samedi 18 octobre 2014

Fête de la Réforme 2014 (1/2)


Pour qui roulent-ils?

 



Je vous exhorte, frères, à prendre garde à ceux qui causent des divisions et des scandales, au préjudice de l'enseignement que vous avez reçu. Éloignez-vous d'eux. Car de tels hommes ne servent point Christ notre Seigneur, mais leur propre ventre; et, par des paroles douces et flatteuses, ils séduisent les cœurs des simples. 
Romains 16. 17-18

Depuis des années, sur ce blog et dans diverses publications, nous avons partagé des témoignages, des réflexions, des prédications, des prières... et tout cela, dans le but de promouvoir un Évangile intégral, c'est-à-dire une Bonne Nouvelle qui, pour le corps de l’Église, ne soit pas la mauvaise nouvelle des divisions perpétuelles et croissantes. Cela, en effet, serait l'annonce de sa mort certaine (Matthieu 12: 25).
Contrairement aux sectaires, pour qui la promotion de la vérité correspond au morcellement des enfants de Dieu, contrairement aux oecuménistes pour qui la vérité chrétienne devrait être sacrifiée sur l'autel de l'unité, nous avons donc toujours tenu pour certain que la Lumière de Dieu doit avoir un double effet:
1) D'une part, la proclamation du message chrétien doit en effet séparer les brebis du Christ d'avec les ténébreux sujets de ce monde. En ce sens, la prédication doit bien "apporter l'épée" (Matthieu 10: 34-39).
2) Mais, d'autre part, la Lumière évangélique ne saurait disperser les enfants du Seigneur et les mener à la confusion: notre Dieu est un Dieu de paix et de bon ordre (Jacques 3: 17-18//1Corinthiens 14: 33, etc.)

Depuis toutes ces années, donc, nous avons persévéré à dire que l'unité évangélique n'est ni une utopie, ni un laborieux projet que nous aurions à réaliser, mais une réalité.
Une réalité qui réside sans doute dans les cœurs de élus mais qui, aussi, doit être un fait dogmatique, canonique exprimée de façon sacramentelle. En effet, l’Église est une réalité visible ET invisible qui a des droits.
Or, les faits nous ont donné raison: la CONCORDE DE WITTENBERG de 1536 atteste bien un lien solennel, irrécusable, qui met à mal toute division, puisqu'elle scelle officiellement l'unité évangélique.

Il semble néanmoins que cette bénédiction est considérée avec un certain dédain, pour ne pas dire un souverain mépris, par ceux qui, au moins autant que nous, devraient se soucier de la cohérence et crédibilité évangéliques (et de leur promotion!).

Aussi devons-nous demander aux faiseurs de schismes (et à ceux qui, depuis, les alimentent avec grand soin), aux champions dans l'art de dogmatiser des particularismes -- dont on confesse finalement qu'ils n'engagent pas le salut: malgré toutes vos belles paroles, toutes vos œuvres, prédications et missions, etc. pour qui roulez-vous?

Bucer

vendredi 17 octobre 2014

Consternant oecuménisme




Nous avons parlé, dans un précédent article, de l'attitude baptiste au synode papiste sur la famille. Une entrevue du docteur Duval-Poujol enfonce le clou.

Quelques extraits, avec nos commentaires:
Au concile Vatican II, les autres chrétiens non catholiques étaient là comme « observateurs ». Aujourd’hui, nous sommes présents comme « délégués fraternels », que l’Eglise catholique veut honorer (...)
Alors que, comme le disait si bien John Owen dans son ouvrage (La vie par sa mort): "romain" ne signifie pas "catholique"...
Et lors de la messe d’ouverture, nous étions au premier rang. 
Comment se féliciter de cela? Le sacrilège suprême contre l'Unique Sacrifice de Notre Seigneur est-il un spectacle plus tolérable lorsqu'on le regarde depuis les premiers rangs d'un rendez-vous mondain?
Tout cela est le signe, non seulement de la volonté de vivre les textes sur l’œcuménisme, mais d’une fraternité spirituelle qui grandit entre nos Églises.
Ou d'une tiédeur et compromission qui sent la réprobation?
Du bien ! Je le (pape François) considère comme un passionné de l’Évangile. 
Est-ce pour cette raison qu'il a délivré des Indulgences dès son entrée en scène?

Nous, les baptistes, nous nous sentons proche de ce pape qui dit qu’il veut une Église pauvre pour les pauvres et invite à aller aux périphéries…
 L’Évangile, c'est les bonnes œuvres consistant à se détourner de la richesse? Est-ce ainsi que les missotiers seront sauvés?
Son chauffeur, pentecôtiste, avait même prophétisé, en le conduisant à l’aéroport avant le conclave, que le pape, ce serait lui !
 Preuve de la présence du Saint Esprit chez tous ces gens qui n'ont même pas le baptême en commun, ou preuve d'une gigantesque divagation collective entre missotiers modérés?

