalistes nient ce Dieu tout puissant et s'en moquent, par des sophismes impies. L'un des plus connus, sans doute, consiste à demander si Dieu peut faire un rocher si lourd qu'il n'arrive pas à le soulever.
Ces navrantes sottises nous en disent long, sans doute, sur la méchanceté du cœur de l'homme. 
Mais Dieu n'en reste pas moins tout puissant, si bien qu' il est grand, le mystère de la piété: Dieu a été manifesté en chair, etc.
De sorte que, oui, le Seigneur a souffert pour nous et Christ est ressuscité, pur le Salut de quiconque croit.
Or nous croyons en Lui, et nous devons considérer qu'il y a, dans le mystère de ce roc, une manifestation bien plus précise de la toute puissance de Dieu que dans toute spéculation de l'esprit dégénéré des hommes pécheurs.

Bucer

Etat islamique et société de consommation

Un très bon article de Mathieu Slama publié dans Figarovox, sur les raisons de la faiblesse de l'Europe face à l’État islamique:

L'Islam radical est, à n'en point douter, le phénomène le plus important, le plus décisif, de notre époque. On ne répond pas à un tel absolu seulement par des valeurs juridiques (liberté, égalité, laïcité…), aussi importantes soient-elles. Il faut autre chose. C'est cet «autre chose», qui a à voir avec le sacré, que nous avons perdu. 

Prions et témoignons de l’Évangile afin que nos proches ne soient pas séduits par l'évangile des païens (paradoxalement patriotes et ultramontains!) mais qu'ils se souviennent de leur baptême, reviennent au Seigneur et ne soient pas séduits par l'abomination du califat.
Ce dont les Français (ainsi que tout homme!) ont besoin, c'est de la pure Parole de Dieu, de son Esprit, du Christ Dieu-Homme, seul Sauveur, qui nous ramène au Père pour la Vie éternelle.

Amen.

Bucer


lundi 29 juin 2015

Sondage Wittenberg 1536

Amis lecteurs, pour cette semaine, un nouveau sondage concernant un document souvent méconnu (et pourtant lourd de conséquences) dans le protestantisme...
Pour ceux qui voteront "autres, à préciser" (et les autres aussi, bien sûr!): n'hésitez pas à poster, en commentaire de ce message, votre avis.

Que Dieu bénisse votre semaine!


Bucer

dimanche 28 juin 2015

Fraternité

Chers amis lecteurs,

Vous pourrez remarquer la création d'une nouvelle page "Fraternité" (dans la barre de menu, ci-dessus) consacrée à l'expression et au partage entre confessants.

Bucer


samedi 27 juin 2015

Annotations sur le Credo (5)

Le Père?

Nous croyons en un seul Dieu,

le Père tout-puissant,
créateur du ciel et de la terre,
de toutes les choses visibles et invisibles. 

Pourquoi ne pas appeler Dieu "Notre Mère"? La question vous semble loufoque, ridicule? Il vous semble inutile de s'y attarder?... Pourtant, à notre époque de militantisme féministe, c'est une question que l'on pose avec force: et gare aux "machistes" peu convaincus du bienfondé des nouvelles idées! Et les nouvelles idées, avouons-le, ont de la suite... dans les idées:
a) On a commencé, par dire que puisqu'il n'y a plus ni homme ni femme (Galates 3), et que cela ne choque plus personne dans le contexte actuel (= société non-patriarcale), "femmes" comme "hommes" peuvent exercer le ministère pastoral.
b) Dans la même ligne, on a dit que, puisqu'il n'existe plus d'homme ou de femme, pourquoi empêcher deux individus de se lier dans le mariage, au "prétexte" qu'il s'agit de deux "hommes" ou de deux "femmes"? L'amour aurait-il un sexe?...
c) Justement, Dieu est amour. Et Jésus nous affirme qu'il est Esprit. Donc, assurément, Dieu est encore moins "homme" ou "femme" que nous; donc, l'appeler (exclusivement) "Père" serait faire preuve d'idolâtrie consistant, dans un contexte pourtant égalitaire, à s'attacher à ce que quelques-uns considèrent comme un vestige (dans la Bible) de la mentalité patriarcale, sexiste et dépassée.

