mercredi 4 septembre 2019

Là où mène l'idolatrie...




Nous avions déjà abordé le thème du véganisme [nouveau caprice de bobos-gâtés (ou gâteux?)] et de ses paradigmes insensés. Les dernières nouvelles nous indiquent à quel point l'idolâtrie peut conduire hors des sentiers de la raison:

Gérone : un collectif végan (antispéciste, transféministe et libertaire - sic) sépare les poules des coqs pour éviter les "viols".

Puisse le Seigneur délivrer les âmes captives de ces ténèbres et les ramener à la vie par la Lumière de Jésus-Christ, son Fils unique notre Seigneur !

Amen.



dimanche 1 septembre 2019

Matthieu 28. 19 et les prétendus contre-exemples apostoliques






Développement de la question du baptême des enfants, suite à mon précédent article:


Nous avons un commandement clair, en Matthieu 28. 19, qui nous dit d'aller dans toutes les nations pour les faire disciples, baptisant ces derniers au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit - et les instruisant à garder les commandements du Seigneur (Matthieu 28. 19). 

Les anabaptistes invoquent le prétendu exemple apostolique et disent que, comme il n'y a aucun exemple de baptême de nouveau-né dans le livre des Actes, il ne faut baptiser que les adultes (cf. Actes 8. 36-38). Certains anabaptistes, en se fondant sur le même principe, vont plus loin : ils disent que, puisqu'il n'y a aucun exemple (dans les Actes) d'un baptême donné au nom de la Trinité, il convient de ne baptiser qu'au nom du Seigneur Jésus (Actes 2. 38; 10. 40, etc.)

Nous repoussons l'ensemble de ces erreurs (qui mènent d'ailleurs à d'insolubles contradictions),  et nous disons que les apôtres, au lieu d'abolir ce que leur a enseigné le Seigneur, ont fait ce que leur prescrivait le Seigneur. Or, ces prescriptions consistent clairement à:

1) "Faire disciples" (littéralement "endiscipliner") ; cela veut dire : enseigner, amener au Seigneur.
2) "Toutes les nations" ; cela veut dire : le monde entier, les êtres humains dans leur globalité, toutes catégories confondues (cf. Matthieu 25. 31-32). Car l’Église est le monde sauvé (Jean 4. 42), soit un corps dont la diversité est aussi large que celle de l'assemblée des individus de ce monde perdu (Jean 17. 14).
3) "Baptisant ceux-ci au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit" : parce que le Seigneur veut que les siens soient normalement accueillis dans son unique bergerie en étant initiés au mystère du Dieu vivant. Tout comme il n'est pas dit qu'une partie du monde seulement (les personnes au-dessus de 3 ans) peut entrer dans la bergerie du Christ (cela reviendrait à nier le caractère universel de l’Église), il n'est pas dit qu'une partie des disciples seulement (ceux qui ont plus de 3 ans) doit recevoir le baptême (ce serait nier le caractère de l'unité de l’Église : Éphésiens 4.5 / Galates 3. 27).
N.B : il n'est pas spécialement précisé de baptiser après avoir fait disciples, mais de faire disciples, baptisant ces gens qui sont enrôlés dans l'armée du Seigneur. Évidemment, cela doit être accompli au début de la vie chrétienne. Le Seigneur ajoute ainsi:
4) "Enseignez-leur à observer tout ce que je vous ai prescrit", etc.
Éduquer nos enfants comme des petits chrétiens (Éphésiens 6. 1-4) n'aurait aucun sens s'ils n'étaient pas d'abord baptisés (Romains 6. 4).

