Confessio Bohemica (partie 6: De l'administration de l'Eglise)
Article XVI – De la pénitence
Concernant ceux qui, après avoir reçu le saint baptême, sont tombés dans le péché, ils enseignent que la rémission des péchés peut être obtenue de nouveau, à quelque moment que ce soit, lorsque, par la grâce de Dieu, ils se convertissent véritablement. Et l'Église doit absoudre ceux qui reviennent ainsi à la pénitence et les admettre à la communion des saints.
La véritable pénitence comprend proprement trois parties :
La contrition, c'est-à-dire la terreur ou l'affliction de la conscience provoquée par la reconnaissance du péché. Cette contrition agit dans l'homme lorsqu'il considère la multitude de ses péchés, tant intérieurs qu'extérieurs, et qu'il ressent l'indignation de Dieu ainsi que la condamnation éternelle qu'ils méritent.
La foi, qui naît de l'Évangile ou de l'absolution. Elle consiste à croire, pour l'amour du Christ, à la rémission des péchés, à la réconciliation avec Dieu et à la justification. Cette foi est opérée dans l'homme par le Saint-Esprit et apporte à la conscience consolation et joie, selon la promesse de l'Évangile.
La nouvelle vie, ou le renouvellement de l'homme. L'Esprit-Saint pousse alors l'homme pénitent à accomplir de bonnes œuvres, à renoncer à sa vie ancienne et mauvaise acquise par le péché, à ne plus nourrir de haine contre Dieu ni contre ses commandements, mais à vivre en toute piété et sainteté comme un fils de Dieu, observant désormais les préceptes divins.
Ainsi est accompli ce que saint Paul écrit à Timothée : conserver « la foi et une bonne conscience ».
Article XVII – De la confession
Concernant la confession et l'absolution, nous enseignons que, dans l'Église, la confession des péchés et leur absolution doivent être maintenues.
Cependant, il n'est ni nécessaire ni possible d'énumérer tous les péchés lors de la confession, selon la parole divine du Psaume :
« Qui connaît ses fautes ? » (Psaume 19,13)
Il convient aussi que, dans la confession, les ministres de l'Église proposent aux hommes accablés par la conscience de leurs péchés les enseignements salutaires et consolants tirés des Saintes Écritures, afin qu'ils obtiennent la consolation promise par Dieu dans sa Parole.
ARTICLE XVIII — Des ministres de l'Église
Nous estimons, au sujet des ministres de l'Église, que nul ne doit enseigner publiquement dans l'Église ni administrer les sacrements, s'il n'a pas été légitimement appelé (ou mandaté) pour le faire.
ARTICLE XIX — Des rites ecclésiastiques
Concernant les rites et cérémonies de l’Église, c’est-à-dire ce qui doit être observé dans l’Église de Dieu et dans toutes les fonctions ecclésiastiques, tant pour la célébration de la sainte Messe que pour les prières publiques, la prédication de la Parole de Dieu, l’usage et l’administration de la Cène du Seigneur, ainsi que dans les autres assemblées et offices ecclésiastiques, il a déjà été dit ailleurs ce qu’il convient d’observer.
Nous estimons cependant et confessons unanimement que, parmi nous, doivent être maintenus uniquement les rites et cérémonies qui ne sont ni contraires à la Parole de Dieu ni superflus, mais qui sont utiles et profitables pour l’honneur et la louange de Dieu, pour l’édification de l’Église et pour la préservation du bon ordre, afin que dans les assemblées publiques tout se fasse convenablement et avec ordre, comme il convient à l’Église.
Et bien que nul rite ou cérémonie ecclésiastique ne doive être imposé à tous les lieux et à tous les temps, il faut néanmoins conserver avec le plus grand soin ceux qui favorisent le culte de Dieu, servent au salut des hommes et ont été transmis à l’Église comme liés à un précepte divin.
Cependant, lorsque l’Église de Dieu, selon la règle de la Parole de Dieu et dans un esprit de saine liberté chrétienne, établit certaines pratiques pour des motifs graves, utiles et nécessaires au peuple de Dieu, il convient que chacun, autant que possible, persévère dans ce bon ordre et cette bonne coutume, sans les mépriser.
Nul ne doit donc, par légèreté ou par esprit de scandale, violer ou négliger ce qui contribue à l’édification de l’Église. Car un tel mépris et une telle négligence de l’Église et de son ordre constituent une offense à Dieu lui-même, puisque le Seigneur l’a interdit dans l’Évangile de Matthieu, chapitre 18 : « S’il n’écoute pas l’Église, qu’il soit pour toi comme un païen et un publicain. »
A suivre...
Bucerian

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