Confession d'Augsbourg - 496 ans
A l'approche du cinquième centenaire de la Confession d'Augsbourg, une sérieuse mise au point semble nécessaire. Car certains semblent penser que le XVIe siècle aurait été le nouveau point de départ du travail confessionnel de l’Église, voire de l’Église elle-même. Contre cela, il faut rappeler que la confession de foi des antiques Églises de Palestine (et plus particulièrement celle de Césarée), précisée lors des conciles de Nicée (en 325) et de Constantinople (381) est et reste la Confession de foi solennelle du christianisme historique. Par leurs évêques, les Églises du monde entier ont "sanctuarisé" ce Credo, le reconnaissant matériellement suffisant et formellement inaltérable (décrets des conciles de Chalcédoine et de Constantinople III), de sorte que la Confession d'Augsbourg n'abroge nullement ce Credo, ni ne le remplace. Elle ne fait que préciser son article baptismal, comme les anciens conciles avaient précisé son article christologique.
De même, il ressort de notre Confession que la réforme protestante a été un retour à la tradition apostolique plutôt qu'une tentative d'aggiornamento. Rejet des innovations de la Réforme grégorienne et non entreprise de soumission à des philosophies et des modes mondaines.
Loin de toute démarche révolutionnaire ou "restaurationniste", le protestantisme doit être lu dans cette profondeur historique qui fait de sa Confession le septième concile œcuménique plutôt que le premier d'une nouvelle série. "Pierre Chaunu concluait pareillement : « Du côté protestant, on peut dire que le (...) concile s'est tenu à Augsbourg et qu'il a abouti le 25 juin 1530 à une définition claire des éléments dogmatiques de la foi chrétienne » (L'aventure de la Réforme, Hermé, Paris, 1986). "
(Principe du discours dogmatique, § 39)


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