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Affichage des articles du mai, 2023

Guy de Brès, de Bienheureuse mémoire

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  Nous commémorons aujourd'hui le martyr de Guy de Brès , Réformateur et auteur de la Confession de foi des Pays-Bas. Dévoué à la cause de l’Évangile, avocat de la Concorde qui unit l'ensemble des protestants, il fut supplicié à Valencienne, le 31 mai 1567. De sa prison, il écrivit une lettre pleine de foi et de tendresse à son épouse, Catherine Ramon - lettre par laquelle tous les chrétiens pourront être édifiés dans leurs épreuves et leurs combats. Dans l'esprit de la Confession d'Augsbourg (article 21) nous rendons grâce à Dieu pour l'exemple donné par ce champion de la foi et nous prions le Seigneur d'envoyer encore de tels hommes pour le redressement des Églises. Bucerian

Pentecôte 2023

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Nous célébrons aujourd'hui la Pentecôte. Cet évènement biblique, aussi singulier que le fut l'Incarnation ou la Résurrection du Christ (et que l'on aurait donc tort de réduire à un simple mouvement de "réveil") correspond au don du Saint Esprit, survenu après l'Ascension du Seigneur. Cet Esprit, personnel et divin, a en effet gravé la Parole du Salut sur le cœur des disciples. Il leur a donné le zèle et les dons nécessaires pour que cette Parole de Salut soit prêchée, avec force, dans le monde entier. Cette Parole, qui nous présente le Christ - fondement de l’Église - et avec Lui tous ses biens, l'Esprit saint la fait encore entrer dans le cœur des hommes aujourd'hui, vivifiant les élus de Dieu. Nous rendons ainsi grâce à Dieu le Père pour avoir planifié notre Salut; au Fils, envoyé du Père, pour nous avoir acquis le Salut; et à l'Esprit, envoyé du Père et du Fils, pour nous l'appliquer et nous y maintenir efficacement. Nous rendons grâce à ce

Ascension 2023

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  Seigneur Jésus, tu es monté par delà tous les cieux et tu t'es assis à la droite du Père, de sorte à ne plus être corporellement présent ici-bas - sinon en tant que salutaire nourriture des âmes croyantes. Par Ton Esprit, donne-nous de toujours élever nos cœurs vers le Ciel où tu es entré en notre nom, de sorte que nous grandissions dans la foi, l'espérance et la charité jusqu'au jour béni de ton retour glorieux. Amen.

La doctrine de l'Eglise chrétienne en quatre citations patristiques

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La Sainte Trinité, enseignée dans le Baptême: C'est le Seigneur qui a fondé et planté l’Église en la Sainte Trinité, lorsqu'il a dit à ses disciples: "Allez, enseignez toutes les nations, les baptisant au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit" . S. Athanase d'Alexandrie, Lettres à Sérapion , III. 6.   L'Incarnation, attestée dans l'Eucharistie: Si donc le Christ a vraiment assumé la chair de notre corps, si cet homme, né de Marie, est vraiment le Christ, nous mangeons la chair de son corps dans le sacrement, et par-là, nous sommes un, puisque le Père est en lui et lui en nous. S. Hilaire de Poitiers, De la Trinité, VIII. 6. Le Salut par la foi, dans l’Évangile Baptismal et Eucharistique: La Parole (de l’Évangile) se joint à l'élément, et aussitôt se fait le sacrement qui est comme une Parole visible (...) Car d'où vient à l'eau cette vertu si grande, qu'en touchant le corps, elle purifie le cœur? Elle lui vient de la Parole, non parce q

De la Tradition légitime (sommaire)

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Chapitre 1: Un fait historique autant que spirituel Chapitre 2: La "Grande Église" Chapitre 3: Une communauté de foi Chapitre 4: Le cœur de la foi Chapitre 5: Les termes de la foi Chapitre 6: La cohérence de la foi/ le schéma chalcédonien Chapitre 7: Objet des définitions Chapitre 8: Un septième concile ? Chapitre 9: Un seul baptême... des péchés Chapitre 10: Une Église ?

