dimanche 30 juin 2013

Pourquoi je ne suis pas Pentecôtiste

Voici l'une des affirmations du 6e article de la Confession de Foi des Assemblées de Dieu en France:

Nous croyons que le baptême dans l'Esprit-Saint est une promesse. pour les chrétiens de tous les siècles ; il est donné par le Père et le Fils, et il est manifesté par le parler en langues comme au jour de la Pentecôte, selon le récit du Nouveau Testament.
Or, voyons ce que nous enseigne le Nouveau Testament, et considérons s'il est ou non justifié d'adopter le particularisme par lequel les Pentecôtistes se séparent des baptistes, eux-mêmes séparés des Réformés (alors que les deux premiers confessent qu'on trouve chez les derniers l'article capital de la Justification par la foi seule).

1° Le 12e chapitre de la première lettre de Paul aux corinthiens marque le début d'un long enseignement sur les charismes (chapitres 12 à 14!)
Or, l'apôtre commence par une affirmation très ferme: l'Esprit saint manifeste sa présence en l'homme par la foi qu'Il lui donne concernant le Fils de Dieu (1Co 12. 1-3).

2° Ensuite, ce même Esprit confère aux membres de l’Église différents dons (versets 4 à 30). Malgré les vœux de Paul (1Cop 14. 5) n'y a pas un "parler en langues" commun à tous les baptisés du Saint Esprit, pas plus qu'il n'y a de célibat universel (comparer avec 1Co 7. 7-9)...

3° St Paul affirme clairement qu'avant tout charisme, il faut rechercher l'amour (1Co 13).
Des pentecôtistes m'ont souvent parlé de Marc 16. 17-18 pour montrer qu'il est important que les chrétiens fassent l'expérience de charismes et d'opérations spirituels extraordinaires. Mais, comme Paul, nous devons nous souvenir que c'est en définitive la charité que nous devons poursuivre avant tout et qui doit nous distinguer (Jean 13. 34-35). 

4° Paul affirme que la finalité de tout charisme doit être l'édification de l’Église, à la gloire de Dieu (1Co 14. 1-20).  Ainsi, il est nécessaire que les ouailles comprennent ce qui se dit dans l’Église [ce n'est pas pour rien que les réformateurs ont lutté contre l'usage du Latin en leurs temps!]: en cas de parole incompréhensible à l'assemblée, il faut un interprète! Sans interprète, le silence est préférable (1Co 14. 26-33).
Or, pour autant que j'ai pu le voir (ou entendre des témoignages), c'est une règle bien peu appliquée dans ces milieux...

5° Enfin, Paul rattache le "parler en langues" à la déclaration du Seigneur, dans Esaïe 28. 11:
 Hé bien! c'est par des hommes aux lèvres balbutiantes Et au langage barbare Que l'Éternel parlera à ce peuple.
 Ceci nous ramène au jour de la Pentecôte où les langues parlées spontanément étaient des langues étrangères, comme l'Arabe (Actes 2. 4-11). Et Pierre souligne que les expériences subséquentes étaient de même nature (Actes 11. 15).
Par conséquent, ce n'est qu'à grand renfort de spéculations et d'extrapolations (basées sur des hyperboles, comme 1Co 13. 1) que l'on peut fonder le dogme de langages "célestes".

Conclusion:

Faire des choses sortant de la routine, cela permet peut-être de se donner le sentiment que l'on a renoué avec l’Église du temps des apôtres. Que l'on a ici un "plus" dont on se serait trop longtemps privé...
En réalité, le seul "plus" apporté par ce genre de doctrines, c'est le schisme. Et cela est très loin du christianisme des apôtres! Je pense donc qu'il vaut mieux en rester à la confession de la foi orthodoxe, manifestant la présence en nous de l'Esprit saint et de progresser dans l'amour!


Bucer


1 commentaire:

bibletude.org a dit…

Avec votre permission, je publie cet article ici : http://surtout-ne-lisez-pas-ce-blog.blogspot.com/2013/07/pourquoi-je-ne-suis-pas-pentecotiste.html