samedi 27 juin 2015

Annotations sur le Credo (5)

Le Père?

Nous croyons en un seul Dieu,

le Père tout-puissant,
créateur du ciel et de la terre,
de toutes les choses visibles et invisibles. 

Pourquoi ne pas appeler Dieu "Notre Mère"? La question vous semble loufoque, ridicule? Il vous semble inutile de s'y attarder?... Pourtant, à notre époque de militantisme féministe, c'est une question que l'on pose avec force: et gare aux "machistes" peu convaincus du bienfondé des nouvelles idées! Et les nouvelles idées, avouons-le, ont de la suite... dans les idées:
a) On a commencé, par dire que puisqu'il n'y a plus ni homme ni femme (Galates 3), et que cela ne choque plus personne dans le contexte actuel (= société non-patriarcale), "femmes" comme "hommes" peuvent exercer le ministère pastoral.
b) Dans la même ligne, on a dit que, puisqu'il n'existe plus d'homme ou de femme, pourquoi empêcher deux individus de se lier dans le mariage, au "prétexte" qu'il s'agit de deux "hommes" ou de deux "femmes"? L'amour aurait-il un sexe?...
c) Justement, Dieu est amour. Et Jésus nous affirme qu'il est Esprit. Donc, assurément, Dieu est encore moins "homme" ou "femme" que nous; donc, l'appeler (exclusivement) "Père" serait faire preuve d'idolâtrie consistant, dans un contexte pourtant égalitaire, à s'attacher à ce que quelques-uns considèrent comme un vestige (dans la Bible) de la mentalité patriarcale, sexiste et dépassée.

Sans doute, pour nous, Dieu n'est pas un homme (cf. Nombre 23. 19). Sans doute, il est tout autre. Sans doute, il est Esprit. Nous n'imaginons donc pas un mâle, lorsque nous parlons de Dieu!
Sans doute aussi, lorsqu'on parle de façon métaphorique, il est possible d'attribuer à Dieu des qualités maternelles (cf. Esaïe 66. 13, Matthieu 23. 37, etc.)
Et pourtant, c'est comme "Père" que Dieu se nomme et se révèle dans les Écritures (Jean 17. 1)!
Et pourtant, c'est "Notre Père" que Jésus nous apprend à prier (Matthieu 6.9)!
Et pourtant, c'est "Abba, Père!", que l'Esprit de Dieu nous fait appeler (Romains 8. 15)!
Qui osera dire, alors, que l’Église a tort de confesser sa foi en Dieu "le Père" tout-puissant?
Qui osera dire que l'on peut ou doit changer son Nom?
Certes, c'est à quoi l'on se condamne si l'on exige que le contexte de la société dirige (en dernier lieu) la compréhension des Écritures (autant que sa rédaction), plutôt qu'en veillant à ce que la sainte société, l’Église conserve le modèle intangible des Écritures théopneustes.


Bucer



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