jeudi 11 août 2016

Défense de l'Amillénarisme Réformé (4) MATTHIEU 24




Suite des résumés de la série d'articles du Professeur David ENGELSMA (Une Défense de l'Amillénarisme Réformé).

Comment les postmillénaristes peuvent-ils prétendre que les prophéties scripturaires relatives à l'apostasie des derniers temps (2Thessaloniciens 2. 3/ 2 Timothée 3. 4/ 2 Pierre 2 / 1Jean 2. 18-19, etc.) ne concernent qu'une période désormais révolue de l'histoire - c'est-à-dire, l'an 70 de notre ère?

Comment un auteur Reconstructionniste, comme GARY DEMAR peut-il écrire qu'"il n'est pas biblique d'employer le terme Antichrist pour désigner un chef politique actuel ou futur" (Last Days Madness, p. 204) et que ce qui a été écrit de la grande tribulation  ne concernait que les Juifs de l'époque, lors de la destruction de l'an 70?...

En fait, cette vision d'un Christianisme triomphant dans le monde  doit beaucoup à l'interprétation particulière qui est faite de l'évangile selon Matthieu, chapitre 24. ON trouve cette interprétation sous la plume d'un postmillénariste comme MARCELLUS KIK, dans son ouvrage "An Eschatology of Victory", aux pages 53 à 173.

KIK explique ce chapitre d'une telle manière que les versets 4 à 31 se réfèrent exclusivement à la destruction de Jérusalem par les Romains, en 70 de notre ère. Rien ici ne concernerait la seconde venue de Notre Seigneur. Voici un résumé de son interprétation:

  • L'abomination du verset 15 décrirait la destruction du temple par les légions païennes.
  • La grande tribulation du verset 24, évoquerait la souffrance des Juifs en ce temps-là. 
  • La venue du Fils, aux versets 27-30, ne concernerait pas du tout la seconde venue de Notre Seigneur, mais sa Révélation aux hommes par la prédications de l’Évangile faite par les apôtres!
  • La reprise des élus, par les anges, au verset 31? Rien d'autre que le salut spirituel des élus par l’Évangile, annoncé par les anges, c'est-à-dire, les ministres de l’Évangile.
  • Les signes préliminaires comme l'obscurcissement du soleil (verset 29), sont interprétés comme l'obscurcissement de la nation Juive. "Le soleil du judaïsme a été obscurci" écrit l'auteur.
  • L'ébranlement de la puissance des cieux, au même verset, étant interprété comme se rapportant à Satan et ses anges.

     Pourquoi une telle lecture?
    L'auteur se fonde sur les paroles du verset 34, où Jésus déclare:
" Je vous le dis en vérité, cette génération ne passera point, que tout cela n'arrive."

Ainsi, le verset 34 de Matthieu 24 est la clé de l'interprétation postmillénariste; et si ce verrou venait à "sauter", tout le système postmillénariste s'effondrerait, tel un vulgaire un château de cartes.

Or, cette lecture et ce système sont erronés, ainsi que nous le verrons dans les prochains articles...

Bucerian






1 commentaire:

Méta Phrase a dit…

Il faudrait que certains cessent de confondre délire et exégèse. En effet, en saine théologie chrétienne, on ne doit pas malaxer quelques passages pour, au bout de cette concoction, espérer en voir émaner un doctrine. Au contraire, pour ne pas perdre pied, on doit s'attacher, autant que faire se peut, à asseoir tout doctrine sur au moins un livre biblique complet. En l'occurrence, en matière d'eschatologie, les deux épîtres aux Thessaloniciens et le livre de l'Apocalypse se présentent comme le cadre formel assigné à guider toute élaboration dogmatique. A ce titre, on verra facilement s'effondrer les spéculations chimistes, voire charnelles, de quidams en manque de reconnaissance...