Passées ces bêtises infâmes, vient le point le plus important à nos yeux:
Maintenant, attendons les textes, notamment sur l’œcuménisme et les 500 ans de la Réforme, qui vont suivre Evangelii Gaudium !
Il n'est pas impossible que les 500 ans de la Réforme soient l'occasion d'en finir avec son message; autrement dit: l'occasion pour l'homme de péché d'orchestrer un tel chef d’œuvre de rhétorique qu'il parvienne à séduire bon nombre d'âmes naïves.  

En effet, si un chauffeur de taxi pentecôtiste est capable de dire la bonne aventure à son cardinal de client, le Seigneur et ses Apôtres ont pour leur part donné de vraies prophéties, en nous disant la nature profonde des choses -- pour notre salut plutôt que pour se donner de l'importance et avoir un meilleur pourboire (Matthieu 24: 24; 2Thessaloniciens 2: 9-10, etc.)
Sans doute, ceux qui croient que l’Évangile consiste en un appel à  la justice sociale et qui sont prêts à assister à la messe au premier rang pour faire avancer la cause de leur construction, sont plus exposés que quiconque pour sombrer dans l'apostasie la plus navrante.

Mais il est évident qu'il n'y a rien à attendre (ni à accepter)  de la part de Rome, pour 2017.
En effet, aucune de ses tergiversations (même la reconnaissance de la Confession d'Augsbourg et/ou la canonisation de Martin Luther) ne saurait nous amener à sa communion, tant et si longtemps que l'antithèse du propos de la Confession d'Augsbourg (= le concile de Trente, etc.) n'est pas conséquemment rejeté et condamné. Dans l’Église, en effet, la vérité ne demande pas seulement à être tolérée. Loin s'en faut que ce soit sous condition(s).

A ce titre, de même que nous n'admettons pas le blasphème selon lequel l’Écriture tirerait son autorité de l’Église, de même, nous n'admettrons jamais que la vérité contenue dans cette Écriture ait besoin de l'accord du pape pour avoir un quelconque droit de citer dans l’Église. Un tel système serait en réalité le triomphe de l'abomination où la seule chose qui reste debout, en définitive, est l’arrogance de l'antichrist.

C'est pourquoi, les attentes du docteur Duval-Poujol, comme celles de tous les docteurs ès cirage de pompes et autres taxi diseurs de bonne aventure, ne sont que des rêveries diaboliques.


Bucer



Un ancien pasteur de l’Église de Genève publie un livre sur la question du baptême. Un baptême qui serait selon lui un équipement pour la vie plutôt qu'une planche de salut.
Comme si l’Église confessait un seul baptême pour la réduction du stress au boulot.
Quelques remarques s'imposent, donc.

1) Quelle valeur ont les opinions particulières?

L’Église n'étant pas une juxtaposition d'individus mais un organisme, il ne faut pas chercher son témoignage dans un bouillon d'écrits divers et privés, potentiellement contradictoires, de ses membres (avérés ou supposés). Au contraire, cet organisme a sa propre voix, qui est le Credo de 381 et dans lequel il est affirmé que nous confessons un seul baptême pour la rémission des péchés.
Inutile, après cela, d'aller chercher des arguments chez Chrysostome ou chez Farel (arguments d'ailleurs plus souvent cités que compris) pour contredire ce témoignage qui, de fait, est solidement fondé dans l’Écriture, norme suprême.

2) Quelles divergences entre les anciens?

Comme souvent, on allègue une prétendue opposition entre les Réformateurs sur ce sujet, afin de justifier l'existence d'une nouvelle opinion. Après tout, si la vérité doit être multiple, pourquoi se priver?

Les réformateurs eux-mêmes avaient des positions très différentes sur la question.

Seulement voilà: sur le baptême comme sur les autres sujets, le témoignage de l’Église universelle a été reçu et réaffirmé par les Pères du temps des Réformes. C'est ce qui est attesté par le chapitre consacré à ce sujet, dans la Concorde de Wittenberg de mai 1536.
 
3) Baptême ou présentation?
L'ouvrage est aussi une occasion de parler de la présentation (cérémonie non biblique!), que l'auteur rebaptise "bénédiction" en faisant valoir qu'après tout, il y a des parents non-croyants qui veulent que leur enfant soit béni en demeurant hors du Christ. 
Et le plus triste, c'est qu'il y a des Églises pour cautionner cela! 


