vendredi 13 juillet 2018

Exclusivisme chrétien


Jésus lui dit: 
Je suis le chemin, la vérité, et la vie. Nul ne vient au Père que par moi.
Jean 14: 6 




Les esprits rebelles s'opposent souvent à la Parole du Christ en faisant valoir qu'à moins de s'adonner à un favoritisme coupable, aucun dieu ne saurait refuser la vie à un homme qui se sera efforcé de vivre vertueusement, et dont le seul crime aura consisté à ne pas être étiqueté "chrétien".
Forts de cette remarque, les âmes hostiles à la Vérité croient avoir abattu les prétentions chrétiennes, considérées comme la marque la plus caractéristique de l'avidité charnelle à prêcher pour sa paroisse.

Pour que les âmes mal affermies ne se laissent pas déstabiliser par ce genre d'arguties, il convient de montrer combien celles-ci sont fallacieuses et comment, loin de constituer un réel soucis de ce qui est juste, elles ne sont en définitive que l'expression du plus grand mépris pour toute la Justice et la Sainteté de Dieu.

Le Dieu vivant est en effet un Dieu Saint et Amour, qui attend de l'homme qu'il soit son ami, un homme selon son cœur, et selon son image.
Cela veut dire qu'il attend de l'homme (qu'il a créé tel) que, toute sa vie durant, il produise (avec joie et sincérité), tel un bon arbre, de bons fruits. Qu'il vive, donc, selon Sa Loi. Qu'il aime son Dieu de tout son cœur; et qu'il aime son prochain comme lui-même.

Pour donner une analogie, disons que Dieu est un peu comme ces juges gastronomiques qui parcourent les restaurants pour donner une étoile aux bons établissements. Et pour donner son étoile (la vie éternelle) notre critique gastronomique commande très simplement une salade de fruits.  Cette salade, qu'on attend fraîche et savoureuse, c'est la vie d'excellence et de bonnes œuvres que Dieu demande et agrée.

Mais que lui sert-on?
La plupart des hommes prétend lui servir une vie pleine de bons fruits. Supposons que ce soit vrai (bien qu'en réalité, il n'en soit rien: Romains 3: 10-18). Ils ne pourront pas nier, pourtant, qu'ils ont au moins quelques péchés, qui sont comme une souris morte au milieu du plat (Jean 8: 7-9). Seulement, ils croient noyer cette horreur, la dissimuler au milieu de la salade: "Les fruits sont si excellents que ça contre-balancera la vision et le goût du cadavre! Oui, ça passera!", se disent-ils.
Ça passera? 
Vraiment?...
Mais dites: auprès de quel juge gastronomique cela passerait-il?
Même auprès du plus imbécile et du plus indigne de tous, cela ne passerait pas. Même le plus débile, au lieu de manger et attribuer une étoile, appellerait les services sanitaires et jetterait tout le plat aux ordures!
Quel message fait-on passer, donc, quand on dit que Dieu avalera ce plat, qu'il s'en régalera et accordera une étoile?
N'est-on pas en train de dire qu'il est encore plus méprisable que le plus abruti et le plus incompétent de tous les juges humains?...

La croyance selon laquelle une vie souillée par le mal pourrait plaire par ses prétendues bonnes œuvres, relève donc de la pure rêverie, du mensonge (cf. Jacques 2: 10) et du blasphème.

Les hommes peuvent d'autant moins ignorer cet article, qu'ils leur arrive de le théoriser et de l'affirmer eux-mêmes avec force.
Voici par exemple un éditorial (daté du 6 novembre 1944) qu'un célèbre journaliste et Résistant Français, Jean Guignebert, a signé au sujet de ceux qui avaient collaboré avec l'occupant nazi, durant la seconde guerre mondiale:

 "Il faut reconnaître que la tâche des commissions d'épuration ou des cours de Justice est extrêmement délicate; car on se retrouve très rarement en face du cas du collaborateur type; en face de celui qui, pendant ces quatre années, n'a fait que collaborer. Ce qui souligne le mieux la mauvaise qualité humaine de tous ceux qui ont travaillé avec l'ennemi, c'est que dans le même temps ils se préoccupaient de constituer leur dossier de dédouanage, jouant les deux tableaux, prenant leurs garanties des deux côtés. Il n'y a pas un collaborateur, si modeste soit-il ou si haut placé qu'il ait été, qui n'ait à verser au débat qui le concerne quelques témoignages d'une activité prudente en marge de la Résistance. Celui-ci, qui est accusé d'avoir collaboré à un journal financé par les allemands, argue qu'il a d'autre part donné asile à quelques Juifs persécutés. Celui-là, qui faisait à radio Paris des émissions de propagande nazie, s'enorgueillit d'avoir caché des parachutistes alliés. Et le plus curieux, c'est que ce n'est pas toujours faux. On conçoit que les juges soient tentés d'établir une sorte de balance entre les fautes et les mérites et que si les mérites sont évidents, ils atténuent la sanction. Évidemment, cela constitue une sorte de prime à la contre-assurance qui n'a pas beaucoup de qualité morale, puisque cela revient à dire à ceux qui ont misé sur les deux tableaux, à ceux qui ont eu l'astuce de se préparer des alibis, qu'ils ont en somme fait une assez bonne affaire. Soyez assurés que le jour où l'on jugera les Pétain, les Laval et leurs complices, ils auront tout un lot de soi-disant bonnes actions à mettre dans la balance avec laquelle on pèsera leur destin (...) Il y a dans tout ce maquignonnage quelque chose d'assez répugnant: cet espèce de troc (...) ce mal que l'on se donnait pour essayer d'équilibrer les réalités de la trahison avec les apparences du patriotisme ne saurait à mon avis constituer la moindre circonstance atténuante. A tout prendre, j'aime mieux un traitre qui a eu le courage de ses opinions qu'un traitre qui par lâcheté s'est donné quelques instants par jour, et en se cachant soigneusement, des allures de patriote".

