Le livre de l'Apocalypse a été commenté de bien des manières. Toutefois, l'ensemble des explications proposées se divise en quatre catégories, ou écoles, que je vais brièvement présenter et critiquer. 1. Le prétérisme Selon cette école, les prophéties de l'Apocalypse concernent ce qui est arrivé au premier siècle après Jésus-Christ, c'est-à-dire la fin du monde ancien , qui a coïncidé avec la destruction du temple de Jérusalem en l'an 70. D'où le nom de prétérisme (du Latin praeteritum : passé) pour désigner cette interprétation élaborée par le jésuite Luis de Alcazar (1554-1613), suivie par Bossuet et finalement reprise par de nombreux auteurs protestants. Pour ma part, je confesse volontiers que les choses annoncées par le Seigneur sont arrivées aux hommes de sa génération (Matthieu 24: 34) de sorte que le premier siècle a été le théâtre d'une apocalypse. Néanmoins, si ces choses sont arrivées au premier siècle, elle sont arrivées en imag...
Tout comme dans le Credo, la divinité du Christ est enseignée dans les Écritures par diverses sortes d'assertions. Les unes sont directes (Jean 1. 1-2), les autres, indirectes (cf. Zacharie 12. 10/ Jean 19. 37) ; le seul fait que le Fils ait participé à la Création (ainsi que d'autres actions dont Dieu seul peut être l'auteur) prouve cet article (Ésaïe 44. 24). Enfin, il y a les paroles de notre baptême, qui structurent d'ailleurs notre Credo. Dans ces paroles, la pluralité des personnes de la Trinité n'efface pas l'unité de ce qu'elles sont (un seul Dieu éternel et tout puissant), mystère que résume très bien un passage de la première épître de st Jean (passage qui est hélas supprimé dans la plupart des bibles modernes !), à savoir qu' il y en a trois dans le Ciel qui rendent témoignage, le Père, la Parole, et le Saint-Esprit ; et ces trois-là ne sont qu'un (1 Jean 5. 7). La divinité du Fils de Dieu est donc une doctrine clairement fondée sur la ...
S'il est aventureux d'extraire discrétionnairement un passage des Écritures pour en faire une assise doctrinale (exemple typique: Arius avec Proverbes 8, 22), il est au contraire très sage de considérer comme fidèle récapitulation des Écritures ce qui, dans les Écritures, est destiné à être extrait des Écritures, en vertu des Écritures elles-mêmes. De tels extraits sont constitués dans les sacrements (le baptême et la Cène) dont les paroles, les éléments et les actions sont inspirés - de manière à récapituler à chacun , dans l’Église, le propos infaillible autant que suffisant des Écritures divines. Par conséquent, la doctrine de la communion des baptisés est celle qui a été célébrée (et donc: réputée avoir été crue) partout, toujours et par tous , du fait même de ce baptême et de cette communion reçus par chacun. En ce sens, st Irénée affirmait de façon décisive que "Notre façon de penser s’accorde avec l’Eucharistie, et l’Eucharistie en retour confirme notre ...
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