Bucer



Mahomet le maudit




La peine de mort vient d'être confirmée pour Asia Bibi, Chrétienne pakistanaise, mère de cinq enfants, accusée d'avoir insulté la religion islamique.

Cette actualité nous ramène à beaucoup d'autres du même genre et nous oblige à dire quelques vérités, pour le salut du plus grand nombre.

1) Au chapitre spirituel: qui est blasphémateur?

Cette affaire de blasphème, puisqu'elle est grave à double titre (elle met en cause l'honneur de Dieu et la vie d'une femme!) nous oblige à nous demander, qui est blasphémateur?

D'un côté, nous avons les chrétiens qui, fondés sur l’Écriture sainte, affirment que Jésus-Christ, Fils unique de Dieu, est mort et ressuscité pour le salut de quiconque croit.

De l'autre côté, nous avons des musulmans qui, obligés de constater ce fait, en sont rendus à accuser les chrétiens et les juifs d'avoir falsifié les textes, de telle sorte que la vraie Parole de Dieu (jadis donnée dans ces textes) aurait été perdue.
Mais, bien qu'ils croient accuser les juifs et les chrétiens, les musulmans accusent en réalité Dieu, qui aurait été incapable de préserver Sa Parole, contrairement à Ses propres promesses!
Ceci, assurément, constitue un blasphème si exécrable qu'il leur vaudra, dans l'éternité (et pour l'éternité!), un sort tel qu'ils préféreraient être Asia Bibi, ici-bas.



Et c'est pourquoi nous disons aux captifs du mensonge islamique: croyez en Jésus-Christ, le Fils unique de Dieu, pour être sauvés! 

Car Dieu a tant aimé le monde qu'il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne périsse point, mais qu'il ait la vie éternelle.
(Jean 3. 16)


2) Au chapitre temporel: l'islam est-il pacifique?

L'affaire de Mme Asia Bibi fait un étrange écho à l'actualité mondiale: alors que l'écrasante majorité des états musulmans fait preuve d'intolérance, de persécutions, de brutalité, etc., un peu partout aussi, on nous dit que "ce n'est pas ça, l'islam".
Pour soutenir cette thèse, on fait valoir que, après tout, le christianisme a aussi connu son lot de persécutions, de guerres, etc. Or, en quel honneur le wahhabisme serait-il plus représentatif de l'islam que l'Inquisition, du christianisme?
C'est ignorer que, selon le coran, il n'y a sans doute pas de meilleur représentant de ce qu'est un musulman que le prophète Mahomet:

Alcoran, 33. 21:
En effet, vous avez dans le Messager d'Allah un excellent modèle [à suivre], pour quiconque espère en Allah et au Jour dernier et invoque Allah fréquemment.

Tandis que, dans la sainte Écriture:

1 Pierre 2: 21-23:
Et c'est à cela que vous avez été appelés, parce que Christ aussi a souffert pour vous, vous laissant un exemple, afin que vous suiviez ses traces (...) lui qui, injurié, ne rendait point d'injures, maltraité, ne faisait point de menaces, mais s'en remettait à celui qui juge justement...


Pour que les deux religions soient équivalentes, encore faudrait-il que les personnalités et œuvres de Jésus et Mahomet le soient.
Or il n'en est rien. Malek Chebel, champion de "l'islam des lumières", a lui-même pudiquement confessé la différence, en indiquant que l'islam est une religion "plus virile" (sic!) que la foi chrétienne.

La force de Jésus, mais c'est aussi son talon d'Achille, est d'avoir promu une religion de bonté, de miséricorde, mais aussi de souffrance. On te frappe la joue, tu tends l'autre. C'est une religion compassionnelle.


Certes, on pourrait donner des exemples concrets de cette "virilité" de Mahomet. Par exemple, alors que Mahomet vivait encore à la Mecque (période de sa vie réputée la plus douce!), un certain 'Uqba ibn Abû Mu'it l'outragea.
En réponse, le prédicateur de la nouvelle religion se tourna vers lui et lui lança froidement:
"Si je te trouve hors de la Mecque, ce sera pour te trancher la tête d'un coup de sabre!"
(Mahmoud Hussein, Al Sîra, tome 1, page 466)

Menace qu'il mit à exécution lorsqu'il en eut les moyens, une fois exilé à Médine.  


Mahomet ou Jésus?

On pourra peut-être nous dire que Mahomet ne fut, finalement, pas un exemple aussi parfait (et surtout pas universel) qu'on pourrait le croire, en lisant le coran...
Après tout, contrairement à Jésus-Christ, des versets sataniques ne sont-ils pas sortis de sa bouche impure?