Le prétendu exemple des apôtres, que l'on amène pour ruiner tout ou partie de cela, ne vaut rien. Car, "baptisés au nom de Seigneur Jésus" (Actes 2. 38), ou "baptisés au nom du Seigneur (tout court)" (Actes 10. 48, dans le Textus Receptus), ou "baptisé" (Actes 8. 38) sont des expressions dont rien ne prouve le caractère liturgique. Tout comme "partager le pain" (Actes 2. 42) ne prouve pas qu'ils ne partageaient pas aussi la coupe (1Corinthiens 10. 16-17).
De même, le fait que des adultes aient été baptisés adultes, en confessant leur foi de leur bouche, ne prouve rien (sinon que des adultes ont été baptisés adultes, en confessant leur foi de leur bouche). Si nos Églises refusaient de baptiser des adultes, ou si elles les baptisaient sans qu'ils disent croire, ces passages nous confondraient ; mais il n'en est rien.
Évidemment on ne doit pas s'attendre à ce que les apôtres (ou nous-mêmes) aient rencontré des nourrissons se promenant seuls dans la rue, pour les approcher par les mêmes moyens que les adultes. C'est donc par leurs parents (qui les amènent) que de très jeunes enfants sont dits venir à Christ (Luc 18. 15-16). Et cela est très convenable, car Christ sauve la création de Dieu, or la famille est sa création.
Ce qu'il faut s'attendre à voir, si les apôtres ont régulièrement baptisé de jeunes enfants, c'est donc que quelques passages nous signalent en toute simplicité que des nouveaux convertis ont été baptisés avec leur maison. Et c'est exactement ce que nous dit le livre des Actes (16. 15) [*].
Mais, même sans ces indices, la pratique du pédobaptisme resterait victorieuse, parce que fondée sur l'ordre du Christ en Matthieu 28. 19, et parce qu'aucun exemple ne peut être dressé contre cet ordre du Seigneur (c'est pourquoi aussi il convient que le baptême soit conféré au nom des trois Personnes, malgré le fait que, pris sans discernement, le livre des Actes ne semble donner que des exemples contraires).

Bucerian



[*] Les anabaptistes font remarquer qu'un tel passage ne constitue pas une preuve directe. Objection qui ne prend pas bien les faits en compte:
a) Les Actes recouvrent une activité apostolique d'environ 30 ans.
b) Les Actes ne donnent pas une liste exhaustive des baptêmes (cf. 1 Corinthiens 1) mais évoquent simplement la pratique courante des apôtres.
De là : à moins que les apôtres n'aient jamais rencontré de famille avec un nourrisson pendant 30 ans, comment expliquer que leur prétendue habitude de baptiser des familles à l'exception des plus jeunes ne soit jamais évoquée?... Sans doute parce que les apôtres n'exceptaient justement personne.

vendredi 30 août 2019

La pratique apostolique du baptême






Question:


Si Jésus a commandé de baptiser au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit (Matthieu 28. 19), pourquoi les apôtres semblent-ils avoir baptisé au nom du Seigneur Jésus (Actes 2. 38/ 8. 16/ 10. 48)?



Réponse: 

Plusieurs hypothèses ont été élaborées pour résoudre cet apparent mystère:



1) Des anti-trinitaires prétendent que la formule de Matthieu 28. 19 serait une altération tardive du texte original : un copiste trinitaire trop zélé aurait recopié le texte en y insérant cette formule (que le Christ n'aurait, quant à lui, jamais prononcée) et cette formule se serait ensuite répandue dans les copies suivantes jusqu'à être généralement reçue partout.
Mais, outre le fait que notre foi nous interdit de recevoir une telle explication, cette hypothèse est encore rendue irrecevable par le simple fait que l'ensemble des manuscrits anciens portent la formule trinitaire - ce qui ne serait pas le cas si une altération localisée avait été l'origine de notre passage.

2) D'autres ont imaginé que Matthieu 28. 19 n'était pas destiné à un usage liturgique : le texte nous dirait simplement, en quelques sortes, pour qui nous sommes baptisés (eis to onoma) et non pas ce qu'il convient dire en baptisant. C'est l'esprit plutôt que la lettre qui prévaudrait ici. Explication séduisante parce qu'en partie correcte (les paroles de Matthieu 28 sont édifiantes pour notre foi); mais cette explication reste insatisfaisante, parce que le rôle pédagogique n'exclut pas l'usage liturgique. Loin de là !
En outre, quelle valeur pourrait bien avoir cette conjecture de quelques théologiens, face à la plus ancienne conscience et pratique de l’Église, qui voit dans ce passage des paroles liturgiques? (cf. La Didachè, chapitre 7; Hyppolite de Rome: La tradition apostolique, chapitres 20-21; Justin Martyr, Apologie I. 61; Irénée de Lyon: Démonstration de la prédication apostolique 3, etc.)