De la Tradition légitime (10/10)

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Chapitre 10 Une Église ? Une dernière difficulté pouvait rester dans le Credo: comment l’Église peut-être "Une", si elle est Universelle, ou catholique, c'est-à-dire pleine de pluralités? J'ai déjà indiqué que, par définition, l’Église chrétienne est un organisme uni par sa foi, ou par l'objet de sa foi (chapitre 3), à savoir le Christ (chapitre 4) qui est confessé jusque dans les mêmes termes par tous (chapitre 5). Le critère de la vraie Église et de son unité n'est donc ni le " Dimanche de l'Orthodoxie " de Constantinople, ni les " Trois Blancheurs " de Rome, mais la continuité de la foi en Christ Ressuscité , dont nous vivons (cf. Confession d'Augsbourg, article 7). Dans cette perspective, aucun clergé ne peut prendre l’Église en otage pour lui imposer ses fantaisies; il existe un droit et un devoir des baptisés de résister même aux plus hautes autorités établies, pour rester fidèles à la foi (Galates 1: 8-9). Les actes de ces

De la Tradition légitime (9/10)

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Chapitre 9 Un seul baptême... des péchés L'antiquité tardive  s'est terminée, en Orient, avec le scandale du deuxième concile de Nicée II et, en Occident, par des faits encore plus inquiétants: création des États pontificaux, concile cadavérique, pornocratie pontificale, fausses décrétales; bientôt les croisades, etc. Il a fallu attendre le XVIe siècle pour que les derniers nœuds du Credo fassent l'objet de controverses - et que le traitement de ces articles permette enfin le "grand ménage disciplinaire", ou la "Réforme" tant réclamée pour mettre un terme aux abus et scandales apparus des siècles plus tôt. Le premier de ces articles est celui-ci: " Nous confessons un seul baptême, pour la rémission des péchés ". A la renaissance, deux positions se sont dégagées sur ce point. Le ritualisme romain , pour qui les rites se succèdent afin de répondre à la succession des péchés. D'abord le baptême (pour effacer l'ardoise du péché originel

De la Tradition légitime (8/10)

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  Chapitre 8 Un septième concile ?     Au cours de cette série, je me suis proposé de recevoir et de garder le christianisme traditionnel (sans faire interférer mon jugement particulier, pour ne pas y ajouter ni en retirer du mien). Pour cela, j'ai naturellement interrogé les assemblées, ou conciles historiquement représentatifs de cette réalité spirituelle. Dans le précédent chapitre de cette série, j'ai ainsi dressé la liste des conciles universels - liste qui s'arrêtait avec le 6e concile. Comme l'a reconnu le catholique romain  Édouard Hugon , dans son traité sur l'Incarnation, ces "six conciles sont, en effet, la glorification éclatante du mystère béni de l'Incarnation." On m'objectera peut-être alors que Rome, aussi bien que l'Orient, reçoivent pourtant comme 7e et dernier concile universel l e 2e concile de Nicée (787 AD), dont la décision (le horos) a ordonné le culte des images, des reliques et des saints (culte de dulie). Et on m&#

De la Tradition légitime (7/10)

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  Chapitre 7 Objet des définitions Question: Qu'est-ce que les conciles, tel que celui de Chalcédoine, s'attachent à préciser dans leurs définitions de foi? On pourrait penser que leur tâche est de définir le vocabulaire employé, tel que le mot : "consubstantiel". Mais si c'était le cas, ces définitions de foi seraient de simples pages de dictionnaire - ce qu'elles ne sont pas. C'est donc à autre chose que se sont employées ces assemblées : non pas définir des termes, mais traiter les difficultés logiques qu'ils entraînent. Les traiter non pas pour épuiser le mystère divin qu'ils expriment mais pour éviter les solutions trompeuses que notre raison peut être tentée d'en donner : les rabougrissements, les caricatures et les contresens. Ces difficultés logiques consistent à articuler la relation entre le caractère Un et Multiple de la vérité. Par exemple, nous disons dans le Credo que " Nous croyons en un seul Dieu ". Jusque là tout

De la Tradition légitime (6/10)

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Chapitre 6 La cohérence de la foi: le schéma chalcédonien   J'ai parlé du quatrième concile œcuménique, tenu à Chalcédoine en 451, qui a scellé le Credo de Nicée-Constantinople: quiconque le modifie ou le remplace est menacé, par ce concile, des pires sanctions. Cela veut dire que, matériellement (son contenu) le Credo est complet. Formellement (ses termes) ce Credo est clair. Pourtant , il est vrai que le même concile a rédigé une nouvelle définition de foi (une définition portant sur l'Incarnation du Fils de Dieu). Question : Est-ce là une contradiction ? Le concile est-il en train de faire l'aveu que le Credo n'est ni complet ni assez clair ? Pour répondre : ->  Matériellement , la définition de Chalcédoine traite directement de l'Incarnation. Or, l'Incarnation est confessée dans le Credo. Donc, matériellement, le 4e concile n'ajoute rien au Credo. Celui-ci est bien complet . -> Formellement , le Credo est clair. Mais il l'est comme résumé , e

De la Tradition légitime (5/10)

