Principe du discours dogmatique, annexe


L’intention qui a présidé à la rédaction du présent ouvrage est de détourner le lecteur d’une alternative aussi répandue que malheureuse : ou bien la lecture individualiste des Écritures, ou bien la lecture cléricale de ces Écritures. Le fruit de la première tentation consiste en la profusion de sectes (dénominations). Le fruit de la seconde consiste en l’hégémonie de l’une d’elles (papisme).
Seule reste la lecture des Écritures à travers le prisme baptismal, source de communion dans la vérité. Car mettre en exergue ce lien réel (le baptême) qui existe entre les Écritures saintes et la confession de foi des chrétiens, c’est souligner l’unité tout aussi réelle qui doit en résulter pour eux tous (cf. Galates 2,9).
Schémas :



Figure 1 : Lecture individualiste des Écritures.

 

Il s’agit d’un système dans lequel chacun revendique la capacité d’interpréter la Bible en vertu de sa foi prétendue. Mais cette foi étant elle-même le fruit de son interprétation de la Bible, chacun s’enferme ainsi dans un argument circulaire. On est alors fondamentalement seul avec la Bible, et ce n’est que dans un second temps que des unions se font (et se défont) entre interprètes également souverains. Cette égalité jalousement affirmée des « croyants » prime ici sur (et souvent : supprime) leur unité.

 

Figure 2 : Lecture cléricale des Écritures.

 

Il s’agit d’un système dans lequel quelques-uns seulement sont réputés pouvoir comprendre les Écritures en vertu d’une ordination sacerdotale. Le reste des croyants bénéficie de la lumière supposée des premiers, moyennant une soumission inconditionnelle. Ce principe hiérarchique prétend garantir une certaine unité de l’Église en sacrifiant le principe de l’égalité de ses membres. C’est la foi en l’autorité, une « foi » d’autant plus aveugle que, faute de pouvoir en juger, on se soumet sans savoir si l’autorité en question est légitime ou usurpée.

 

 

Figure 3 : Lecture baptismale des Écritures.

 

Il s’agit du principe selon lequel tous peuvent comprendre la Bible en vertu (et dans le cadre) de leur baptême. Car le baptême unit ceux qu’il rend égaux, en faisant également briller sur chacun d’eux, dans l’irréductible simplicité d’une cérémonie, le propos des Écritures saintes. Porte d’entrée dans l’Église parce que résumé et emblème de sa foi, la vérité baptismale est donc le point de départ obligatoire de toute interprétation des Écritures. Une interprétation qui cherche un autre point d’appui est, au mieux, aventureuse, au pire, apostate. Ce principe corrige le subjectivisme de la lecture individualiste (fig. 1), autant que la restriction du système clérical (fig. 2).

Bucerian 

 

Commentaires

Alain Rioux a dit…
Il a été, en effet, génial de déduire du baptême toute la Foi du Credo, grâce à la formule trinitaire, le fondement théologique de l'ablution, le geste liturgique, l'économie du salut, et la matière sacramentelle, le dogme de la création. A telle enseigne qu'il n'est pas excessif de constater, d'un même élan, une réelle continuité reliant la Foi anté-nicéenne à celle des six premiers Conciles œcuméniques, puis à la confession d'Augsbourg, le tout attesté par les Écritures et condensé dans l'unique signe de reconnaissance de la chrétienté, le Symbole originel de Nicée-Constantinople. Une telle cohérence de la doctrine pro-testante (confessante) pulvérise toutes les calomnies que ses détracteurs ont pu lui adresser au cours des siècles et dont elle s'est, à juste titre, bien moquée...

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