Mais ici se pose la question de savoir ce que vaut ce soi-disant prophète suprême de l'humanité et cet exemple dont les actes sont susceptibles d'être finalement peu exemplaires?
De sorte que toute la supercherie mahométane s'effondre et laisse paraître l’œuvre d'un blasphémateur narcissique entièrement opposé à la Parole de Dieu.

Bucer


lundi 13 octobre 2014

Dix-neuvième dimanche après Pentecôte. 19 noctobre 2014




 




 
Leçon
Livre d’Isaïe (45, 1. 4-6a)
 
Parole du Seigneur au roi Cyrus, qu’il a consacré, qu’il a pris par la main, pour lui soumettre les nations et désarmer les rois, pour lui ouvrir les portes à deux battants, car aucune porte ne restera fermée :
« À cause de mon serviteur Jacob et d’Israël mon élu, je t’ai appelé par ton nom, je t’ai décerné un titre, alors que tu ne me connaissais pas.
Je suis le Seigneur, il n’y en a pas d’autre : en dehors de moi, il n’y a pas de Dieu. Je t’ai rendu puissant, alors que tu ne me connaissais pas, pour que l’on sache, de l’Orient à l’Occident, qu’il n’y a rien en dehors de moi. »
 
 
Psaume 95 [966]
 
R/        Au Seigneur notre Dieu,
            tout honneur et toute gloire.
 
Chantez au Seigneur un chant nouveau,
racontez à tous les peuples sa gloire,
à toutes les nations ses merveilles.
 
Il est grand, le Seigneur, et comblé d’honneurs,
redoutable au-dessus de tous les dieux :
lui, le Seigneur, a fait les cieux.
 
Rendez au Seigneur, familles des peuples,
rendez au Seigneur la gloire et la puissance,
rendez au Seigneur la gloire de son nom.
 
Adorez le Seigneur, éblouissant de sainteté :
Allez dire aux nations : « Le Seigneur est roi ! »
Il gouverne les peuples avec droiture.
 
 Épître de saint Paul Apôtre aux Thessaloniciens (1, 1-5b)
 
Nous, Paul, Silvain et Timothée, nous nous adressons à vous, l’Église de Thessalonique qui est en Dieu le Père et en Jésus Christ le Seigneur : que la grâce et la paix soient avec vous.
À tout instant, nous rendons grâce à Dieu à cause de vous tous, en faisant mention de vous dans nos prières. Sans cesse nous nous souvenons que votre foi est active, que votre charité se donne de la peine, que votre espérance tient bon en notre Seigneur Jésus Christ, en présence de Dieu notre Père. Nous le savons, frères bien-aimés de Dieu, vous avez été choisis par lui. En effet, notre annonce de l’Évangile chez vous n’a pas été simple parole, mais puissance, action de l’Esprit Saint, certitude absolue.
 
 
Alléluia. Alléluia.
Rendez au Seigneur, vous les dieux, rendez au Seigneur gloire et puissance, rendez au Seigneur la gloire de son nom.
Alléluia.
 
 
 
Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu (22, 15-21)
 
Les pharisiens se concertèrent pour voir comment prendre en faute Jésus en le faisant parler. Ils lui envoient leurs disciples, accompagnés des partisans d’Hérode : « Maître, lui disent-ils, nous le savons : tu es toujours vrai et tu enseignes le vrai chemin de Dieu ; tu ne te laisses influencer par personne, car tu ne fais pas de différence entre les gens. Donne-nous ton avis : Est-il permis, oui ou non, de payer l’impôt à l’empereur ? » Mais Jésus, connaissant leur perversité, riposta : « Hypocrites ! pourquoi me tendez-vous un piège ? Montrez-moi la monnaie de l’impôt. » Ils lui présentèrent une pièce d’argent. Il leur dit : « Cette effigie et cette légende, de qui sont-elles ? - De l’empereur César », répondirent-ils. - « Rendez donc à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu. »


Collecte


Dieu tout-puissant, ta Parole est sans fraude ( Évangile et Épître), parce que Tu es au-dessus de tout ( Leçon et Psaume). Ainsi, nous pouvons avoir la pleine certitude de notre salut. C'est pourquoi, nous voulons te rendre grâces, par Jésus-Christ, ton Fils, notre Seigneur et notre Dieu, qui vit et règne avec toi et le Saint-Esprit, Un seul Dieu, pour les siècles des siècles. Amen.



dimanche 12 octobre 2014

Très émus d'avoir une place à la Cour, les Baptistes flattent Sa Majesté


"Très Saint Père, vénérables pères synodaux, frères et sœurs en Christ".