Sans doute, pour nous, Dieu n'est pas un homme (cf. Nombre 23. 19). Sans doute, il est tout autre. Sans doute, il est Esprit. Nous n'imaginons donc pas un mâle, lorsque nous parlons de Dieu!
Sans doute aussi, lorsqu'on parle de façon métaphorique, il est possible d'attribuer à Dieu des qualités maternelles (cf. Esaïe 66. 13, Matthieu 23. 37, etc.)
Et pourtant, c'est comme "Père" que Dieu se nomme et se révèle dans les Écritures (Jean 17. 1)!
Et pourtant, c'est "Notre Père" que Jésus nous apprend à prier (Matthieu 6.9)!
Et pourtant, c'est "Abba, Père!", que l'Esprit de Dieu nous fait appeler (Romains 8. 15)!
Qui osera dire, alors, que l’Église a tort de confesser sa foi en Dieu "le Père" tout-puissant?
Qui osera dire que l'on peut ou doit changer son Nom?
Certes, c'est à quoi l'on se condamne si l'on exige que le contexte de la société dirige (en dernier lieu) la compréhension des Écritures (autant que sa rédaction), plutôt qu'en veillant à ce que la sainte société, l’Église conserve le modèle intangible des Écritures théopneustes.


Bucer



vendredi 26 juin 2015

Oubliez le Marais, prenez le maquis!







Le manuel des
Camisards






"Je vous admoneste: gardez-vous d'Antéchrist. Vous vous arrêtez trop aux murailles, cherchant l’Église de Dieu en la beauté des édifices, pensant que l'union des fidèles soit là contenue. Doutons-nous qu'Antéchrist doive là avoir son siège? Les montagnes, et bois, et lacs, et prisons, et déserts, et cavernes me sont plus sûrs et de plus grande confiance. Car les Prophètes, y étant cachés, ont prophétisé."

St Hilaire de Poitiers, Contre Auxentius, xii.







INTRODUCTION


Certains frères, que les apostats ne parviennent plus à tromper par leurs discours subtils, ont manifesté la volonté, grâce de Dieu, de participer à l'organisation d'une communion orthodoxe en France.
Ces frères ne veulent assurément pas d'une orthodoxie morte; pourtant, ils savent aussi qu'un vague piétisme ne peut pas apporter de solution devant les faux docteurs qui, sous les bannières du pluralisme (= la confusion), de la tolérance (= la complaisance) et de la "liberté" (= la licence morale!) conduisent les âmes à la ruine. Et quelle ruine! Une ruine éternelle.
Je sais bien que des renards, qui ont persuadé quelques innocents du bienfondé de leurs plans, veulent apaiser les consciences meurtries par l'apostasie de leur "Église" et les encourager à rester dans leur Sodome "pour y faire entendre leur voix". Certes, dans la cacophonie de ces assemblages disparates, chacun pourra toujours faire entendre sa voix (certains plus que d'autres, mais tous quand même); mais est-ce ici tout l'honneur auquel devrait aspirer notre Dieu, en son Église: que sa Parole soit vaguement tolérée à côté de celle du diable? Évidemment, non. De plus, ces gens-là ne se rendent peut-être plus compte du degré de corruption de leur "communion" mais tout homme prudent doit se garder d'en approcher, de peur de finir aussi insensible à la vérité. Car elle bien vraie, cette parole de st Augustin: A force de tout voir on finit par tout supporter. A force de tout supporter on finit par tout tolérer... A force de tout tolérer on finit par tout accepter. Et bientôt: A force de tout accepter on finit par tout approuver. C'est cela qui leur arrive, dans ces funestes champs où l'on cultive, depuis des décennies, les fruits pourris du relativisme et de la tiédeur. Gardez-vous, chers frères et amis, du poison de ces docteurs aveugles!

Pourtant, bien qu'ils soient conscients de tout cela, certains fidèles restent parfois démunis devant la pompe extérieure des apostats: ces derniers prétendent être l’Église, car ils ont la direction de temples anciens, avec pignon sur rue. Ils prétendent être la maison de Dieu, cette Église dont il ne faut pas se séparer, parce que leurs organisations [Église Protestante Unie de France (EPUdF), Fédération Protestante de France (FPF)...) existent depuis le XXe siècle (!)
D'autres frères, conscients que nous sommes un reste si faible, désespèrent de pouvoir relever quelque chose du chaos actuel.
Que faire? Comment faire? Par où commencer? Avec quelle légitimité?...
Autant de problèmes qui retiennent bien des âmes et que je souhaite contribuer à surmonter, par le présent manuel.

