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Concorde de Wittenberg (addendum)

J'ai fait valoir, dans un précédent billet, que le maintien (ou la réaffirmation) de la Concorde de Wittenberg, présentait un double avantage: D'une part , il permet d'immuniser les Églises protestantes contre le zwinglianisme - dans lequel sont retombés nombre de théologiens Réformés par la suite (Dabney, Hodge, Cunningham...) D'autre part , la Concorde permet au protestantisme d'opposer un front uni à Rome et aux autres sectes. Il convient de noter que ce double avantage en emporte un troisième: garantir l'unité du protestantisme orthodoxe , dans les termes connus et approuvés par les Réformateurs eux-mêmes - par opposition aux accords récents, comme celui de Leuenberg (1973!), qui fédèrent un "protestantisme" libéral dans des termes qui n'engagent que les artisans de ce dernier. La question pour le protestantisme aujourd'hui est donc de savoir si ses membres veulent pouvoir s'asseoir à la même table d' une pa...

Ascension 2019

Joyeuse fête de l'Ascension à tous! Que cette journée soit l'occasion de nous édifier dans l'espérance qui nous est donnée en Christ, par sa parole. A quoi nous sert l'ascension du Christ? Catéchisme de Heidelberg, q. 49 D'abord, nous avons au ciel, en Christ, notre avocat devant la face de son Père; ensuite, ayant ainsi notre chair au ciel, nous avons un gage assuré que lui, la Tête, nous élèvera à lui, nous aussi, ses membres; et enfin, nous ici-bas nous recevons, en retour, son Esprit, comme un gage par la force duquel nous cherchons, non pas les choses qui sont de la terre, mais celles qui sont en haut, là où le Christ siège à la droite de Dieu. Mes petits enfants, je vous écris, afin que vous ne péchiez pas. Et si quelqu'un a péché, nous avons un avocat auprès du Père, Jésus-Christ le juste. Il est lui-même victime expiatoire pour nos péchés, non seulement pour les nôtres, mais aussi pour ceux du monde entier. 1 Jn 2:1-2 Qui les condamner...

29 mai 1536: Concorde de Wittenberg

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Incapables de s'entendre sur la doctrine de la Cène (colloque de Marbourg, 1529), les protestants avaient été divisés à Augsbourg. Les Suisses et les théologiens de la Haute Allemagne, pour qui le Ressuscité n'était présent dans la Cène que “ par la contemplation de la foi ” (Zwingli, De Fidei Ratio, 23), c'est-à-dire: en pensées, ne pouvaient pas souscrire à la Confession qui enseigne au contraire une présence réelle ou objective (article 10) que la foi, au lieu de constituer (ou, pour le cas de Zwingli: de simuler), se contente de recevoir à salut. En 1536, les Réformateurs de Haute Allemagne et quelques Suisses (comme l’Église de Bâle) finirent par se réconcilier avec Luther et ses confrères sur ce sujet. Avec cette Concorde, qui reçut ensuite le soutien de Jean Calvin (voir: Herminjard, correspondance, tome VI, page 132: Exemplar excusasionis quae praefationi inseretur ), l'ensemble du protestantisme était uni derrière la Confession d'Augbsou...

Mai-juillet 381: le concile oecuménique de Constantinople

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“ Ne savez-vous pas que vous êtes le temple de Dieu, et que l'Esprit de Dieu habite en vous ?” (1 Corinthiens 3: 16) Le deuxième concile oecuménique, convoqué par l'empereur Théodose Ier et présidé successivement par Mélèce Ier d'Antioche, Grégoire de Nazianze, puis par Nectaire, s'est tenu du mois de mai au mois de juillet de l'an 381, dans la capitale impériale: Constantinople (aujourd'hui Istanbul, Turquie). En plus d'établir un nouvel évêque pour Constantinople, l'objet principal du concile était de juger une hérésie dérivée de l'arianisme, celle des pneumatomaques. Ceux-ci enseignaient, à l'instar de Macédonius (évêque de Constantinople jusqu'en 360), que l'Esprit saint n'était qu'une créature tirée du néant et inférieure aussi bien au Père qu'au Fils. Contre ces thèses, les 150 Pères du concile (tous orientaux) affirmèrent la divinité du Saint-Esprit et complétèrent le Credo d...

Annotation Credo # 44

Attente et évangélisation Non seulement l'attente de la vie future ne saurait conduire les saints à la démission (annotation n° 43) mais encore, elle doit être marquée par l'accomplissement de la grande mission que leur a confié le Seigneur avant son Ascension: " Allez, faites de toutes les nations des disciples (...) " (Matthieu 28. 19). La vérité qui dérange   Faire des disciples, amener les âmes à Jésus-Christ et contribuer à leur édification : cette sainte mission n'appartient pas uniquement aux ministres de l’Évangile que sont les pasteurs, mais bien à chaque membre de l’Église, appelé à témoigner (en parole et en exemples), dans sa vie quotidienne, de sa foi.  Le but de l'âme chrétienne, en témoignant et en cherchant à faire des disciples, n'est pas celui des pharisiens (cf. Matthieu 23. 15); il n'est pas question de se glorifier d'avoir enrôlé quelqu'un, d'en faire son élève - presque sa chose - et de grossir les ...