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Chapitre 5 Les termes de la foi   La Grande Église a toujours résumé sa prédication par des formulaires que l'on appelle "Credo" (Latin: Je crois) ou "Symbole" (d'un mot grec désignant un signe de reconnaissance). On trouve des allusions de ces résumés sous la plume d'auteurs anciens, comme st Irénée de Lyon au IIe siècle (C./ Hérésies, livre III) ou Tertullien au siècle suivant (Traité des Vierges), au point que des auteurs (Philippe Schaff ou Henrych Jozef Denzinger) ont pu en faire des compilations. Bien que divers, ces textes en usage dans différentes Églises locales  exprimaient de façon "équivalente" la foi commune. Au sortir des persécutions (IVe siècle), la Grande Eglise a trouvé, dans la crise arienne, l'occasion de réunir un concile extraordinaire (depuis les apôtres, le concile étant le moyen de juger les erreurs / Actes 15); ce concile était extraordinaire car il avait une dimension universelle (œcuménique), et non seulement rég

De la Tradition légitime (4/10)

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Chapitre 4 Le cœur de la foi     Dans les chapitres précédents, j'ai souligné qu'il existe historiquement une Église chrétienne, qui est une communauté de foi, définie et unie par cette foi commune - ou plus exactement par son objet, à savoir Jésus-Christ. Car nous ne sommes pas ni "pétriniens", ni "pauliniens" (cf. 1Corinthiens 1. 12), nous ne sommes pas même "bibliens", mais bien chrétiens (Actes 11:26). C'est en effet du Christ, le Fils unique de Dieu, que parlent les Écritures (Jean 5: 39) et c'est lui que l’Église discerne comme assurant l'unité, comme étant le ciment de ces livres canoniques. Les chrétiens croient donc en Jésus, comme Fils unique engendré de Dieu le Père, et par qui ils reçoivent l'Esprit saint. Cet acte de foi est en soi un acte d'adoration : les chrétiens trouvent en Christ un être tel qu'il peut étancher leur soif et combler leur âme pour l'éternité (Matthieu 11: 27-30). A l'instar du prem

De la Tradition légitime (3/10)

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  Chapitre 3 Une communauté de foi J'ai parlé de l’Église historique et de sa légitimité à interpréter les Écritures. Pour éviter les malentendus, je dois préciser que par le mot "Église'", je n'entends pas "le clergé". L’Église, ecclesia , désigne l'assemblée. Les frontières de cette assemblée sont aussi larges que celles du monde; cela signifie que l’Église n'est ni un groupe ethnique, ni un groupe linguistique, ni un groupe socio-politique particulier. Elle est au contraire universelle (c'est le sens du mot "catholique"). Pourtant, cette Église est séparée du monde ( ecclesia : convoquer au-dehors) par sa foi, ou par l'objet de sa foi, à savoir: Jésus-Christ (et non pas une hiérarchie). Or cette foi ne concerne pas juste une partie de l'assemblée (le corps pastoral), avec un reste (des laïcs) un peu encombrant, qui serait parqué sur un "parvis extérieur du temple". Au contraire, ce sont tous les membres de l'

Notes sur la doctrine de la prédestination des saints dans l'évangile selon st. Matthieu (sommaire)

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De la Tradition légitime (2/10)

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Chapitre 2 La "Grande Église"   Dans le chapitre précédent , j'ai écarté la tentation de faire du christianisme un "Pays imaginaire" pour Peter Pan spirituels (c'est-à-dire: des gens enfermés dans le déni). J'ai comparé le christianisme authentique à un fleuve (un fleuve s'écoulant du Ier siècle jusqu'à la fin des temps), et je dois à présent nommer ce fleuve: "Grande Église". Trois remarques à ce sujet : 1) L'expression "Grande Église" est de Celse, auteur anti-chrétien du IIe siècle (cf. Discours véritable ) et vise la communion ecclésiale fondée par les Apôtres - à l'exclusion des petites sectes qui pouvaient graviter à côté et qui, n'ayant pas de racine apostolique, n'avaient pas non plus d'avenir. Les Églises de cette communion apostolique (contre laquelle s'est acharné l'empire païen) maillaient l'empire romain (Corinthe, Jérusalem, Smyrne, etc.) et chaque partie veillait sur le tout, afi

De la Tradition légitime (1/10)

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 Introduction     Cette série a pour but de replacer la foi de la grande Église au milieu du village des Églises particulières. En plus d'être une apologie de la Tradition "protestante" (*), mon désir et ma prière est que ce humble travail contribue à l'édification des fidèles, loin des démarches schismatiques et sectaires aussi bien que des démarches relativistes et mondaines.