mercredi 20 janvier 2016

Semaine sur la prière (3)




3) Un cœur partagé?

Dans notre paresse, nous pouvons être tentés de négliger de prier. Dans notre légèreté, nous pouvons aussi être tentés de prier pour satisfaire nos passions.
Mais, s'il n'est déjà pas respectueux de converser avec un semblable tout en pianotant sur son téléphone, comment imaginer que l'on puisse paraître devant le Dieu vivant, pour lui adresser nos requêtes, tout en ayant l'esprit "ailleurs", tourné vers des choses éphémères - soit pour nous empêcher de prier sérieusement, soit pour nous empêcher de prier conformément à la volonté de Dieu?
Il faut donc se souvenir que, prier, consiste en une élévation de l'âme à Dieu (Psaume 25. 1) , avec les dispositions que cela implique: un cœur tourné vers lui, cherchant et se conformant à sa volonté (1Jean 5. 14).

"Pour qu'une prière soit bonne", écrit Luther, "il faut qu'elle soit chose sérieuse, que nous sentions notre misère, et une misère telle qu'elle nous presse et nous pousse à appeler et à crier" (Grand catéchisme).

Chose sérieuse: la prière ne consistera pas à répéter de vains mots, sans y penser, par acquis de conscience, mais sera un élan du coeur et de l'intelligence.
Ce qui est demandé doit être demandé "pour de vrai", sincèrement; ainsi, le pardon des péchés et la délivrance du mal - de sorte que la prière est incompatible avec la non-repentance ou l'intention de continuer à pécher.

Sentir notre misère: la prière ne sera pas une occasion de manifester de l'arrogance devant Dieu, pour prétendre à une dignité par laquelle nous mériterions notre exaucement (cf. Luc 18. 9-14), mais sera au contraire l'occasion de confesser notre péché et de vivre de son pardon.
 
Il a été dit, dans le premier message, que la prière est un devoir autant qu'une consolation. Si tel est le cas, que faire lorsque le cœur manque de l'ardeur dont il a été question ici?
Loin du fatalisme, dans de tels moments, le fidèle se tournera encore vers Dieu, écrit Calvin, "afin de lui demander une ardeur nouvelle" (cf. Catéchisme de Genève, Q. 242).


Bucerian

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