Remplacez: Collaborateur par: Pécheur; collaboration par: Péché; occupant par: diable... et vous aurez une certaine idée de ce que l'homme pécheur, qui prend quotidiennement plaisir à l'injustice, qui se rend complice des œuvres du diable -- mais qui s'efforce de produire aussi quelques bonnes œuvres, non plus pour atténuer la sanction, mais carrément pour sauver son âme et mériter la décoration suprême (!) --, vous aurez une certaine idée, dis-je, de ce que pareil homme risque d'entendre lors du Jugement dernier: maquignonnage répugnant, réalité de la trahison, allures de fidélité...

La prétention humaine à pouvoir troquer son Salut avec Dieu étant ruinée, et l'humanité entière étant ainsi privée de tout espoir de Salut (le salaire du péché, c'est la mort! - Romains 6: 23), reste Jésus-Christ.

Car le Christ, dans l'Humanité qu'il a assumé, a mené une vie parfaite et immaculée; c'est cette vie que Dieu commande, à laquelle il prend plaisir.
De même quel seul l'établissement qui produit un plat vraiment sain entre dans le guide du critique gastronomique, seul l'homme qui produit une telle vie, pure et sainte, entre dans la Vie éternelle.
Or, Jésus-Christ n'a pas mené une telle existence pour lui-même (lui qui, de par sa condition divine, n'en avait pas besoin!) mais pour ses brebis.

Plus encore, ceux qu'il est venu sauver ayant gravement offensé Dieu, la Justice de Celui-ci exigeait de frapper pour le péché.

Beaucoup d'hommes, parmi ceux qui pensent pouvoir se sauver sans le Christ, imaginent sans doute qu'à défaut de pouvoir se racheter par leurs bonnes œuvres, ils pourront compter sur un pardon de Dieu: un pardon tel qu'il sacrifierait sa Justice et laisserait donc en définitive le crime impuni.
Attendre un tel pardon de Dieu, c'est attendre qu'il se défasse de sa Justice, qu'il se renie et se rende complice du crime.
Ce pardon n'existe pas et ceux qui s'en réclament ne font que projeter sur Dieu leur propre complaisance envers le mal, ainsi que leur propre faiblesse d'esprit ( = il n'osera pas).

L'humanité, telle une société  mal gérée, est donc une société en faillite; sans doute cette société doit-elle payer ses dettes, si ses membres ne veulent pas être perdus.
Étant dans l'impossibilité de payer (pour les raisons évoquées ci-dessus), la seule possibilité est qu'un autre la rachète et assume la responsabilité de tout ce fiasco; qu'il paye à sa place, satisfaisant ainsi la Justice, tout en pouvant assurer la Miséricorde: le Christ, malgré sa vie innocente et parfaite, a payé très cher le prix de nos fautes, qu'il a portées sur le Croix. Autrement dit: si la vie éternelle est donnée gratuitement, ce n'est pas à dire qu'elle n'a rien coûté à personne.

Mais il était blessé pour nos péchés, Brisé pour nos iniquités; Le châtiment qui nous donne la paix est tombé sur lui, Et c'est par ses meurtrissures que nous sommes guéris (Esaïe 53: 5).

En définitive,  l'homme pécheur ne peut vivre que du pardon de Dieu; et ce pardon ne saurait être la négation ou l'abandon de sa Justice.

On comprend facilement, à présent, que si Jésus-Christ est le seul chemin et que nul ne vient au Père que par Lui, ce n'est pas pour s'amuser à condamner les justes et les saints qui vivraient hors de Lui, mais bien parce qu'il n'y a aucun juste ni aucun saint sinon Lui; et que, si l'on ne saurait nier que l'homme vit du Pardon de Dieu, ce Pardon doit néanmoins rendre possible la satisfaction de la Justice éternelle dont Dieu ne veut pas se défaire.

On voit aussi que seuls ceux qui se moquent de la Justice rejettent la croix: ou bien par prétention délirante à satisfaire la Justice éternelle de Dieu; ou bien par la croyance blasphématoire selon laquelle Dieu s'abaissera à avaler leurs ordures et à les féliciter pour un tel chef-d’œuvres...


Bucerian 

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