Mais avant de développer mon propos, qu'il soit bien entendu ici que le but recherché n'est pas de recréer une secte où domineraient à nouveau les pensées humaines. Les conseils et suggestions qui vont suivre ne s'adressent qu'à ceux qui aspirent à une Église fidèle à la Parole de Dieu telle que comprise par nos pères, dont nous partageons les confessions de foi.
Le but n'est pas non plus de conserver quelques "évolutions sociétales" incompatibles avec les instructions de la Parole de Dieu (notamment: le ministère pastoral féminin), mais bien d'organiser une communion orthodoxe et soucieuse de s'édifier paisiblement autour de la Parole de Dieu (Tite 3. 9-11).
Quels sont, donc, ces critères d'orthodoxie?
Où se trouve la compréhension des Écritures qu'avaient nos pères (pas seulement de la branche Réformée, mais des réformateurs en général)?

La dernière fois que les chrétiens Réformés ont valablement formulé les frontières de leur foi, en France, remonte au synode national (le premier depuis deux siècles!) de 1872, dont voici les termes:

Au moment où elle reprend la suite de ses synodes interrompus depuis tant d’années, l’Église Réformée de France éprouve avant toutes choses le besoin de rendre grâces à Dieu et de témoigner son amour à Jésus-Christ son divin chef qui l’a soutenue et consolée durant le cours de ses épreuves.
Elle déclare par l’organe de ses représentants qu’elle reste fidèle aux principes de foi et de liberté sur lesquels elle a été fondée.
Avec ses pères et ses martyrs dans la confession de la Rochelle, avec toutes les Églises de la réformation dans leurs divers symboles, elle proclame l’autorité souveraine des Saintes Écritures en matière de foi et le salut par la foi en Jésus-Christ, Fils Unique de Dieu, mort pour nos offenses et ressuscité pour notre justification.
Elle conserve donc et elle maintient à la base de son enseignement, de son culte et de sa discipline, les grands faits chrétiens représentés dans ses sacrements, célébrés dans ses solennités religieuses et exprimés dans ses liturgies, notamment dans la confession des péchés, dans le Symbole des Apôtres et dans la liturgie de la Sainte-Cène.

Que les libéraux se soient séparés de cette Église et qu'ils aient ensuite séduit de nombreux membres de cette Église pour les inciter à s'unir à eux, en 1938, dans l'ERF -- qui est donc issue d'un schisme (entre les évangéliques) en plus d'avoir ouvert la porte aux hérésies (par les termes acceptables aux libéraux), cela n'est d'aucune valeur: à moins de souhaiter bénir schisme et hérésies, seule demeure légitime la déclaration de 1872.
Or, pour tout dire simplement, cette déclaration ne fait autre chose que de garder la foi de la Confession de La Rochelle, en soulignant son harmonie avec toutes les Églises de la réformation dans leurs divers symboles.
Comment exclure de cette mention les Églises de la Confession d'Augsbourg, qui représentent l'autre branche de cette même réforme protestante (notamment en France)?
Or, par quel instrument pourra-t-on démontrer la capacité de celle-ci à s'entendre avec la branche réformée, sinon par la concorde de Wittenberg (1536) dont les termes, une fois reçus par tous, ne sauraient être renégociés?...

C'est, donc, ce périmètre confessionnel qu'il faudra avoir à l'esprit lorsqu'il sera question, dans ce texte, de communion confessante, ou orthodoxe.

Maintenant que ces éclaircissements ont été faits, voyons ce que valent les scrupules qui empêchent quelques-uns d'entrer en résistance, comme il se doit, pour la Parole de Dieu.