Voilà comment le docteur Valérie Duval-Poujol, délégué baptiste à la cour papiste, a introduit son propos, ce 10 octobre.

Ce discours nous fait l'effet d'une triple imposture:

1) On parle de la question de la famille dans le cadre de l'évangélisation, alors que Rome a anathématisé de longue date le sola fide, sans lequel, pourtant, il n'y a plus de véritable Évangile.
Cette suppression de l'article capital n'est-il donc pour les baptistes qu'un détail de la proclamation apostolique? Comment expliquer qu'un tel problème soit passé sous silence?

2) Le docteur Duval-Poujol, sachant qu'il n'existe aucune sorte d'unité sacramentelle entre son ecclésiole et le papisme, met en avant l'unité spirituelle. Comme si les deux choses étaient antinomiques! Une unité spirituelle subsistant en dépit de l'absence d'unité sacramentelle n'est envisageable que pour des spiritualistes (quakers, etc.) qui dénient toute valeur aux sacrements. Tel n'est pas notre cas.
Bref, c'est une horrible audace que les baptistes viennent citer le Psaume 133 après s'être rendus responsables de schismes en accusant les autres chrétiens de n'être même pas baptisés!

3) Enfin, puisque l’Évangile peut être passé sous silence, à quoi sert pareille réunion? En quoi consiste l'unité "spirituelle" de tous ces gens? A gérer simplement le bon ordre extérieur?
C'est l'impression que nous fait cette intervention où sont cités successivement un activiste des droits civiques (Martin Luther King), un philosophe Juif (Martin Buber) et finalement le bon pape François (!) là où il eut été plus opportun de rappeler la Bonne Nouvelle de Celui qui est notre Seul Père, qui est Saint, Juste et Bon. Amen!

Bucer


Protestantisme cinq points

On parle souvent de "calvinisme cinq points" en référence aux conclusions du synode de Dordrecht (1618-1619) sur la question de la prédestination.

Loin de désapprouver les conclusions du synode, je constate cependant qu'en réduisant l'orthodoxie à ce seul critère, on arrive à une curieuse conséquence: tandis que le monde Luthérien est laissé de côté, des groupes qui n'ont pas grand chose d'orthodoxes sont étiquetés "réformés" ou "calvinistes" (ainsi, les "Réformés Baptistes", etc.)

Pour décrire l'orthodoxie de l’Église, je parlerai donc plutôt ici de Protestantisme cinq points. Les critères seront plus larges, mais aussi plus complets.
Plus larges, ils incluront le Luthéranisme.
Plus complets, ils permettront de distinguer plus nettement le Protestantisme traditionnel de certains mouvements Anabaptistes, malgré ce qu'ils ont repris de la pensée Réformée.

L'acronyme du Calvinisme cinq point est T-U-L-I-P: Total depravity, Unconditional election, Limited atonement, Irresistible grace, Perseverance of the saints.
L'acronyme que j'utiliserai pour décrire le Protestantisme cinq points, sera, naturellement, B-I-B-L-E:
Balise doctrinale, Invocation du Seigneur, Baptême, Loi divine, Eucharistie.


1) Balise doctrinale

Il s'agit, d'abord, du Credo de l’Église fidèle à l’Écriture.
La raison d'être du Credo n'est pas de réduire le mystère sacré, de l'épuiser dans nos limites.
La raison d'être de la confession de foi de l’Église n'est pas non plus d'exclure un maximum de monde, d'exiger que ses membres soient incollables sur la dogmatique des docteurs de l’Église.
La raison d'être du Credo, outre de proclamer le Kerygme, de proclamer la bonne nouvelle du salut par la foi seule en Christ, est de signaler la frontière entre ce que confesse l’Église et ce qui en est la négation, ce qui est faux.
Il s'agit donc de témoigner de la Foi du salut et, simultanément, de désavouer ce qui s'attaque à ce salut, ce qui le rend impossible.

L’Église, à la suite des saints Apôtres, a toujours résumé ainsi sa foi (cf. 1 Corinthiens 15. 1-11). Le Credo de 381 (Symbole de Nicée-Constantinople), qui est fidèle aux Écritures et qui a fait l'unanimité, doit ainsi être considéré comme la frontière fondamentale entre ce qui est Chrétien et ce qui ne l'est pas.
Cela doit être maintenu contre l’athéisme, le paganisme, le gnosticisme, le talmudisme, le mahométanisme, le modernisme (ou néo-gnosticisme), etc.