3) Ainsi, d'autres auteurs ont estimé que, bien que le Christ ait institué le baptême pour être normalement célébré avec les paroles trinitaires, il aurait exceptionnellement recommandé aux apôtres de baptiser au nom du Seigneur Jésus afin de magnifier son nom dans les temps où il était particulièrement honni (Thomas d'Aquin, Somme théologique, IIIa pars., Question 66, article 6).
Mais le nom du Christ n'est-il pas toujours autant honni par ses ennemis aujourd'hui? Si, dans l'absolu, cette hypothèse reste toujours possible (Christ est libre d'avoir instruit ses apôtres comme il l'entendait), elle semble néanmoins très improbable et artificielle (la Bible ne nous dit rien de l'établissement d'une telle exception).

Reste alors une explication inverse aux deux dernières : ce sont les passages du livre des Actes qui n'ont pas l'intention de nous instruire exactement sur la forme liturgique du baptême (ni celle instituée par le Christ, ni celle effectivement employée par les apôtres) ; ces expressions et résumés du livre des Actes sont simplement employés pour magnifier le Seigneur Jésus, en soulignant que nous sommes sauvés par la foi en son nom (cf. Actes 22. 16) - nom qui n'est du reste pas exclu, lorsque résonne la formule trinitaire.
En effet, pourquoi Pierre (en Actes 2. 38) aurait-il dû préciser le contenu exact (et assez lourd) de la formule liturgique ? alors que son but était d'appeler simplement des hommes à la foi en Christ, et non pas de former des séminaristes ! De même, en Actes 8. 16 : Luc nous rapporte manifestement, non pas quelles paroles liturgiques furent exactement employées lors de la cérémonie baptismale, mais simplement le fait que des âmes furent ainsi gagnées au Christ (l’insistance étant d'autant plus justifiée qu'ils existait un autre baptême, celui de Jean : Actes 19. 3). Idem pour la suite (Actes 10. 48).
Dans le même ordre d'idées : le livre des Actes ne nous dit pas seulement que les gens étaient baptisés au nom du Seigneur, mais aussi (en parlant de la Cène) qu'ils fractionnaient le pain (Actes 2. 42). Or ce n'est pas ici une description exhaustive de la liturgie eucharistique (où l'on partageait aussi la coupe, cf. 1Corinthiens 11), mais bel et bien un terme général.


Conclusion

Aujourd'hui encore, ces raisons s'appliquent. Ainsi, quoique nous partagions le pain et le vin, et que nous soyons baptisés au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, nous pouvons rappeler simplement ces choses (comme le fait l’Écriture), en disant que "nous sommes baptisés dans le nom du Christ" et que nous "partageons le pain". 

Pour ouvrir notre réflexion, posons-nous à présent une autre question : si nous pouvons assumer ces formules abrégées, d'autres le peuvent-ils aussi bien que nous ?
Je pense en l'espèce aux ennemis du baptême des enfants, dont l'un des arguments (prétextes) est de souligner à l'envie que "Le Livre des Actes ne contient aucun exemple direct de baptême de nourrisson".
Or nous venons de voir que ce même livre ne contient aucun exemple direct de baptême célébré avec la formule trinitaire - ce qui n'empêche pas les plus raisonnables d'entre eux de continuer à le faire. Certes, ils peuvent en appeler à la péricope de Matthieu 28. 19 - mais ils ne peuvent pas prouver son usage et donc son but liturgique. Toujours est-il que si ce passage reste d'un poids assez grand pour surmonter l'exemple apparemment contraire des apôtres, ne devrait-il pas, a fortiori, être d'un poids assez grand (les nations comprennent des enfants) pour surmonter le silence relatif (*) au sujet de la pratique du baptême des enfants par ces mêmes apôtres?...


Bucerian



(*) Silence relatif, car les "baptêmes de maisons" (par exemple en Actes 16)  suffisent à récuser l'approche purement individualiste des baptistes.

samedi 24 août 2019

Annotations Credo: sommaire





Considérant la longueur de cette série d'annotations sur le Credo, j'ai pensé qu'il serait utile d'en faire un sommaire, permettant de retrouver plus facilement les différentes parties.
Ces annotations ne constituent certainement pas un commentaire exhaustif du Credo (elles seront d'ailleurs sans doute encore remaniées et améliorées); je les partage néanmoins ici dans le double but d'attirer l'attention de chacun sur cette expression officielle (historiquement la seule!) de la foi de l’Église chrétienne, et d'en faire ressortir (autant que la brièveté et mes compétences le permettent) la richesse et la conformité de ce Credo aux affirmations doctrinales protestantes.
C'est dans ce même esprit que j'ai aussi rédigé une série de réflexions pour une communion orthodoxe , et que je place dans ce sommaire en guise d'introduction.