20 mai: ouverture du synode de Nicée, 1er concile oecuménique

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“ Voici, la vierge sera enceinte, et elle enfantera un fils, et on le nommera EMMANUEL , ce qui signifie: DIEU AVEC NOUS. ” (Matthieu 1. 23) Le premier concile oecuménique, ou universel, fut convoqué par l'empereur Constantin et présidé par l'évêque Osius de Cordoue. Il s'est tenu du 20 mai au 25 juillet 325, dans la ville de Nicée - actuellement Iznik, en Turquie. L'objet principal du concile était de juger l'hérésie arienne (du nom d'un prêtre d'Alexandrie, Arius), pour qui le Fils de Dieu était une créature tirée du néant et susceptible de changement. Lors d'un concile local qui excommunia Arius et ses sectateurs, Alexandre, évêque d'Alexandrie, mettait ainsi en garde contre ces hommes qui “avancent avec la dernière témérité, et sans pouvoir l'appuyer par l'autorité de la sainte Ecriture, que Dieu n'a point toujours été Père, mais il y a eu un temps auquel il ne l'était point” et qu...

Inénarrable EPUF...

Les élections européennes approchent. Fait surréaliste: de prétendues Églises, habituellement si promptes à abandonner chacun à ses ''convictions'', à accueillir toutes les sortes de croyances et de morales individuelles et contradictoires (et à les valoriser comme des richesses inestimables!), publient et diffusent une sorte de guide à travailler "pour soi ou en Église" (sic) et orienter (?) ainsi le vote de leurs infidèles. De là à conclure que tout ce qui est adoré en ces loges profanes est la déesse Europe et sa révélation des droits de l'Homme, il n'y a qu'un pas... Bucerian

Annotations Credo # 43

Nous attentons la résurrection des morts et la vie du siècle à venir Après avoir rappelé la magnifique assurance du Salut que nous avons par la foi en Jésus-Christ, le Credo tourne nos regards vers l'attente de la félicité qui nous est réservée. Le domaine de ce salut étant au-delà de l'Histoire et du monde présents (1), il n'est pas question d'en espérer la jouissance ici-bas autrement que par l'espérance (2). Pourtant, contrairement à ce qui existe dans de nombreux mouvements apocalyptiques, cette attente n'est de nature ni démissionnaire, ni suicidaire (3).  1. L'attente de la Résurrection Certaines dénominations ont développé de laborieuses spéculations pour fonder une eschatologie riche en rebondissements. Certaines n'hésiteraient pas à ériger ces opinions en articles de foi, veillant à ce que chacun admette que le Seigneur reviendra ressusciter certains morts et établir un règne terrestre de 1000 ans avant de ressusciter finalement ...

La foi de l'Eglise chrétienne

Une récente enquête donne une idée de l'état de délabrement spirituel des dénominations "historiques" en Europe. C'est l'occasion pour nous de rééditer ce billet, paru il y a plus d'un an sur notre blog: Certes, une Église doit être dotée d'une confession de foi, si elle ne veut pas être confondue avec un vulgaire club maçonnique. Mais si l’Église concernée ne veut pas devenir une malheureuse secte, encore doit-elle connaître le centre de gravité et la juste perspective du confessionnalisme. Or, le seul Credo de l’Église UNIVERSELLE est celui que cette même Église a unanimement formulé: le Symbole inaltéré de Nicée-Constantinople, dont l'existence même constitue la condamnation du libéralisme théologique. Le propos du Symbole a été réaffirmé et précisé (sans que le Symbole ne soit remplacé ) par les affirmations des conciles UNIVERSELLEMENT reçus, tenus contre les hérésies nestorienne, pélagienne, monophysite, origéniste, mo...

Sola Fide.

Nous trouvons, dans les Mémoires de Luther (traduite s par Jules Michelet) le compte rendu d'une discussion entre le réformateur de Wittenberg et son collaborateur, Philippe Mélanchthon.   En date de l'an 1536, cet échange édifiant nous rappelle combien précieuse est la saine doctrine de l'Evangile et combien il nous faut toujours rester en garde et veiller pour ne pas en être tentés et/ou éloignés, dans notre faiblesse, par les raisonnements et les discours séduisants des hommes. MELANCHTHON trouve probable  l'opinion de saint Augustin, qui soutient "que nous sommes justifiés par la foi, par la rénovation" et qui, sous le mot de rénovation, comprend tous les dons et les vertus que nous tenons de Dieu ( Mélanchthon fait remarquer que saint Augustin n'exprime pas cette opinion dans ses écrits de controverse). "Quelle est votre opinion?" demanda-t-il à Luther. "Tenez-vous, avec saint Augustin, que les hommes sont ...