2) Invocation du Seigneur

Invoquer Dieu: le prier, l'adorer (ad orare: s'adresser à), voilà ce que fait la foi!
Prier ce que l'on croit, croire ce que l'on prie: ce vieux principe, articulé avec les assertions du Credo (Nous croyons en un seul Dieu: le Père... en un seul Seigneur, Jésus-Christ... en l'Esprit saint) marque l'orthodoxie évangélique.
Le pape de Rome, Pie V, apprenant la victoire de Lépante, s'était exclamé:
"courons (...) rendre grâce à Dieu, notre armée est victorieuse !"  
Et cela s'est traduit, depuis, par une célébration annuelle de... Notre Dame du Saint rosaire (!) (source)
L’Église véritable, au contraire, ne tourne pas sa foi dans un panthéon de saints, mais en Dieu. En Dieu seul.
Cette frontière entre le christianisme orthodoxe et les christianismes paganisés, doit aussi servir à nous mettre en garde contre un certain œcuménisme. 
La question se pose en effet de savoir s'il convient ou non de prier avec des hérétiques et des hétérodoxes. On sait que des communions, comme l’Église Luthérienne du Synode du Wisconsin, aux États-Unis, refusent de mener tout acte spirituel en commun avec de telles gens.

Et de fait, il est vrai que si les membres de l’Église peuvent sans doute prier, à titre individuel, avec des hétérodoxes dont ils savent qu'ils admettent malgré tout le sola fide (doctrine du salut par la foi seule), il ne semble en revanche ni convenable ni cohérent de voir des réunions publiques où des ministres de l’Église orthodoxe prient avec des faux bergers. Loin s'en faut qu'ils puissent participer à des cérémonies diaboliques comme la réunion d'Assise, c'est-à-dire avec des païens.


3) Baptême



Évangéliser, baptiser, instruire. Le Christ nous a donné cette mission et son Église ne saurait en annuler une partie (Matthieu 28. 19).
Si donc tout le monde (ou presque) admet la nécessité du baptême (Actes 10 :47), une question divise Protestants et Anabaptistes: doit-on baptiser les seules personnes qui font profession de croire en Jésus-Christ, ou est-il également scripturaire de baptiser les enfants des membres de l’Église?

L'Anabaptisme n'admet pas le baptême des enfants.
Pour notre part, à moins de penser que les enfants n'ont pas d'âme et que le salut ne les concerne pas, ou qu'on les pense innocents et purs de tout péché (pélagianisme); à moins aussi de penser que Christ ne reçoit pas à Lui des petits, ou des êtres incapables de parler "librement" (retour au pélagianisme) il est évident que, comme le veut l'unanimité du Protestantisme, les enfants des fidèles soient baptisés.

Il y a ici un article distinctif d'une Église authentique et qui ne doit assurément pas être négligé. Il y a ici une question dont dépend la cohérence et donc, la croissance et fermeté de l’Église, tout comme il y a là un article dont dépend le salut de nombreux enfants que l'on aurait tort d'imaginer comme capables de plaire à Dieu en dehors du Christ, ou comme étant appelés à être en Christ sans lui être unis, comme tout Chrétien, par une nouvelle naissance dont le baptême est la célébration (Jean 3: 5).


4) Loi divine


Le Chrétien n'a pas été baptisé et il n'invoque pas Dieu pour demeurer esclave du péché! Le Protestantisme s'accorde à reconnaître un triple usage de la Loi:
Disciplinaire, ou extérieur: la Loi sert à assurer le bon ordre, à freiner le mal, à expulser du peuple les pécheurs notoires et impénitents.
Pédagogique, intérieur: par la Loi, tout le monde est reconnu pécheur (Romains 3: 19); l'homme doit constater qu'il ne peut plaire à Dieu car il demeure incapable d'accomplir le Bien qui lui est demandé (aimer Dieu et son prochain de tout son cœur). Ce faisant, la Loi pousse le pécheur au soin de l’Évangile où est annoncé le Pardon de Dieu en Jésus-Christ.
Et après?
Il existe ce fameux troisième usage. En effet, le Chrétien est une personne en qui le péché ne règne plus mais en qui il continue cependant d'exister (Confession de La Rochelle, article 11). Certes, la conscience du Chrétien régénéré le pousse instinctivement au bien. Mais le Chrétien reste aussi faible, sujet aux tentations, même intellectuelles et morales; aussi la Loi demeure-t-elle un critère objectif par l'instrument duquel l'Esprit le guide dans sa sanctification.

