samedi 17 septembre 2016

Défense de l'amillénarisme Réformé (9): Une interprétation spirituelle d'Esaïe 65: 17, ss



Dans les articles précédents, le Professeur ENGELSMA a fait valoir l'importance de comprendre l'Ancien Testament à la lumière du Nouveau.

Dans une telle perspective, il n'est pas possible d'invoquer des idées ou des prophéties de l'Ancien Testament, qui échapperaient à la lumière du Nouveau Testament. C'est pourtant ce que font les chiliastes, ou partisans de l'idée d'un âge d'or terrestre, en se référant principalement à des textes de l'Ancien Testament, qu'ils ne soumettent pas à l'éclairage du Nouveau Testament.

C'est ainsi qu'un chiliaste comme GARY NORTH , soutient que "le passage d’Ésaïe 65 annonce l'avènement sur terre, et avant le Jugement final (puisque des pécheurs existeront encore) d'un âge durant lequel il y aura de grandes bénédictions extérieures, incluant une très grande espérance de vie" ("Foreword", in Kenneth L. GENTRY, Jr, He shall have dominion, Institute for Christian Economics, 1992, p. xxvii).
Selon NORTH les amillénaristes sont contraints de "spiritualiser" ou de rendre allégoriques de tels passages.

Or, l'interprétation chiliaste du texte d’Ésaïe 65, constitue une rupture dans la tradition Réformée (1) et s'avère d'ailleurs insoutenable (2).


1. Rupture dans la tradition Réformée

Exiger une interprétation littérale et auto-suffisante, pour ce genre de prophétie, n'est pas une attitude traditionnellement Réformée.
Par exemple, Jean CALVIN interprète ce passage en notant que les prophètes font des métaphores à partir de choses de la vie présente, dans la but, néanmoins, de nous élever à la vie éternelle et spirituelle -- si bien qu'il ne convient pas de fixer notre attention sur la description de bénédictions transitoires mais il faut s'en servir comme d'une échelle dressée vers le ciel afin d'y attirer l'attention (cf. Commentaire sur le livre du Prophète Ésaïe, vol. 4)

Semblablement, Herman BAVINCK affire que "ce Royaume est esquissé par les prophètes avec des teintes et des couleurs, sous des figures et des formes, qui ont toutes été tirées des circonstances dans lesquelles ils vivaient... mais sous ces formes terrestres et sensibles les prophéties ont un contenu éternel... La prophétie présente à nos yeux une seule image du futur. Et cette image est à prendre, ou bien littéralement (mais alors, on rompt avec le Christianisme et on retombe dans le Judaïsme) ou bien avec une interprétation très différente que celle dont procèdent les espérances des chiliastes."

Les chiliastes postmillénaristes comme Gary NORTH ignorent-ils que cette grille d'interprétation est ce qui distingue et oppose la foi Réformée de l'erreur dispensationaliste?

Ne voient-ils pas que le Nouveau Testament établit une lecture spirituelle de l'Ancien? (Amos 9. 11/ Actes 15. 16-19)

Ne voient-ils pas que "mon peuple", ici, ne peut pas être l'Israël charnel (ce qu'imposerait une lecture littérale) mais qu'il s'agit, selon les apôtres, de l'assemblée spirituelle des Juifs et des Gentils (Osée 1. 2/Romains 9. 24-26)?

Ne voient-ils pas, par exemple, que le temple d’Ézéchiel ne consiste pas dans un bâtiment de pierre, mais le corps spirituel de Jésus-Christ (Ezechiel 40-48/ Jean 2. 18-22 ; 1Pierre 2. 1-10)?

Ce n'est pas donc sans raison que le très irénique Herman BAVINCK soutenait que l'interprétation littérale de l'Ancien Testament revenait à rompre avec le Christianisme et à retomber dans le Judaïsme. 
Quant au "Reconstructionisme Chrétien", avec sa volonté de lier les Chrétiens du Nouveau Testament aux lois civiles de l'Ancien Testament et sa volonté d'en imposer les cérémonies, à déjà succombé, dit le Professeur ENGELSMA, à ce péril mortel.



2. Impossibilité d'une interprétation littérale


Mais les chiliastes font-ils au moins vraiment cette lecture littérale (et judaïque!) dont ils se targuent?
Certes, nous estimons que toutes les prophéties vétérotestamentaires trouvent leur accomplissement, spirituellement, en Jésus-Christ. Se trouvent donc interdites les interprétations littérales de textes comme Ésaïe 65.

