mardi 2 février 2016

La foi de toujours, à prendre ou à laisser






Le Credo forme un tout qui, comme le Christ dont il parle, est indivisible.
A l'instar du carré d'infanterie, il permet à l’Église de rester étanche aux infiltrations mondaines de toutes sortes.

Aussi devons-nous nous garder des approches qui, sous couvert de haute spiritualité, veulent ignorer (piétisme), dénigrer (gnosticisme) ou relativiser (œcuménisme) tout ou partie de cette borne - avec pour conséquence de laisser chaque croyant face au relativisme et au danger de l'inertie, devant des concessions toujours plus grandes.

Bucerian



lundi 1 février 2016

Pause ciné: quelle résistance?







"Quand Dieu veut nous rendre vainqueurs,
il ne choisit rien que les cœurs,
Car toutes mains lui sont pareilles"

A. d'Aubigné, Les Tragiques.


Bucerian

vendredi 29 janvier 2016

Structure des livres de la Bible (3)


Nous continuons cette série sur les livres bibliques, avec le livre des Actes des Apôtres:

 
Athanasius

dimanche 24 janvier 2016

Semaine sur la prière (5)





5. L'assurance



L'Éternel est près de tous ceux qui l'invoquent, De tous ceux qui l'invoquent avec sincérité;
Il accomplit les désirs de ceux qui le craignent, Il entend leur cri et il les sauve.
Psaume 145.18-19


Il a été dit (premier message de cette série) que la prière ne peut pas être un vœu dont l'accomplissement serait tenu pour incertain. 

Car la Parole de Dieu est claire sur ce point:
 Tout ce que vous demanderez avec foi par la prière, vous le recevrez.
(Matthieu 21. 22)

Il n'y a donc pas lieu de poser des délais à Dieu, de lui fournir un plan détaillé sur ce qu'il conviendrait de faire pour agir au mieux, mais de prier, d'invoquer son nom avec persévérance et avec confiance: Il agira.
 Et pourquoi agira-t-il?
Sera-ce en vertu de nos mérites, parce que nous sommes de grands saints?
Non, mais (et cela doit nous rassurer!) parce que nous l'invoquons au Nom de Jésus-Christ, comme en le sommant de tenir ses Promesses: non pas, donc, parce que nous mériterions d'être écoutés, mais parce qu'Il a promis d'exaucer ceux qui prieront dans le Nom de son Fils, dont les mérites infinis nous assurent la bienveillance du Père!
(...) tout ce que vous demanderez en mon nom, je le ferai, afin que le Père soit glorifié dans le Fils.
Si vous demandez quelque chose en mon nom, je le ferai.
(Jean 14. 13-14) 
Il faut croire cela ou ne pas prier; car prier sans croire, ce n'est pas différent de ne pas prier du tout. Celui qui prie en doutant n'obtiendra rien, nous déclare st Jacques (1. 6-8).

Or, il ressort finalement de tout cela que, prier, ce n'est pas se réconforter en envoyant autour de nous des "ondes positives" ou en s'auto-persuadant que nos problèmes vont bien finir par disparaître. Prier, ce n'est pas refuser de s'avouer vaincu; c'est au contraire avouer notre incapacité (naturelle) à vaincre et ne compter que sur le secours de Dieu qui donne la victoire. S'il peut sembler effrayant se s'avouer que nous sommes ainsi désarmés pour affronter les pires ouragans de la vie, nous trouvons en revanche, dans la foi, la plus grande consolation possible: non pas celle qu'apportent nos forces, mais celle qu'apporte la force de Dieu, sur lequel il nous faut nous appuyer.

Pour conclure, donc, il nous faut être pleinement conscients que si le Dieu que nous invoquons n'existait pas, nous perdrions notre temps en le priant: sitôt nos yeux à nouveau ouverts, la réalité viendrait nous imposer sa féroce fatalité et les demandes sorties du fond de notre cœur ne se réaliseraient jamais. 
Pour bien souligner cette foi chrétienne (à ne pas confondre avec le simple optimisme) et éloigner les esprits sombres qui, sitôt la prière finie, peuvent susurrer des tentations et des doutes à nos oreilles, nous terminerons en disant bien fort et bien clairement en qui nous croyons et de qui nous attendons notre salut, disant, avec tous les enfants de Dieu:

Je crois en un seul Dieu,
Le Père tout-puissant, créateur du ciel et de la terre,
De l’univers visible et invisible.

Je crois en un seul Seigneur Jésus-Christ,
Le Fils unique de Dieu, né du Père avant tous les siècles :
Il est Dieu, né de Dieu,
Lumière, née de la lumière,
Vrai Dieu, né du vrai Dieu,
Engendré, non pas créé, de même nature que le Père ;
Et par lui tout a été fait.
Pour nous les hommes, et pour notre salut,
Il descendit du ciel ;
Par l’Esprit Saint, il a pris chair de la Vierge Marie,
Et s’est fait homme.
Crucifié pour nous sous Ponce Pilate,
Il souffrit sa passion et fut mis au tombeau.
Il ressuscita le troisième jour, conformément aux Écritures,
Et il monta au ciel ; il est assis à la droite du Père.
Il reviendra dans la gloire, pour juger les vivants et les morts ;
Et son règne n’aura pas de fin.