Introduction : Série de réflexions sur une communion orthodoxe


1) Constats et démarche
2) Quel Credo?
3) Pour quelle raison le Symbole est-il réputé suffisant?
4) Objection contre la suffisance du Symbole de Nicée
5) Quelles annexes?
6) Congrégations, synode et œcuménisme
7) La discipline
8) Réponse à une triple objection / conclusion


I. Le Père


1.  Remarques préliminaires / Nous
2.  Croyons
3.  En
4.  Un seul Dieu, le Père
5.  Le Père?
6.  Tout-puissant
7.  La création
8.  Les choses visibles et invisibles



II. Le Fils


9.   Nous croyons en un seul Seigneur, Jésus-Christ
10. Jésus-Christ?
11. Seigneur?
12. Jésus Christ, le Fils unique de Dieu (...) d'une même substance que le Père et par qui tout a été fait
13. Pour nous, les hommes
14. Pour notre salut
15. Est descendu des cieux, s’est incarné par le Saint-Esprit, de la Vierge Marie et s’est fait homme
16. Et s'est fait homme
17. Il a été crucifié pour nous, sous Ponce-Pilate, il a souffert et a été enseveli
18. Crucifié sous Ponce-Pilate
19. Il est ressuscité des morts le troisième jour
20. Selon les Écritures
21. Il est monté au ciel (partie 1)
22. Il est monté au ciel (partie 2)
23. Il siège à la droite du Père
24. De là, il reviendra dans la gloire pour juger les vivants et les morts, et son règne n'aura pas de fin


III. Le Saint Esprit


25. Nous croyons en l'Esprit saint
26. Qui est Seigneur (...) adoré et glorifié avec le Père et avec le Fils
27. Il créé la vie
28. Il procède du Père
29. Il a parlé par les prophètes
30. Nous croyons l’Église
31. Nous croyons l’Église (bis)
32. Une
33. L'unité du peuple de Dieu
34. Sainte
35. Catholique
36. Apostolique
37. Le caractère fantasmagorique : "Romaine"

38. Nous confessons
39. Le baptême : observations générales
40. Un seul baptême
41. En rémission des péchés
42. De la nécessité du baptême

43. Nous attentons la résurrection des morts et la vie du siècle à venir
44. Attente et évangélisation
45. Dans l'attente : la vie nouvelle
46. L'attente dans la présence du Ressuscité : l'eucharistie
47. L'écueil prétériste
48. De l'état intermédiaire
49. La résurrection des morts
50. Le jugement dernier
51. La vie et les peines éternelles

52. Amen

vendredi 23 août 2019

Annotation Credo # 52


"AMEN"


Nous terminons notre confession de foi par un mot aussi court que puissant: Amen
Ce mot exprime notre confiance absolue et notre accord indéfectible avec ce qui vient d'être professé. Cela signifie que les articles du Credo ne sont pas seulement des "doctrines", mais qu'ils sont des dogmes, c'est-à-dire qu'ils ont force de loi dans l’Église - Église de laquelle doivent être chassés ceux qui n'en partagent pas la foi.

Est donc ici désavouée l'erreur de ceux dont la foi se limite à croire à l'inspiration divine des livres bibliques (comme si tout le reste était discutable et incertain) et qui ont en horreur toute confession de foi produite par l’Église. Leur attitude procède d'une profonde incompréhension du principe de la sola scriptura (l’Écriture seule); car ce principe ne signifie pas que l’Église n'a pas le droit ou le devoir de formuler sa foi, mais seulement qu'elle n'a pas le droit de la formuler sur un autre fondement que celui des Écritures inspirées de Dieu.

