Notes sur St Marc (1, 1)
" Commencement de l’Évangile de Jésus-Christ, Fils de Dieu."
Nous commençons cette nouvelle année avec la lecture de l’Évangile selon st Marc. Mais avant de nous pencher sur ce texte, demandons-nous pourquoi nous le lisons.
Je sais en effet pourquoi je le crois: c'est parce que, sans utiliser aucun langage humain, Dieu dit à ma conscience que le témoignage de St Marc est bien vrai. Témoignage direct et suffisant - autant qu'indispensable - du Dieu vivant, seul Maître des consciences.
Mais pourquoi je le lis, pourquoi je suis incité, ou invité, à lire cet Évangile plutôt que (par exemple) celui qui prétend être de St Thomas ? Eh bien! c'est parce que le Dieu qui me dit directement, dans mon cœur, que Le témoignage de St Marc est bien vrai, est le même Dieu qui utilise indirectement ou extérieurement un instrument, un moyen pour me conduire à cette vérité. Ce moyen, cet instrument consacré, c'est bien évidemment l’Église chrétienne, la communion des baptisés, qui est réceptrice et témoin de cette bonne Parole - au point que Paul l'appelle la colonne et l'appui de la vérité (1 Timothée 3,15).
Ainsi, contrairement à ce que tend à insinuer le papisme, ce n'est pas "parce que l’Église a dit" que je crois. Mais, contrairement à ce que soutient un certain illuminisme, ce n'est pas non plus sans l’Église que je crois.
Or l’Église n'a pas seulement reçu, lorsqu'elle fut constituée par son moyen, notre Évangile. Ses anciens membres ont aussi conservé le souvenir de son auteur : St Marc, celui-là même que St Pierre considérait comme son fils (cf. 1 Pierre 5, 3/ Eusèbe, Histoire ecclésiastique, 2, 13). Pour cette raison, on a parfois appelé ce livre "Les mémoires de St Pierre".
Notons la force des quatre Évangiles : le premier (St Matthieu) et de dernier (St Jean), composés par des Apôtres; de deuxième (St Marc) et le troisième (St Luc) respectivement rédigés par le lieutenant de l'Apôtre des circoncis (St Pierre) et par le compagnon d’œuvre de l'Apôtre des non-Juifs (St Paul).
Remarquons aussi la largesse et la surabondante bonté de Dieu: quoiqu'il fut le proche de St Pierre - apôtre des circoncis - Marc écrivit son évangile de façon à soutenir et à nourrir la foi des chrétiens venus de toutes les Nations. Il leur expliqua ainsi le sens de certains noms qu'ils ne pouvaient pas comprendre (cf. 3, 17, 22), et leur décrivit des lieux qu'ils ne connaissaient pas (cf. 11, 1). Telle est la sollicitude divine, qui nous rend ses Ecritures aussi claires que dignes de foi.
Il est bon de démarrer l'année (comme nos journées) en se souvenant qu'il y a un Évangile, c'est-à-dire une Bonne Nouvelle. Car, mauvaise nouvelle: depuis sa révolte dans le Paradis, l'homme naturel est sans espérance et sans Dieu dans le monde. Réalisez-vous la gravité de cette situation qui est naturellement la vôtre ? Et comme la nature a horreur du vide, cet homme déchu tente de placer un candidat sur le trône vacant: à peine sortie d’Égypte, les israélites avaient cherché le Salut après du veau d'or. Lorsque St Marc composait son récit, Néron, l'empereur de Rome, se présentait comme le Seigneur. Les empereurs étaient même censés pouvoir guérir les gens et agir comme des dieux. Dans l'histoire récente encore, toutes sortes de guides et de sauveurs ont été mis en avant pour conduire les nations. Bien sûr, aucun d'eux n'avait les épaules assez larges pour une telle mission, et tous les systèmes, tous les régimes ont conduit à des catastrophes, des naufrages qui nous font aujourd'hui froid dans le dos. ..
A Rome, du sein même de la chrétienté, les hommes ont osé dresser une telle idole. A l'issue de chaque conclave, le cardinalice vient au balcon et dit au peuple: "Je vous annonce une grande joie: nous avons un pape".
La Bible nous donne une autre bonne nouvelle, un autre Évangile. Dans ses pages, l'ange de Dieu déclare du ciel: "Je vous annonce une grande joie (...) un Sauveur, qui est le Christ, le Seigneur, vous est né" (cf; Luc 2, 11).
Il y a pour nous un Sauveur, Jésus-Christ, le Fils de Dieu! Voilà l’Évangile dont St Marc va nous parler.
Cependant, St Marc va surtout nous présenter la vie, les signes et les paroles du Seigneur Jésus. Ce sont là essentiellement des faits d'ordre "historique". Mais ces faits portent une promesse et une doctrine de vie. Ici encore, le fait historique est uni à la vérité spirituelle. Le Christ de l'Histoire est celui de la foi.
Certains hommes ont cru pouvoir séparer ces choses l'une de l'autre. Sous des faux airs de maîtres spirituels, ils prétendirent pouvoir s'émanciper des grands faits de l’Évangile du Christ pour ne s'attacher qu'à l'esprit, à l'intention de Dieu. Il disaient qu'il leur suffisait de croire, c'est-à-dire d'avoir un élan du cœur vers l'infini. Quant à savoir si Jésus était factuellement né d'une Vierge, s'il était sorti corporellement du tombeau, voire s'il avait réellement existé, tout cela leur semblait absurde et superflu... Cette religion fantasmagorique est celle qui entraîne dans l'abîme les âmes, ou plutôt les spectres qui hantent aujourd'hui les temples libéraux.
A l'inverse, certains croient qu'il suffit de garder cet Évangile du Christ pour être chrétien. Nombre d'ennemis de la vérité (sectes antitrinitaires, etc.) estiment ainsi être très bibliques du fait qu'ils tiennent pour vrais les faits célébrés dans la Bible (création du monde, existence des anges, etc.) Mais s'il suffisait de cela pour être sauvé, le diable lui-même irait au Ciel (cf. Jacques 2, 19). C'est donc parce qu'il porte l’Évangile concernant le Christ que l’Évangile du Christ sauve. Les pages de notre livre (8, 27) nous conduiront ainsi à cette question cruciale: Qui est Jésus ? Déjà dans le titre de notre Évangile, par sa prévenance, le Seigneur nous en fournit la réponse: il est le Fils de Dieu. Il est celui en qui il faut croire : dans sa naissance virginale, sa Passion vicaire, sa Résurrection corporelle -- et tous ces faits semblables que l’Église, fondée sur les Saintes Ecritures, célèbre par les termes de son Credo (Je crois).
En définitive, si la vérité divine se rencontre ici-bas, si l'Histoire croise le chemin de l’Éternité, c'est parce que la religion chrétienne est la religion de l'Incarnation: Dieu s'est fait homme (cf. 1 Timothée 3, 16). Ce faisant, Il est venu nous rejoindre en ce monde pour habiter parmi nous et être notre Sauveur.
Nous sauver de quoi, sinon du malheur d'une existence sans Dieu, vouée au mensonge et à la honte éternelle? Sauveur comment, sinon en assumant le poids de nos fautes et en nous ramenant à son Père, par Son Esprit ?
Face aux faux-évangiles et aux mauvaises nouvelles dont le monde continuera de nous abreuver en 2026, gardons les yeux de la foi fixés sur ce Jésus, en qui habite corporellement toute la plénitude de la divinité. En Lui, nous avons en effet toute plénitude (Colossiens 2, 9-10).
Bucerian

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