Mais voyons les inepties auxquelles devraient se ranger les chiliastes, s'ils appliquaient leurs principes jusqu'au bout:

a) C'est la Jérusalem terrestre et et les Juifs selon la chair qui seraient le délice de Dieu, dans le règne messianique (verset 18).

b) Personne ne devrait plus verser une seule larme pendant le fameux "âge d'or" terrestre: ni la mère lors d'une naissance, ni l'enfant qui reçoit une fessée, ni le pécheur pénitent à cause de son péché (verset 19).

c) Les bêtes carnivores devraient devenir végétariennes: le lion dans la savane, le crocodile dans le marécage, etc (verset 25).

Les Chrétiens Reconstructionistes s'attendent-ils réellement à de telles choses? 
Les araignées cesseront-elles de capturer et manger les mouches?
Deviendrons-nous tous végétariens?

Quid aussi des premiers mots, au verset 17?
Une interprétation littérale ne doit pas y voir une vague "transformation fondamentale de la façon dont le monde fonctionne présentement", comme le dit monsieur NORTH.
Littéralement, il ne faut pas attendre un changement profond de ce monde, mais un autre monde.
Non pas surtout un changement graduel, résultant d'un changement moral, mais d'une création nouvelle (Bara, en hébreux) de Dieu.

Il est donc clair comme le jour que les chiliastes (postmillénaristes, notamment) échouent à donner une interprétation littérale de cette prophétie.
Et pour cause!
Ésaïe 65 ne traite pas de ce monde, de Jérusalem, des Juifs, d'une espérance de vie prolongée, de belles maisons, de bonnes fermes, d'une abondance d'argent, de loups apprivoisés, etc. mais il s'agit d'un texte se référant à Jésus-Christ et son Église, du Salut, de la Vie éternelle et d'un monde nouveau et totalement différent.

C'est un texte sur un Christ spirituel, son peuple spirituel, d'un Salut spirituel, de bénédictions spirituelles, d'une vie spirituelle et d'un monde spirituel.

A suivre...


Bucerian  

mardi 13 septembre 2016

Liturgie, Sacrements et Credo




Liturgie: "Laos"=peuple+"ergon"=œuvre. Œuvre pour le peuple, où Dieu manifeste sa miséricorde en Jésus-Christ. La notion de liturgie est inséparable du culte public/"leitourgia"que constituent le Baptême et l'Eucharistie. Car, ces deux rites assimilent à Jésus-Christ, raison pour laquelle nous nous réunissons, selon Mt.18/19-20, Rom.6 ou Jn.17, entre autres, le baptême comme initiation, la communion, comme perpétuation. Toutefois, cette liturgie serait bancale, sans la récitation du Symbole, inaltéré, de Nicée-Constantinople, qui identifie le Christ que nous célébrons, d'après Lc.22/17-20, Mt.28/19-20, Mc.16/15-16, Rom.10/13-17 etc... De sorte que, la liturgie tient une place centrale, en chrétienté, puisqu'elle rend visible l'Église invisible.

Athanasius

dimanche 28 août 2016

La rentrée du pape de Rome







Comme tous les hommes et partis politiques, Jorge Bergoglio prépare sa rentrée. Au programme: la reprise et approfondissement du projet syncrétiste, cher au cœur du jésuite qui espère sans doute devenir le "commandeur des croyants" et qui se dispute d'ailleurs le magistère universel avec le calife de DAESH.

Nous sommes particulièrement tenus à dénoncer ces manœuvres diaboliques parce que la grande jonction interreligieuse implique la séduction des âmes et des Églises plus ou moins protestantes, dont le devoir est de témoigner clairement de l’Évangile (n'accepter aucune tergiversation, ou zone d'ombre, sur les articles fondamentaux, comme la Justification) et d'en affirmer le caractère exclusif pour le Salut des hommes.