1. L’Église n'est ni le bâtiment, ni la dénomination

En premier lieu, il faut se souvenir d'une règle simple: les bâtiments que nous appelons "églises" ou "temples" ne sont désignés ainsi que par tropes, parce que ces lieux sont utilisés par l’Église (= le peuple de Dieu) pour célébrer le culte.
Ainsi, l’Église n'est pas nécessairement là où se trouve le bâtiment nommé "église" ou "temple" mais elle se trouve là où la Parole de Dieu est prêchée dans sa pureté et où les Sacrements sont administrés conformément à la Parole de Dieu.
Ainsi, parce que l’Église n'est pas quelque chose de purement invisible (la célébration des Sacrements la manifeste même aux yeux du monde) l’Église s'organise, consacre des lieux et des objets pour le culte, etc. et il est normal de respecter cet ordre établi, tout comme il faut respecter les ministres fidèles et ne pas s'en écarter. Mais lorsque les temples sont peuplés d'infidèles, que les évêques ne sont plus que des païens, que tous ensemble le font savoir par leurs prédications, par leur manière de vivre et les décisions qu'ils prennent publiquement en faveur de l'hérésie, alors, ni le bâtiment initialement consacré au culte, ni même l'installation légitime de l'évêque, ou pasteur, ne doit retenir le fidèle. Rien de cela ne doit être considéré comme d'un quelconque poids devant la vérité, qui, seule, dispose de tous les droits.
La vérité chrétienne doit donc être préférée à toute chose, de sorte qu'il faut indubitablement retenir et appliquer cet ordre de l'Apôtre:
Si nous-mêmes ou si un ange du Ciel vous annonçait un autre Évangile, qu'il soit anathème! (Gal 1. 8)

Que valent, maintenant, les assertions de ceux qui crient au schisme et au scandale, dès qu'on parle d'ôter les méchants du milieu de nous?
Que valent les prétentions des hérétiques qui montrent leur grand nombre et leur emprise sur les institutions d'une dénomination fondée [illégitimement] en 1938 (!) pour intimider ceux qui ne veulent pas se rendre complices de leurs péchés? Que valent ces sottises, consistant à dire à des enfants de Dieu: "soyez en accord avec nous, ou bien vous serez des schismatiques" ?
Cela ne vaut rien. Car le schisme consiste en ce que des orthodoxes se séparent les uns des autres. Mais se séparer d'hérétiques, ce n'est pas faire un schisme, c'est faire œuvre de salubrité publique. De même, si une grande assemblée se tenait pour dire qu'il est permis à ceux qui le veulent d'adorer un autre Dieu que le Seigneur, aucun chrétien n'aurait le devoir d'entretenir les moindres liens avec ce conventicule démoniaque, mais chacun devrait au contraire le dénoncer de toutes ses forces, sans la moindre ambiguïté, et déclarer qu'il n'a rien, mais vraiment rien à voir avec cela.

Ainsi, chers frères, puisque l'EPUdF décide qu'il est permis de bénir les unions de même sexe (ce n'est là que l'acte final de son apostasie, car il y a eu bien d'autres choses avant!) et que la Fédération Protestante de France encourage chacun à y voir de la richesse et à accepter cette diversité d'opinions (voir son communiqué du 20 juin), il n'est pas seulement autorisé, mais il est encouragé et même ordonné de se tenir à l'écart de ces factions impies et de rester fidèles à Jésus-Christ.
Vous n'avez pas de temple? Vous n'avez que votre salon? Qu'importe! Le Seigneur n'en sera pas moins présent avec vous (Matthieu 6. 6// Matthieu 18. 20, etc.) Par conséquent, ne vous laissez pas égarer par des pensées toutes humaines, sur les lieux, l'organisation, la plaque attachée devant la porte du temple des impies (bref: le paraître) mais voyez les choses avec le regard de la foi. Examinez votre conscience: venez-vous au culte pour les murs ou pour la vérité? Par habitude sociologique, ou par fidélité au Seigneur et pour entendre sa Parole droitement prêchée?



2. Qui peut prêcher et administrer les Sacrements?

Mais ici, un autre scrupule apparaîtra peut-être: qui sera suffisamment docte pour prêcher et qui sera autorisé à administrer les Sacrements? Car, après tout, ce n'est pas tous les jours que l'on trouve un titulaire de master en théologie, un savant expert de la pensée de Monsieur Bultmann! Or, que deviendra le peuple chrétien sans des imposteurs capables de faire passer la philosophie de Heidegger pour du christianisme?
Eh bien, chers amis, sachez que si l'évêque doit être apte à enseigner (Tite 1. 9) cela ne veut pas dire que tout évêque doit être un encyclopédiste. Et sans doute vaut-il mieux un évêque simple et humble qu'un habile escroc! C'est pourquoi, la Confession Helvétique Postérieure (18. 9), après avoir rappelé la nécessité d'une certaine aptitude, ajoute néanmoins que: dans l’Église primitive la simplicité innocente de certains pasteurs a parfois été plus profitable à l’Église que l’érudition recherchée, raffinée et artificielle de certains. De là, nous ne rejetons pas aujourd’hui la simplicité et l’authenticité de quelques-uns, à condition qu’ils ne soient pas entièrement ignorants.
La grande érudition n'est donc pas le critère fondamental:
M'aimes-tu? (...) Pais mes brebis! (Jean 21) Voilà les paroles du Seigneur auxquelles devrait penser un homme pieux qui est appelé par une communauté pour prêcher la Parole et administrer les Sacrements: oui, dans les sectes qu'il faut quitter, bien peu de pasteurs aiment le Seigneur; ils détestent même Sa Parole! Comment pourraient-ils s'occuper de Son peuple? Assurément, un homme simple et craignant Dieu, familier de Sa Parole, fera un bien meilleur serviteur pour le troupeau fidèle!

