Dimanche des Rameaux





Matthieu 21: 1-17:
 Lorsqu’ils approchèrent de Jérusalem, et qu’ils furent arrivés à Bethphagé, vers la montagne des Oliviers, Jésus envoya deux disciples,  en leur disant: Allez au village qui est devant vous; vous trouverez aussitôt une ânesse attachée, et un ânon avec elle; détachez-les, et amenez-les-moi. Si quelqu’un vous dit quelque chose, vous répondrez: Le Seigneur en a besoin. Et à l’instant il les laissera aller. Or, ceci arriva afin que s’accomplisse ce qui avait été annoncé par le prophète:
 
Dites à la fille de Sion:
Voici, ton roi vient à toi,
Plein de douceur, et monté sur un âne,
Sur un ânon, le petit d’une ânesse.
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Imitons, mes frères, ce peuple qui reçoit aujourd’hui’ le Fils de Dieu en triomphe. Chantons comme lui ses louanges, et offrons-lui ce que nous avons pour l'’honorer. 

Ce peuple donne ses vêtements, ou pour couvrir l'’âne sur lequel Jésus-Christ est monté, ou pour les étendre sous ses pieds, et nous autres, nous le voyons nu lui-même en la personne de ce pauvre, sans que nous pensions à le revêtir, quoiqu’'il ne soit pas besoin pour cela de nous dépouiller, mais seulement de lui donner un peu de ce que nous avons de trop. 
Ce peuple s’empresse pour faire honneur à Jésus-Christ, les uns en marchant devant lui, et les autres en le suivant, et nous autres, au contraire, nous le rebutons avec mépris et avec injure lorsqu'’il s’'approche de nous. De quels tourments devrait être puni un outrage si horrible?

Votre Seigneur et votre Maître se trouve réduit dans un extrême besoin, il approche de vous pour recevoir quelque assistance, et vous ne voulez pas même écouter sa prière. vous le querellez, vous l'insultez, vous rendez à ses demandes si humbles, des réponses aigres et outrageuses. Si vous témoignez tant de répugnance pour lui donner seulement un peu de pain ou un peu d’'argent, que feriez-vous s'’il vous redemandait tout ce qu'’il vous a donné?
 
Vous voyez tous les jours des hommes qui veulent passer pour magnifiques, donner avec profusion des sommes immenses aux théâtres, à des femmes impudiques, et vous ne pouvez vous résoudre d’'en donner à Jésus-Christ, non pas la moitié, mais la centième partie? Le démon vous commande d'’un côté de donner par vanité à ces personnes infâmes, et vous le faites, quoique vous soyez assurés de n'’avoir point d'’autre récompense de ces profusions que l’'enfer; Jésus-Christ vous commande de l’'autre de donner aux pauvres, et vous promet le ciel même pour récompense, et non-seulement vous ne le faites pas, mais vous les outragez de paroles. 

Vous aimez mieux obéir au démon en vous perdant, que d'’obéir à Jésus-Christ en vous sauvant. Y a-t-il rien de plus déplorable que cette folie? Le démon vous offre l’'enfer, et Jésus-Christ le ciel, et vous quittez le ciel pour prendre l’'enfer. Vous rebutez Jésus-Christ qui vient à vous, et vous appelez de loin le démon, afin de vous donner à lui. Ne faites-vous pas à Jésus-Christ le même outrage que vous feriez à un roi si vous le repoussiez, lorsqu’'il vous offre la pourpre et la couronne, pour écouter un voleur qui vous présente une épée pour vous tuer?
Comprenons donc notre aveuglement, mes frères. Ouvrons les yeux, quoique tard, et réveillons-nous enfin de notre sommeil.

St Jean Chrysostome, Homélie LXVI, sur st Matthieu.


Bucerian




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