lundi 30 octobre 2017

Protestants en fête 2017

Dimanche 29 octobre, France 2 diffusait le meeting de "Protestants en fête". Réunis au Zénith de Strasbourg, environ 8000 modernistes  prétendaient célébrer les 500 ans de la Réforme, sur le thème évident de l’Évangile la Fra-ter-ni-té.

Il convient de noter que ce meeting se présentait comme un culte, et que les organisateurs ont souligné ce fait en rappelant d'emblée aux participants leur profonde unité spirituelle et morale devant Dieu. Si bien que, par exemple, la responsabilité des uns -- pour l'acceptation officielle du "mariage gay" -- était partagée, de facto, par les autres. Surtout lorsqu'on sait que cette acceptation était celle de l'évènement dans son ensemble (voir la présence de stands LGBT, qui ont entraîné le retrait du CNEF).

Notre prière est que le Seigneur ait pitié, et qu'il amène à la pénitence les personnes qui se sont laissées séduire et entraîner dans pareille infidélité.
Qu'il leur montre le danger que représente le fait de se borner à rester en communion avec les ténèbres pour former des attelages disparates avec des  renégats, et qu'il amène chacun à chercher la communion d’Églises fidèles. Amen.


1) On ira tous au Paradis

On a beaucoup chanté, dans ce show. Hélas, il a manqué le cantique qui aurait tout résumé:




C'est que le thème du show de la Fédération Protestante de France était décliné en deux points: la propagande pour l’œcuménisme (et, au-delà, pour l'interreligieux) et la propagande pour Utopia, le paradis sur terre tellement chéri par l'Antichrist.

Ainsi, dès le début du culte, on remercia l'être suprême pour l’œcuménisme-interreligieux et les actions civiques-humanitaires. Merci pour:

- Le dialogue œcuménique (malgré ses toussotements, NDLR).
- La signature de la Déclaration conjointe entre Rome et ses Prétendus Réformés.
 -  Le travail de mémoire avec le Judaïsme.

Mais aussi:
- La création d'un cordon sanitaire permettant de faire passer des réfugiés syriens en Europe (BFM TV n'en parlant pas beaucoup, les victimes de la guerre du Yémen n'ont pas leur place ici; en revanche, les Royingas seront sans doute bientôt éligibles).
- Les conférences et expositions sur Luther...
Il est évident en effet que la réalisation d'une telle unité, toute charnelle, nécessite le sacrifice de la vérité à laquelle on ne réserva nul honneur.


2) Mimer pour abrutir
Si les animateurs ont demandé qui peut dire qui est chrétien et qui ne l'est pas? c'était pour ajouter ce commentaire: seul Dieu connaît le cœur de chacun.
Nous voilà prévenus: que nul ne s'avise plus d'excommunier autrui.
Est-ce à dire qu'il n'y a aucun signe distinguant les chrétiens?
Ce serait abolir le fait, historique et spirituel, du christianisme.
Il y a donc une frontière visible, et il y avait l'occasion, ici, d'ajouter qu'il existe bien un Symbole auquel on reconnaît la chrétienté: le Symbole de Nicée-Constantinople.*
Au lieu de cela, l'attention fut attirée sur un poisson de couleurs, brandit par le public (avec une petite note, rapidement expédiée et nullement développée ou expliquée, sur ce que voulait dire "ichtus").
Poisson d'avril? Non, nous sommes en octobre.

3) Ayons l'air subtiles 

Dans ce déluge de niaiseries, après des lectures bibliques astucieusement amputées de leur partie essentielle (**) le ministre Clavairoly a pris la parole.
Prédication d'idées philosophico-politiques relativistes et humanistes, tous azimuts.
Le fils prodigue devient un réfugié syrien. Les orthodoxes n'ont rien compris à rien. Comme dit le cantique qu'on n'a pas osé chanter...
Mais son sermon, le ministre Clavairoly le ponctue d'un air de saxo et d'une phrase en latin. De Luther. Alors, forcément, il aura pensé s'être montré à la hauteur de son invitation initiale à... l'intelligence.

Conclusion:

Je souhaite profiter de ces dernières lignes pour faire ce qui n'a pas été fait (et qui ne pouvait être fait) dans le show le de dimanche: parler de l’Évangile, affirmé par Martin Luther, rejeté et condamné par Rome et méprisé par ce modernisme qui lui court après.

