mardi 3 juin 2014

Remarques sur les propos de Monsieur Schlumberger


Monsieur le pasteur Schlumberger s'étant exprimé à l'occasion du deuxième synode national de l’Église Protestante Unie de France (EPUF), je me permets de réagir à ses propos.

Premièrement, le synode de Barmen s'est peut-être tenu 80 ans jour pour jour avant le synode de l'EPUF, mais, je ne vois pas quel intérêt il y avait à l'évoquer. Monsieur Schlumberger ne reconnaît-il pas lui-même qu'il n'y a pas de similitude entre notre contexte et celui de l'Allemagne des années 30?
Pourquoi ne pas avoir choisi d'évoquer plutôt la Concorde de Wittenberg, qui, à l'ouverture du synode de l'EPUF, avait 478 ans jour pour jour (29 mai 1536/ 29 mai 2014)? Ici au moins, il n'aurait pas été difficile de trouver la similitude entre la situation d'aujourd'hui et celle d'hier... à moins, bien sûr, qu'il n'y ait en réalité aucune similitude entre l'unité de l’Église de nos pères et celle que l'on trouve dans l'EPUF!

Car, Monsieur Schlumberger explique que la pertinence actuelle du synode de Barmen réside dans la question du témoignage: comment témoigner de façon "encore plus forte et percutante" dans le monde actuel? 
Le monde change en effet, et on ne le sait que trop bien à l'EPUF, où ces changements sont loués. Ainsi, aujourd'hui, règnent: la tiédeur, l'indifférence, le relativisme et le papillonnage.
C'est ce que j'entends lorsque Monsieur le pasteur explique que:
Aujourd'hui, quand des personnes viennent vers notre Église (...) elles ne viennent pas parce qu'elles adhèrent à la doctrine réformée ou à la doctrine luthérienne, elles viennent parce qu'elles trouvent une communauté vivante où elles se sentent accueillies, reconnues et nourries.
Mais que veut dire une Église où l'on ne se soucie pas des "doctrines"?
N'est-ce pas une doctrine, lorsque nous disons que Celui qui est mort sur la croix était Dieu fait homme? N'est-ce pas une doctrine, lorsque nous disons qu'Il a porté nos péchés? N'est-ce pas une doctrine, lorsque nous disons qu'Il est Ressuscité et monté au ciel, où Il règne, etc.?
Quelle est donc cette "Église" dans laquelle les gens sont "nourris" sans se soucier de ces choses?

Deuxièmement, Monsieur le pasteur considère qu'un christianisme trans-confessionnel, où tout le monde sera uni sans que nul ne s'entende sur la doctrine ou la morale, sera plus en adéquation avec le Nouveau Testament. Car, Monsieur le Pasteur nous explique que les Apôtres arrivaient à rester ensemble malgré des différences d'interprétation extrêmement dures, sur la Loi, etc.
Lisez le quinzième chapitre des Actes et vous me donnerez des nouvelles de ces divergences très fortes qui étaient supposées faire sauter le cercle si divisé des Apôtres!
La vérité, c'est que les Apôtres ont prêché une même doctrine (1Corinthiens 15, etc.) et condamné quiconque altérerait leur enseignement (Galates 1: 8-9).
Cela ne plaira peut-être pas dans des "Églises" où tout est discutable et révisable à volonté, mais c'est ainsi!
Et c'est avec cet Évangile exclusif que les hommes et les femmes d'aujourd'hui (comme ceux d'hier) peuvent et doivent être accueillis et nourris dans l’Église chrétienne.

C'est ce dont avaient conscience nos pères, à Wittenberg, en scellant leur unité dans la vérité et c'est sans doute pour cela que le modèle ne plaira (et ne sera évoqué par ceux) à ceux pour qui la vérité doit s'effacer devant je ne sais quelle convivialité dont Érasme de Rotterdam, plutôt que Luther, avait le secret...

Bucer


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