Bucerian

samedi 27 août 2016

Défense de l'Amillénarisme Réformé (8) Les attentes glorieuses de l'Ancien Testament


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Conjectures sur une base vétérotestamentaire...
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Dans la première partie des articles de cette série, le Professeur ENGELSMA a démontré que le chiliasme, même dans sa version postmillénariste, est tout à fait infidèle aux confessions de foi Réformées traditionnelles. 
Quel est donc le fondement qui pousse les chiliastes postmillénaristes à s'opposer à la doctrine orthodoxe?
Sans doute pas le Nouveau Testament, puisque celui-ci repousse massivement l'idée d'un âge d'or terrestre (Luc 12: 32 / Jean 15: 18, ss / Matthieu 24: 3-31 / 2Thessaloniciens 2: 3, ss/ le livre de l'Apocalypse).
 Le Professeur cite ici le théologien Réformé HERMAN BAVINCK:

"Jésus ne connaît que deux ères: l'ère présente et l'ère future. Dans l'ère présente, ses disciples ne peuvent attendre autre chose que l'oppression et la persécution et doivent endurer toutes ces choses par amour de Lui.
Jésus n'a jamais prédit un futur glorieux sur la terre avant la fin du monde. Au contraire, ce par quoi il est passé, ses disciples doivent l'endurer aussi. Un disciple n'est pas plus grand que son maître (...) ce n'est que dans le monde à venir que les disciples recevront leur rétribution, avec la vie éternelle (Matthieu 19: 27-30; cf Matthieu 5: 3-12;  8:19,20; 10:16-42; 16: 24-27; Jean 16: 2, 33; 17: 14-15, etc.)

TOUT le Nouveau Testament, qui parle du point de vue de l’Église sous la Croix, tient le même langage (...) Nulle part dans le Nouveau Testament on ne trouve le moindre rayon d'espoir que l’Église de Christ s'empare du pouvoir et exerce la domination sur terre. Le mieux qu'elle puisse attendre est que, sous les rois et les grands de ce monde, elle puisse mener une vie paisible, dans la dignité et la piété (Romains 13: 1; 1Timothée 2: 2).
(The Last Things: Hope for this World and the Next, BAKER, 1996, pp 109-110).
 Les chiliastes postmillénaristes tentent bien de récupérer le 20e chapitre de l'Apocalypse, mais il a été vu qu'un texte par nature symbolique ne peut pas fonder un tel dogme.
Ils tentent aussi de dénaturer le discours de Jésus en Matthieu 24 mais, comme l'a montré le Professeur ENGELSMA, leur lecture de ce discours est fondée sur des considérations arbitraires et artificielles.
Quel est donc, en définitive, le fondement de leurs "rêveries judaïques" ?...
C'est, non pas l'enseignement néo-testamentaire, mais les promesses glorieuses de l'Ancien Testament. 

A partir de cet épisode, l'étude du Professeur ENGELSMA aborde donc plus largement les rapports de l'Ancien et du Nouveau Testament, et, réfutant le postmillénarisme, les principes que le Professeur met en exergue seront sans doute d'une grande utilité aux lecteurs pour se prémunir aussi de toutes les autres formes de chiliasme (dispensationalisme, notamment).


Relation Ancien et Nouveau Testament

Les chiliastes postmillénaristes, donc, prennent essentiellement appui sur l'Ancien Testament. C'est ce qui ressort d'un livre du chiliaste Loraine BOETTNER, intitulé "The Millenium" (Presbyterian and Reformed, 1958) et qui se fonde majoritairement sur des prophéties vétérotestamentaires, comme les Psaumes 2, 12 et 97, Zacharie 9: 10, Esaïe 2: 2-4; Esaïe 11: 1-10; 42:1-4; 65:17-25; Jérémie 31: 31-34; Joël 2: 28; Daniel 2, Michée 4: 1-5; Malachie 1: 11, etc. tandis que, pour le Nouveau Testament, est timidement rapporté un passage comme Matthieu 13: 33... dans ce livre, Loraine BOETTNER accuse les amillénaristes de laisser inexpliquées des prophéties entières de... l'Ancien Testament.
Mais aussi, dans cet ouvrage, l'auteur va jusqu'à écrire que pour cette raison, les postmillénaristes sont d'accord avec les prémillénaristes, contre les amillénaristes.

