mardi 23 juillet 2013

JMJ: Rome sans l'Evangile (2)


Le Symbole "Quicumque" constitue une belle synthèse des travaux des grands conciles œcuméniques et je pense que si l'on devait pareillement résumer les travaux des "Réformateurs", il suffirait d'employer les mots de "l'Article capital" présenté par Luther, dans ses Articles de Smalkalde:

Jésus-Christ, notre Dieu et notre Seigneur, est "mort pour nos péchés et ressuscité pour notre justification" (Rm 4). Et lui seul, "il est l'Agneau de Dieu qui porte les péchés du monde" (Jn 1), et "Dieu a mis sur lui les péchés de nous tous" (Es 53). De même: "tous les hommes sont pécheurs et sont justifiés sans nul mérite, par sa grâce, au moyen de la rédemption opérée par Jésus-Christ, en son sang", etc. (Rm 3).
Puisque, à présent, cela doit être cru et ne peut être obtenu ou saisi au moyen d'une œuvre, d'une loi ou d'un mérite quelconque, il est clair et certain que seule une telle foi nous justifie, comme st Paul le dit dans Romains 3: "Nous estimons que l'homme est justifié par la foi, sans les œuvres de la loi". De même: afin que l'on reconnaisse que "Dieu seul est juste et justifie celui qui a la foi en Jésus".
Sur cet article, aucun écart ou concession n'est possible; le ciel et la terre ou tout ce qui est périssable dussent-ils crouler. "Car il n'y a pas d'autre nom qui ait été donné aux hommes par lequel nous puissions être sauvés" dit saint Pierre (Ac 4). "Et par ses meurtrissures nous avons la guérison" (Es 53).
Et c'est sur cet article que repose tout ce qui fait notre vie, tout ce que nous enseignons contre le pape, le diable et le monde. Aussi devons-nous en avoir une certitude entière et n'en point douter; sinon, tout est perdu, et le pape et le diable et tous nos adversaires gardent contre nous la victoire et leurs droits.

Voilà, dis-je, le "Symbole" de la Réforme et l'on ferait sans doute très bien d'adjoindre ces lignes au "Quicumque" pour réciter l'ensemble dans une liturgie de la fête de la Réforme. On aurait alors, en effet, un excellent résumé/commentaire des sept conciles, c'est-à-dire du Credo.
Mais passons.
Car ce qu'il faut souligner, lorsque nous parlons du papisme, c'est que cette secte rejette et condamne totalement cet article de la justification par la foi seule. Le pape de Rome ne veut pas que l'on entre au Paradis par une simple foi en Jésus-Christ: comment gardera-t-il son pouvoir si les choses sont si simples?
Aussi préfère-t-il inventer que l'on est sauvé de l'enfer par l'intermédiaire de ses prêtres, car eux seuls ont le pouvoir d'absoudre les baptisés de leurs péchés (Denzinger 1672, etc.)
Toutefois, même ainsi, il ne saurait souffrir que des chrétiens soient si facilement libérés du poids de leurs fautes; aussi lui et ses amis ont-ils inventé le purgatoire dans lequel les âmes pieuses sont sensées être tourmentées comme des damnés pour une période de temps plus ou moins longue. Et il ne faut pas croire que cette vision serait celle de quelques superstitieux du moyen âge ou de quelques illuminés comme Maria Simma et son évêque, tandis que "les hommes d'aujourd'hui" ne croiraient plus ces balivernes, car c'est Benoit XVI (comme nous avons déjà eu l'occasion de le signaler sur ce blog) qui a assimilé le lieu horrible où souffre le riche, dans Luc 16. 19-31, avec sa maudite fable du purgatoire (cf. Encyclique Spe Salvi).
Et l'on en vient ici à l'abomination des Indulgences  par lesquelles le pape prétend pouvoir tirer les âmes du purgatoire, comme si la foi au Fils de Dieu ne pouvait obtenir une telle chose sans lui!
Là encore: croyez-vous que les hommes d'aujourd'hui ne pratiquent plus ces choses? Que les indulgences sont une vieille histoire du XVIe siècle et que le "bon pape François" a laissé ces pratiques blasphématoires de côté?
Non monsieur!
Et comme notre bon pape n'a pas peur du ridicule, il est allé jusqu'à accorder gracieusement son ignoble pardon à ses "followers" et autres groupies virtuelles.

Que les "évangéliques" tentés par Rome choisissent donc promptement, car l'affaire est sérieuse et la tiédeur n'est pas acceptable lorsque l'on parle du salut des âmes:
si ces sornettes sont vraies, qu'ils aillent vite se confesser et suivre leur pape sur le net.
si elles sont fausses, qu'ils les dénoncent sans tarder.
Bucer



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