mercredi 22 novembre 2017

Perspective confessante: petit rappel





Certes, une Église doit être dotée d'une confession de foi, si elle ne veut pas être confondue avec un vulgaire club maçonnique. Mais si l’Église concernée ne veut pas devenir une malheureuse secte, encore doit-elle connaître le centre de gravité et la juste perspective du confessionnalisme.

Or, le seul Credo de l’Église UNIVERSELLE est celui que cette même Église a unanimement formulé: le Symbole inaltéré de Nicée-Constantinople, dont l'existence même constitue la condamnation du libéralisme théologique.
Le propos du Symbole a été réaffirmé et précisé (sans que le Symbole ne soit remplacé) par les affirmations des conciles UNIVERSELLEMENT reçus, tenus contre les hérésies nestorienne, pélagienne, monophysite, origéniste, monothélite, etc. [Éphèse, Chalcédoine, Constantinople II et III]. 

Ces conciles ont été NÉCESSAIRES (en garder les définitions l'est tout autant!) car il y était question d'articles vitaux, pas de considérations superflues. Ils furent les champs de bataille de la foi contre ses contrefaçons fatales; pas les terrains de jeu de quelques subtils querelleurs.

Quant à la bataille pour l’Évangile, relatif à l'article de la rémission des péchés,  au rôle de la foi et de la grâce (monergisme), la précision dogmatique a été apportée à Augsbourg, en 1530, au moyen de la Confession du même nom. 
Reçue, dès 1532 et surtout en 1536 (Concorde de Wittenberg), par l'ensemble du Protestantisme -- ainsi que l'a noté Pierre Chaunu, dans son Temps des Réformes -- on ne trouvera rien d'égal en matière de fidélité aux Écritures, de simplicité évangélique, et d'universelle réception par les saints.

Considéré dans cette perspective, c'est-à-dire la perspective d'un christianisme qui n'est pas né au XVIe (ou, pire, au XVIIe siècle!), il est bien entendu que nous devons protester un christianisme confessionnel, et même verbatim.
Mais cela ne doit pas être confondu avec l'idée selon laquelle chaque clocher serait en droit de rédiger la charte de son opiniâtre hétérodoxie, menant à un pluri-sectarisme que, faute de pouvoir assumer, on tente ensuite, vainement, de surmonter par un œcuménisme relativiste.

Bucerian

5 commentaires:

Philippe Jaunet a dit…

Rappel aussi salutaire que nécessaire, auquel je souscris entièrement !
Maintenant, permettez-moi une question : le site n’a-t-il pas connu quelques soucis techniques récemment ? Pendant plusieurs jours, ne parvenant pas à m’y connecter, j’ai bien cru que vous aviez décidé de le fermer… ce qui serait vraiment dommage !

Bonne continuation !

Blog Chrétien Protestant a dit…

Hormis un lien défectueux dans un précédent article, on ne m'a signalé aucun problème particulier, non. Mais rassurez-vous, nous n'avons pas l'intention de mettre la clé sous la porte :)

Philippe Jaunet a dit…

Tant mieux!

Domus a dit…

Il est vrai que faire référence à ces vénérables textes symboliques n'est pas vraiment dans les habitudes des milieux dominants de l'Eglise d'aujourd'hui. Pourtant, ils sont les siens et ils lui seraient d'une évidente utilité. Ils sont, en effet, les témoins séculaires de sa capacité à avoir su assumer, avec l'aide du Seigneur, le rôle qu'Il lui a assigné : être « la colonne et l'appui de la vérité ». Mais si l'Eglise les ignore ou les considère comme « dépassés », alors, entraînée vers d'autres horizons, elle se met irrésistiblement en péril.
C'est le cas quand, s'immisçant dans les affaires du monde au prétexte de le soulager de ses maux, elle ne parvient pourtant qu'à susciter une confrontation au terme de laquelle sa défaite est patente. C'est le cas aussi quand elle s'efforce de paraître unie alors qu'elle ne l'est pas, en promouvant une unité toute de façade au détriment de la Vérité.
C'est pourquoi, c'est oeuvrer pour le plus grand bien de l'Eglise de rappeler l'existence de ces textes symboliques et de l'exhorter à les tenir toujours en très haute estime pour les faire à nouveau siens dans une perspective confessante.

Anonyme a dit…

Soyons simples: Ou bien le Symbole inaltéré de Nicée-Constantinople, "verbatim", ou bien le gnosticisme. Il n'y a pas d'alternatives. Bravo pour ce rappel... salutaire!