L’Évangile est une bonne nouvelle.
Ce n'est pas la bonne nouvelle d'Origène, que l'enfer n'existe pas. 
Ce n'est pas la bonne nouvelle de Marcion, que l'homme peut ignorer la Loi du Dieu très saint.
Ce n'est pas la bonne nouvelle d'Erasme de Rotterdam, que l'homme peut vivre sans la Vérité et la remplacer par n'importe quoi.
Ce n'est pas non plus la bonne nouvelle des anabaptistes de Munster, que le royaume de Dieu va s'établir ici-bas pour que nous n'ayons pas de croix à porter.
Tous ces évangiles sont de faux évangiles. Ils sont l'évangile prêché lors du show de ce dimanche, à Strasbourg. Ils sont l'évangile de la chair, des faux prophètes et des prévaricateurs, n'ayant de protestant que le nom.

Nous protestons l’Évangile de Dieu: le pardon des péchés par la foi seule, en Christ seul, qui s'est substitué aux pécheurs que nous sommes, pour porter leur peine, et qui nous offre sa Justice, pour qu'elle nous soit imputée, à nous qui croyons.
Nous protestons l’Évangile de Dieu: la vie éternelle par la grâce seulement, pour la plus grande et seule gloire de Dieu, qui a élu les siens sans aucun mérite, ni aucune qualité innée prévu en eux.

Tout cela, non pas pour que les rachetés puissent retourner vivre dans le péché et se satisfaire d'une fausse sécurité (nous ne sommes plus sous la Loi, mais nous ne sommes pas sans Loi!), de sorte que nous devons toujours nous nourrir et affermir de la Parole de Dieu, de l’Écriture seule, qui condamne et dénonce les agissements des faux frères, de leurs fausses Églises et de leurs shows mondains.

Bucerian





____________________________

(*)  Entendu au sens des précisions conciliaires subséquentes: Ephèse, Chalcédoine, Constantinople II et III, et Augsbourg.


(**) Par exemple, lecture de Philippiens 2: 2-4, dont un bouddhiste pourrait tirer sa moraline, parce que le fondement théologique de la pensée apostilique est expliqué à partir du verset 5, avec l'abaissement du Christ, dans son Incarnation et sa Croix.



2 commentaires:

Méta Phrase a dit…

Nous protestons l'Évangile éternel, selon Ac.5/33-42, Jd.3, ou Hé.13/8-9, entre autres: le Symbole de Nicée-Constantinople!

Anonyme a dit…

Bonjour,

Ce qu'il faut bien comprendre, c'est que nous ne sommes pas en présence d'un véritable oecuménisme, mais en présence d'un véritable unanimisme, dans le cadre duquel le catholicisme iréniste et le protestantisme libéral tendent à s'éloigner de plus en plus, chacun pour ce qui les concerne, de ce qu'ont été une grande partie du catholicisme et une grande partie du protestantisme, à partir du début ou du milieu du XVI° siècle, et de ce qu'ils sont devenus, jusqu'au début ou au milieu du XX° siècle.

Si l'une des deux parties en présence était restée hostile à l'adogmatisme, à l'immanentisme et à l'unanimisme, cet alignement, cette convergence, ou cette évolution de chacune des deux parties en présence, au bénéfice de la même dynamique, de plus en plus auto-référentielle ou pseudo-référentielle, n'aurait pas pu acquérir l'ampleur et la portée qui sont aujourd'hui les siennes, mais nous savons bien qu'aucune des deux parties en présence n'est restée hostile à ces trois tendances à l'adogmatisme, à l'immanentisme et à l'unanimisme, à partir de 1945, et plus encore à partir de 1960.

Cet unanimisme est potentiellement sans limites : vous en connaissez beaucoup, vous, des catholiques irénistes et des protestants libéraux qui sont à la fois vraiment POUR une conception missionnaire et orthodoxe du dialogue interconfessionnel et vraiment CONTRE la conception du dialogue interreligieux qui tend de plus en plus à faire disparaître la différence de nature entre la religion chrétienne et les religions non chrétiennes, ou vraiment CONTRE la conception du dialogue interconvictionnel qui tend de plus en plus à faire disparaître la différence de nature entre le consensus axiologique et la vérité théologale ?

Bonne journée.

Un lecteur.