lundi 25 novembre 2013

La Réforme Protestante


Martin Luther by Cranach-restoration







§ 1. Les Réformes


Réforme est souvent synonyme de Protestantisme. En réalité, il y a eu au moins quatre réformes (voire cinq, si l'on compte le spiritualisme d'un Schwenkenfeld), au XVIe siècle:
Caractéristiques: continuité baptismale et conservation du Credo (cf. Luther, Articles de Smalkalde).
But: réalignement de la vie de l’Église sur cette base, conformément aux Écritures.


2) REFORME TRIDENTINE
Caractéristiques: conservation des ajouts médiévaux à la foi ancienne (ex: Purgatoire, Indulgences, etc.)
But: justification du cléricalisme et des ambitions papales, contre les Protestants.

3) REFORME ANABAPTISTE 
Caractéristiques: rupture de l'unité baptismale avec l’Église ancienne, rupture avec le Credo (ex: chair céleste du Christ de Menno, antitrinitarisme de Servet, etc.)
But: exhumer le christianisme soi-disant disparu depuis les Apôtres.

4) REFORME HUMANISTE
Caractéristiques: scepticisme, rationalisme, foi en l'homme;  parasitage des autres courants (Érasme dans le papisme, etc.)
But: établir une religion rationalisée, une société plus éclairée et plus tolérante.

Ces branches sont radicalement distinctes l'une de l'autre et ont une nature incompatible l'une avec l'autre. Je pense ici à Luther, disant (en 1529) à un Zwingli trop empreint d'humanisme: nous n'avons pas le même esprit
Il n'y a même pas à chercher l'unité de ces mouvements, ou pour eux, car ils sont inconciliables.



§ 2. Le bricolage théologique



Notre société individualiste ne voit pas de problème à ce que chacun fasse sa religion à la carte (cf. G. Leclerc, Le bricolage religieux) et, a fortiori, à ce que chaque chrétien pioche, dans les branches présentées ci-dessus, de quoi fabriquer une nouvelle communion au motif d'un progrès dans la découverte ou la redécouverte de la vérité...

La foi chrétienne nous interdit cette route (Jude 3). 
De plus, la condamnation des schismes (Galates 5: 19-21) nous donne horreur de la fragmentation là où le salut n'est pas rendu a priori impossible par des erreurs enseignées officiellement.

Si l'on veut dire que les Protestants se sont pourtant séparés de l’Église occidentale de leur temps (ce que nous contestons --Confession d'Augsbourg, Épitre à Sadolet, etc.--, mais passons), ils auront au moins eu une raison: Rome condamnait (et condamne encore!) l'article du salut par la foi seule et a ainsi détourné les âmes du Christ, selon l'enseignement de Paul (Galates 5: 4).


Mais Charles Parham a-t-il eu une telle raison de quitter le méthodisme pour fonder les ADD?
Et Wesley avait-il une telle raison de ne pas en rester au simple enseignement des XXXIX Articles pour fonder le méthodisme?
Il ne semble pas.


De même, les tâtonnements d'un John Smyth, fondateur du baptisme au XVIIe siècle, et de fait tributaire en partie de la théologie Protestante, en partie de la théologie Anabaptiste, est en définitive un mouvement "bâtard", sans intérêt, et ouvert sur d'autres évolutions (ex: Pentecôtisme de Richard G. Spurling).

Aussi, ces gens demandent qu'on ne condamne pas leurs factions; mais le fait qu'ils soient sortis de nous n'est-il pas le signe qu'ils nous regardent eux-mêmes comme des factions de pestiférés?
 

Nous devons donc conclure que la foi est une chose sérieuse et qu'il faut se garder de flotter "à tout vent de doctrines". Nous sommes Chrétiens, Protestants, nous avons bien raison de l'être et ne voulons être ou devenir rien d'autre.


Bucer

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