Etude perfectible, foi irrévocable

 




 
Le premier chapitre de l'épître aux Hébreux nous fournit un bel échantillon des quatre sortes de preuves que les Écritures donnent de la divinité du Christ.

  1. Preuves onomastiques: Christ est nommé Dieu (1,8).
  2. Preuves énergétiques: Christ fait ce que Dieu seul fait (1,10).
  3. Preuves latreutiques: Christ reçoit le culte dû à Dieu seul (1,6).
  4. Preuves intertextuelles: Des passages de l'Ancien Testament, qui concernent Dieu, sont appliqués au Christ dans le Nouveau Testament (1,10-12 / Psaume 102, 26-28).

Et cela n'est qu'un exemple parmi d'autres, qui indique que l'étude savante des Ecritures conforte notre dogme. Pourtant, si notre foi reposait sur une telle étude des diverses parties des Ecritures, il nous semblerait en découler un double inconvénient:

  1. Nos conclusions ressembleraient davantage à une conjecture qu'à la foi. A moins de prétendre à une érudition parfaite, il conviendrait toujours de garder la porte ouverte, même virtuellement, à une révision de nos positions.
  2. C'est la théopneustie qui serait, en dernière analyse, notre véritable et seul dogme (capable de servir d'axiome). Dans un premier temps au moins, la foi semblerait pouvoir faire l'économie de la personne du Christ ("Est-il Dieu? Est-il un ange? Est-il un homme? L'étude du texte auquel nous croyons, avec un bon dictionnaire de grec koinè, nous le dira plus tard..."
    On serait en définitive bibliens plutôt que chrétiens. Et de fait, il existe de tels milieux où l'on souffre volontiers que de tels articles soient sujet à débat pourvu que ce soit "Bible en main".

En réalité, la foi a besoin d'un fondement qui soit à la hauteur de sa radicalité. Si donc nous croyons que le Christ est Dieu, ce n'est pas simplement en raison des parties de l’Écriture où cette divinité apparaît plus clairement qu'ailleurs; c'est en raison du fait que le Christ est l'objet même de la prédication et, donc, de notre foi. Dieu seul méritant une telle place, nul ne croit droitement et véritablement en Christ à moins de le croire Dieu.

Si elle peut ressembler à une preuve latreutique ordinaire, cette considération en diffère néanmoins par son caractère transversal. Loin de ressortir d'un passage ou d'une famille de passages du texte biblique, elle procède de la place centrale que le Christ occupe dans la prédication, qui unifie les livres inspirés. Il est Dieu parce qu'il est l'objet de la prédication chrétienne. Par définition, le but de cette prédication est de le proposer immédiatement à notre foi.
La même considération vaut pour le baptême. L'unité des soixante-six livres inspirés est en effet restituée dans l’irréductible simplicité de sa cérémonie, en laquelle nous sommes consacrés d'office au seul Dieu qui est Père, Fils et Saint-Esprit (Matthieu 28,19).

Conclusion: l'étude savante des Ecritures conforte assurément notre foi et la conduit au bien-être. Elle nourrit et fortifie cette foi.  Demeure néanmoins le fait préalable de cette foi qui ne saurait être suspendue à notre génie exégétique face à des passages tels que Colossiens 1,15.
 
Bucerian 

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

Attestant n'est pas confessant

De Nicée II à la Confession d'Augsbourg

Nicée II : conciliabule nestorien