Parce que le mot amen exprime une certitude et une confiance divines, on voit que le cœur est ici lié à l'intelligence; que nos dogmes ne sont pas de froides spéculations et théories, mais qu'ils embrasent notre joie. Comment pourraient-ils en être autrement? L'Incarnation du Fils de Dieu ne nous dévoile-t-elle pas l'infinie richesse du Dieu vivant, Un et Trine? Luther écrivait ainsi:

Ce sont là les trois personnes et le Dieu unique qui s'est totalement donné lui-même à nous avec tout ce qu'il est et tout ce qu'il a. 
Le Père se donne à nous avec le ciel et la terre et toutes les créatures, afin qu'elles servent et soient utiles. Mais, par la chute d'Adam, ce don a été obscurci et il est devenu vain; c'est pourquoi ensuite le Fils s'est lui aussi donné à nous, nous a fait présent de toutes ses œuvres, de ses souffrances, de sa sagesse et de sa justice et nous a réconciliés avec le Père, afin que, de nouveau vivants et justes, nous puissions reconnaître et posséder aussi le Père avec ses dons. 
Mais comme cette grâce ne servirait à personne  si elle restait secrète et cachée, et comme elle ne pourrait pas venir à nous, le Saint-Esprit intervient et se donne lui aussi totalement à nous: il nous enseigne à reconnaître ces bienfaits du Christ, nous les montre pour que nous les reconnaissions, nous aide à les recevoir et à les conserver, à les utiliser avec fruit et à les répartir, à les augmenter et à les faire avancer. Et il fait cela, à la fois, intérieurement et extérieurement: intérieurement, par la foi et d'autres dons spirituels. Mais extérieurement, par l’Évangile, par le baptême et par le sacrement de l'autel; par ces choses, comme par trois moyens ou manières il vient à nous et exerce en nous la souffrance du Christ en nous l'appliquant pour notre salut.
(Martin Luther, Œuvres, Tome VI : De la Cène du Christ - Confession / Labor et Fides, Genève, 1964).


Tel est donc le Credo irréformable de l’Église chrétienne, fermement établi sur les saintes Écritures et que chaque croyant doit professer avec la certitude d'être, dans ce cadre, infaillible en matière de foi.

Bucerian



vendredi 16 août 2019

Annotation Credo # 51

La vie et les peines éternelles

L'homme est une créature morale et il ne fait pas de doute que, tout comme il y aura un avènement du Seigneur accompagné d'une résurrection des justes et des injustes, il y aura aussi un jugement dernier. Toutes les séductions de ce monde tendent à faire oublier cette vérité aux hommes, pour qu'ils croient, ou bien que l'enfer n'existe pas (il serait injuste d'y envoyer de pauvres hommes!), ou bien que le paradis ne peut exister qu'ici bas (dans les plaisirs de ce monde).
L'avant-dernière assertion du Credo "(nous attendons) la vie du siècle à venir" nous invite à dissiper ces nuages trompeurs.


1. De la condamnation des impies

Nous attendons la vie éternelle ; celle-ci nous est assurée, à nous qui croyons en Christ, parce que le sang du Fils unique de Dieu efface tous nos péchés.

Mais que peut attendre celui qui n'a pas revêtu le Christ par la foi?

Certains prétendent que les rebelles, après leur résurrection, seront annihilés. L'euthanasie post-mortem (!) pour éviter des souffrances, ou plus exactement pour éviter de porter le poids éternel de la culpabilité et de l’infamie devant le Dieu vivant.
Mais serait-il convenable qu'après avoir passé leur existence à outrager le Très-Saint, le Seigneur Dieu, des créatures puissent échapper à leur responsabilité, comme si de rien (ou presque)?...

D'autres imaginent qu'il y aura une réhabilitation finale de toutes les créatures, après un temps pour punir celles qui auront quitté cette vie dans l'impiété. Comme si, par exemple, le péché pour lequel il n'y a pas de pardon allait finalement être oublié !

Astucieuses doctrines par lesquelles on tente d'éviter d'embraser contre soi l'indignation du monde et par lesquelles on aide les pécheurs à consolider leurs vains espoirs d'échapper aux conséquences de leurs actes !

Aussi, quoiqu'elle ne s’appesantisse pas sur ce sujet, l’Église doit rejeter ces mythes. Lorsqu'il est dit que le Seigneur a dû venir porter le poids de nos fautes (a), qu'il jugera les vivants et les morts et que le pardon des péchés est lié à la foi en l’Évangile baptismal (b), cela veut dire que:

a) le poids de le faute originelle, de laquelle foisonnent des myriades d'autres fautes, est insurmontable pour de simples hommes, d'autant que ces fautes sont commises contre le Dieu éternel.
b) Que si tous seront jugés -- au sens où ils comparaîtront devant Lui (2 Corinthiens 5. 10), cela implique que ceux qui n'auront pas cru seront jugés -- au sens où ils seront condamnés : Jean 3. 18. Condamnés à la mesure de leurs crimes, qui sont des crimes envers l'être éternel et adorable, et pour cela punis éternellement, dans le corps et dans l'âme.

