dimanche 23 février 2014

La chose bâtarde

Tout le monde sait combien la papauté a perdu tout crédit lors du Grand Schisme d'Occident (entre le XIVe et le XVe siècle) où se sont opposés deux puis trois lignées de papes:
Rome: Urbain VI, Boniface IX, Innocent VII, Grégoire XII
Avignon: Clément VII, Benoit XIII.
Pise: Alexandre V, Jean XXIII.
Le conflit a été surmonté lorsque le Concile de Constance, se déclarant supérieur à toute autorité (même papale) a élu Martin V, que Grégoire XII a accepté d'abdiquer et que Jean XXIII en a fait autant, tandis que Benoit XIII était contraint à l'humiliation et à l'impuissance face à une chrétienté occidentale n’obéissant qu'au nouveau pape qu'elle s'était souverainement donnée.

Alors, si l'institution papale a un jour été établie par Dieu (notamment dans Jean 21, comme le soutiennent les papistes), qui sait si Pedro de Luna (Benoit XIII) n'a pas été le dernier des papes, vu qu'on l'a emmené là où il ne voulait pas (Jean 21: 18-19) et que la papauté d'après le grand schisme repose en définitive sur le concile de Constance (un concile qui s'est affirmé supérieur même à l'autorité papale, donc un concile de prévaricateurs, si l'ultramontanisme a un jour été fondé).

Ce qui nous fait dire que tous les papes depuis Martin V sont nécessairement des imposteurs.

La preuve?
Ils ne savent même pas quelle est leur lignée:
Figurez-vous en effet  que dans leur version officielle, les papes d'Avignon et de Pise ne sont pas reconnus comme papes, mais antipapes. Les vrais étaient à Rome.
C'est la raison pour laquelle  Angelo Giuseppe Roncalli, lorsqu'il fut élu "pape" (entre 1958 et 1963) prit le nom de Jean XXIII et non Jean XXIV, parce que le précédent Jean XXIII, pape de Pise, n'était pas un vrai pape.
 
Comment se fait-il alors que, lorsqu'il est devenu pape (entre 1492 et 1503) Rodrigo Borgia a pris le nom de Alexandre VI, comme si le prédécesseur de Jean XXIII, savoir Alexandre V, avait été un vrai pape?
La papauté actuelle est donc bien un monstre à deux têtes résultant d'une entreprise humaine, qui a son origine dans les fruits des conciles de Pise et de Constance.

Bucer



2 commentaires:

Domus a dit…

Le prétendu « trône de saint Pierre » est un siège à une place et il n'est pas pourvu de strapontins de secours pour les jours d'affluence. Aussi, les têtes concurrentes que la papauté, nouvelle Hydre de Lerne, s'est mise à produire en grand nombre à diverses époques, ont dû aller ailleurs pour pouvoir, sans aucun état d'âme, s'excommunier à qui mieux mieux et crier le plus fort possible qu'une seule est légitime. Les choses ont-elles changé aujourd'hui ? Les deux têtes actuelles, qui ne sont pas concurrentes, peuvent vivre à deux pas l'une de l'autre et s'adonner à des relations de bon voisinage sans que l'on ait besoin de convoquer un concile pour en fixer les lignes. Et cela à telle enseigne que la titulaire en titre a invité récemment l'ex-titulaire à une remise de barrettes ( ce n'est pas que la cérémonie soit franchement folichonne, mais comme les occasions de se changer les idées ne se présentent pas tous les jours, une sortie en ville ne se refuse pas et l'invitation fut acceptée).
On ne s'excommunie donc plus de nos jours, on ne se regarde plus en chien de faïence, on se fait des amabilités et l'on peut vivre quasiment sous le même toit. Il n'empêche que si les temps ont changé, une hydre reste un monstre... même en ayant pris un sérieux coup de vieux.

Olivier Rossi a dit…

Bonjour,

Canoniquement, les papes d'Avignon était les légitimes. Je vous conseille de lire "l'agneau de pêcheur" de Jean Raspail, retraçant l'histoire de ces papes. La fin est surprenante mais peut tout à fait être réaliste. Il y aurait bien eu une succession jusqu'au XXème siècle.

Pour Alexandre VI, la liste des papes n'a jamais été en fait trop officiel. Certains "papes" ont été supprimé et des "antipapes" ont été rajouté sous Pie XII.