jeudi 17 mars 2016

La Franc-Maçonnerie serait-elle au-dessus de la laïcité?





Trois organisations évangéliques dénoncent le «haut parrainage de l’Éducation nationale» accordé à un colloque franc-maçon.
(...)

Dans un courrier daté du 10 mars, le président du Conseil national de France (CNEF) Etienne Lhermenault, Frank Meyer, président du Comité protestant évangélique pour la dignité humaine (CPDH) et Françoise Caron, présidente de la Fédération nationale des Associations Familiales protestantes demandent que ce haut parrainage soit retiré, afin que la laïcité soit respectée.

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Bucerian

7 commentaires:

Méta Phrase a dit…


Le nerf de la notion de laïcité repose sur l'exercice du suffrage universel, comme je l'ai déjà expliqué, par écrit et oralement, par ailleurs. Néanmoins, la neutralité religieuse n'a, dans l'Histoire, jamais été qu'une période de transition précédant l'imposition d'une nouvelle religion. A preuve, l'édit de Milan de 313, révoqué en 389, par Théodose, l'édit de Nantes de 1598, renié par Louis XIV, en 1685, et, maintenant, la loi de laïcité, de 1905, au profit du syncrétisme franc-maçon. C'est pourquoi, il ne faut pas cantonner le concept de laïcité à la simple neutralité religieuse de l'État mais l'étendre à sa totale neutralité IDÉOLOGIQUE. De sorte, qu'au moyen du suffrage universel, la notion de délibération-la liberté-soit toujours promue. Car, c'est de cette unique façon que notre liberté religieuse sera défendue, sous peine de contradiction de l'État. Ce qui entraînerait sa totale subversion...

Domus a dit…

Imaginons que le haut parrainage de l'Education nationale ait été accordé à un colloque chrétien plutôt qu'à un colloque franc-maçon, ces organismes évangéliques auraient-ils réagi ? Ce n'est pas leur faire un procès d'intention que de penser qu'ils n'auraient pas pris la défense de la laïcité car chacun espère que son application aille dans le sens qui lui est le plus favorable, (ce que l'on peut comprendre). D'ailleurs, que des organismes chrétiens veuillent du bien à la laïcité qui est pourtant, dans son essence-même, si ouvertement hostile au christianisme est surprenant.

C'est pourquoi, faire de la laïcité une cause chrétienne serait, me semble-t-il, risqué.

D'abord, parce que ce serait faire accroire au monde que la laïcité est l'organisation « naturelle » de la société que le christianisme doit faire aboutir comme s'il était en charge d'un programme sociétal et en être le garant.

Ensuite, parce que ce serait laisser penser qu'une certaine organisation-cadre de la société, en l'occurrence la laïcité, est plus propice que d'autres à recevoir la Grâce divine et que, pour cette raison, Dieu l'agréerait.

Enfin, parce que ce serait donner donc aussi l'impression qu'en se mettant en peine à son sujet, c'est-à-dire en la défendant ou en la promouvant, on aurait acquis la certitude d'agir pour une cause qui a reçu l'aval de Dieu.

« ...Car mes pensées ne sont pas vos pensées, et vos voies ne sont pas mes voies, -Oracle de l'Eternel. Autant les cieux sont élevés au-dessus de la terre, autant mes voies sont élevées au-dessus de vos voies et mes pensées au-dessus de vos pensées (Esaïe 55. 8-9) ».

Méta Phrase a dit…

La laïcité bien comprise, c'est la morale du Christianisme, sans dogme autre que celui, séculier, du respect de la personne légale de tout individu. Cette personnalité juridique s'exerce au moyen du suffrage universel du peuple souverain, qui se dédouble, ainsi, en ÉTAT et en citoyens libres, État laïc et citoyens munis des droits de l'homme. Sinon, la société politique ne serait qu'un vaste champ de foire, où le plus fort imposerait intégralement son ordre, athée ou religieux.

Anonyme a dit…

Ce "parrainage" par le Ministère de l'Education Nationale d'un colloque d'une organisation religieuse me parait en effet mériter d'interpeller la Ministre au moins sur la neutralité confessionnelle du Ministère, sinon sur le respect stticto sensu de la loi de 1905 qui n'en demande peut-être pas tant... Il sera interessant de voir la suite qui sera donnée, sachant l'influence déterminante des francs-maçons au sein de la réprésentation nationale. Intéressant aussi de voir si la Fédération Protestante s'associe à l'interpellation des évangéliques...

