Faut-il dire "Yeshua Hamashiach" ?

 




Certaines personnes se croient sages au point de rappeler que le nom hébreux de Notre Seigneur est Yeshua Hamashiach, et de dire qu'il est important de l'appeler ainsi pour sanctifier son nom. L'un de ces zélateurs, apparemment plus spirituel que tous les auteurs du Nouveau Testament réunis, a même affirmé qu'il était important pour le Salut d'invoquer ce nom là, de cette manière là, car "un nom propre ne se traduit pas". 
Ce jour de Pentecôte me semble être l'occasion idéale pour répondre à ce genre d'excentricités et mettre en exergue les leçons que nous devons tirer des Ecritures inspirées de Dieu.

Premièrement, en disant que "Jésus" n'est pas une traduction du prénom Yeshua, mais une simple transcription, une "francisation" d'autant plus légitime que  les auteurs du Nouveau Testament eux-mêmes n'ont pas hésité à transcrire ce prénom en Grec: Iesous. Traduire "Jésus" en Grec aurait consisté à l'appeler "Soterios". En Français, une tentative de traduction donnerait sans doute quelque chose comme "Salvator". Or rien de tel n'a été fait, même si des hommes animés d'un zèle amer aiment en accuser l’Église.

Deuxièmement, le titre de Christ est bien une transcription du mot grec Christos, lui-même traduction du mot hébreux: "Messie". Et cela est très bien ainsi (autrement, les auteurs inspirés auraient-ils employé ce terme?)

Car, comme l'a souligné Karl Barth dans son Esquisse d'un dogmatique (*), ce prénom hébraïque (Jésus), conservé dans la transcription du Nouveau Testament autant que dans la forme française, nous place d'emblée "dans le cadre de l'histoire et du langage du peuple d'Israël". Voilà qui devrait suffire à écarter tout soupçon de marcionisme.
En revanche, comme l'a souligne Barth,  "le titre "Christ" est d'origine grecque ou, plus exactement, la traduction grecque du terme hébreu "Messie" qui veut dire: l'oint. Il se trouve donc que le complexe "Jésus-Christ" est, par lui-même déjà, l'indice d'un certain tournant historique." C'est une histoire qui "passe au travers d'un petit peuple, Israël, pour déboucher chez les Grecs, c'est-à-dire sur le monde." De même: "il est significatif que l’Église primitive n'ait pas parlé de Jésus le Messie (
Pour les "puristes": Yeshua Hamashiach), mais bien de Jésus-Christ: c'est la porte ouverte sur le monde. Cependant le nom Juif de Jésus demeure, attestant que c'est d'Israël que le Salut s'étend au monde entier."

Pour conclure: invoquer "Jésus-Christ" avec l’Église du Nouveau Testament, c'est donc dire notre foi dans le Seigneur qui a envoyé l'Esprit de Pentecôte, qui a abattu le mur de séparation, ainsi que l'inimitié teintée d'idolâtrie que certains s'emploient à rebâtir.

Bucerian 

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(*)  Je cite cet auteur comme je le ferais avec Origène ou Tertullien.

Commentaires

Alain Rioux a dit…
On préfère encore l'appellation, contrôlée depuis 2000 ans, "Jésus-Christ", d'autant qu'il existe une ville nommée "Yamachiche" au Québec. Or, si Jésus de Nazareth sauve, "Jésus de Yamachiche", ou le Yamachichois, risque de faire triste figure...
Manu a dit…
On pourrait aussi mentionner les sectes hébraïsantes qui affirment que le vrai de nom de Jésus serait « Yahushah » et non « Yeshoua ». Mais le nom hébraïque de Josué (Yehoshua) , éclate en plein vol cette théorie fumeuse mais malheureusement présente sur les réseaux sociaux.
Avec un tel degré d'acharnement ce ne sont plus des lions rugissants ; ce sont des hyènes qui harcèlent les âmes.
La félicité risque d'être bien chiche...

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