La conséquence de tout cela est que l’Église ne saurait être un club de libertins: le Chrétien n'est plus soumis à la Loi, au sens où il n'est plus esclave ni soumis à la colère de Dieu. Pour autant, le Chrétien n'est pas sans Loi.
Une Église orthodoxe doit donc nommer le péché, condamner les mauvaises pensées, paroles et actions; reprendre avec douceur le fautif, lui annoncer le pardon du Christ (un pardon qui n'aurait plus aucun sens sans la rigueur de la Loi divine!) mais aussi, exercer l'excommunication des impénitents, des blasphémateurs, etc. contrairement à la pratique des clubs modernistes.


5) Eucharistie



C'est ici que culmine notre propos. Sacrement de l'unité souvent devenu sacrement de la division et des discordes, comme on le dit souvent, la célébration de ce second sacrement est la marque de l’Église.
Célébré avec les deux éléments (du pain et du vin) administrés à toute l'assemblée confessante, ce repas n'est pas une simple illustration d'un mystère qui en serait absent. Ce n'est pas une pièce de théâtre, un mime. Ce n'est pas seulement une cérémonie didactique. Ici, comme dans le baptême, le mystère du salut est exprimé, manifesté. Ici s'opère réellement l'union au Christ.

La doctrine calvinienne de l'eucharistie a souvent été infléchie vers le zwinglianisme, voire trahie et reniée par des théologiens "calvinistes" (n'adhéraient-ils pas aux cinq points de TULIP?), comme CH. Hodge, R. Dabney, etc.
En réalité, LA doctrine Protestante de la Cène est (et ne peut être) que la doctrine énoncée dans la Concorde de Wittenberg (1536). Concorde hélas très souvent ignorée, alors qu'elle est le sceau canonique d'une unité de cœurs, tout comme la poignée de main des apôtres fut le sceau de leur entente dans la foi et l'amour (cf. Galates 2).
C'est donc à cette Concorde qu'il convient que chaque "école" conforme ses enseignements.

En conclusion, comme je l'ai développé dans un premier ouvrage, l’Église doit remettre à l'honneur ces paramètres, selon la Parole de Dieu. Autrement, le risque est simplement de s'épuiser dans un morcellement et dans des confusions sans fin.

Bucer

 

mardi 7 octobre 2014

Commémorations en 2017

De nombreuses Églises organisent l'anniversaire des 500 ans de la Réformation, pour 2017.
Hélas, dans bien des cas, ces célébrations seront surtout le prétexte pour réinventer le Protestantisme, ainsi que le laissent présager des expressions comme "l’Évangile dans un langage d'aujourd'hui" et autres débats pour une "nouvelle [et très inutile] confession de foi".
Je tiens donc à partager, sur ce blog confessant, quelques considérations sur le sujet...

1) Ni luthériens, ni "seizièmistes"...

La première chose à souligner, c'est que le Protestantisme n'est pas une religion apparue au XVIe siècle, sous la prédication de Martin Luther. Il n'y a donc pas à chercher dans cet épisode de l'histoire de l’Église le début de tout, ni le centre de tout. Si important soit-il, le seizième siècle n'est et ne peut être qu'un épisode de l'Histoire de l’Église bimillénaire.

Dans cette perspective, nous ne saurions donc accorder plus d'importance à certains clivages survenus entre "fils de la réforme" (dispute de Calvin et Westphal) qu'à ceux survenus entre fils de l’Église tout court (dispute de st Cyprien de Carthage et Étienne de Rome). Nous devrions plutôt prendre acte de leur unité cordiale et canonique. Ainsi, la Concorde de Wittenberg, qui semble être au concile d'Augsbourg ce que la formule d'unité de 433 (entre Cyrille et Jean d'Antioche) fut au concile d’Éphèse.
De même, nous ne saurions laisser croire (comme le prétendent certains milieux) qu'il n'a pas existé de Chrétiens ni de baptême valide avant le XVIe siècle.
Enfin, puisque le XVIe siècle n'a rien commencé, rien ne doit commencer aujourd'hui non plus (en tout cas, pas au prétexte de la réforme!). Contrairement aux modernistes, nous ne refuserons donc pas d'assumer et de continuer à professer le Credo de l’Église de toujours (Nicée-Constantinople).


2) Le repentir!

La réforme a été un appel à la pénitence et à la foi, selon la Parole de Dieu. Cela ressort dès les premières lignes des 95 thèses de Luther.
Or, que voit-on dans les cercles qui feront beaucoup de cirque en 2017?
Du (pseudo) Protestantisme sociologique, des ''Églises'' tellement relativistes qu'elles n'ont pas de problème avec la doctrine des unitariens!
Des communautés tellement tièdes (et, disons-le: hypocrites!) qu'elles préfèrent jouer la montre plutôt que de prendre position sur la question du mariage homosexuel!

