Christianisme chalcédonien
On reproche souvent au protestantisme de se réduire à une contestation de l’Église de Rome, gardienne de la Tradition. Mais si le protestantisme est une opposition, celle-ci est dirigée contre des réformes aussi tardives que novatrices (exemple: réforme grégorienne/célibat des prêtres).
Le protestantisme est donc le christianisme qui assume et revendique le décret du très illustre concile œcuménique de Chalcédoine (451 après Jésus-Christ) selon lequel le Credo est l'interprétation orthodoxe, suffisante et irréformable des Ecritures saintes. C'est en définitive ce qui nous sépare du pape aussi bien que des popes. Le premier, parce qu'il a réinterprété les Ecritures autour de sa personne en décrétant qu'il était par-dessus tout nécessaire de croire en lui pour être sauvé (Bulle Unam sanctam de Boniface VIII; Constitution dogmatique Pastor Aeternus de Vatican I). Les seconds, parce qu'ils ont redéfini le christianisme autour de l'innovation que constitue le culte des icônes (Horos de Nicée II; Dimanche de l'Orthodoxie).
Enfin, on doit prendre soin de distinguer le protestantisme de sa contrefaçon. Je veux parler du libéralisme dont l’Église Protestante Unie de France est le principal représentant dans notre pays. Cette religion moderne entend relire les Ecritures à l'aune de la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen (elle même relue dans une tendance wokiste/ Synode de Sète), qui est en définitive son seul véritable Credo. Ce faisant, il est évident que ces communautés n'ont de protestant que le nom.
Bucerian

Commentaires
A ce titre, il a resté à résoudre les quatre difficultés du Credo: UN Dieu/Trinité (Mt.28/19), UN Seigneur/Incarnation (Jn.1/14), UNE Église/Tradition (Rom.12/6) et UN Baptême/Justification (Mc.16/16). Les trois premières difficultés ont été clarifiées par les six premiers Conciles Œcuméniques (325-681), tandis qu'il a fallu attendre l'"Augustana" pour préciser, bibliquement et officiellement, la question du baptême et de la justification (Sola Fide). Entre temps, aucune production conciliaire n'a été pertinente ni scripturaire: Jn.3/8, II Tim.2/9. D'ailleurs, le conventicule papiste de Trente (1546-64) et le conciliabule byzantin de Jérusalem (1672) attestent ce fait, puisqu'il aurait été aisé de réfuter la confession d'Augsbourg, si le sujet avait déjà été réglé.
Ainsi, depuis la Concorde de Wittenberg, outil de promotion confessionnelle de l'"Invariata", agréée par Luther (1536), Calvin (1538), Bucer (1536) et Melanchthon (1536), tout ajout réglementaire est schismatique, voire gnostique: II Jn.7-11...