Confessio Bohemica (Partie 7: De la vie consacrée dans l'attente du Seigneur)
ARTICLE XX — De l’autorité civile
Nous
confessons que l’autorité politique est une institution de Dieu, et que
tous les hommes (c’est-à-dire toute personne, sans aucune exception)
doivent lui obéir comme à une ordonnance divine.
Cette obéissance
n’est pas due seulement à cause de ses commandements et pour éviter les
peines temporelles, mais surtout à cause du commandement de Dieu et afin
de conserver devant Dieu une bonne conscience.
Selon la volonté de
Dieu, nous devons donc lui être soumis et tenus de lui obéir, afin que,
placés sous son gouvernement, nous puissions mener une vie paisible dans
un état chrétien, en toute piété et honnêteté.
(Référence : 1 Timothée 2.)
Article XXI – Du mariage
Nous enseignons que le mariage est une union légitime, ordonnée par Dieu, entre deux personnes libres, un homme et une femme. Cette institution est destinée à tous les êtres humains qui, selon la nécessité et l'ordre établis par Dieu, souhaitent se marier, à moins qu'ils n'en soient empêchés par un privilège particulier de Dieu.
En effet, Dieu lui-même a institué le mariage de manière sainte et immaculée. Il est écrit dans la Genèse : « Il n'est pas bon que l'homme soit seul » (Gn 2,18). Et encore : « C'est pourquoi l'homme quittera son père et sa mère, s'attachera à sa femme, et les deux deviendront une seule chair. »
L'apôtre Paul dit aussi : « À cause de l'inconduite, que chacun ait sa propre femme, et que chaque femme ait son propre mari. »
Nous estimons donc que les prêtres et les autres ministres de l'Église, s'ils ont reçu le don de la continence, doivent le conserver avec soin. Toutefois, ceux qui reconnaissent leur faiblesse et qui ne possèdent pas ce don de la continence peuvent, conformément à la nature humaine commune et au témoignage constant des Saintes Écritures, contracter mariage.
L'apôtre Paul dit encore : « Il vaut mieux se marier que brûler. » Ainsi, lorsqu'il est conclu dans la crainte de Dieu, le mariage est une chose bonne, pure et sainte. En revanche, lorsqu'il est utilisé de manière impie ou en contradiction avec l'ordre divin, il devient une source de désordre.
C'est pourquoi nous estimons qu'il faut accueillir le mariage comme une institution de Dieu et un bon exemple pour les fidèles, conformément à l'enseignement du Seigneur.
Article XXII – De la mémoire des saints
Nous confessons également que la mémoire des saints, dans la mesure où elle nous invite à imiter leur foi et leurs bonnes œuvres, doit être conservée dans l'Église pour la plus grande édification des fidèles.
En revanche, nous ne devons pas invoquer les saints, ni recourir à eux.
Car nous devons invoquer Dieu seul et nous adresser à lui seul, puisqu'il est notre Seigneur et notre Dieu. Comme le dit l'Écriture :
« Tu adoreras le Seigneur ton Dieu, et c'est lui seul que tu serviras. »
Et ailleurs :
« Invoque-moi au jour de la détresse ; je te délivrerai, et tu me glorifieras. »
C'est pourquoi nous ne devons pas invoquer les saints comme médiateurs.
En effet, les Saintes Écritures nous présentent un seul Médiateur et Intercesseur auprès de Dieu, notre Seigneur Jésus-Christ, et elles nous montrent qu'il est l'unique médiateur.
Article XXIII – Du jeûne
Nous confessons que le jeûne sacré est une pratique bonne et très utile.
Premièrement, il sert à exercer et à maîtriser la chair, afin qu'elle ne se livre pas à des désirs contraires à l'Esprit.
Deuxièmement, il nous rend plus aptes aux saintes prières, à une méditation attentive des choses divines et à la contemplation des réalités célestes.
Troisièmement, il est une manière de déclarer et de témoigner devant Dieu de l'humiliation de notre cœur, de la confession de nos péchés et de notre indignité devant sa majesté.
Il existe deux sortes de jeûne.
Le premier est le jeûne privé, lorsque quelqu'un, pour l'une des causes déjà mentionnées (et surtout pour la première), jeûne seul ou avec sa famille, chaque fois que la nécessité l'exige ; c'est là un usage pieux et légitime.
L'autre est le jeûne public, lorsque toute l'assemblée de l'Église de Dieu, en raison d'une nécessité commune, d'une calamité imminente ou d'un grave jugement divin annoncé, se tourne unanimement vers Dieu, par notre Seigneur Jésus-Christ, avec une véritable repentance, manifestée extérieurement.