Annotations Credo # 42

De la nécessité du baptême Fondé sur les Écritures saintes (Actes 2. 38-39), le Symbole de Nicée-Constantinople professe que le baptême, par lequel nous sommes solennellement reçus en l’Église, est donné pour la rémission des péchés . Précisant ce Credo, la Confession d'Augsbourg déclare que le baptême est nécessaire au salut (article 9) : personne en effet ne peut hériter de la vie tant qu'il se tient en dehors de l’Église et que, persistant dans l'incrédulité, ses fautes ne lui sont point pardonnées. Cela ne veut pas dire que ceux qui croient l’Évangile, mais qu'une raison particulière empêche de recevoir le baptême, ne seront pas sauvés (l'homme est sauvé par la foi seule : Luc 23. 43!); mais, simplement, que le baptême signe ordinairement l’Évangile du Salut dans la personne des fidèles. L’Évangile de Marc (Marc 16. 16) résume cette nécessité de principe par cette promesse: Celui qui aura cru et qui aura été baptisé sera sauvé ; mais cel...

Christ est Ressuscité!

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Homélie de saint Jean Chrysostome, archevêque de Constantinople, pour le saint et grand jour de la Pâque. Que tout homme pieux et ami de Dieu jouisse de cette belle et lumineuse solennité. Tout serviteur fidèle, qu'il entre avec allégresse dans la joie de son Seigneur. Celui qui a porté le poids du jeûne, qu'il vienne maintenant toucher son denier. Celui qui a travaillé depuis la première heure, qu'il reçoive aujourd'hui le juste salaire. Celui qui est venu après la troisième heure, qu'il célèbre la fête dans l'action de grâce. Celui qui est arrivé après la sixième heure, qu'il n'ait aucun doute, il ne sera pas lésé. Si quelqu'un a tardé jusqu'à la neuvième heure, qu'il approche sans hésiter. S'il a traîné jusqu'à la onzième heure, qu'il n'ait pas honte de sa lenteur, car le Maître est généreux, il reçoit le dernier comme le premier; il accorde le repos à l'ouvrier de l...

Vendredi saint

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Jésus comparut devant le gouverneur. Le gouverneur l'interrogea, en ces termes: Es-tu le roi des Juifs? Jésus lui répondit: Tu le dis. Mais il ne répondit rien aux accusations des principaux sacrificateurs et des anciens. Alors Pilate lui dit: N'entends-tu pas de combien de choses ils t'accusent? Et Jésus ne lui donna de réponse sur aucune parole, ce qui étonna beaucoup le gouverneur. A chaque fête, le gouverneur avait coutume de relâcher un prisonnier, celui que demandait la foule. Ils avaient alors un prisonnier fameux, nommé Barabbas.    Comme ils étaient assemblés, Pilate leur dit: Lequel voulez-vous que je vous relâche, Barabbas, ou Jésus, qu'on appelle Christ? Car il savait que c'était par envie qu'ils avaient livré Jésus. Pendant qu'il était assis sur le tribunal, sa femme lui fit dire: Qu'il n'y ait rien entre toi et ce juste; car aujourd'hui j'ai beaucoup souffert en songe à cause de lui. Les prin...

Jeudi saint

Collecte Jeudi saint Epître : ICor.11/17-34 Evangile : saint Luc.23/1-49 Père Éternel, la Passion et la Mort de ton Fils ont produit, chez leurs témoins, le repentir et la foi en sa parole de pardon, leur octroyant, ainsi, le salut. C’est pourquoi, nous te supplions, humblement, de nous disposer, de la sorte, lors de nos eucharisties, afin que, par la foi aux paroles d’institution du Sacrement, celui-ci devienne l’instrument de notre bénédiction et non de notre condamnation. Nous te le demandons, instamment, par Jésus-Christ, ton Fils, ton Unique, qui vit et règne avec Toi et le Saint-Esprit, un seul Dieu, aux siècles des siècles. Amen.

Annotations Credo # 41

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En rémission des péchés. Être pardonné de ses péchés (c'est-à-dire : ne pas se voir imputer ses péchés) c'est pourvoir s'approcher de Dieu dans la paix ; c'est être sauvé (Romains 4. 7-8) ! Voilà ce que nous avons par le sang du Christ , lorsque nous croyons en Lui, selon qu'il est écrit : Dieu a tant aimé le monde qu'il a donné son Fils Unique, afin que quiconque croit en Lui ne périsse pas, mais qu'il ait la Vie éternelle (Jean 3. 16). La véritable doctrine évangélique se caractérise donc par ces deux points: a) Elle glorifie le Christ en n'attribuant à nul autre qu'à Lui, par sa mort et sa résurrection, la cause du Salut. b) Elle procure la paix des consciences en assurant l'âme croyante du fait que, si grand que puisse être son péché, son Salut reste néanmoins assuré par la valeur, infiniment plus grande, du sang du Christ. Or cet honneur du Christ d'être notre parfait sauveur, et cette bienheureuse assurance...