lundi 20 octobre 2014

Droit canonique et catholicité


Droit canonique et catholicité




Quiconque annonce un autre évangile,

qu’il soit anathème! (Gal.1/8-9)


      Depuis des lustres, la Foi catholique confessante (pro-testarii) a été qualifiée de christianisme périphérique. Car, on contestait sa (prétendue) rupture flagrante avec la Tradition, au nom d’un critère scripturaire, à la limite du gnosticisme. Or, cette fameuse Tradition, dont on arguait, contre la Foi catholique confessante, sur quoi, en dernière analyse, reposait-elle? Ainsi, à défaut d’une assise incontestable, on a récemment adopté le point de vue d’un Temps des Réformes, professant l’éclatement de l’Église latine médiévale, en deux confessions, tridentine et protestante.

      Certes, c’était, là, faire œuvre utile, d’autant que l’Augustana invariata précédait, d’une génération, les conclusions du synode de Trente. Or, affirmer l’éclatement de l’Église médiévale, c’est affirmer sa continuité: au nom de quel principe?

      En effet, une analyse un peu fine de la situation canonique de l’Église nous a fait découvrir qu’aucune liste officielle, canonique, des conciles œcuméniques ne pouvait étayer cette prétention (Dupuy, p.287). Or, nulle oecuménicité-nulle tradition- ne peut être affirmée sans réception officielle. De sorte que, notre stupéfaction fut immense, lorsque nous constatâmes que seule la fraction byzantine de l’Église possédait une telle liste, dans la nomenclature détaillée du Concile in Trullo ou  Quini-sexte, de 692. De plus, cette liste unique, même pour la dénomination orthodoxe, ne consacrait que les six premiers conciles œcuméniques, comme autorité normative pour la foi de l’Église chrétienne. C’en était, donc, fini, de la contestation de la catholicité de l’Église confessante. Car, tout dans la Foi de cette Église recevait cette liste.

      Évidemment, le débat avec Rome pouvait rebondir au sujet de la succession  apostolique, manifestée par la communauté épiscopale, comme garantie ultime de la Foi chrétienne. Or, la fragilité d’un tel argument ne saurait résister à une appréciation objective  des données de la question. Car, l’adjonction officielle du filioque au Symbole de Nicée-Constantinople, en 1014, à la messe du pape de Rome, a provoqué, latae sententiae, la déchéance  cléricale de tous les évêques latins,  ainsi que les canons des conciles d’Éphèse (431), de Chalcédoine (451) et du troisième concile de Constantinople (681) le précisent, sans doute possible. De sorte que,  la notion de Tradition, comme critère discriminant,  ne semble plus, à toutes fins utiles, détenir quelque fonction opératoire, dans les mains des affidés du Saint-Siège.

      Néanmoins, l’épiscopat othodoxe ne pouvait-il pas, de son côté, contester la catholicité de la Foi confessante, au nom de la même Tradition? Ce serait oublier que seuls les six premiers conciles œcuméniques font officiellement autorité, ainsi que l’avait illustré la publication, au XVIIième siècle,  de la confession calvinisante de Cyrille Loukaris,  Patriarche de Constantinople, de bienheureuse mémoire. Or, rien dans l’Augustana invariata ne heurte leur témoignage.

       C’est pourquoi, il ressort de notre propos, en dernière analyse, que seule une option, soit pour l’Écritures seule (confessants), l’Épiscopat seul (byzantins), ou bien le  pape de Rome seul (romains),  puisse permettre de trancher le débat de la catholicité, au sujet d’une Église. Or, notre prétention, c’est que l’Évangile est l’instance suprême qui autorise une telle conclusion, puisque, canoniquement,  le concept de Tradition a cessé de fonctionner, en tant que critère herméneutique, comme nous venons de le démontrer.  Aussi, force est d’admettre la pleine catholicité de l’Église confessante, dont nous avons défini, ailleurs, les contours dogmatiques…

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Dupuy, Bernard. Art.Conciles. in. Dictionnaire de l’Histoire du Christianisme. Albin Michel. Paris.2000. 1174p. 


Athanasius

3 commentaires:

Olivier Rossi a dit…

A mon avis, la première déviance de Rome vient des Etats Pontificaux.

Blog Chrétien Protestant a dit…

Olivier, j'espère que votre recherche d'église à Marseille est fructueuse!
Si vous le désirez, je peux vous faire parvenir quelques revues des Églises réformées évangéliques.

Olivier Rossi a dit…

Ah désolé, je viens de lire votre message, non ma recherche ne fut pas fructueuse^^