Dimanche de la Trinité et foi des baptisés

 



En ce dimanche de la Trinité, une petite réflexion sur ce mystère qui est au cœur de la foi de chaque chrétien:

En raison du rôle pivot que le baptême occupe entre, d’une part, le
Dieu véritable et, d’autre part, la foi qui repose en Lui seul (cf. Éphésiens 4,5), Calvin regardait la parole baptismale comme un fondement suffisant du dogme trinitaire (Institution de la Religion Chrétienne I, xiii, 16). Il rejoignait en cela la conviction de toute la tradition antérieure (cf. St Athanase d’Alexandrie, Lettres à Serapion III, 6 ; St Augustin Contre Maximin, XVI, 2 ; XXII, 3).
Car il est certain, comme il a été dit, que seul le Nom de Dieu doit être invoqué sur son peuple (cf. Nombres 6,27). Or, si la divinité était le propre du Père – à l’exclusion du Fils et de l’Esprit – le baptême chrétien s’en trouverait conféré sur l’autorité et pour la gloire de Dieu associé à deux créatures. Il s’agirait là d’une violation du tout premier commandement (Tu n’auras pas d’autres dieux devant ma face / Exode 20,3) et de tout le monothéisme biblique qui en découle (cf. Deutéronome 6,4 ; Ésaïe 42,8-9, etc.)
Il est donc nécessaire que le Père, le Fils et le Saint-Esprit soient un seul et même être, un même quelque chose : Dieu. On parle ici de consubstantialité du Père, du Fils et du Saint-Esprit. Est ainsi écartée l’erreur des ariens, négateurs de la divinité du Fils.
De même, s’ils sont Dieu, chacun des trois doit être un quelqu’un, c’est-à-dire une personne - étant entendu que Dieu possède toutes les perfections. Est ainsi écartée l’erreur des macédoniens, négateurs de la personnalité de l’Esprit saint.
De plus, ces personnes doivent être en aussi grand nombre et doivent être aussi distinctes que le sont les termes de « Père », de « Fils » et de « Saint-Esprit » - « Père » désignant un principe dont « Fils » est le terme, l’un ne peut pas être l’autre.
Est ainsi écartée l’erreur des modalistes, ou sabelliens, pour qui les trois noms se rapportaient à une seule et même personne dans ses différents rapports avec les hommes.
Enfin, soulignons que chacune de ces trois personnes n’est pas une partie de la nature divine, ni même une substance divine distincte des deux autres – comme la personne de Pierre, qui est une autre substance humaine que celle de Jean. Car les trois personnes ne sont pas seulement de la même substance, ou nature, mais elles sont tout entièrement la même substance - ainsi que l’atteste l’invocation baptismale : « au nom » (au singulier) du Père, du Fils et du Saint-Esprit. C’est pourquoi les Pères ont encore confessé que chacune des personnes demeure en l’autre, sans confusion ni séparation (périchorèse), selon la parole du Seigneur : « Je suis dans le Père et le Père est en moi » (Jean 14,10-11). Est ainsi écartée l’erreur du trithéisme.

Observation : Si telle avait été son intention, Notre Seigneur aurait facilement pu ordonner qu’on baptise « au nom de (son) Père ». Si, comme le prétendent les « Témoins de Jéhovah », l’objet principal de la mission du Christ avait été de remettre à l’honneur l’usage du nom de « Jéhovah », le moyen le plus indiqué aurait été d’ordonner de baptiser « au nom de Jéhovah ». Cette observation est sans appel car, des paroles baptismales, charpente de tout l’édifice dogmatique, il ne ressortira jamais autre chose que la Trinité. Les adversaires auront beau tenter de réinterpréter les paroles baptismales par des passages bibliques censés appuyer leurs vues, leur démarche restera toujours celle d’une déconstruction et d’un reniement plutôt que d’un approfondissement de ces termes initiaux (cf. § 5). Ainsi, on a objecté que les israélites avaient cru en Moïse et avaient été baptisés dans la nuée (Exode 14,31; 1Corinthiens 10,2). Mais Moïse a reçu une certaine foi dans la mesure où il a été une image de celui à qui revient une foi certaine (Deutéronome 18,18): « Ce n'est pas parce qu'on préfigure les réalités divines par de petites choses humaines que la nature de ces réalités serait, du coup, quelque petite chose » (cf. St Basile de Césarée, Traité sur le Saint-Esprit, XIV, 31) [...]

(Principe du discours dogmatique, I. 9). 


Commentaires

Manu a dit…
Ce paragraphe répond à certaines communautés qui placent la Bible comme l’identité du chrétien. Or, le christianisme n’est pas une « religion du Livre » mais de l’Incarnation ! Le baptême est par ailleurs, une parole incarnée qui est octroyée au bénéficiaire.

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