La grâce et la prédestination dans la foi de l'Eglise indivise
Les Églises sont aujourd'hui très divisées sur la question de la prédestination et de la grâce. On peut alors se demander ce que l’Église indivise a cru à ce sujet.
Dans la ligne des théoriciens semi-pélagiens du Ve siècle, certains prétendent qu'il existerait un "consensus patristique" favorable à l'idée que la grâce aiderait l'homme à se sauver plutôt qu'elle ne le sauverait effectivement.
Le problème de cette position, c'est qu'elle retire st Augustin de la liste des pères; pourtant, le nom d'Augustin fut bien mentionné parmi les docteurs faisant autorité, lors de la première session du cinquième concile œcuménique, à Constantinople (553 AD). Le consensus patristique des semi-pélagiens n'existe donc qu'à la condition d'admettre la censure d'au moins un des pères. Bref: leur consensus est un plongeon dans une sélection arbitraire.
Le problème de cette position, c'est qu'elle retire st Augustin de la liste des pères; pourtant, le nom d'Augustin fut bien mentionné parmi les docteurs faisant autorité, lors de la première session du cinquième concile œcuménique, à Constantinople (553 AD). Le consensus patristique des semi-pélagiens n'existe donc qu'à la condition d'admettre la censure d'au moins un des pères. Bref: leur consensus est un plongeon dans une sélection arbitraire.
Est-ce à dire que nous ne croyons pas à l'existence d'un consensus patristique ?
Nous y croyons, bien sûr. Cependant, le seul consensus officiel, et donc indiscutable, consiste dans les conclusions des conciles de l’Église dont ces pères étaient les évêques. Ces conclusions sont de deux sortes: affirmatives et négatives.
Avant tout, donc, la partie affirmative. C'est le Symbole de Nicée-Constantinople qu'il faut considérer ici. On l'a souvent répété: le Symbole, ou Credo, est LE résumé officiel (et réputé suffisant) de la foi de l’Église universelle. C'est ce qui est réputé avoir été cru partout, toujours, et par tous. C'est en ce sens que nous parlons là du consensus patristique, et qu'il convient même de parler du consensus de tous les saints, expression authentique du sacerdoce universel des baptisés (cf. Jude 3). Or, ce Symbole trinitaire nous présente bien le Père comme source de tout don excellent; le Fils comme celui qui nous ramène au Père, et l'Esprit du Seigneur comme celui qui unit et intègre les hommes au Fils. Mais nulle part le Symbole ne donne aux saints à méditer ou à professer la croyance au fabuleux libre-arbitre - entendu comme un quatrième agent du Salut qui déciderait finalement de l'entrée ou du maintien de l'homme dans le Royaume de Dieu.
Nous y croyons, bien sûr. Cependant, le seul consensus officiel, et donc indiscutable, consiste dans les conclusions des conciles de l’Église dont ces pères étaient les évêques. Ces conclusions sont de deux sortes: affirmatives et négatives.
Avant tout, donc, la partie affirmative. C'est le Symbole de Nicée-Constantinople qu'il faut considérer ici. On l'a souvent répété: le Symbole, ou Credo, est LE résumé officiel (et réputé suffisant) de la foi de l’Église universelle. C'est ce qui est réputé avoir été cru partout, toujours, et par tous. C'est en ce sens que nous parlons là du consensus patristique, et qu'il convient même de parler du consensus de tous les saints, expression authentique du sacerdoce universel des baptisés (cf. Jude 3). Or, ce Symbole trinitaire nous présente bien le Père comme source de tout don excellent; le Fils comme celui qui nous ramène au Père, et l'Esprit du Seigneur comme celui qui unit et intègre les hommes au Fils. Mais nulle part le Symbole ne donne aux saints à méditer ou à professer la croyance au fabuleux libre-arbitre - entendu comme un quatrième agent du Salut qui déciderait finalement de l'entrée ou du maintien de l'homme dans le Royaume de Dieu.
Quel dommage pour les champions de cette cause ! Eux qui prétendent que l'enseignement de leur dogme est nécessaire à une juste et fidèle présentation de l’Évangile; eux qui assurent que leur opinion est la foi chrétienne authentique - foi dont st Augustin ne serait qu'un ignorant, voire un traître... eux qui, dans la seule expression autorisée de la foi chrétienne, ne trouvent pourtant rien d'autre que la foi dans le Père, le Fils et le Saint-Esprit !
Finiront-ils par célébrer Dieu seul (comme le fit st Paul) pour la conversion des saints (1Thessaloniciens 2: 13) ? Finiront-ils par par espérer en Dieu seul (comme le fit st Paul) pour ce qui regarde la persévérance des saints (Philippiens 1: 6) ?
Ensuite, la partie négative. Cette
partie est sans doute accessoire: le point précédent, en traçant les
grandes lignes de la foi, exclut les correctifs et autres adjonctions pélagiennes,
semi-pélagiennes - ou de tout autre nom qu'on voudrait donner à l'erreur. Cependant, il convient de noter que cette erreur fut bien condamnée par le concile œcuménique d’Éphèse, en 431 AD.
Bien sûr, une fois leur erreur condamnée, les égarés trouvent toujours le moyen d'en préserver des reliques, en faisant valoir que cette dernière version n'a pas (encore) été condamnée. Les semi-pélagiens font ainsi valoir qu'ils ne partagent pas les opinions les plus radicales (pélagianisme) condamnées à Éphèse. Seraient-ils condamnés par un nouveau concile qu'ils reviendraient, tiers-pélagiens, puis quart-pélagiens avec la prétention que, la nouvelle mouture de leur ancienne opinion n'ayant pas (encore) été condamnée, elle reste autorisée...
Cependant, tous les reliquats de l'erreur (semi-pélagianisme, synergisme, etc.) sont emportés avec son cœur, lorsqu'on comprend que l'erreur condamnée à Éphèse consistait à dire que le péché originel n'existait pas - ou plus - si bien que l'homme pouvait se déterminer souverainement pour ou contre la grâce toujours résistible. Bref: la théorie du quatrième agent du Salut - croyance incompatible, par définition, avec la foi trinitaire du Credo.
Cependant, tous les reliquats de l'erreur (semi-pélagianisme, synergisme, etc.) sont emportés avec son cœur, lorsqu'on comprend que l'erreur condamnée à Éphèse consistait à dire que le péché originel n'existait pas - ou plus - si bien que l'homme pouvait se déterminer souverainement pour ou contre la grâce toujours résistible. Bref: la théorie du quatrième agent du Salut - croyance incompatible, par définition, avec la foi trinitaire du Credo.
Pour conclure:
Du début à la fin, pour l’Église Une, le Dieu trinitaire est le seul et parfait sauveur des fidèles. Il l'est dans le temps, en donnant sa grâce aux élus; il l'est dans l'éternité, en prédestinant les élus à recevoir la grâce.
Voilà ce qu'a dit l’Église indivise. Voilà le consensus des Pères. Voilà notre foi.
Bucerian.
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