mardi 25 juillet 2017

Pertinence de l'orthodoxie aujourd'hui


"Hors de l’Église, point de salut".

Loin d'être une triste erreur de st Cyprien, reprise par Rome, cette affirmation est conforme à ce que nous enseigne le Seigneur. C'est du giron de l’Église en effet que nous invoquons Dieu, lui disant: Notre Père qui est aux cieux, etc. Pour cette raison, Calvin n'hésite pas à faire sienne cette formule, dans son Institution de la Religion Chrétienne.
Or, le chrétien se plaît naturellement à vivre dans la présence réelle de ses frères, dans une assemblée locale -- assemblée en laquelle la communion verticale (avec Christ) et horizontale (avec les frères) est manifestée, dans le sacrement eucharistique (1 Corinthiens 10. 16-17).

"Nous croyons donc que nul ne doit se tenir à l'écart et se contenter de sa personne, mais que tous les fidèles doivent, ensemble, maintenir et garder l'unité de L’Église (...) et cela, partout où Dieu aura établi un ordre ecclésiastique véritable (...)" et que "tous ceux qui ne se soumettent pas à cet ordre ou s'en affranchissent pour faire bande à part contreviennent à l'ordonnance de Dieu" (Confession de La Rochelle, article 26).

Toutefois, quel intérêt y aurait-il à se joindre à des groupes qui ne prêchent pas fidèlement l’Évangile du Salut? Des groupes qui font des Sacrements (qui sont comme les liens des assemblées publiques) un instrument de divisions? Des groupes qui, non contents de ne pas se mettre en peine de se soumettre à la Parole de Dieu, institutionnalisent son rejet?...
La question se pose avec un intérêt certain, de nos jours, d'autant que les responsables de certaines dénominations "protestantes" se présentent volontiers comme "évangéliques libéraux" ou "libéraux évangéliques", comme si cet oxymore était devenu une évidence dans leur cercle d'initiés!
Il faut dire que dans ces groupes, même ceux qui se présentent comme les plus fervents évangéliques, ceux qui attestent leur désaveu des derniers aboutissements du libéralisme, soutiennent volontiers que le libéralisme est en soi quelque chose de tout à fait positif (sic)

Se bornerait-on à fréquenter un établissement dont le patron affirmerait servir "de l'eau avec de l'arsenic", ou "de l'arsenic avec de l'eau" et dont les employés les plus sains d'esprit (ou les moins tordus?) considéreraient que, malgré leur désaccord avec l'administration de doses létales en une fois,  la consommation d'arsenic (pourvu que la mort ne survienne qu'à la dixième prise) reste fondamentalement positive?...

Or, physique ou spirituel, du poison reste du poison. Y serait-on immunisé (mais l'est-on jamais suffisamment?) on resterait coupable en donnant (à d'autres) l'exemple de fréquenter publiquement ces centres d'empoisonnement collectifs, de les soutenir et les créditer, moralement et financièrement.

C'est donc avec le plus grand zèle qu'il nous faut poursuivre le témoignage pour l’Évangile, et répéter le modèle d'orthodoxie encore nécessaire aujourd'hui.
Il serait facile, certes, de rester dans des temples ayant pignon sur rue, de faire "comme toujours" (et surtout: comme tout le monde!) et se persuader, en prime, qu'il y a quelque chose de profondément spirituel et charitable dans ce formalisme opiniâtre.
Mais ce serait oublier qu'un chrétien est un fidèle; pas un suiveur. Et s'il n'est pas un perfectionniste, le croyant est encore moins adepte de la permissivité. 

Bucerian




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