Confessio Bohemica (partie 2: l'homme et son péché)

 


ARTICLE IV — De la chute des premiers parents et du péché originel

Nous croyons aussi et confessons que le premier homme, Adam, a été créé et formé par Dieu dans une parfaite sainteté et innocence ; mais que, par l’instigation du diable, de son plein gré et sans contrainte, il a transgressé le commandement divin.

Par cette désobéissance, il a attiré sur lui-même et sur toute sa descendance la colère de Dieu, et il a livré le genre humain à la mort, tant temporelle qu’éternelle ; c’est de là que toute mort tire véritablement son origine.

Ainsi, tous les hommes, issus d’Adam selon la nature, sont conçus et naissent avec le péché et la mortalité ; et cela non seulement à cause de la fragilité et de la faiblesse de la chair, mais surtout en raison d’une corruption intérieure et d’une dépravation de tout l’homme et de toutes ses facultés.

De sorte que l’homme, ayant perdu la sainteté première de son âme, ainsi que l’innocence et la justice, est désormais privé de tout bien, sans crainte de Dieu, sans confiance en Dieu, soumis au péché et enclin par nature à la concupiscence mauvaise.

Ce péché originel, de même qu’il est véritablement et demeure péché, rend aussi tous ceux qui ne sont pas régénérés par le baptême et le Saint-Esprit objets de la colère de Dieu, et les expose à la mort seconde et à la damnation éternelle.

 

ARTICLE V
Du libre arbitre de l’homme


Nous confessons que l’homme possède un libre arbitre, en ce sens qu’il a la faculté de choisir les choses extérieures civiles, d’exercer une certaine discipline et justice dans les domaines soumis à la raison ; c’est-à-dire que l’homme, dans les choses naturelles (qui sont soumises à la raison, au jugement et à la volonté), peut en quelque manière choisir ce qui est honnête et lutter contre les vices, et rechercher devant Dieu une certaine justification extérieure.

Cependant, sans le Saint-Esprit, il ne peut ni craindre Dieu véritablement, ni se confier en Dieu, ni expulser les désirs mauvais innés. Cela se fait par le Saint-Esprit, qui est donné par la Parole de Dieu. Car l’homme naturel ne perçoit pas les choses de l’Esprit de Dieu ; mais cette justice spirituelle s’accomplit lorsque le Saint-Esprit est reçu dans les cœurs par la Parole de Dieu.



ARTICLE VI
De la cause du péché et de son étendue


Nous confessons que, bien que Dieu soit le créateur et le conservateur de la nature, il n’est pas la cause du péché ; mais la volonté des mauvais, c’est-à-dire du diable et des hommes impies, sans l’aide de Dieu, se détourne de Dieu, comme le dit le Christ dans l’Évangile de Jean, chapitre 8 : « Lorsque le diable dit le mensonge, il parle de son propre fonds. »

Tout péché (c’est-à-dire ce qui est contraire à la loi ou au commandement de Dieu, et qui détourne de Dieu et de la justice parfaite) est une faute très grave et doit être évité au plus haut point. Et nous confessons que Dieu (qui n’a aucun péché) ne veut absolument pas être l’auteur du péché ni qu’aucune créature soit souillée par le péché.
De cette manière, il veut être honoré : ceux qui ne participent pas à la justice parfaite du Christ Seigneur sont, à cause du péché, reconnus comme ennemis et condamnés ; de même que cette volonté immuable et cette justice immuable dans la loi de ses préceptes nous sont présentées.

 

Article VII — De la loi des préceptes de Dieu

Dieu tout-puissant a gravé sa loi éternelle et immuable dans le cœur des hommes ; cependant, non content de cette approbation et de ce témoignage intérieur, il a aussi voulu, pour le bien des hommes dans cette vie temporelle, leur donner une discipline extérieure. Car principalement, par suite du péché, cette image divine en nous a été gravement altérée et obscurcie, et nous sommes devenus étrangers à Dieu ; ainsi, ne reconnaissant plus nos fautes intérieures et extérieures, nous ajoutons chaque jour péché sur péché, attirant sur nous la colère de Dieu et la damnation éternelle.

Mais de là vient aussi que, poussés par le désespoir ou le mépris de Dieu, les fils de Dieu, par la grâce du Saint-Esprit et la véritable contrition du cœur, se convertissent à Dieu, et, par une repentance continuelle et une confession humble à genoux, ils reconnaissent leurs péchés intérieurs et extérieurs. Désirant ardemment s’en libérer, ils se réfugient en Jésus-Christ, le Rédempteur, qui seul peut nous délivrer du péché, de la malédiction de la loi, de la colère de Dieu, de la mort éternelle et de la puissance du diable, et nous réconcilier avec Dieu, nous justifier, nous sanctifier, nous faire participer au Saint-Esprit et nous donner l’héritage de la vie éternelle.

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