jeudi 26 janvier 2017

Messieurs en chasubles, repentez-vous les premiers!



Le 17 janvier, le primat de l’Église d'Angleterre et l'évêque d'York ont publié un document commun, appelant les chrétiens à se repentir des divisions causées lors de la Réforme.

Ce genre de propos est obscur et laisse planer une confusion sur des notions qu'il convient pourtant de distinguer nettement. St Augustin expliquait en effet, dans ses Dix-Sept Questions sur l’Évangile selon st Matthieu, qu'il existe une différence entre schismatiques et hérétiques.
Les schismatiques sont ceux qui, tout en partageant la foi orthodoxe, se séparent gratuitement de leurs frères. L'un des exemples les plus connus de cette attitude se trouve à l'époque de st Irénée, lorsque des évêques orthodoxes entreprirent de rompre le cours normal de leur communion, au prétexte qu'ils ne célébraient pas tous la fête de Pâques à la même date. Dans un tel cas de figure, il est bien évidemment normal de se borner à appeler les chrétiens au repentir pour leurs divisions.
Les hérétiques sont, en revanche, dans une autre situation: ils entreprennent de se séparer (et de séparer les autres) de la foi orthodoxe -- et donc de l’Église véritable!
Ici, la division va survenir, mais ce ne sera pas gratuitement. La division sera justifiée et même rendue nécessaire par la Parole de Dieu. On trouve un exemple d'une telle division à l'époque de la Réforme, où les sectateurs papistes ont combattu et tenté d'éradiquer la foi orthodoxe, par tous les moyens -- même légaux. Dans un tel cas de figure, on ne peut plus parler d'attitude simplement schismatique, et si l'on veut déplorer les divisions qui en procèdent, il faut remonter en amont pour condamner les fausses doctrines qui en sont la cause.

Mais cela, on s'y refuse! Voulant le beurre et l'argent du beurre, le péché et la vie, l'hérésie et l'unité, on condamne le salaire de l'hérésie (la division) en se gardant de dénoncer l'hérésie! C'est faire à la théologie et à l’Église le genre de toilette qui avait cours, à une certaine époque, où les gens couvraient leurs odeurs par du parfum, au lieu de prendre un bain!

Eh bien! si le pape veut conserver les canons du concile de Trente (plutôt que de plier le genoux et se repentir), cela le concerne -- ainsi que ses disciples.
Si l'archevêque de Cantorbury cautionne cette impénitence, cela le regarde aussi. 
Qu'ils se souviennent seulement que, selon le mot de Bossuet, Dieu se rit des hommes qui déplorent les effets dont ils chérissent les causes. 
Mais qu'après avoir protégé une telle poutre dans leur œil, ces prétendus primats entreprennent de notifier aux fidèles qu'il y a une quelconque paille dans le leur, et qu'il est urgent de s'en repentir... c'est une prétention que nous ne pouvons pas passer sous silence.

Bucerian

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