mercredi 28 mars 2018

Evangile et liberté (3/5)

La constante nécessité d'une critique réformatrice: tel est le troisième point du programme libéral.
Ce dogme, la chapelle libérale l'explique ainsi:
"En encourageant chacun à penser ce qu'il croit, nous refusons le divorce entre la réflexion et la spiritualité. Les textes bibliques sont le fruit de contextes particuliers et n'apportent pas des réponses toutes faites aux questions d'aujourd'hui: ils sont à interpréter."

Première observation: en parlant de "critique réformatrice", le libéralisme tente, bien maladroitement, de dissimuler son illégitimité au sein Protestantisme. 
Car, certes, L’Église d'Occident a réformé son rite (ainsi qu'on le voit, dans la Confession d'Augsbourg: partie 2), afin de le réaligner sur sa Foi irréformable (ainsi qu'il ressort de la Confession d'Augsbourg: partie 1 -- selon Jude 3).
Tout le Protestantisme s'est entendu en effet pour soutenir que le contenu du Symbole, ou Credo, est irréformable, étant l'écho fidèle à la Parole de Dieu.
Dans son Grand Catéchisme (4ieme partie), Luter notait que le Credo fait partie de ces choses (avec le Décalogue, le Pater, le Baptême et la Cène) révélées et données par Dieu.De même, dans le catéchisme de Heidelberg, à la questions 22: Que doit croire un chrétien? La réponse donnée est dépourvue d’ambiguïté:

Tout ce qui est promis dans l’Évangile et que les articles de la Foi universelle et indubitable des chrétiens expriment en abrégé dans le Symbole apostolique.

Et l'on sait, par le contenu des Livres Symboliques Protestants, à quel point les termes de ce Credo sont entendus dans leur sens traditionnel.
Quelle est donc la religion qui entend appliquer une "critique réformatrice" à la Foi chrétienne elle-même? Ce n'est certainement pas le Protestantisme. C'est une chose bâtarde, un gnosticisme qui n'assume pas son identité et qui cherche à se couvrir de la gloire des Chrétiens avec lesquels il n'a, spirituellement, aucun lien.

Deuxième observation: le libéralisme tente de se donner le beau rôle. Il serait le camp de la pensée face à des légions d'obscurantistes (!) Quand on sait que le libéralisme s'oppose à l'orthodoxie, on ne peut s'empêcher de penser que cette dernière aurait pour caractéristique de ne pas penser ce qu'elle croit; que sa caractéristique serait d'opérer un divorce entre la réflexion et la spiritualité.
Cette idée, pleine du venin de l'orgueil, n'est évidemment pas juste: il est certain que les champions de l'orthodoxie ont pensé ce qu'il croyaient (et ils continuent de le faire). Quel libéral, aussi pédant soit-il, osera se targuer de produire une pensée plus fine et plus lumineuse qu'un Athanase d'Alexandrie, qu'un Augustin d'Hippone ou qu'un Jean Calvin?... Car, concrètement, c'est de cela qu'on parle lorsqu'on discute des rapports de la foi et de la réflexion. Plutôt que de s'élever par des paroles impossibles à assumer ensuite, les libéraux feraient sans doute mieux de commencer à penser avant de parler (ou d'écrire): débarrassé  de pareilles sottises, leur site s'en portera mieux.

Troisième observation: Non content de critiquer la Foi, c'est dans le fond l’Écriture elle-même que la secte libérale  entend passer au crible de sa "critique" pseudo-réformatrice. Comme nous en avertit l’Écriture qui peut nous rendre sages à Salut par la foi, il n'y a décidément rien  de nouveau sous le soleil (Ecclésiaste 1: 9): les gnostiques, dans leur rage, ont toujours procédé ainsi. Lisons ce qu'écrivait Irénée de Lyon, au IIe siècle, au sujet des gnostiques (Contre les hérésies, III):
"En effet, lorsqu'ils se voient convaincus à partir des Écritures,  ils se mettent à accuser les Écritures elles-mêmes: elles ne sont ni correctes, ni propres à faire autorité, leur langage est équivoque..."
C'est exactement ce que nous voyons aujourd'hui, dans la secte libérale ou gnostique, qui prétend "interpréter" (le libéral ignore la différence entre les verbes: "interpréter" et "contredire") que "Adam et Eve" veut dire "Adam et Yves", que "Nul ne vient au Père que par moi" veut dire "toutes les spiritualités mènent au ciel", et qui traitent d'ignorant quiconque émet des doutes sur leur aptitude à lire.

Conclusion: Face à la prétention de critiquer et réformer la Révélation divine et la Foi qui en procède, l’Église chrétienne doit toujours (comme elle l'a toujours fait) rappeler que la Foi ne saurait être réformée. Tertullien écrivait déjà (Du voile des vierges, I): "La règle de la foi est absolument une, règle seule immuable, n'admettant aucune réforme".
Quant au reste, aux règles et traditions que des entreprises humaines ont parfois éloignées de cette Foi immuable, on se souviendra que "réformer" consiste à rendre quelque chose à sa forme originelle, non à la déformer selon les caprices et les modes d'un monde impie. En cela, la Réforme est le contraire du libéralisme; la seule règle en la matière consiste dans l'adage que: "L’Église Réformée est toujours à réformer, selon la Parole de Dieu".

Bucerian










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