mardi 21 octobre 2014

Pertinence de la foi au XXIe siècle





Chaque génération se croit plus intelligente que la précédente, et plus sage que la suivante.
George Orwell

Est-ce que la foi chrétienne peut encore être partagée par quelqu'un de moindrement instruit, aujourd'hui? La question se pose car, selon certains, le progrès, surtout scientifique, aurait rendu le christianisme obsolète.

Dans l'imaginaire collectif, il y a, d'un côté, l'homme du Moyen Âge et, de l'autre, l'homme du XXIe siècle. Et les deux sont séparés par un abîme:

1) L'homme du Moyen Âge vivait dans une précarité telle [guerres, maladies, misère...] qu'il avait besoin de croire un bonheur possible... dans une autre vie.
De plus, cet homme, plongé dans un univers mental quasi-caricatural [géocentrisme, etc.] était la proie facile pour toutes sortes de contes de fées. La conclusion est que ces éléments ont conduit l'homme d'hier à la foi chrétienne.

2) A l'opposé, l'homme actuel a acquis, grâce aux divers progrès techniques, une condition de vie tout à fait confortable.
Surtout, l'état des connaissances ne permettrait plus de croire en des choses irrationnelles, comme les miracles, la Résurrection, etc.

Or, en plus d'être parfaitement hypocrite (comment expliquer le succès inouï des astrologues et autres marabouts?), ce discours est une erreur, à double titre.

D'abord, parce que les sciences ne concernent que l'étude du monde sensible. Leur progrès permettra de trouver des comment, d'un point de vue technique, pour envoyer des hommes sur la lune ou pour fabriquer des vaccins. Pas de confirmer ou invalider un article de foi qui porte sur le pourquoi de la vie, ou l'origine et finalité de la création.
Si, donc, même un anthropologue darwiniste comme Stephen Jay Gould a été obligé, en dernière analyse, de reconnaître les limites du domaine scientifique (principe NOMA), force est de constater que c'est une pure imposture de voir certains individus brandir leurs soi-disant savoir scientifique contre le mystère chrétien.

Ensuite, s'il est vrai que notre mode de vie est bien plus confortable que celui des malheureuses victimes de la peste, durant la guerre de cent ans, il serait ridicule de se bercer d'illusions sur notre condition fondamentale, qui demeure inchangée: la mort.
La différence entre l'homme du Moyen Âge et l'homme actuel est donc semblable à celle qu'il y aurait entre un habitant du couloir de la mort enfermé dans un cachot sans électricité  et un autre qui aurait la télévision dans sa cellule: mais que les murs de la prison soient repoussés ne font pas du condamné un homme libre. 

Par conséquent, il est évident que seule une dangereuse illusion éloigne aujourd'hui, sans véritable raison, les hommes de la foi de leur père.

Bucer





1 commentaire:

Anonyme a dit…

De toutes façons, l'identité de Jésus-Christ, être HISTORIQUE, Dieu crucifié et Ressuscité, est inadmissible logiquement. Même à l'époque d'Origène, au IIIième siècle, un Celse s'opposera au Christianisme, précisément sur ce point...