Je crois en l’Esprit Saint, qui est Seigneur et qui donne la vie ;
Il procède du Père.
Avec le Père et le Fils, il reçoit même adoration et même gloire ;
Il a parlé par les prophètes.

Je crois en l’Église, une, sainte, catholique et apostolique.
Je reconnais un seul baptême pour le pardon des péchés.
J’attends la résurrection des morts, et la vie du monde à venir. 


Amen!


Bucerian 


vendredi 22 janvier 2016

Semaine de prière (4)




4. Ferveur ou récitation?


Prier avec ardeur, mais pour demander quoi, et comment? Ne s'élève pas à Dieu qui veut, par ses propres forces.
C'est pourquoi nous prions, dans la foi, par l'Esprit de Dieu: le Saint Esprit nous pousse à prier et nous assiste, nous dirige dans la prière (Romains 8/ Jude 20/Éphésiens 6), conformément à la promesse faite par le Seigneur d'envoyer sur son peuple un esprit de grâce et de supplication (Zacharie 12. 10).

Et pourtant, cette inspiration intérieure, intime,  n'exclut pas d'être guidé et conduit par la Parole de Dieu dans laquelle est enseignée le Notre Père (oraison dominicale).
L'oraison dominicale est a été enseignée par le Seigneur Jésus. Pourtant, il m'est arrivé d'entendre certains individus se moquer de ce trésor, au prétexte que c'était une récitation plutôt qu'une prière (il existe toujours, hélas, des gens qui se croient plus spirituels que Jésus). C'est oublier que, vécue dans la foi et avec ardeur, la répétition des Paroles du Fils de Dieu restera toujours un acte plus spirituel que n'importe quelle improvisation dans un état d'hystérie et d'orgueil aveugle.
Aussi devons-nous considérer que les paroles du Notre Père sont d'un grand secours aux chrétiens, leur indiquant des requêtes légitimes tout en leur donnant à méditer les articles de la foi (voir les méditations et explications données par les catéchismes de la Réforme au chapitre de la prière).
Pour autant, il est vrai que le chrétien se gardera aussi de tout légalisme et saura faire preuve de liberté, en laissant l'Esprit de Dieu le conduire dans sa prière. Ainsi, Luther écrivait, dans son Traité à son coiffeur (en 1534) qu'il lui arrivait souvent de s'étendre tellement sur une demande de l'oraison dominicale qu'il négligeait les six autres, ajoutant que: quand tant de bonnes pensées vous viennent, il faut laisser le champ libre à ces pensées, les écouter en silence et à aucun prix ne les entraver, car c'est le Saint Esprit lui-même qui parle dans ce cas.

Rendons donc grâce à Dieu, dans la prière, pour Sa grande bonté: non seulement il nous demande de prier, mais il y ajoute une promesse de nous exaucer. Non seulement il nous commande de prier en toute occasion, mais il nous donne aussi les paroles par lesquelles nous sommes entrainés à le faire. Et non seulement il nous donne un modèle à suivre, mais aussi son Esprit qui nous pousse et éveille en nous le désir et la capacité de le faire selon Dieu.

Bucerian





mercredi 20 janvier 2016

Semaine sur la prière (3)




3) Un cœur partagé?

Dans notre paresse, nous pouvons être tentés de négliger de prier. Dans notre légèreté, nous pouvons aussi être tentés de prier pour satisfaire nos passions.
Mais, s'il n'est déjà pas respectueux de converser avec un semblable tout en pianotant sur son téléphone, comment imaginer que l'on puisse paraître devant le Dieu vivant, pour lui adresser nos requêtes, tout en ayant l'esprit "ailleurs", tourné vers des choses éphémères - soit pour nous empêcher de prier sérieusement, soit pour nous empêcher de prier conformément à la volonté de Dieu?
Il faut donc se souvenir que, prier, consiste en une élévation de l'âme à Dieu (Psaume 25. 1) , avec les dispositions que cela implique: un cœur tourné vers lui, cherchant et se conformant à sa volonté (1Jean 5. 14).

"Pour qu'une prière soit bonne", écrit Luther, "il faut qu'elle soit chose sérieuse, que nous sentions notre misère, et une misère telle qu'elle nous presse et nous pousse à appeler et à crier" (Grand catéchisme).

Chose sérieuse: la prière ne consistera pas à répéter de vains mots, sans y penser, par acquis de conscience, mais sera un élan du coeur et de l'intelligence.
Ce qui est demandé doit être demandé "pour de vrai", sincèrement; ainsi, le pardon des péchés et la délivrance du mal - de sorte que la prière est incompatible avec la non-repentance ou l'intention de continuer à pécher.

Sentir notre misère: la prière ne sera pas une occasion de manifester de l'arrogance devant Dieu, pour prétendre à une dignité par laquelle nous mériterions notre exaucement (cf. Luc 18. 9-14), mais sera au contraire l'occasion de confesser notre péché et de vivre de son pardon.
 
Il a été dit, dans le premier message, que la prière est un devoir autant qu'une consolation. Si tel est le cas, que faire lorsque le cœur manque de l'ardeur dont il a été question ici?
Loin du fatalisme, dans de tels moments, le fidèle se tournera encore vers Dieu, écrit Calvin, "afin de lui demander une ardeur nouvelle" (cf. Catéchisme de Genève, Q. 242).


Bucerian