Bien des impies ont finalement protesté contre cette vérité scripturaire, en l'accusant d'être un épouvantail destiné à obtenir des conversions fondées sur la peur. Si nous tenons cette doctrine, ce n'est pas pour "faire peur" mais pour souligner le caractère éminemment sérieux de l'existence humaine, pour faire sentir la réelle gravité du péché, et parce qu'une prédication de l’œuvre du Christ qui ne nous sauverait finalement pas de grand-chose, serait une prédication rabougrie et indigne de ce qu'a fait pour nous notre Seigneur.



2. De l'espérance chrétienne véritable

Si les hommes naturellement issus d'Adam sont solidaires de la faute damnable de celui-ci (cf. Confession d'Augsbourg, article 2 ; Éphésiens 2. 3) et la déclinent, toute leur vie durant, en un éventail de vices affreux, reste la grâce de l’Évangile qui nous fait renaître spirituellement en Christ, pour que sa justice nous soit imputée à salut (Romains 5). Et non seulement cela, mais pour que sa sainteté soit également infuse en nous, et produise des fruits qu'il plaira encore à Dieu de couronner en ses saints, par divers degrés de gloire, dans son Royaume.

C'est ici qu'il convient de souligner, comme le fait le Credo, que cette félicité est à la fois spirituelle et à venir ; que le paradis de Dieu ne saurait consister en une société utopique ici-bas, dans une Histoire qui est au contraire marquée par la flétrissure du péché et de la mort.

Sont donc à rejeter les illusions millénaristes, et notamment le post-millénarisme qui promet collectivement un avenir meilleur, un âge d'or ici-bas, loin de l'adversité et des persécutions.

Plus terrible encore, le tristement célèbre "évangile de la prospérité" (doctrine aussi connue sous le nom de "Parole de foi" / sic) et les fausses promesses de gloire et de richesses matérielles qu'il fait miroiter présentement à des individus désespérés. Contre l'esprit infâme qui meut cette secte, la Bible nous rappelle que l'avarice et la soif de gains sont des péchés pour lesquels les hommes seront condamnés. Qu'ils sont aussi des pièges donnant une amorce aux discours des faux-docteurs et des faux-prophètes. Tout cela se voit dans ce mouvement où Dieu l'on prétend instrumentaliser Dieu lui-même pour accomplir son désir sordide de devenir riche.

Et riche de quoi? De tout ce qui nous rend pauvres devant Dieu : riche d'une idole jalouse de ses droits, avide de grandir et d'être adorée comme un veau d'or.

Vous ne pouvez servir Dieu et l'argent (Matthieu 6. 24) et : gardez-vous des idoles (1 Jean 5. 21); telles sont les assertions scripturaires qui doivent nous éloigner des discours maudits, par lesquels nos regards sont éloignes des cieux.

De même : Si quelqu'un veut venir après moi, qu'il renonce à lui-même, qu'il se charge de sa croix, et qu'il me suive (Matthieu 16. 24). Telles sont les paroles qui doivent nous garder dans le seul vrai évangile, celui de la croix que le disciple prend à la suite de son Seigneur, avec l'assurance que celui-ci effacera dans son royaume les larmes qu'il aura versées ici-bas.


Bucerian



vendredi 9 août 2019

Pourquoi le Messie ne viendra pas

Maquette du second temple de Jérusalem

La gloire de cette dernière maison sera plus grande que celle de la première, dit l'Éternel des armées; Et c'est dans ce lieu que je donnerai la paix, dit l'Éternel des armées.

Aggée 2 : 9




En septembre 2012, des rabbins avaient lancé un appel à la prière pour faire venir le Messie. Malgré un échec évident, l’initiative est reprise cette année:






Nous savons que, cette fois encore, cette prière (qui déplaît à Dieu pour l'incrédulité qu'elle affiche envers son Fils Unique) n'aura pas le résultat escompté. Pour quelle raison? C'est ce que la charité chrétienne nos oblige à expliquer ici brièvement.

