jeudi 14 février 2013

Sur l'hérésie du purgatoire





Parmi les nombreuses erreurs que soutient la papauté de Rome, l'une des plus grandes est celle du purgatoire.
Selon Rome en effet, Ceux qui meurent dans la grâce et l’amitié de Dieu, mais imparfaitement purifiés, bien qu’assurés de leur salut éternel, souffrent après leur mort une purification, afin d’obtenir la sainteté nécessaires pour entrer dans la joie du ciel  (Catéchisme de 1992, § 1030)
1) L'imposture
Au XVIe siècle, conformément aux prophéties bibliques (2Pierre 2. 3) les faux docteurs mandatés par la papauté vendaient des Indulgences papales. Oui oui, l'Indulgence du pape contre de l'argent!
Le système était le suivant:
On terrorisait les pauvres gens en leur racontant que les âmes de leurs proches décédés (et bientôt, la-leur aussi!) souffraient d'horribles peines dans le purgatoire, et on leur proposait ensuite, moyennant finances, d'obtenir l'Indulgence (!) du pape, Indulgence par laquelle les âmes du purgatoires pourraient enfin s'envoler dans le ciel et connaître la paix.
Pour bien comprendre toute l'horreur du système, je pense que rien ne vaut le poème de maître Tetzel, l'agent du pape chargé en son temps de vendre la bonté de son maître en Allemagne:
"Sitôt que sonne votre obole,
Du feu brûlant l'âme s'envole"

Dans d'autres cas, l'Indulgence n'était pas plénière: elle ne remettait qu'une sorte de "remise de peine", plus ou moins étendue.
Alors, certes, depuis le XVIe siècle (depuis que Martin Luther et d'autres ont fait connaître leur humble avis sur ce système), Rome n'a plus l'audace de vendre ses indulgences... Mais ces Indulgences existent toujours (Catéchisme de 1992, §1471 à 1477) et les derniers papes de Rome en ont souvent fait usage en échange de participation à des manifestations comme les JMJ ou d'autres chose semblables.
2) Un lieu infernal
Soucieux de ne pas passer pour des vampires, les papistes ont souvent tenté de "modérer" l'image que l'on peut avoir du purgatoire: la vision "populaire", qui en fait un lieu quasi-infernal, ne serait pas fondée. Le purgatoire ne serait qu'un état, un passage, une purification nécessaire qui n'a rien de monstrueux...
Ainsi, nous lisons sur certains de leurs sites que:
Au cours de l’histoire de l’Église, s’est forgé peu à peu la représentation d’un endroit intermédiaire entre l’enfer et le paradis, un lieu où les âmes seraient en voie de purification.
L’imagination a ensuite dérapé, faisant du purgatoire une salle de torture ou une prison pour les âmes !
Mais de telles tentatives de rassurer et de démentir sont erronées. 
En effet, dans son encyclique SPE SALVI (§ 44-47), Benoit XVI, contre l'avis des Pères de l’Église, a osé dire que dans la parabole de Lazare et le riche (Luc 16. 19-31), le riche n'est pas en enfer mais... au purgatoire.
Le purgatoire des disciples de Benoit XVI est donc un lieu que les Pères de l’Église ont tous pris pour l'enfer! Nous sommes donc loin de l'idée suivant laquelle l'image horrible du purgatoire serait due à "l'imagination" populaire qui aurait "dérapé".


La parabole du riche et de Lazare:


Il y avait un homme riche, qui était vêtu de pourpre et de fin lin, et qui chaque jour menait joyeuse et brillante vie.   
Un pauvre, nommé Lazare, était couché à sa porte, couvert d'ulcères, et désireux de se rassasier des miettes qui tombaient de la table du riche; et même les chiens venaient encore lécher ses ulcères. Le pauvre mourut, et il fut porté par les anges dans le sein d'Abraham. Le riche mourut aussi, et il fut enseveli.  
Dans le séjour des morts, il leva les yeux; et, tandis qu'il était en proie aux tourments, il vit de loin Abraham, et Lazare dans son sein. Il s'écria: Père Abraham, aie pitié de moi, et envoie Lazare, pour qu'il trempe le bout de son doigt dans l'eau et me rafraîchisse la langue; car je souffre cruellement dans cette flamme. Abraham répondit: Mon enfant, souviens-toi que tu as reçu tes biens pendant ta vie, et que Lazare a eu les maux pendant la sienne; maintenant il est ici consolé, et toi, tu souffres. D'ailleurs, il y a entre nous et vous un grand abîme, afin que ceux qui voudraient passer d'ici vers vous, ou de là vers nous, ne puissent le faire.  
Le riche dit: Je te prie donc, père Abraham, d'envoyer Lazare dans la maison de mon père; car j'ai cinq frères. C'est pour qu'il leur atteste ces choses, afin qu'ils ne viennent pas aussi dans ce lieu de tourments. Abraham répondit: Ils ont Moïse et les prophètes; qu'ils les écoutent.
Et il dit: Non, père Abraham, mais si quelqu'un des morts va vers eux, ils se repentiront.
Et Abraham lui dit: S'ils n'écoutent pas Moïse et les prophètes, ils ne se laisseront pas persuader quand même quelqu'un des morts ressusciterait.


Il est facile, maintenant, de bien comprendre ce qu'enseigne le papisme:
-- Les personnes qui meurent dans la grâce et l’amitié de Dieu mais qui ne sont pas encore parfaitement pures (!) vont dans une flamme où ils souffrent cruellement (Luc 16. 24) et où même Abraham ne peut les aider ou les soulager, puisqu'ils sont séparés des saints par un abîme infranchissable (Luc 16. 26).
A ce titre, on se demande bien ce que devient la communion des saints dont le catéchisme de 1992 dit qu'elle peut soulager ou aider les gens du purgatoire (§ 1032). Manifestement, Jésus-Christ dément durement une telle assertion dans sa parabole.

