Livres carolins (II: 21): Le culte chrétien authentique


 

Nous continuons notre lecture des meilleures pages des Livres carolins, témoins de la position des Églises occidentales au VIIIe siècle au sujet du culte des images.

Ce chapitre est particulièrement important car il traite de la nature de la religion chrétienne. Le conciliabule de Nicée II, en 787, avait établi que les images avaient une place cultuelle; cette assemblée avait même osé jeter l'anathème contre quiconque ne s'adonnait pas à ce culte (Denzinger § 608).
Dans le présent chapitre, les Libri carolini font remarquer:
1) Le caractère nouveau du culte des images: ce culte ne peut pas être légitime parce qu'il ne remonte pas aux apôtres.
2) Le caractère impie de ce culte: il ne peut pas être toléré, car il est manifestement contraire au premier commandement.
3) Que les images n'ont donc droit à aucune sorte de culte (nous reviendrons sur ce point prochainement).

Dans ce chapitre, les consciences sont confrontées à cette alternative:
Ou bien nous (protestants) allons finir en enfer (anathèmes) pour n'avoir pas adopté la religion néo-nicéenne; ou bien ce sont les autres qui risquent de finir dans les flammes pour avoir osé forger une telle folie.
La réponse des évêques francs est en tout cas sans appel.

 

Qu’il n’est pas contraire à la religion chrétienne de ne pas vénérer ni adorer les images, contrairement à ce que prétendent certains.

Les fondements de la religion chrétienne reposent sur la solidité de la foi et sur l’amour suprême de Dieu. Il serait trop long d’énumérer chacun de ces principes, mais il est certain que le culte et l’adoration des images n’y ont aucune place. En effet, cette pratique ne repose sur aucun enseignement de l’Antiquité ni sur aucun exemple légitime, mais est au contraire rejetée par presque toutes les Écritures divines.

Toute la Sainte Écriture proclame avec force et solennité que seul Dieu doit être vénéré, adoré et glorifié. Il est donc à craindre grandement que ceux qui s’efforcent d’introduire le culte et l’adoration des images dans la religion chrétienne ne cherchent, en réalité, à contrecarrer le culte unique du Dieu véritable. Ces deux choses s’opposent de manière irréconciliable : si l’unique culte est dû à Dieu seul, alors le culte des images doit être rejeté ; inversement, si l’on admet le culte des images, alors le culte dû uniquement à Dieu n’est plus exclusif.

Ainsi, la force et la gloire de la religion chrétienne résident dans le culte unique et exclusif du seul vrai Dieu. Si l’adoration des images, ou de toute autre chose, est contraire à la religion chrétienne, alors il est absurde de prétendre qu’adorer Dieu seul serait contraire à cette même religion.

Dieu seul doit être vénéré, adoré et glorifié, comme l’affirme le prophète :

« Son nom seul est exalté. »

Quant aux saints, qui règnent avec lui après avoir triomphé du diable—soit parce qu’ils ont courageusement combattu pour que l’Église demeure intacte, soit parce qu’ils continuent de nous assister par leurs prières incessantes—ils doivent être honorés.

Mais les images, elles, doivent être exclues de tout culte et de toute adoration. Qu’elles se trouvent ou non dans les églises, que ce soit à titre de souvenir des événements passés ou pour des raisons esthétiques, elles ne peuvent en aucun cas constituer un fondement de la foi catholique ni porter préjudice à cette dernière. En effet, il est reconnu qu’elles n’ont absolument aucun rôle à jouer dans l’accomplissement des mystères de notre salut.

Bucerian

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