Or, la grille de lecture des chiliastes (postmillénaristes comme prémillénaristes) est viciée. On ne doit pas prendre appui sur l'Ancien Testament pour expliquer le Nouveau Testament! Non pas parce que l'Ancien Testament serait moins inspiré ou moins vrai que le Nouveau, mais parce que le Nouveau Testament accomplit l'Ancien et, ce faisant, le clarifie et l'interprète.
Un bon interprète des Écritures doit lire l'Ancien Testament à la lumière du Nouveau -- et non l'inverse. 
O. T. ALLIS, un universitaire ayant écrit contre l'erreur dispensationaliste (une autre forme de millénarisme très en vogue dans les milieux "évangéliques" actuels, ndlr), a souligné l'importance de ne pas ignorer l’eschatologie néotestamentaire pour ne pas risquer de sombrer dans une lecture malheureuse de l'Ancien Testament. Il a ainsi noté que dans l’Église "le Christ et ses Apôtres sont les interprètent de l'Ancien Testament (...) comme l'a formulé Augustin, en disant que le Nouveau Testament est caché dans l'Ancien, et que l'Ancien Testament est révélé dans le Nouveau." (Prophecy and the Church, Presbyterian and Reformed, 1964, pp. 48-49).
On notera que BAVINCK avait déjà fait la même remarque contre les millénaristes:
"Ce que l'Esprit du Christ, qui était dans les prophètes (de l'Ancien Testament) voulait révéler et déclarer par eux" écrit-il, "... est décidé par le Nouveau Testament" (The Last Things).

Il faut donc clairement rejeter la méthode postmillénariste, qui est celle aussi de tous les millénaristes, ou chiliastes, (car, ne l'oublions pas: les postmillénaristes sont ici dans le même sillage que les dispensationalistes!) qui consiste à inverser la méthode d'interprétation des Écritures, et à projeter les ombres de l'Ancien Testament sur le Nouveau, plutôt que d'éclairer l'Ancien Testament par la lumière du Nouveau.


Un texte crucial

Un passage important pour les chiliastes, est celui du livre d'Esaïe, 65: 17-25. Les millénaristes, notamment postmillénaristes, insistent ici sur le fait qu'il est décrit un monde nouveau (verset 17) et idéal (versets 21-23), dans lequel pourtant, il y aura des pécheurs et la mort (verset 20). Il ne s'agit donc pas du royaume de Dieu après la résurrection des morts et le Jugement dernier, mais bien (disent les chiliastes) de ce monde-ci, dans l'âge d'or du millénium.

Ainsi, selon GARY NORTH, promoteur du postmillénarisme et du "Reconstructionisme Chrétien", ne craint pas de dire que:

Cette prophétie détaillée et manifestement littérale pose (plus que tous les autres passages de la Bible) les plus grands problèmes pour les amillénaristes, qui nient la venue d'une période de bénédictions mondiales littérales" (Unconditional Surrender: God' Program for Victory, Institute for Christian Economics, 1988, p. 145).

Et quelle interprétation les postmillénaristes dont-ils de ce passage?

Le Dr. NORTH nous parle ici d'un processus de transformation cosmique, où le code génétique de l'homme sera finalement guéri, si bien qu'il n'y aura plus de fausse couche, même pour les animaux (Exode 23: 26). La maladie sera selon lui endiguée (Exode 23:25) . Car ces bénédictions, proposées aux israélites sans être réalisées à cause de leur incapacité à satisfaire la Loi de Dieu, sont toujours disponibles pour nous (Esaïe 65: 20)...  (Unconditional Surrender, pp. 143-145).


Voilà comment on lit et comprend la Bible, lorsqu'on s'éloigne des lumières du  Nouveau Testament pour interpréter l'Ancien!

Bucerian

mercredi 24 août 2016

Défense de l'Amillénarisme Réformé (7) MATTHIEU 24 - suite & fin





Petit rappel:
Avec Marcellus KIK, la doctrine postmillénariste des "Chrétiens Reconstructionistes" soutient qu'un "âge d'or" est possible et même certain, sur terre, parce que les prophéties les plus sombres de l’Écriture (antichrist, persécutions, apostasie...) concernaient des temps désormais révolus, avant la destruction du temple en l'an 70.
Cette thèse prétend que le discours de Jésus, en Matthieu 24,  la confirme: le verset 34 (cette génération ne passera pas que tout cela sera arrivé) obligerait en effet les croyants à accepter cette idée...

Le Prof. Engelsma a réfuté cette théorie, et les faits suivants nous indiquent que la doctrine postmillénariste est en réalité incompatible avec ce discours du Christ:

1) Dans son discours, Jésus répond à la question des disciples, relativement à la destruction du temple et à la fin du monde (verst 3). La question liant ces deux évènements, Jésus les associe aussi dans sa réponse, comme une figure (fin du temple) et sa réalité (fin du monde).
D'ailleurs, à deux reprises avant le verset 34, Jésus évoque bien "la fin" et cela démontre la fausseté de la thèse contraire.