Plutôt que de se tourner vers un passé glorieux et se gargariser dans des illusions sur la manière dont les réformateurs imagineraient le Protestantisme aujourd'hui (!), il me semble évident que la seule manière convenable de commémorer cet épisode de l'Histoire Chrétienne serait d'agir en Chrétiens: non pas en cherchant l'Indulgence mondaine pour le péché, mais en faisant pénitence pour nos péchés et en croyant, non pas ce qui nous plaît de croire, non pas ce qu'un magistère d'universitaires soi-disant spécialistes nous dit de croire sur un quelconque "Jésus de l'Histoire" dont ils auraient la gnose, mais ce que La Parole de Dieu nous enseigne et ce que le sacerdoce universel des baptisés en a toujours compris.
Mais cela, bien sûr, n'entre sans doute pas dans les plans des modernistes post-Protestants qui occupent nos temples pour y servir leur infâme soupe vaguement déiste.


3) Et Rome?

Nous avons parlé du siège mondain, mais comment taire la question de la papauté romaine, en pareille occasion?
Il est certes impossible de prévoir de quoi demain sera fait. Mais il n'est pas impossible que Rome tente de profiter de l'évènement pour se rapprocher de nous, ou plutôt, pour nous rapprocher d'elle (et nous avaler).
Un cinéma à la façon de la déclaration commune de 1999 n'est donc pas à exclure. Ni son lot de déceptions, comme ce qui arriva lorsque Jean Paul II, le saint aux trois miracles, après avoir suscité beaucoup d'espoirs sur la question de la Justification, avait profité de la première occasion pour promulguer de nouvelles Indulgences...

En conclusion, nous ne devons pas chercher à réinventer le Protestantisme, mais à le réaffirmer: nous protestons un Évangile immuable, et c'est très bien ainsi (Hébreux 13. 8)!
Et si nous ne souhaitons pas modifier ce que nous sommes, ce n'est pas par idolâtrie envers notre identité, mais parce que cette identité découle du culte de Latrie que nous rendons à Jésus-Christ notre seul Sauveur!

Amen!


samedi 4 octobre 2014

vendredi 3 octobre 2014

Règne de Dieu et ordre extérieur

On déplore à bon droit la décadence de nos sociétés.
Cependant, comment s'étonner de voir le monde pourrir lorsque l’Église, sel de la terre, perd sa saveur? (Matthieu 5: 13)

Or, qu'est-ce qui fait de l’Église le sel de la terre et la lumière du monde, sinon la Parole de Dieu (Psaume 109)?

C'est pourquoi, au lieu de chercher à redresser le monde par un activisme des valeurs et une promotion de "lois chrétiennes" dans un monde sans Christ, les fidèles doivent avant tout revenir à (et témoigner de) la Parole de Dieu, avec foi, étant entendu que la promotion de LA vérité dans l’Église doit être concomitante au rejet catégorique des erreurs (Galates 1: 8-9).

Ce faisant, la pénitence -- inséparable de la foi -- concernera les silences coupables et la tolérance mal placée, qui ont permis l'éclosion du relativisme doctrinal et moral, particulièrement virulents de nos jours.
Il sera ainsi question pour les baptisés de revenir à la foi toute simple de l’Évangile, en délaissant les sectes et ecclésioles [dont les assertions exorbitantes finissent par décrédibiliser et relativiser tout dogme] et de réformer leurs vies selon la Parole de Dieu en se séparant de ceux qui, tout en se disant croyants, font de leur prétendue foi un refuge et un masque pour leurs œuvres charnelles (ainsi, l’Église Réformée du Canton de Vaud, et sa bénédiction des mariages gays, etc.).

Interpeller les fidèles, édifier l’Église -- sur laquelle Christ règne par Sa Parole et Son Esprit: telle est donc notre préoccupation première.

Et le reste?
Évidemment, là où est l’Église, et à mesure de son étendue, les puissances ici-bas sont comme domptées, au sens où tout pouvoir reconnu au Christ (son règne exclusif sur les consciences)  est, de fait, retiré à César. Et nul ne niera qu'une société remplie de tels Chrétiens, respectueux de la Personne, est préférable et plus viable qu'un nid de vipères peuplé, à 90%, de djihadistes et autres esprits totalitaires et dégénérés.

Néanmoins, ceci n'est qu'un appendice, une conséquence très secondaire de l'évangélisation (et de la ré-évangélisation) dont le but premier ne saurait être l'organisation ou la gestion d'une sorte de paradis terrestre pour sociétés incrédules, mais bien le salut éternel des âmes, dans une foi pure et ferme.

Bucer