Olivier Rossi a dit…

Je vous conseille de lire et d'écouter Peillon pour comprendre que la laïcité et la République sont des idoles païennes, la République est une religion.

Pour Alain Bauer la FM est la religion de la République.

La laïcité française est une imposture, elle n'a qu'un but détruire le catholicisme et nos racines chrétiennes.

Méta Phrase a dit…

J'ai toujours pensé que la laïcité ne consistait pas en la primauté de la NATION sur la RELIGION, mais en sa compatibilité avec la foi, en tant que deux formes de la même capacité délibérative humaine, exercée sur deux registres différents: vertical, pour la religion, horizontal, pour la laïcité. La Foi est libre, en tant que nécessitée, de l'intérieur, sans coaction, par la grâce efficace, de même, l'État est libre, ou laïc, en tant que nécessité par le suffrage universel, qui dédouble le peuple souverain en citoyens libres (caractère particulier de la liberté/droits de l'homme) et en État libre (caractère général de la liberté/neutralité laïque).
En effet, par le suffrage universel, le peuple ne choisit pas seulement le gouvernement (objet du choix) mais la liberté même, le fait de choisir et de délibérer (moyen du choix). De plus, le peuple choisit l’élection de façon générale (Liberté pour tous = laïcité de l’État) et particulière (liberté pour chacun = droits de l’homme). Or, cet accent mis sur la capacité de délibération, ou liberté, est typique du Christianisme, puisque la foi y est un acte volontaire d’adhésion à une personne, le Christ, pas un simple assentiment intellectuel, ce qui ne serait pas la Foi au Christ mais une opinion à propos du Christ. Cette distinction est cruciale, car en christianisme, le messager EST le message. De sorte que, la laïcité n’est jamais autre chose qu’un christianisme au rabais, conservant un seul dogme, qui est, à la fois, sa morale: la personne, conçue comme liberté, comme capacité de délibération.
C’est pourquoi, lors de n’importe quelle élection, on choisit d’abord la liberté, de façon générale, en tant que personne morale, ou État libre, laïc, puis de façon particulière, pour chacun, en tant que citoyen, bénéficiaire des droits de l’homme. Ainsi, la laïcité est-elle la déclinaison politique, ou séculière, du Christianisme, dont, à la périphérie, le judaïsme peut s’accommoder, puisqu’il est dépourvu de toute velléité missionnaire. Car, comme le disait Schopenhauer: « Jéhovah est le Dieu des juifs, qui sont son peuple, et cela ne regarde personne d’autre ».
Or, les autres religions, ou idéologies, mahométanisme, hindouisme, communisme, sont, par essence, réfractaires à la laïcité, parce que totalitaires. Leur message n’est pas un messager, il ne requiert pas la confiance mais la soumission. Par conséquent, toute communauté structurée par ces mentalités ne peut avoir droit de cité en laïcité. Certes, on peut, à la marge, individuellement, assimiler, Christianiser, au rabais, les tenants de ces points de vue. Collectivement, c’est impossible. Car, même un athée, en laïcité, est un chrétien séculier, tandis que tout fondamentalisme non judéo-chrétien est une menace, un totalitarisme. Or, la laïcité a été conçue pour contrecarrer toute forme de despotisme, en faisant coexister, politiquement, les diverses communautés juives et chrétiennes, au moyen de ce christianisme au rabais. Ainsi, ce n’est pas la laïcité qu’il faut abolir, ce sont les totalitarismes de tout acabit!

yves a dit…

@ Olivier Rossi

Disons plutôt que la FM "se veut" la relgion de la République alors que la République se doit d'être par définition la chose de tous, incroyants compris. La loi de séparation de 1905 n'avait pas pour objet d'éradiquer le catholicisme mais bien précisément de séparer ce qui devait l'être, le catholicisme (ainsi que le plus gros du "protestantisme" et du judaïsme bénéficiaires tous deux des articles organiques de Napoléon)étant encore alors "religion d'Etat"... Mais la loi n'instaurait pas cependant de culte alternatif ni l'idolâtrie d'une fausse conception de la "laïcité" comme une forme d'antichristianisme porté par l'idéologie "laïcarde" chère à Peillon. Et en tant que protestant, je suis de ceux qui se réjouissent que l'Etat demeure séparé et neutre par rapport à TOUS les cultes, franc-maçonnerie comprise.