2) Pour ne pas interpréter la Bible de façon arbitraire, une règle veut qu'un même mot, dans un même contexte, ait nécessairement le même sens, sauf si cela est manifestement impossible.
Or, sur un fondement tout à fait incertain (et dont tout indique la fausseté), la lecture de M. KIK conduit à interpréter différemment les termes de ce discours, selon qu'ils se trouvent avant ou après le verset 34. Ainsi, selon qu'on lit le verset 27 ou le verset 37: l'avènement du Fils de l'Homme n'est plus la même chose!
Ceci est clairement arbitraire!

3) Ce même argument s'applique pour les "anges" qui, au verset 31, seraient les prédicateurs et, au verset 36, seraient des créatures célestes! Arbitraire!

4) Selon la thèse postmillénariste, ce qui est dit aux versets 4 à 31 ne concerne que le Ier siècle... pourtant, on observe clairement ces choses aujourd'hui encore, et même plus fortement (ainsi, Évangile annoncé sur toute la terre: verset 14). Cherchez l'erreur!

5) Ce qui est écrit au verset 36 (pour ce qui est du jour...) détruit entièrement l'interprétation de Marcellus KIK et de ses condisciples, parce que le jour dont parle Jésus ici est manifestement le sujet principal de tout son discours, celui au sujet duquel on l'a interrogé (verset 3), dont la destruction du temple fut la préfiguration (verset 34) et dont il a fait la description jusqu'au verset 34.

6) Enfin, découper un discours semblable en deux parties, comme si le verset 34 était une ligne de démarcation au dessus de laquelle il était traité d'une chose et en dessous de laquelle il était parlé d'une autre chose, cela est artificiel. Comme il a été montré, il n'existe pas une telle ligne de séparation entre ce qui concerne David et ce qui concerne le Messie, dans le Psaume 2. Tout le texte concerne simultanément l'un et l'autre personnage, de deux façons différentes.
De même avec le Psaume 72, où il est impossible de dire que telle partie concerne Salomon et, l'autre Jésus; tout le texte concerne au contraire le règne de l'un et de l'autre, comme une figure et sa réalité.


Le problème postmillénariste 

La tentative de récupérer Matthieu 24 pour soutenir le schéma postmillénariste est une tentative désespérée et infructueuse. Dans ce passage, et conformément au témoignage massif des Écritures sur ce sujet, Jésus indique à son peuple un chemin de luttes et de souffrances et même des persécutions physiques dans un monde de plus en plus hostile à Celui qui est le chemin, la vérité et la vie.
Tout cela est confirmé par l'Histoire; tout cela est aussi confirmé par notre expérience, aujourd'hui encore!

L'interprétation du postmillénariste Marcellus KIK, et des Reconstructionistes avec lui, est donc un échec.
Pis: c'est une fausse doctrine!
Et ceux qui la soutiennent devraient s'en repentir, parce que ce que l’Église a besoin d'entendre, ce n'est pas une somme de fausses promesses attirant les regards des croyants vers ce monde présent, mais de les préparer à leur chemin de croix et tourner leurs regards vers le Sauveur.

A suivre...

Bucerian



lundi 22 août 2016

Foi pré-nicéenne?






Il n'y a pas d'Église pré-nicéenne qui ait survécu, hormis l'Église nicéenne. De sorte qu'à moins de contredire l'attestation massive du Saint-Esprit, il faut reconnaître que l'Église anté-nicéenne professait la même Foi que celle énoncée par le Symbole, inaltéré, de Nicée-Constantinople, conforme aux Écritures, professée par toute la chrétienté, jusqu'à nos jours. Ainsi, tout ce qui a suivi la foi baptismale, condensée par Nicée-Constantinople, n'est que précisions, entre 325 et 1536. On se demande, alors, qui, au nom de l'universalité du sacerdoce des baptisés, pourra remettre en cause le témoignage massif du sacerdoce universel des baptisés, à moins de gnosticisme. Quant à nous, nous reconnaissons la tradition du symbole et du canon, articulée selon l'incise pascale du Credo: "juxta scriptura". Il n'est pas venu le temps, où on pourra mettre en question la cohérence de notre démarche!