Voilà, dis-je, quelle genre de consolation l’Église vaticane apporte aux hommes et à la famille de ceux qui se sont éteints dans la foi et le repentir...


3) La puissance de l'Evangile

Si Rome place donc les "amis de Dieu" dans une flamme où ils souffrent atrocement et où aucun saint ne peut les soulager (selon la lecture que Benoit XVI a fait de la parabole lucanienne dans Spe Salvi), qu'en dit la Parole de Dieu?

-- Nous lisons sous la plume de l'Apôtre Paul qu'il attend l'heure de son départ (sa mort) avec paix, car il sera alors avec le Seigneur (Philippiens 1. 23).

Évidemment, du côté de Rome, on dira que cela concerne un saint homme, quelqu'un qui est pur et qui ne passera donc pas par la "case purgatoire", mais que cela n'est pas le cas d'un chrétien "indigne" et encore grandement impur --comme si le cœur du croyant n'était pas assez purifié par le sang de Christ!

Pour couper court à toute cavillation, voici donc ce que Jésus-Christ (alors qu'il était crucifié) a dit à un parfait criminel qui se trouvait près de lui et qui l'invoquait juste avant sa mort:

"Je te le dis en vérité, aujourd'hui tu seras avec moi dans le paradis." (Luc 23. 43).
Et assurément, cela s'accorde très bien avec tout ce qui est dit et répété dans l'Evangile (Jean 3. 16, Jean 11. 25-27, etc.) 

Dans cette vie présente où nous portons le péché, ici-bas est une vallée de larmes et de souffrances.
Mais lorsque Dieu vient chercher ses enfants, ceux qui ont remis leur âme entre les mains de son Fils bien-aimé, ce n'est pas pour les envoyer dans un lieu (ou pour les mettre dans un état) encore plus atroce, dans "une flamme" où ils demanderaient en vain un peu d'eau pour se rafraichir!
Il les prend au contraire dans sa Bienheureuse Présence, dans son Paradis, en attendant la Résurrection!



Conclusion:

Le pécheur qui croit et se repent en Jésus-Christ, le Fils Unique de Dieu, est purifié par le sang du Christ et n'a pas à souffrir pour expier ou se purifier de ses péchés.
Rome concède que le Christ arrache ses enfants à l'enfer éternel, mais elle prétend placer ces mêmes enfants, surtout les ouvriers de la onzième heure, dans ce qu'il faut bien appeler un enfer temporaire, jusqu'à ce que les efforts des hommes (mais l'indulgence du pape reste le moyen le plus sûr) les en délivre! C'est assurément ce qui s'appelle reprendre d'une main ce qui a été donné par l'autre!

Une telle attitude n'est pas autre chose que s'opposer au Christ et à son œuvre. Une telle attitude (même si beaucoup de "protestants" fanatiques de la diplomatie et du "dialogue œcuménique" ne l'admettront jamais) n'est pas autre chose que celle provenant du diable et de l'antichrist.

A l'heure où des "responsables" d’Églises baignent le prévaricateur de leurs flatteries en saluant sa démission "le cœur lourd", il nous semble utile --et charitable!-- de remettre ainsi quelques points sur les i.
L'affaire, après tout, n'est pas mince: c'est de la Parole et de l'honneur de Dieu, ainsi que de la consolation des âmes, dont il est question!



Bucer

3 commentaires:

Domus a dit…

« Sitôt que sonne votre obole,
du feu brûlant l'âme s'envole ».
Eh bien si cela n'est pas du marketing, qu'est-ce donc ? Aujourd'hui, la « Tetzel Corporation Limited » aurait été créée et introduite en Bourse avec de gigantesques  profits! Mais un moine nommé Martin Luther, à qui l'on n'avait pourtant rien demandé, est venu gâcher l'entreprise ! Quand on pense qu'il était papiste en ses jeunes années, on ne peut vraiment se fier à personne ! Alors depuis, ça vivote. L'entourloupe, toujours en vigueur, est colossale comme le démontre brillamment Bucer, mais le cœur n'y est plus pour cause de mauvaise rentabilité puisque c'est quasiment à perte qu'il faut les accorder ces indulgences ! Pour lui redonner du lustre, on a bien songé à faire couronner l'invention par le Concours Lépine, mais le dossier aurait été difficile à monter faute de pouvoir mener une enquête de satisfaction. Aujourd'hui, il n'y a que le « satisfait ou remboursé » qui marche, et avec le purgatoire, on doit reconnaître que les clients hésitent à faire des réclamations. Alors, on s'agite en haut lieu. On dit que des têtes vont tomber.
Finalement, une bonne démission va éviter bien des soucis.

Olivier Rossi a dit…

Bonjour,

N'est ce pas une conséquence sur le salut plus par les oeuvres que par la foi? Ainsi que par la confession de tous les pêchés à un prêtre.

Cordialement.

Blog Chrétien Protestant a dit…

Cher Olivier, si vous êtes intéressé, un frère possède quelques numéros de la revue des EREI "Nuance" et se propose de vous les faire parvenir, si vous le souhaitez. Si cela vous intéresse, n'hésitez pas à laisser un message (que je ne publierai pas, évidemment)pour me donner votre accord et me communiquer les coordonnées où il est possible de vous envoyer les revues.