En premier lieu, le Messie ne pourrait pas venir de nos jours, simplement parce que les prophéties annoncent qu'il entrera dans son temple (Malachie 3 : 1); or il n'y a actuellement plus de temple à Jérusalem, mais (à sa place) la mosquée al Aqsa. Or la mosquée Al Aqsa n'est pas le temple de Dieu.

Ce point appelle bien sûr une autre question : se pourrait-il que le Messie vienne malgré tout à l'avenir, dans un hypothétique troisième temple érigé à Jérusalem?...
La réponse est également négative, parce que:

a) Le prophète Daniel (chapitre 2) annonce quatre empires universels qui devaient se succéder (notamment sur la terre sainte) depuis son époque jusqu'au Messie et son règne. Ces quatre dominations furent celles des Chaldéens, des Médo-Perses, des Grecs - ou Macédoniens - et des Romains. L'islam, qui constituerait valablement un cinquième empire, est ignoré; cela indique que le règne du Messie a débuté avant l'avènement de Mahomet, au VIIe siècle.

b) La prophétie des 70 semaines, renfermée dans le même livre (chapitre 9) prouve que la venue du Messie devait précéder la destruction du second temple de Jérusalem, laquelle advint en 70 de notre ère - soit il y a près de 1950 ans!

Or le seul Messie venu avant cette date, ayant apporté la Justice éternelle par son sacrifice (cf. Ésaïe 53) et ayant accompli le miracle inouï de ruiner le paganisme en amenant les âmes du monde entier au Dieu d'Abraham, d'Isaac et de Jacob  (cf. Ésaïe 49 : 6/ Genèse 49 : 10), s'appelle Jésus-Christ.


Bucerian



samedi 3 août 2019

Orthodoxie, libéralisme et piété crypto-libérale



Le principal danger pour l'orthodoxie n'est probablement pas l'ennemi déclaré - c'est-à-dire le libéralisme et son incrédulité crasse - mais plutôt le faux-ami, l'espèce de piétisme qui partage assurément la croyance à la véracité de la Bible et des miracles mais qui, in fine, conteste, nie et détricote tout autant la foi transmise aux saints que ne le fait le libéralisme.
Parmi les (sans doute nombreux) exemples que j'aurais pu tirer, figure le cas tragique de Frédéric Godet (1812-1900). Connu pour ses travaux, notamment la monumentale Bible de Neuchâtel, dite "Bible annotée", opposé à l'hyper-critique libérale sur la véracité - notamment historique - des Écritures, Frédéric Godet pourrait passer pour un champion de la foi en des temps obscurs.
Pourtant, on ne peut ignorer qu'il fut surtout le champion de la doctrine kénotiste, professant ainsi un christ (Dieu transsubstantié en homme) qui n'est pas celui que l’Église a confessé au concile de Chalcédoine.


Loin de moi l'idée de m'acharner sur la mémoire de Frédéric Godet, ou même de son collègue Augustin Gretillat (1837-1894), mais enfin, il n'est pas inutile de se demander quel témoignage cohérent (et donc solide) une Église peut bien espérer donner au monde, si elle s'associe à des personnes qui s'autorisent ainsi à rejeter sa christologie pour en réinventer une toute fantaisiste...
A notre époque encore, il existe même dans les dénominations libérales des pasteurs et théologiens qui suscitent de faux espoirs chez certains fidèles, par le fait qu'ils partagent apparemment, avec nous autres orthodoxes, une ardente ferveur pour les Écritures... Mais cette ferveur s'arrête le plus souvent à une mauvaise mystique et un enthousiasme pour les élans charismatiques, tandis qu'au chapitre de la vraie foi, c'est le désert.
Pas étonnant qu'avec de tels "amis" pour la subvertir, l'orthodoxie n'ait fait que diminuer...
Bucerian

mercredi 31 juillet 2019

Annotation Credo # 50


Le Jugement dernier


Il a déjà été dit que les chrétiens attendent une seule résurrection des morts, qui arrivera au dernier jour, lors du seul retour du Seigneur (nous ne faisons en effet aucun cas des scenarii fantaisistes des millénaristes, qui imaginent plusieurs retours, plusieurs résurrections, etc.), et que tous les hommes ayant vécu depuis le premier jour de l'Humanité, comparaîtront alors pour être jugés selon leurs œuvres. 
En disant selon ou conformément à leurs œuvres (1Pierre 1. 17),  nous disons que personne ne pourra se plaindre d'avoir été injustement traité : l'impie ira en enfer ; comment pourrait-il s'en plaindre ?
Le juste ira à la vie éternelle : cela serait-il contraire avec la vie sainte qu'il aura commencé à mener ?

