vendredi 12 juin 2015

Annotations sur le Credo (4)

Nous croyons en un seul Dieu,
le Père tout-puissant,
créateur du ciel et de la terre,
de toutes les choses visibles et invisibles.


Beaucoup de nos contemporains disent ne pas croire en l'existence de Dieu. Loin s'en faut qu'ils lui fassent confiance!
L'idée même de foi serait le reliquat d'un âge obscur, du passé, des superstitions... l'homme d'aujourd'hui, avec "grand mère Lucy" au musée et son smartphone dans les mains, serait devenu évidemment trop intelligent pour adopter l'hypothèse d'un Dieu tel que décrit dans la Bible. Et l'on ne compte plus les gens qui disent avoir perdu la foi, ou être empêchés, par leur érudition (acquise sur Wikipédia), de croire la Bible.
C'est oublier que la foi, dont nous avons déjà parlé, n'est pas le résultat d'une réflexion neutre, mais le point de départ d'un homme renouvelé. La foi ne repose pas sur des arguments, mais sert de point de départ de tout argument, de tout raisonnement. 
La foi aussi ne procède pas d'un mouvement ascendant de la raison vers un être suprême anonyme (ce serait du déisme), mais repose sur la Révélation de ce Dieu, seul capable de se faire connaître et de nous en donner la certitude infaillible.
Face à cette foi, le démarche athée ne peut consister qu'en une tentative de déconstruction, de recours systématique au doute, disons-le même, parfois, d'un recours général à la mauvaise foi. Mais, Pascal l'a montré dans ses Pensées, le pyrrhonisme ne mène jamais bien loin.

Si la Bible nous parle bien d'un Dieu unique, un seul Dieu, comme nous le confessons dans cet auguste Symbole, ce Dieu n'est cependant pas impersonnel. Ce n'est pas non plus un dieu transposant les rêves politiques de ceux qui veulent un califat (par exemple). Ce n'est pas le dieu-solitude que se forge l'esprit humain, lorsqu'il entend parler de "monothéisme".
Dieu, principe premier, est Père. Père du Fils, comme l'enseigne l’Écriture et comme nous le développerons par la suite et, donc, un Dieu éternel, immuable, qui est personnel et amour.
C'est dans la vie de ce Dieu vivant qu'il nous faut entrer dans la foi, aussi convient-il d'éviter de penser que la connaissance de Dieu (et la foi en lui) consisterait essentiellement à croire qu'il y a un (esprit) idéal dans le ciel -- de sorte que le mystère trinitaire deviendrait ensuite une fantaisie, un accessoire encombrant et sans intérêt... Au contraire, comme nous oblige à le faire la foi baptismale (Matthieu 28. 19) que notre Symbole expose et résume, il n'y a de vrai Dieu que le Dieu Père, Fils et Saint Esprit et il n'y a de foi et de vie spirituelles que dans la connaissance de ce Dieu tri-personnel, amour, relation, dont nous tirons notre vie.
Ce Dieu, aussi, ne peut souffrir de partager notre cœur avec les idoles que nous mettons à sa place. De même, il ne peut souffrir que la Parole qu'il nous donne soit reçue à même titre que tous les mensonges imaginés par les créatures.
Aussi, n'ayons pas "d'autre dieu devant sa face" et souvenons-nous que, comme le disait souvent Luther, un Dieu, ce quelqu'un en qui l'on peut (et doit!) faire confiance!

Bucer




1 commentaire:

Anonyme a dit…

Excellente réflexion, brillante démonstration, que votre propos, qui constitue un vrai tour de force rédactionnel. Car, vous avez réussi à présenter la moelle de la révélation de DIEU, de façon élégante, substantielle, sans lasser le lecteur, en l'égarant dans de vaines arguties, ou en le frustrant, intellectuellement, par des fadaises exégétiques!