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Principe du discours dogmatique/Deuxième partie: Le geste, ou l'économie du Salut

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  Après l' introduction et la première partie , c'est avec joie que je poursuis la publication de cette petite série sur la foi chrétienne. Ma prière est que cette humble étude permette aux frères et sœurs en Christ de se garder (ou de se retirer) des filets d'erreurs et de confusions qui foisonnent en ce monde.     14 L’ÉCONOMIE DU SALUT Le geste baptismal est tout autant inspiré que l’invocation qui l’accompagne. Car, l’invocation sans le geste ne serait pas un baptême, de même que le geste sans cette invocation ne serait pas un baptême chrétien. Tout ceci est confirmé par la formule même du baptême, dans laquelle le ministre ne se contente pas d’agir en disant « Au Nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit », mais où il désigne l’acte qu’il pose, disant : « Je te baptise (ou : Tu es baptisé) au nom, etc. »  Le mot « baptiser » (βάπτειν) signifie initialement « immerger » ou « plonger ». L’immersion proprement dite est d’ailleurs le mode encore pratiqué dans les...

Principe du discours dogmatique/ Première partie : La Parole Trinitaire

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       C'est avec joie que je partage aujourd'hui la suite de cette série , dont j'espère qu'elle aidera à affermir et édifier les âmes en Christ.   7 LA PAROLE TRINITAIRE Selon la tradition occidentale, le sacrement du baptême est administré en disant : « Je te baptise au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit. » Dans les Églises orientales, on préfère souligner que le ministre n’est que le serviteur de la grâce. On dit alors : « Le serviteur de Dieu est baptisé au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit » (cf. St Jean Chrysostome, Huit catéchèses baptismales, 2,26).  Quelle que soit la formule liturgique, l’élément essentiel du sacrement réside dans la parole, ou l’invocation elle-même, prononcée conformément à l’institution du Seigneur :  « Baptisez-les au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit » (Matthieu 28,19). Observation : Si le Christ a ordonné de baptiser « au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit » (Matthieu 28,19), pourquoi les apô...

Considérations liturgiques

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  Selon la confession d'Augsbourg, nul salut n'est possible sans la proclamation de l'Évangile. Cette annonce a lieu de deux façons, d'une manière générale, par la lecture de la Bible et le sermon (Jn.3/16, C.A.V, XII), ou bien, d'après une modalité particulière, dans le Baptême, à travers l'eau, l'Eucharistie, dans la manducation sacramentelle, et à l'aide de l'absolution privée, lors d'un entretien individuel (C.A. IX, X XI, XII, XIII) Or, la confession privée est libre, puisqu'elle n'est qu'une coutume (C.A. 25), alors que l'absolution PRIVÉE est obligatoire. De sorte qu'on ne saurait considérer l'obligation de l'article XI de l'Augustana qu'en tant que contrainte de la disponibilité ministérielle (C.A. XII), dont la discipline demeure libre pour le fidèle, ainsi que l'a statué la Concorde de Wittenberg.   A ce titre, toute absolution publique est inopportune (C.A. XV). D'abord, parce ...

Principe du discours dogmatique: introduction

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  INTRODUCTION 1 Le dogme est la formulation commune et solennelle d’une conviction de foi, concernant la personne et l’œuvre de Jésus-Christ. À ce titre, il constitue une croyance dotée d’une force normative au sein de la communauté qu'est l’Église.  Cette autorité du dogme repose sur sa conformité aux Saintes Écritures, qui demeurent la norme ultime de la foi.  Il est donc nécessaire de clarifier l’articulation entre les Écritures, la communauté des croyants et la conscience individuelle, ou le principe garantissant l’accord de ces trois réalités.  Observation : Parce que l’Église est chrétienne — et non biblienne — la foi de ses membres ne saurait se limiter à la conviction que les soixante-six livres de la Bible sont inspirés de Dieu. Elle porte essentiellement sur le contenu de ces Écritures, en ce qu’elles rendent témoignage à Jésus-Christ et à son œuvre rédemptrice. Car le pardon des péchés n’est pas promis à quiconque affirme l’inerrance de la Bible, m...

Martin Bucer, à propos de Jean Calvin

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         Il y a quelques semaines, nous avons partagé une lettre de Jean Calvin dans laquelle le théologien français exprimait son adhésion à la Concorde de Wittenberg, un accord par lequel l'ensemble du protestantisme reconnaissait son unité. Pour compléter cette perspective, nous souhaitons partager un extrait d'une lettre de Martin Bucer, adressée la même année au théologien Veit Dietrich (19 novembre 1539). Longtemps passée inaperçue, cette lettre, publiée par l'historien Jean Rott, montre que l'adhésion de Calvin était, à Strasbourg, un fait de notoriété publique. Strasbourg, 19 novembre 1539, Bucer à Veit Dietrich:   De hoc tamen posteriore confirmo tibi,   probari ei nostram consensionem   atque rationem de eucharistia docendi, Quae res fecit nos de scripto eius, cum hic ederetur, securos. Veram hic  corporis Christi in s(acra) coena exhibitionem agnoscit. Je vous confirme cependant qu'il (Jean Calvin) approuve notre consensus...