D'autres feront cette objection: on ne trouve pas partout un homme légitimement consacré pour prêcher et administrer les Sacrements! Or nous disons, nous aussi, que nul ne doit enseigner ou prêcher publiquement dans l'Église, ni administrer les Sacrements, à moins qu'il n'ait reçu une vocation régulière (Confession d'Augsbourg, article 14). Mais par "vocation régulière", nous n'entendons pas "vocation et ordination dans les sectes qui apostasient". Aussi faut-il se souvenir ici de ce qu'expliquait déjà Luther, dans son Appel à la Noblesse Chrétienne, à savoir que si un groupe de "laïcs" était fait prisonnier quelque part, et que ses membres s'entendaient pour élire l'un d'eux à la fonction de ministre (afin de prêcher et administrer les Sacrements) celui-ci ne serait pas moins prêtre, pasteur, évêque, que n'importe quel pape.
Et la Confession de La Rochelle, de son côté, va jusqu'à dire (article 31) qu'il a été parfois nécessaire - et même de notre temps où il n'existait plus d’Église véritable - que Dieu suscitât des hommes d'une façon extraordinaire pour dresser de nouveau l’Église qui était dans la ruine et la désolation.

Je soutiens ici que les rescapés du protestantisme francophone sont, partout où ils se trouvent, cette petite troupe isolée décrite par Luther dans son Appel; que cette petite troupe peut tout à fait élire ses ministres et qu'ils ne seront pas moins pasteurs (loin s'en faut!) que n'importe quel prétendu pasteur des sectes où l'on défigure la Parole de Dieu. Que, devant l'état de ruine du protestantisme en question, tous les moyens sont, de toutes façons, plus légitimes que le ministère des apostats.
Ainsi, chers frères qui souhaitez voir subsister une communion orthodoxe dans ce pays, vous aurez compris que là où vous vous trouvez, vous êtes habilités non seulement à vous réunir pour prier, lire la Parole de Dieu, vous soutenir, mais aussi, dans la mesure du possible, à élire vos ministres et célébrer ainsi le culte dans la ville où vous vivez. Prenez pour cela un homme correspondant au mieux aux critères établis dans les Écritures, et ne laissez personne vous faire croire que vous n'êtes pas l’Église légitime et fidèle.
Si cela est possible, appelez quelques ministres déjà installés en d'autres endroits, selon les coutumes anciennes; mais ne laissez aucun hérétique vous faire croire que, faute de l'avis de la commission des ministères de sa secte, votre ministre est moins légitime que d'autres!


3. S'organiser et évangéliser

Si les Églises ont autorité pour élire leurs ministres, célébrer le culte, etc. elles n'ont évidemment pas vocation à rester séparées les unes des autres, et sur la défensive. En dernier lieu, il faudra donc s'organiser, tisser des réseaux et diffuser l’Évangile. Une communion, non pas tant par des institutions administratives que par la même foi et charité, autour de la table du Seigneur.


Comment faire?
Par où commencer?
Il n'est pas utile d'être un spécialiste pour savoir que notre époque offre de nombreux outils pour établir des contacts et se rapprocher: si, au XVIIe siècle, les ministres français n'avaient pas pu se rendre au synode de Dordrecht, mais y avaient néanmoins pris part par correspondance, je crois que de nos jours, le téléphone, les services postaux et le prodigieux internet devraient faire que, la première prise de contact au moins, ne pose pas de problème.
Pour la suite, selon les moyens de chacun, en voiture, en train ou en car, même rarement, il ne devrait pas être impossible de se visiter et de se témoigner ainsi mutuellement de la vérité qui règne chez les uns et chez les autres.
Il serait possible aussi de solliciter un ou des ministres voués à consolider les jeunes paroisses, visiter les anciennes et favoriser les contacts entre les différentes Églises réparties sur le territoire.
De la même façon aussi, il sera aisé d'échanger des prédications, des liturgies, des avis, des documents utiles pour mieux former les futurs ministres des divers lieux, etc. afin de consolider et renforcer l’Église. Pour cela, dans un premier temps, il serait bon que les personnes et groupes de personnes partageant la foi se manifestent, en créant (et signalant) par un exemple, un blog: non pour y donner leurs noms, photos et adresses, mais pour signaler la présence d'un groupe orthodoxe dans tel ou tel endroit, faire connaitre ses besoins et ses capacités, et ébaucher ainsi un réseau orthodoxe. De fil en aiguille, par des rencontres, des prises de contacts, il sera possible d'affermir ces troupes d'avant garde et les développer, par l'évangélisation, les groupes d'études bibliques, etc.

