samedi 9 mars 2013

Observations sur l'union sacramentelle





 
Un papiste me disait un jour que si nous pensions vraiment que, dans la Cène, il n'y a pas que du pain et du vin, mais que le Christ est vraiment présent, alors, à moins de donner dans l'arianisme, nous serions d'accord avec sa communauté ecclésiale pour adorer l'espèce du pain.
 
Voici donc les quelques remarques que je dois faire sur ce sujet.
 


 
§ 1.
 
Des quatre textes relatifs à l'institution de l'eucharistie (Matthieu 26. 26-28; Marc 14. 22-25; Luc 22. 19-20; 1Corinthiens 11. 23-25), tous font ressortir le lien entre la Présence du Christ et la manducation.
Aucun ne rapporte que Jésus aurait dit du pain, dans une formule indépendante:





"ceci et mon corps"  


Et qu'il l'aurait ensuite donné aux disciples en disant, dans une autre phrase:






"prenez, mangez"
 
Au contraire, l'ordre de prendre  ou manger  est indissociable des mots "ceci est mon corps".

Et cela ressort particulièrement sous la plume de Marc (14. 23-24):
"... ils en burent tous. Et il leur dit: ceci est mon sang..."
 
Donc, qu'il y ait une présence en dehors de la manducation est l'assertion la plus contestable du monde.

 
 
 
§ 2.
 
On m'objectera alors, sans doute, les expressions (par exemple) de la Concorde de Wittenberg, selon laquelle le corps est présent, offert et reçu.
Mais puisque le but des auteurs était de dire la réalité de la présence plutôt que le moment de cette présence, cette séquence (présent/offert/reçu) doit être comprise comme un ordre logique plutôt que chronologique.
La confession veut dire que la présence n'a pas lieu par la manducation (ou par la foi du communiant) mais par la Parole de Dieu; c'est un fait objectif et en ce sens, il est vrai que le corps doit bien être présent et offert "avant" d'être reçu.
Mais que la présence ne soit pas causée par la manducation (ou par la foi du communiant), cela ne contredit pas le fait qu'elle n'ait lieu que lors de cette manducation (voir le paragraphe précédent) et ce conformément aussi à la Concorde qui déclare que le Christ n'est pas présent en dehors de l'usage du sacrement (sur l'usage du sacrement, voir le Petit Catéchisme du Bx. Luther, chapitre sur le sacrement de l'autel, Q. 1 & 3).

 
 
§ 3.
 
Que Jésus-Christ soit présent dans l'eucharistie lorsque les communiants mangent et boivent, cela a des conséquences, on s'en doute, sur le sujet en question:
 
  • c'est qu'il n'y a pas lieu de tomber dans la névrose, avec les scolastiques du moyen âge, au sujet de miettes de pain tombant au sol, ou d'un calice pareillement renversé.
 
  • Mais surtout, c'est l'idolâtrie qui est détruite, puisque dans le Sacrement, le Christ est présent avec le pain et le vin, comme aliment de l'âme, et non pour nous servir de totem.
     
Bucer
 

1 commentaire:

Anonyme a dit…

Puisque la communion est une action, on peut affirmer la présence réelle, sans préciser sa modalité. Sinon, on altère le sens de ce geste, en le transformant en chose. Or, un geste est toujours accidentel,transitoire, tandis qu'une chose est substantielle, permanente. Il faut bien se garder de confondre!