Comme l'enseigne le prophète, chacun doit alors confesser devant Dieu, d'un cœur sincère, dans le jeûne, les larmes et le deuil, son humiliation intérieure comme extérieure, suivant les nombreux exemples des Écritures de l'Ancien Testament et de l'Église primitive.
Cependant, le jeûne ne consiste pas seulement dans la tempérance et une frugalité modérée, qui sont certes des dons de Dieu et conviennent en tout temps aux chrétiens, dont la vie entière devrait être comme un jeûne continuel, selon l'exhortation du Seigneur aux fidèles :
« Prenez garde que vos cœurs ne s'appesantissent par les excès de table et l'ivresse. »
Lorsque nous parlons ici de tempérance, nous entendons une abstinence plus grande encore dans tout ce qui nourrit les désirs de la chair, et surtout dans la nourriture et la boisson. Il est alors permis de se priver, pour un temps, même d'aliments par ailleurs licites, particulièrement de ceux qui sont à l'origine de l'institution du jeûne corporel et qui demandent une abstinence plus rigoureuse.
On se contente alors d'une nourriture simple et modeste ; on ne recherche aucun raffinement dans les mets ou les boissons. Et, dans l'usage de cette nourriture simple, on observe une plus grande sobriété qu'à l'ordinaire.
Il faut toutefois veiller avec soin à ce que le véritable usage des saints jeûnes demeure dans l'Église de Dieu : que le peuple de Dieu sache et reconnaisse pour quelle raison il doit jeûner, qu'il comprenne en quoi consiste véritablement le jeûne, et qu'il ne tombe pas dans l'erreur de placer le culte de Dieu uniquement dans le jeûne extérieur, sans la piété intérieure.
Article XXIV – De la résurrection des morts et du Jugement dernier, etc.
Nous croyons que notre Seigneur Jésus-Christ viendra dans la gloire à la consommation (à la fin) de ce monde pour juger tous les hommes, et que tous les morts ressusciteront également.
Alors, il donnera aux pieux et aux élus de Dieu la vie éternelle et une joie qui durera pour toujours.
Quant aux hommes impies, il les condamnera avec les démons à être tourmentés éternellement, sans aucune fin.
ARTICLE XXV – De la vie éternelle
Nous confessons et croyons de tout notre cœur, avec une grande consolation, qu'après cette vie temporelle il existe une vie éternelle, pleine de joie et de bonheur, préparée de toute éternité pour tous ceux qui croient au Fils de Dieu, Jésus-Christ. C'est cette vie que le Fils unique de Dieu nous a acquise par sa mort et par sa parfaite obéissance ; il l'a préparée pour nous et nous en a ouvert l'accès.
Nous croyons également et confessons avec une entière certitude qu'il n'existe aucun autre moyen d'entrer dans cette vie éternelle ni de l'obtenir que par le Christ Jésus notre Seigneur, comme lui-même, notre Seigneur et Sauveur, l'a déclaré en disant :
« Je suis la résurrection, le chemin, la vérité et la vie ; celui qui croit en moi aura la vie éternelle, et celui qui croit en moi ne mourra jamais. »
De même :
« Père, je veux que là où je suis, ceux que tu m'as donnés soient aussi avec moi ; et personne ne les arrachera de ma main. »
Les prémices de cette joie future de la vie éternelle, nous les recevons déjà ici-bas par la foi au Seigneur Jésus-Christ et par la communion du Saint-Esprit, afin que, demeurant en Christ et persévérant dans la vraie foi jusqu'à la fin de notre vie, nous obtenions ensuite la béatitude parfaite dans le Royaume des cieux, lorsque, selon la parole de l'Apôtre, nous verrons Dieu face à face.
C'est pourquoi le Fils de Dieu dit au chapitre 17 de l'Évangile selon Jean :
« La vie éternelle, c'est qu'ils te connaissent, toi, le seul vrai Dieu, et celui que tu as envoyé, Jésus-Christ. »
Et encore, au chapitre 5 :
« Amen, amen, je vous le dis : celui qui écoute ma parole et croit en celui qui m'a envoyé possède la vie éternelle ; il ne vient pas en jugement, mais il est passé de la mort à la vie. »
Cette vie éternelle est remplie d'une joie incompréhensible et ineffable, dont l'Apôtre a dit :
« Ce que l'œil n'a pas vu, ce que l'oreille n'a pas entendu, ce qui n'est jamais monté au cœur de l'homme, voilà ce que Dieu a préparé pour ceux qui l'aiment. »
À lui, qui nous a tous jugés dignes de croire en son Fils unique, notre Sauveur ; à Dieu le Père, qui, avec ce même Fils et le Saint-Esprit, est un seul Dieu vivant et régnant dans les siècles des siècles,
Amen.
Fin.

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