jeudi 14 novembre 2013

Le manlentendu chez st Jean

Il me semble qu'il existe clairement trois cas de malentendu, dans l’évangile selon Jean, entre Jésus et ses interlocuteurs (Jean 2 sur le temple, Jean 11 sur le sommeil de la mort et Jean 21 sur le devenir du disciple aimé).

Or, dans tous les cas, nous voyons que l'Apôtre signale ouvertement le quiproquo en plus de donner le vrai sens des Paroles du Maître.
Ainsi, dans Jean 2: 20-21:
Les Juifs dirent: Il a fallu quarante-six ans pour bâtir ce temple, et toi, en trois jours tu le relèveras! Mais il parlait du temple de son corps.

De même, dans Jean 11: 11-15:

Après ces paroles, il leur dit: Lazare, notre ami, dort; mais je vais le réveiller. Les disciples lui dirent: Seigneur, s'il dort, il sera guéri. Jésus avait parlé de sa mort, mais ils crurent qu'il parlait de l'assoupissement du sommeil. Alors Jésus leur dit ouvertement: Lazare est mort.

Enfin, dans Jean 21: 21-23:

En le voyant, Pierre dit à Jésus: Et celui-ci, Seigneur, que lui arrivera-t-il?
Jésus lui dit: Si je veux qu'il demeure jusqu'à ce que je vienne, que t'importe? Toi, suis-moi! Là-dessus, le bruit courut parmi les frères que ce disciple ne mourrait point. Cependant Jésus n'avait pas dit à Pierre qu'il ne mourrait point; mais: Si je veux qu'il demeure jusqu'à ce que je vienne, que t'importe?
On notera que dans ces différents cas, certains démentis sont apportés alors que la question pourrait être jugée mineure (le dernier cas notamment).
Voyons maintenant deux passages, dont certains nous disent qu'ils ne sont que les expressions malheureuses de l'erreur en laquelle les auditeurs de Jésus seraient tombés suite à une mésinterprétation de ses propos, et que st Jean aurait rapporté sans la moindre précaution:
 Jean 5. 18: A cause de cela, les Juifs cherchaient encore plus à le faire mourir, non seulement parce qu'il violait le sabbat, mais parce qu'il appelait Dieu son propre Père, se faisant lui-même égal à Dieu.



Jean 10. 33: Ce n'est point pour une bonne oeuvre que nous te lapidons, mais pour un blasphème, et parce que toi, qui es un homme, tu te fais Dieu.

Ici, nous sommes priés de croire que Jésus et l'Apôtre ne partagent pas cette conclusion des Juifs: ce serait un simple malentendu!
... Mais où est la correction? 
Où est, un peu comme en Jean 2, le "Mais il parlait d'une divinité de façon figurée"? 
Où est, un peu comme en Jean 11, le "Jésus avait parlé de son titre mais ils crurent qu'il leur parlait de sa nature, alors il leur dit ouvertement: Je ne suis pas Dieu"?
Où est , un peu comme en Jean 21, le "Là-dessus, le bruit courut parmi les Juifs qu'il se prétendait égal à Dieu. Cependant Jésus n'avait pas dit "Je suis Dieu", mais: Je suis fils de Dieu"?

Aucun démenti. Aucune note explicative de l'Apôtre, au sujet d'une querelle pourtant gravissime
Se sera-t-il dit: "Bam! Lisez ça et tant pis si vous tombez dans le panneau!" ?
Évidemment, non. Aussi sommes-nous plutôt portés à croire que ce sont certains lecteurs qui répugnent à croire ce qu'il a dit, assumé, et que l’Église chrétienne confesse depuis toujours.

Bucer

 


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