Athanasius

samedi 20 août 2016

Défense de l'Amillénarisme Réformé (6) MATTHIEU 24, suite (bis)





Dans les précédents articles, le Professeur ENGELSMA a établi que les propos de Jésus en Matthieu 24. 34 étaient relatifs, tout à la fois, aux évènements de la destruction du temple en 70 et aux évènements de la fin du monde, qui doit arriver dans (notre) futur. 
Cela ressort de la double question qui lui avait été posée (Matthieu 24. 3) et à laquelle il répondait dans son discours.

Autrement dit, Jésus instruit ici son Église des choses qui doivent arriver à la fin du monde et dont les gens de cette époque (le premier siècle) seront néanmoins les témoins, parce que tout cela arrivera déjà, sous une figure, ou de façon typique, avec la destruction du temple. Tout cela est donc arrivé en 70, même si tout cela ne sera accompli, pleinement, qu'à une époque encore inconnue et à venir.

Et le Professeur ENGELSMA montre dans le présent article que cette interprétation est conforme à la manière dont il convient d'interpréter les prophéties bibliques (1) aussi bien qu'à la façon dont les interprètes Réformés ont traditionnellement compris ce texte (2).


1) Les prophéties dans la Bible


Voyez la prophétie de Balaam, en Nombres 24. 12, ss.
Qui niera que cette prophétie soit arrivée, comme figure historique, avec David, fils de Jesse?
Oui, cela est arrivé alors, mais de façon typique, et en figure.
Mais le véritable accomplissement de ces choses, leur accomplissement spirituel, n'est autre que la royauté de Notre Seigneur Jésus-Christ. 

De même, avec la promesse de possession du pays, faite à Abram, en Genèse 15. 18. Cela est indubitablement arrivé sous le règne de Salomon, fils de David, comme nous pouvons le lire dans le second livre des Chroniques (9. 26). Du moins, cela est arrivé comme une figure, ou un type.
Mais l'accomplissement plein et entier de cela est arrivé avec Notre Seigneur Jésus-Christ.

Le règne de Paix du psaume 72 dépeint le royaume spirituel du Christ, le Messie, annoncé par le royaume terrestre de Salomon.


2) Les commentateurs Réformés


L'interprétation de Matthieu 24.1-35 en terme de type/anti-type, ou figure/réalité, est aussi la lecture Réformée traditionnelle.
Ainsi, HERMAN RIDDERBOS a écrit sur ce passage, que:

Par "toutes ces choses" ... il faut entendre ... tout l'ensemble  de l'évènement des derniers temps, incluant la venue du Fils de l'Homme. A cet égard, il faut une fois encore prendre en considération le caractère combiné de la représentation du futur, qui est exposé ici... Le point de départ de tout ce discours est la destruction du temple. Et parce que ceci, conformément à la nature de la prophétie, est vu dans une seule et même perspective avec le grand et futur (Jour du) Seigneur, il pouvait être dit que la génération qui serait témoin de cette destruction ne passerait point  "avant que toutes ces choses soient n'arrivent". Ici, donc, le lointain futur est encore désigné comme un ensemble et d'une façon indifférenciée. A la lumière de l'accomplissement, il est évident que "toutes ces choses" n'arriveraient pas en une seule et même fois et, donc, seraient vues simplement en partie par la génération vivante à cette époque... L'exégèse de Matthieu 24 doit adopter un point de vue historique, c'est-à-dire qu'elle doit procéder de la prophétie à l'eschatologie.
(L’Évangile selon Matthieu, vol. 2, Kok, 1954, pp. 157, 158, in Korte Verlaring).

Bien avant, JEAN CALVIN expliquait déjà ces choses:

Ce n'était pas le but du Christ de promettre à ses disciples que leurs calamités prendraient fin sous peu de temps,  (...) Ainsi donc, tandis que notre Seigneur regroupe sous une seule génération toutes les sortes de calamités, il ne veut absolument pas dire que les générations futures  seront préservées de tels maux, mais seulement d'exhorter ses disciples à être prêts à endurer cela avec une entière fermeté.

(cf. Commentaire sur l'harmonie  des évangélistes, Matthieu, Marc, Luc, volume 3).

Ainsi, les interprétations de MARCELLUS KIK et des "Chrétiens Reconstructionistes" -- qui réduisent les propos de Jésus (en Matthieu 24) au seul évènement de 70 AD et de la destruction du temple -- sont un abandon de la compréhension traditionnelle Réformée, et bibliquement fondée, de ce passage.

A suivre

Bucerian