Toutefois, c'est une chose d'être ainsi jugé conformément à ses œuvres, et c'en serait une autre d'être jugé sur le fondement de ses œuvres. Et de fait, bien que les impies seront condamnés pour leurs péchés, les justes, placés dans l'alliance de grâce, ne devront leur Salut qu'à la Justice du Christ, parce qu'elle leur est (et leur sera) gratuitement imputée, par le seul moyen de la foi en Lui. La confession d'Augsbourg (article 6) souligne cet article avec soin, disant qu'il est résolu de Dieu que celui qui croit en Jésus-Christ sera sauvé, non par les œuvres, mais par la foi seule, en recevant gratuitement la rémission de ses péchés.
Sans doute les œuvres des saints seront-elles la manifestation et l'emblème de leur foi - tout comme les mauvaises œuvres confondent l'hypocrisie des faux-frères (cf. Tite 1. 16); pour cette raison, c'est en rappelant ces œuvres que la foi ou l’incrédulité des hommes sera mise en lumière (Matthieu 25. 31-46). Mais cela ne veut pas dire que le fondement du salut des hommes sera autre chose que cette foi même, et cette foi seule.

Il est certain qu'il faut veiller à toujours affirmer ce point avec zèle et clarté, d'autant que Rome n'a jamais cessé d'enseigner les hérésies du concile de Trente sur le sujet et que, de leur côté, les dénominations libérales aident Rome à gagner la confiance de plusieurs âmes, en les persuadant (par des supercheries comme la Déclaration conjointe sur la Justification par la foi, signée en 1999) que la divergence doctrinale sur  cet article capital est maintenant dépassée et résolue.
En outre, d'influents théologiens (comme le baptiste John Piper, ou l'anglican N. T. Wright, etc.) insinuent de nos jours que le fondement de notre salut sera finalement autre (au dernier jour) que le fondement de notre justification actuelle ; que le fondement de l'une est la foi seule, tandis que le fondement de l'autre sera la foi et les œuvres.
C'est ainsi qu'ils affirment, contre les conclusions protestantes traditionnelles (cf: Confession Helvétique Postérieure 16. 8 ; Formule de Concorde, Solida Declaratio III. 52) non pas simplement que les personnes sauvées feront nécessairement de bonnes œuvres, mais plutôt que les bonnes œuvres sont nécessaires au salut d'une personne. La nuance peut sembler insignifiante, mais elle est grande dans l'effet qu'elle produit. La première phrase exhorte sainement les chrétiens et démasque les hypocrites, tandis que la seconde rouvre les portes à l'hérésie tridentine (cf : Concile de Trente, 6e session, chapitre 8).


Bucerian


lundi 29 juillet 2019

La charité du Vatican

"Tu recueilleras chaque €uro avec soin".
Catéchisme de Mamon, article 1.



Paris : le Vatican veut expulser une locataire ainsi que son frère et sa sœur handicapés.


« Nous avons été les premiers locataires », se rappelle avec émotion Pascale, contrainte de quitter les lieux fin août alors qu'elle, sa sœur et son frère - adultes handicapés à sa charge - n'ont aucune solution de relogement.
(...)
Ces locataires ne peuvent plus régler leur loyer depuis… avril 2015. « Une série d'accidents de la vie », résume Pascale qui a dû s'occuper de ses parents (aujourd'hui décédés) puis de sa sœur et de son frère.
(...)
Pascale sait qu'il leur est impossible de rester dans cet appartement. « Oui, mais si je dois partir maintenant, on se retrouve à la rue avec mon frère en attente d'une greffe de rein »
Pour lire l'article: ici.


Pour résumer : lorsqu'on est le siège social de Satan, c'est pour toujours. Lessiver l'argent sale des mafias, fermer les yeux autant que possible sur des brigades de pédophiles et cautionner de facto, par sa rhétorique, les activités des passeurs en Méditerranée est le seul service que l'on sait rendre à son prochain.

Bucerian