Tout cela (et bien plus encore!) est faisable et sera rendu possible par la puissance du Dieu que nous invoquons.
Combien de temps cela prendra-t-il? Combien de monde cela comportera-t-il? Cela n'est pas notre affaire.
Pensez qu'à une époque, les hérétiques pouvaient demander, à Maxime le Confesseur: « De quelle Église es-tu donc: de Constantinople? de Rome? d'Antioche? d'Alexandrie? de Jérusalem? Car voici que toutes sont unies à nous».
Quelle fut sa réponse?
«L’Église catholique c'est la droite et salutaire confession de la foi dans le Dieu de l'univers».
Que nous soyons dix ou dix millions, ce qui doit nous faire agir est la fidélité au Seigneur qui a reçu tout pouvoir dans le ciel et sur la terre et qui nous a dit: “ Allez dans toutes les nations, faites des disciples, les baptisant au Nom du Père, du Fils et du Saint Esprit, et enseignez leur à observer tout ce que je vous ai prescrit; et voici, je suis avec vous jusqu'à la fin du monde!” (Matthieu 28. 18-20)

Amen!

mercredi 24 juin 2015

Attestant n'est pas confessant

Aujourd'hui, 24 juin 2015, un courant attestant voit le jour dans l'EPUdF.

Notre réponse, en chanson, se résumera à cela.


Des mots magiques, des mots tactiques, qui sonnent faux...





Avec quelques jours de retard: bonne fête de la musique!


Bucer

jeudi 18 juin 2015

Sondage: Eglise confessante

 Sondage:

Seriez-vous prêt à participer à l'implantation d'une Église confessante dans votre ville?

N'hésitez pas à participer à notre sondage (ci-contre) sur l'organisation d'une communion confessante, en France.
Bucer

mardi 16 juin 2015

Bonnes nouvelles!

Alors que des "Églises" clubs-sociologiques idolâtrant leur histoire pourrissent dans leurs apostasies (EPUdF et Église presbytérienne d’Écosse le 17 mai, EPUB le 13 juin, etc.) quelques bonnes nouvelles nous proviennent néanmoins du bout du monde, où l'on sait manifestement ce que veut dire "prendre sa croix pour suivre le Maître".
Un classement qui réserve quelques surprises: parmi les États où la progression du christianisme est la plus forte, figurent l'Arabie saoudite et la Chine!

Gloire à Dieu notre Père en Jésus-Christ notre seul Sauveur, pour ces nouvelles qui nous réconfortent et nous encouragent malgré ces temps difficiles!

Bucer

vendredi 12 juin 2015

Le sort de l'Eglise d'Angleterre...

L’Église anglicane se meurt (elle serait à une génération de l'extinction!). Comme quoi, Mamon ne peut pas tout.
Devant ce constat alarmant, Lord Carey, ancien archevêque de Cantorbéry, estime qu'il faudrait faire quelque chose pour inverser le processus (bé oui!)
[La bonne nouvelle, si j'ose dire, c'est que l’Église anglicane est  en communion avec l’Église Protestante Unie de France, ce qui nous laisse espérer un bon débarras, dans les prochaines années, sur la scène ecclésiastique protestante française. Mais passons.]

Que faire, donc?
Il n'y a que peu de solutions: 

1) Travailler à plus d'ouverture, notamment pour le féminisme.
2) servir des tasses de café à la fin des offices pour plus de chaleur humaine.
3) prêcher la pure Parole de Dieu, prier avec foi, administrer sérieusement les sacrements (licencier les prêtres athées, etc.)

Et je tiens à ajouter qu'excepté la solution numéro 3, rien ne peut être très efficace.

Bucer